Véronique Barrillot – 15 rue Charrue

Etincelles, gestuelles, visuelles telles sont les oeuvres de Véronique Barrillot, dijonnaise self made woman de l’art en mode « american way of life ».

Sa vie bien rangée alliant tourisme et prêt à porter de masse a, au seuil de la quarantaine, explosée pour exposer, voyager et enfin vivre d’une passion qui jamais ne l’a vraiment quittée.

Pas d’école des Beaux-Arts mais l’école de la rue et un certain goût pour les fresques urbaines qui loin d’une expression rageuse contre la société suivent tout de même la ligne de la commande.

Vous en avez un petit aperçu, rue Dauphine, dans un hommage gestuel aux silhouettes du patrimoine dijonnais.

D’une main signée se suit le fil de Dijon à l’Ours de Pompon, aux pleurants des tombeaux des ducs et au vigoureux Bareuzai

Une graphie manuelle pour une fresquiste qui joue de la précision du pinceau plutôt que de la bombe.

Un travail minutieux pour grands espaces de défoulement entre la chaussure de foot géante pour le Dijon Football Côte-d’Or et la facade du Klube, complexe sportif à Ahuy.

A celle qui voulait vivre d’un art que Pôle Emploi ne voyait que de ravalement, la vie a heureusement dépassé la survie pour fièrement faire vibrer les murs de sculptures dessinées.

New-York, dont la statue de la liberté tient sa structure du dijonnais Eiffel, l’a vu représentée par Véronique en septembre 2013 à Five Pointz, un espace d’exposition en plein air à Hunters Point, dans le Queens.

Dix mètres de haut, écharpe tricolore comme une élue de charme, entourée des pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne alors en tournée triomphale outre-atlantique.

Etonnant mix dans la mecque du Street Art : 20.000 mètres carrés de murs, qui en 20 ans ont contribué au rayonnement de la culture hip hop dans le monde.

Une ode graphée contre la violence urbaine qui a définitivement disparue, passée au « blanc » dans la nuit du 18 au 19 novembre 2013, deux mois après la réalisation de Véronique en hommage aux nombreuses racines qui forment cette cité cosmopolite.

Une expérience qui demeure néanmoins comme le point de départ triomphal d’un talent à l’américaine qui sait oser sans se départir de ses rêves.

La définition d’une vie épanouissante qui relie toujours Véronique à un pays au combien étonnant et toujours curieux de nouveauté.

Ses tournées sont donc nombreuses, de Washington à Houston*, en passant par Monaco et Paris et en 2017 le Salon des Artistes Français au Grand-Palais, un véritable parcours dans le bon art actuel.

Véronique brille par ses coups de pinceaux et ses coups d’audace, toujours à la recherche d’innovation technique, elle joue sur les apparences dans un jeu de transformation à la « Dorian Gray » ou le portraituré affiche une double personnalité.

Après le classicisme qui se voulait une représentation fidèle, physique et quelquefois morale d’un individu, l’arrivée de la photographie a chamboulé cette image picturale pour lui offrir les impressions d’une réalité toujours plus complexe que notre perception.

Pointillisme, fauvisme, cubisme en sont les héritiers auxquels Véronique importe de ses expériences new-yorkaise le pop art de Warhol et le trait graphé de Basquiat.

En découle dans la lignée des « -ismes » un « Wildisme underground » qui étonne par l’alliance de la technique et de l’inspiration.

Face à la toile et suivant vos mouvements, votre perception se substitue au visage évanoui devant l’autre, les jeux de mots (« Dalincoln« ) et les hommages hollywoodiens (Ci-dessous) découlent d’une technique nouvelle poussant toujours plus loin cette idée que tout change toujours plus vite que notre analyse.

Hommage à David Cronenberg – Mix entre « La Mouche » et l’acteur Jeff Goldblum – En résulte sous un certain angle une vague image d’Oscar Wilde – 2015, Acrylique, 200 x 200 cm

Une expérience qui capte la vie dans ses instants, dans ses mouvements, reflet perturbateur de notre époque qui plus que jamais n’appartient qu’aux audacieux qui comme Véronique traversent les frontières des difficultés pour offrir aux moins téméraires le fruit nouveau de leurs découvertes.

Illustration parfaite d’un art au combien nécessaire pour se jouer des faux-semblants.


*Véronique Barrillot

Pour les curieux casaniers, son atelier est ouvert en vitrine et à la visite de son univers au 15 rue Charrue.


En ouverture d’article : détail de la toile « Camp’Hell Soup« , 2016, Acrylique, 190 x 130 cm

Marqueterie végétale miniature – 13 rue Sainte-Anne

Peindre la nature avec des touches d’elle-même, orner les objets du quotidien d’une cueillette-palette de notre environnement, telle est la spécialité de Chantal Duvernet, artisan d’art à la sensibilité multicolore.

Son atelier au pied du dôme vert-de-gris du musée d’art sacré, recèle, au-delà de son aspect impeccable, des trésors de plumes, sables de plages paradisiaques, bois d’essences multiples et teintés, pétales et végétaux séchés, objets divers offerts à une inspiration sans borne.

Un art de la marqueterie, éléments découpés dans de minces feuilles de bois et appliqués sur une menuiserie, né dans l’Italie du XIVe siècle, qui offre toute les fantaisies, figuratives comme abstraites, poétiques et précieuses.

Une liberté d’imagination et de transposition digne d’un artiste, liée à une technicité de miniaturiste et une patience maitrisée, apanage des artisans d’art.

Découper, assembler et coller sont les étapes successives à l’élaboration d’un ornement unique pour chaque objet créé.

Que ce soit un bijoux aux damiers chromatiques, essences d’ébéne, citronnier, bois de rose, buis, érable pommelé, ou au placage-ramage, plumes de faisans, perdrix, petits oiseaux de la nature, cadeau d’une mésange à la parure féminine.

Les hommes ne sont pas en reste, couteau laguiole en ronce de noyer, pince à cravate ensablée, porte-clés et boutons de manchettes boisés.

Les pétales de roses deviennent papillons, les frèles brindilles des arbres et les teintes nervurées des soleils de boîtes à secrets.

Les proportions s’étiolent et les couches successives de résines donnent à ces éléments d’une nature délicate une éternité à toute épreuve.

Un savoir-faire que Chantal a acquis auprès de son maître Gérard Ernstberger, dont elle a pris la suite en 2004 et dont elle aimerait transmettre à présent les tours de mains afin que jamais ne s’efface la magie du travail humain.

Un trésor singulier qui n’est pas toujours protégé par les élus et qui demande à ces professionnels de s’adresser directement au public, afin de le sensibiliser à ces métiers d’art toujours menacés par la facilité d’un achat compulsif non identifié.

C’est ainsi que depuis le 13 octobre 2014 une trentaine d’artisans dans le département ont créé officiellement l’association des Métiers d’Art en Côte-d’Or dans le but de promouvoir et de sensibiliser le public à la richesse de leur maitrîse artisanale.

Dans un monde où la facilité d’achat l’emporte souvent sur les conditions de réalisation il est quelquefois bon d’en savoir plus sur ceux qui peuvent embellir notre vie par des objets du quotidien soignés et originaux.

Une revalorisation des particularités du « fait-main », de la perpétuation des savoir-faire et de l’importance du lien social qui pousse Chantal, tout comme ses confrères, à multiplier les contacts avec le public lors de nombreuses foires et salons dédiés à ces promoteurs de nos valeurs.

Pour que ces activités continuent de forger, de parer et de marquetter notre identité commune.


Cliquez ici pour en savoir plus sur les objets et leur exposition.

B.A-BA Collectif – B.A-BACEDAIRE

Du babillage à l’apprentisage, du B.A-BA à l’abécédaire, les mots articulent la création d’un être, les revendications d’un avoir, l’évolution d’un pouvoir.

Un processus élémentaire qui au-delà d’une identité littéraire offre une ouverture au monde, une perception du partage et des possibles au sein d’une communauté-atelier dont chaque individu apporte la touche d’une réalisation collégiale.

Ainsi s’exprime B.A-BA, un collectif d’étudiants de l’ENSA (Ecole Nationale Supérieure d’Art de Dijon) regroupés autour de la volonté d’organiser des événements culturels variés (expositions, concerts, lectures…), libérés des contraintes d’expositions classiques (musées, galeries…) et de la dualité-miroir auteur-spectateur.

L’idée est que chacun s’exprime, ait son mot à dire, puisse mettre son grain de verbe à une définition dont la forme vaut bien le fond.

M comme Midi ou Mouais pour les moins décidés.

K comme Ketchup ou KKK pour les moins éclairés.

Le B.A-BACEDAIRE commence au pied de la lettre, ouverte, en libre expression. Ainsi du 25 juin au 30 septembre dernier un article par jour a vu se succéder les divers positionnements de Lampadaire, Imaginaire, King size, Lapsus calamar et J’ai pas pris le pain…

A partir du 21 janvier vous êtes solicités pour définir les priorités de N à Z, de Néo multiples à Zénitude, Zeste ou autres zozotages intempestifs.

Toute forme d’expression linguistique quelconque est invitée à participer pour se voir en R : Réseau socialisé, résultat immédiat sur Facebook et finalisé sur Instagram.

Du lundi au vendredi une lettre fait son show, le samedi le synthétise et le dimanche le sacralise en un résumé graphique, point final aux mots de la terre !

Une offre participative rare, occasion presque unique à Dijon de s’immiscer dans l’acte créatif, résultat d’un partage et d’une ouverture à la ville et au monde dont le collectif B.A-BA, s’est fait le fer de lance.

En décembre 2017, « Im/mobiliser » performait sur le déménagement et l’emménagement d’un appartement en constante évolution où le spectateur pouvait prêter main forte pour ne pas décrocher.

En Mars 2018, l’exposition « Indice-Cible » mêlait à l’esthétique légère, élégante et ludique des oeuvres exposées, un jeu de piste où les pièces pouvaient s’associer pour mieux provoquer la rencontre entre auteur et découvreur.

Une démarche totalement contemporaine dans un univers en constante évolution où tout se trouve là ou l’on est, où tout se découvre sur un écran avant la réalité, avant même de réaliser.

Le spectateur, l’observateur, le joueur ou quel que soit sa définition est le nouveau performeur. Son regard accrédite le réel, l’acte de se déplacer permet à la création de se concrétiser.

Le collectif B.A-BA, en sortant des murs de l’ENSA se permet ainsi d’aller à la rencontre de l’acte fini.

Leur projet en cours « Proposition Transformation Réception« , qui donnera lieu à une exposition au mois de Juin, s’inscrit parfaitement dans ce nouveau mouvement de l’art :

Le terme proposition implique la matière première offerte par le spectateur mais aussi la forme que propose l’artiste au regard du public, la transformation reflète l’intervention de l’artiste sur une matière ou l’actionnement d’un dispositif par l’observateur, et le mot réception inclut tout autant la perception du spectateur que la récolte par l’artiste des matières premières qui en découlent.

Osmose des regards et des gestes, combinaison des actes, association des comportements qui par ce nouvel abécédaire offrent les définitions des mouvements artistiques en cours.


Présentation du collectif B.A-BA et de B.A-BACEDAIRE le 21 janvier à 18 h dans l’amphithéâtre de l’ENSA Dijon, 3 rue Michelet, plus d’information et réservation obligatoire ici

B.A-BA Collectif : Facebook & Instagram

Le Consortium – Exposition Hiver-Printemps 2018-2019 – 37 rue de Longvic

Cette saison est de contrastes au Consortium, retours fréquents passé-présent, questions cruciales à l’humanité opposées aux réalités politiques, offrandes au marché de l’art et personnalisation à outrance pour un autre regard.

La couleur est de mise, les techniques en évolution, les supports sans limite et le message général un encouragement à être soi jusqu’à l’outrance.

L’artiste New-Yorkais Mathieu Malouf nous offre un aperçu de l’évolution de son travail, de l’adolescence aux huit dernières années, qui entérine sa contribution majeure au médium pictural entre pailettes, latex, champignons et tumeurs interconnectés.

Les emprunts à l’histoire de l’art sont flagrants, les clins d’oeil pop sont légions, Andy n’est pas loin, Warhol non plus, Caytlin (Jenner) est la nouvelle Marylin (Monroe), Kim Jong-Un, le nouveau Mao et Donald, le Kennedy d’un destin réalité.

Ca brille, ça claque, flashez avec votre portable pour plus d’explications controversées sur la conscience humaine et ses vérités éternelles teintées d’intelligence artificielle :

L’ensemble est un tout, le particulier un rien de nous, ce que l’art devrait toujours être, amusant, dérangeant, un spectacle vu de loin, un constat pour chacun.

Questions de genre, d’objet à sujet que confirme l’oeuvre de la texane Emily Mae Smith qui libère de sa fonction d’esclave le balai de « L’apprenti sorcier » de Walt Disney pour en faire tour à tour le vainqueur du Sphinx et l’icône glamour d’un nouvel Art Nouveau aux courbes pop, couleurs grinçantes et verres fumés pour mieux montrer ce que l’on veut cacher.

Les inspirations fusionnent, la fusion ambitionne et l’ambition gagne à se faire connaître, le balai en devient phalocrate et la langue hygiénique, pied de… nez aux carrières faciles dont Emily veut se démarquer pour durer.

Sa proposition est donc multi-facettes, oeuvres d’obstination et d’envergure, exécution parfaite, fantaisie et sens du grotesque digne de la scène des Chicago Imagists des années 60 dont elle revendique l’inspiration.

Déplaire pour mieux séduire, s’opposer pour créer sa vérité, mixer pour réinventer sont les clés d’une surprise picturale rafraîchissante et confortante pour une artiste déjà majeure.

Créer pour témoigner, inventer pour insister, inspirer pour évoluer sont des impératifs que l’artiste américaine Valérie Snobeck transpose aux questions écologiques et environnementales.

Particulièrement sur le bilan contrasté de l’United States Environmental Protection Agency (EPA) et sa relation malaisée avec les lobbies industriels, notamment sous le gouvernement américain actuel avec sa remise en question des règles de protection de l’environnement établies sous les administrations précédentes.

Valérie Snobeck s’inspire de l’architecture du bâtiment de l’EPA à Washington et le réduit à la taille du corps humain.

Impacts et dépendances, perception et réalité où l’architecture est dépouillée de sa monumentalité, les armatures porteuses réduites à un squelette, voir un fantôme, essence famélique de ce qui est censé nous surplomber, nous surpasser…

Un changement d’échelle pour mieux parvenir à saisir les enjeux d’une humanité écrasée par ce qu’elle a créé ou est entrain de créer !

Oeuvres réduites à témoigner des agissements de leur époque et de leurs dérives, oeuvres majeures qui souvent témoignent à la fois d’une époque et de ses « clins d’oeil » au présent.

Les oeuvres de la collection du Consortium Museum plongent le premier étage dans le New-York des Eighties.

David Robbins, qui en son temps a fait poser les jeunes loups de l’art contemporain à la manière de comédiens en devenir (Talent, 1986), confirme aujourd’hui le statut de star de Jeff Koons ou de Cindy Sherman.

Allan McCollum et ses « Fives perfect vehicles » reproduit cinq bocaux à gingembre chinois, identiques si ce n’est par la teinte, parfaits si ce n’est par la perte de fonctionnalité, l’ouverture étant impossible.

Métaphore à l’époque de la marchandisation du monde de l’art, n’est t-elle pas de nos jours celle des nouvelles icônes populaires multipliables, parfaites et inutiles ?

Une saison témoignage de notre monde et de sa façon de le recréer pour le réinventer ou tout au moins l’aider à évoluer. Steven Parrino s’est « attaqué » à la fin des années 70 à la peinture, médium que l’on disait alors moribond. La toile malmenée, dissociée du chassis, détendue, retendue s’est réinventée comme l’artiste et comme l’homme moderne qui sans mouvement s’enlise.

Le rythme s’accélère, la pression pousse à la performance et ce dont témoigne ces artistes est de ne jamais se nier, s’inspirer sans jamais renoncer à sa personnalité, être un cri strident dans la convention.

Steven Parrino, « Screaming Yellow Crush on Classy Chassis », 1992

L’Histoire est un éternel recommencement, l’histoire de l’art n’y fait pas exception si ce n’est que son rôle est de « faire un meilleur avenir avec les éléments élargis du passé« (Goethe).


Expositions à voir jusqu’au dimanche 14 avril, plus d’information ici


Oeuvre d’introduction :

Mathieu Malouf, Caytlin, Peinture acrylique et paillettes sur toile, 167,6 x 167,6, 2017

La Nativité du Maître de Flémalle – Musée des Beaux-Arts – Cour de Bar

Noël !

Noël est là !

Laissez quelques instants les mets succulents et les cadeaux à foison pour contempler un instant sacré : La Nativité

Admirez la plus belle crèche de Dijon, une des plus extraordinaire au monde.

Cette oeuvre a été réalisée vers 1435 par le Maître de Flémalle, un nom de convention car son identité précise nous est inconnue, si ce n’est qu’il était membre de l’atelier de Robert Campin (1378-1444), qui lui-même fit une partie de son apprentissage à Dijon avant de s’installer à Tournai, cité du vaste Duché de Bourgogne.

Une huile sur bois, encore un peu teintée d’archaïsme, mais résolument portée vers l’innovation technique et une vision nouvelle, transition entre le Moyen-âge et  la Renaissance.

Pénétrez dans l’ancien palais des ducs et des Etats de Bourgogne, par la cour de Bar qui permet l’accès au musée des Beaux-Arts, montez au troisième étage, entrez dans la salle n°8 dédiée à la Bourgogne et la Flandre et suivez Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle et captivante conteuse.

Ecoutez, observez et méditez…

Le Maître de Flémalle, La Nativité et l’Adoration des bergers, vers 1435, Huile sur bois, 86 x 72 cm, Acquis en 1828, Musée des Beaux-Arts de Dijon

 


Réalisation Alter Diffusion & Dijon Design

Musiques :

Guillaume DufayMotets isorythmiques (Huelgas Ensemble – Dir. Paul van Nevel)

  • « Moribus et genere. Virgo, virga virens »

LAUDARIUM (Songs of popular dévotion from 14th century Italy)

  • Laude di Sancta Maria – « Die ti salvi Regina« 
  • Legenda Aurea – « Novel Canto » – « Spiritu Sancto dolce amore« 

Merci au directeur du musée des beaux-arts de Dijon et à ses équipes, particulièrement à Linda Simon, responsable du pôle communication et mécénat, à Anne Camuset, responsable de la photothèque et à Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle, dont sort de la bouche des récits de perles et de diamants à l’image des Fées de Charles Perrault.


L’accès aux collections permanentes est gratuit tous les jours, pour tous.

Pour plus de renseignements cliquez ici.

Les après-midi… – 18 rue Charrue


Les « après-midi » évoquent une époque où les dames recevaient dans leur salon, pour prendre le temps de la réflexion et savourer chaque instant dans une atmosphère confortable, quelquefois littéraire et souvent charitable.

Une boutique ouverte Les Après-Midi… Et quelques matins…

Une image éloignée de notre réalité, sur-active, et même des rêves de ceux qui n’ont pas, par une enfance solitaire, exploré tous les méandres d’univers lointains, moteurs d’une réadaptation pleine de fantaisie et d’espoirs.

Ces mondes romanesques, historiques ou artistiques permettent à certains enfants de devenir grand tout en ayant la chance de demeurer petit.

Ainsi Berthine Marceau, enfant unique dans la campagne chatillonaise, reçut de ses parents, une mère institutrice et un père, un peu homme des bois, l’éducation de l’imagination.

Les ours polaires ont-ils froid l’hiver ?

A chaque Noël un artiste faisait son apparition, à travers un livre des éditions Skira : Manet, Seurat, Utrillo, et tant et tant, que les couleurs, les formes et les styles sont devenus, compagnons, inspirations et vocation.

Prenant tous ces artistes à la source et ne voulant, en rien, rompre le charme de son apprentissage premier, c’est en autodidacte que Berthine dédie sa vie à son art.

Les chats enfin protégés de la pluie par le mariage artistique de Berthine et de Renoir

En lointaine parente du Douanier Rousseau, elle ne renie pas ce coté naïf qui a première vue peut faire sourire, alors qu’à la seconde l’émotion frappe devant notre innocence retrouvée.

Une douce fraicheur souvent hivernale, sa saison préférée, où l’ours de Pompon se trouve une compagne, où les chevaux de bois de la place Rude s’échappent en ville et où les chorales, félines, chantent Noël au kiosque de la place Wilson.

Dijon l’inspire depuis ses 18 ans, mais aussi la Bourgogne, terre du ferment créatif, et l’Est en général, qui par ses paysages et ses villages typiques, de l’Alsace à la Suisse, est un gisement naïf.

Une Alsace à l’esprit dijonnais

Le mariage de cet esprit traditionnel et de la cité des ducs s’illustre par la collaboration avec Mulot & Petitjean, dont les pains d’épices se vendent bien au-delà de Dijon.

Quand les mulots s’affairent chez Petitjean – Illustration pour la Maison Mulot & Petitjean (Pains d’épices de Dijon)

Une occasion unique d’offrir la même gourmandise à la vue qu’au goût, et ainsi de s’exposer au plus grand nombre.

C’est d’ailleurs ainsi que sa carriére artistique a débuté par des expositions, à la galerie Vauban de Dijon, mais aussi à Paris (Galerie Naïfs et Primitifs) et jusqu’au Japon.

Un tour du monde aux multiples images, mais rien ne vaut sa terre d’origine, là où tout a commencé.

Ainsi depuis douze ans Berthine vous reçoit rue Charrue pour continuer, encore et toujours, cette envie initiale de « faire des choses ».

Ses peintures, tout d’abord, huiles ou acryliques, quelquefois mêlés, mais aussi de multiples objets peints.

Par exemple trouve-t-on dans sa boutique un coq porte magazine, des sujets de Noël en bois ou des boules de verre peint à accrocher dans le sapin, mais aussi ses oeuvres déclinées en cartes postales, en livres à feuilleter « Le Dijon de Berthine » ou en calendriers, « Flâneries en Bourgogne« , à offrir pour une nouvelle année pleine de découvertes.

« Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime / Tirés comme par un aimant / Se retournent docilement / Et que je regarde en moi-même » Le chat – Charles Baudelaire

Dès l’entrée dans cette boutique, sans connaitre Berthine, on sait d’emblée que sa devise, reprise royalement, pourrait être : « Le chat c’est moi !« .

Classique, sur un coussin moelleux, conté à la Perrault, dessiné à la façon d’Hansi, humanisée en maman poule (?) ou en chatte fatale, offerts aux délices de l’hiver où à l’inspiration des peintres comme sous les parapluies de Renoir.

Le chat qui est le symbole parfait de cet univers d’apparence sage mais au combien riche de sa liberté.


Une artiste peintre et bricoleuse de rêves à rencontrer dans sa boutique et à découvrir ici !

Berthine, par son goût de la chine et du partage, vous invite à découvrir la collection « Jolie vintage » de Caroline, bougies, textiles anciens et pochettes.


Le 26 décembre ne loupez pas un aperçu de son univers et de ses créations dans le journal de 13h de TF1 « Nos régions ont du talent » avec Jean-Pierre Pernaut.

Exposition « Rêve(s) d’Orient » – Musée Magnin – 4 rue des Bons Enfants

Dans le cadre du festival des Nuits d’Orient qui depuis près de 20 ans dresse à Dijon des ponts entre deux cultures étroitements liées tout en étant à plus d’un égard lointaines, le musée Magnin propose une exposition-témoignage de cette diversité et d’une vision fantasmée qui plonge ses racines plus loin que l’actualité récente.

D’après Horace Vernet, Tamar et Juda, 1840, huile sur métal, Musée Magnin

L’intitulé de l’exposition « Rêve(s) d’Orient » sous entend cette vision exotique, chamarée, épicée, en un mot « extraordinaire », fantasmagorie chromatique opposée au quotidien occidental.

Les artistes français, dont quelques bourguignons, comme le peintre et caricaturiste dijonnais STOP, mettent en scène ces contrées lointaines et fascinantes et cette faune humaine composée de derviches tourneurs, de femmes en architecture mouvante et de turbans basanés aux volumes et aux attitudes plus ou moins menaçantes.

STOP (Pseudonyme de Louis Morel-Retz), Dijon (1825-1899), Journal L’illustration, Bibliothèque municipale de Dijon

Une vision de l’Orient, du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, pour voyageur immobile, touche colorée dans le terne salon bourgeois, scène typique pour baroudeur de velours.

Alexis Auguste-Delahogue (1867-1950), Passage d’une caravane à El-Kantara, 1910, huile sur bois, Mâcon, musée des Ursulines

L’accessoire, babouche ou poignard, suffit souvent à des peintres vissés à leur atelier, certains tentant tout de même l’aventure, le voyage vers l’inconnu, afin de témoigner de la vérité de ces contrées lointaines, de ses habitants aux poses fardées pour la circonstance mais dont le quotidien laborieux au milieu de paysages lumineux apporte une touche de réalité au cadre idyllique.

Eugène Delacroix (1798-1863), Vue de Tanger, 1832, aquarelle sur papier, Musée des beaux-arts de Dijon

Les différents salons du musée Magnin nous entraînent à la rencontre de ces ports, de ces femmes, de ces hommes dont l’existence semble souvent surgir de ces histoires d’Antoine Galland (1646-1715) : Aladin, Ali baba… surimpression occidentale sur la traduction de contes du Liban pour la plupart d’origine persane, traduits en arabe à la fin du VIIe siècle et plus connus sous le nom des « Milles et une nuits ».

Nicolas Gosse (1787-1878), Portrait du docteur Lachaise en costume turc, 1825, huile sur toile, Musée Magnin

Une base propre à la rêverie de ces dessinateurs, peintres, graveurs, photographes, costumiers… qui émane pourtant d’un sommeil sur la nature véritable de cet autre monde bercé de couleurs trop belles pour être vraies.

Constant-Georges Gasté (1869-1910), Portrait de femme de Bou-Saâda (Algérie), 1896, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Dijon

Cette exposition nous plonge dans ce clivage, clichés qui ne nous ont pas lachés si ce n’est pour atteindre une extrémité qui marque encore la différence.

Ces « Nuits d’Orient » veulent parler d’un sentiment d’ouverture, de compréhension, de connivence avec une culture différente de la plupart d’entre nous, pourtant c’est ironiquement se maintenir dans ce que l’exposition du musée Magnin illustre.

Les poncifs ont la vie dure, les pensées dortoirs ont troqué le chromatisme de carte postale pour la grisaille des banlieux et une larme coule presque sur la joue de celle qui pense faire évoluer les mentalités en perdurant dans les habitudes.

Caftan, 1923, costume de « Hulla, conte lyrique oriental », opéra en 4 actes de Marcel Samuel-Rousseau (1882-1955), laine et soie, CNCS Moulins / Opéra national de Paris

Le cocon ne change rien à l’affaire, le confort l’emporte toujours et cette riche exposition s’achéve sur des costumes de scène, tragi-comédie d’une vie dont le cours ne changera jamais celle de ceux que l’on regarde de loin.


Les Nuits d’Orient : programme ici

Exposition « Rêve(s) d’Orient » jusqu’au 24 février – Visites diverses et conférences… programme complet ici


Illustration en tête d’article : STOP (Pseudonyme de Louis Morel-Retz), Dijon (1825-1899), Journal L’illustration, Bibliothèque municipale de Dijon

Exposition « L’art des tranchées » – Archives départementales de la Côte-d’Or – 8 rue Jeannin

Plus de quatre années de commémorations de la Grande Guerre et combien de manifestions en hommage à ces hommes qui ont vécu dans des conditions atroces ce temps qui nous semblait déjà n’en plus finir dès l’été 14 ?

Une zone de confort à un siècle d’intervalle, différence majeure entre vivre et se souvenir de combats qui en gagnant au fil des semaines quelques mètres de terre nous permet aujourd’hui de ne plus vraiment avoir les pieds dessus.

« On enterre l’adjudant après le combat de Neuville Saint-Wast, 22 mai 1915 », crayon et gouache, attribué à Maurice Le Poitevin

L’inimaginable nous rattrape parfois, mais cette liberté d’y échapper quasiment au quotidien est le fruit du courage de ceux-là même qui devaient lutter pour l’obtenir.

Reste des objets d’art et d’artisanat, autant de cailloux blancs extraits des tranchées, mémoire d’un moment et d’une époque où, face à l’ogre guerrier, chaque soldat était comme le petit poucet, réduit à laisser une trace pour éviter de se perdre entièrement.

Une façon poétique pour les Archives départementales de la Côte-d’Or  de replacer l’individu, ses savoir-faire, ses rêves, son métier d’origine, en première ligne loin du terme générique et réducteur de « poilu ».

Maxime Faivre « Pastel du soldat Mouchoux blessé le 2 octobre 1914 au combat d’Oppy Arras »

Cette exposition d’objets issus de la collection du général Bertrand François, commandant de la nouvelle école de gendarmerie de Dijon, brasse toute les matières (Bois, os, corne, pierre, marquetterie de paille…), toutes les formes (Coupe-papier, vases, briquets, bagues, dessins…) et toutes les origines (Française, Russe, Germanique…), comme la vitrine consacrée au soldat allemand Ferdinand Gassen dont les objets ont été prêtés par sa petite fille.

« Memorabilia » signés, dédicacés à un camarade, une infirmière, offerts à la famille, à l’ami d’une fortune que l’on souhaite conserver malgré la situation.

Expressions d’une victoire sur l’ennemi à qui on a soustrait ces « trésors de guerre » transformés pour se les approprier, spontanéité des premiers temps qui, peu à peu, donne lieu à une véritable industrie.

Ces objets que l’on croit toujours issus des feux de l’enfer sont plus souvent issus du purgatoire des centres de rééducation professionnel pour les mutilés de guerre, ou quasiment du paradis de l’arrière, travail de civils vendu par des bijoutiers.

Grand plateau ouvragé signé « Frère L » daté au dos « Verdun 29 octobre 1917 » – Cuivre d’obus et anses en ceinture d’obus

Un engouement servi par la dextérité de certains soldats, en particulier de ceux issus des colonies (Maroc, Algérie) maîtres dans la transformation des métaux issus de munitions.

Une phase industrielle aujourd’hui oubliée, même si reste dans le souvenir de beaucoup le vase, douille d’obus gravée, sur la cheminée des grands parents.

Une exposition souvenir, une exposition hommage, une exposition humaine où, loin des études de masse privilégiées par les historiens, l’aspect personnel transparaît au sein des archives, gardiennes de l’identité.


Exposition « L’Art des tranchées – Petit Poucet de la Grande Guerre » jusqu’au 20 mars 2019, du lundi au vendredi de 8h30 à 17h, dans la salle des gardes au rez-de-chaussée des Archives départementales de la Côte d’Or, 8 rue Jeannin.

Site internet : ici


En tête d’article : F. Matossy, « La corvée de soupe, Eparges, sept 1915« , aquarelle

Les Péjoces – 239 rue d’Auxonne

Les Péjoces sont à Dijon ce que le Père-Lachaise est à Paris, l’illusion d’une gloire posthume se mesurant à l’ampleur et l’ornementation de ces chapelles privées dont l’actuel abandon relativise cette ambition.

Ce cimetière, créé en 1885, s’étend sur un parc de 30 hectares, alliance du végétal et du minéral assez agréable pour permettre aux vivants de sacrifier au rite social de la Toussaint, hommage annuel à leurs défunts.

Le reste de l’année, le calme du lieu n’est rythmé que par les nouveaux venus accompagnés des pleurs qui en s’éloignant ne laissent inscrit dans le marbre que l’identité sommaire de celui qui a fait leur joie.

Les sépultures plus anciennes gagnent d’une époque aux mémoires d’outre-tombe la bataille du souvenir et de l’implacable oubli en interpellant le passant pour une prière, un moment de recueillement ou par une anecdote, dialogue de chair à pierre ou le mélancolique promeneur apporte le battement d’un coeur quelques minutes partagé.

Une terre nourrie d’émotions, de sentiments et d’amour pour la plupart à jamais enfuis sous la peur de notre propre disparition, ironiquement symbolisée par la lente décomposition des chrysanthémes.

Certaines tombes expriment bien plus, en hommage à une vie de gloire, de réussite ou de passions, qui les transforment en monuments d’une exception dont le souvenir habite notre quotidien.

Edifices des grandes familles aux noms gourmands (Mulot & Petitjean, L’Héritier-Guyot), de dix-sept maires de la ville de Dijon, de l’ingénieur Darcy et des soldats français, allemands, russes, italiens, belges et du Commonwealth morts pour leur patrie lors des conflits du XXe siècle, particulièrement la Grande Guerre.

Un jardin de recueillement qui appelle à la sensibilité telle cette pierre isolée nourrie de ces mots :

Les anges … composent tes chants, mélodieux murmure / Qui s’échappe du coeur par le coeur répondu, / Comme l’arbre d’encens que le fer a fendu / Verse un baume odorant le sang de sa blessure ! / Aux accords du génie, à ces divins concerts, / Ils mêlent étonnés ces pleurs de jeune fille / Qui tombent de ses yeux et baignent son aiguille, / Et tous les soupirs sont des vers ! *

Poème épitaphe d’une lingère dijonnaise, Antoinette  Quarré, qui fait partie de cet essaim chantant de jeunes filles issues des rangs populaires, encouragées par les grands poètes à dépasser leur labeur quotidien pour s’élançer dans la carrière à un rythme tel qu’elles se heurtèrent très tôt contre la tombe.

Antoinette Quarré, née le 16 janvier 1813 à Recey-sur-Ource et morte le 25 novembre 1847 à Dijon

Ces années romantiques (1815-1848) sont les prémices d’une lutte des classes où la plume permet de sortir de l’aiguille, Elisa Mercoeur s’attire ainsi les louanges de Chateaubriand, Musset et Hugo tandis qu’Antoinette Quarré reçoit les encouragements d’Alphonse de Lamartine par cet épître dédié en août 1838 * »A une jeune fille poète » (Paru dans « les Troisièmes méditations poétiques » – 1849)

Une distinction qui lui ouvre les portes des salons de Dijon et de publications bourgeoises comme le « Journal des demoiselles« .

Aujourd’hui ces écrits peuvent être jugés sévèrement, évoquant les envolées lyriques de Walter Scott et les lointains prémices d’une Barbara Cartland dont le succès n’a eu d’égal que la mièvrerie :

Puis je voudrais avoir, au rang de mes conquêtes, / Des héros, des vainqueurs, beaux de gloire et d’amour, / Des princes conviés à mes brillantes fêtes, / Et des rois à ma cour.

Mais, pour tous ces amants insensibles et sévères, / A celui que j’aimais gardant toujours ma foi, / Aimante avec lui seul, avec les autres fières, / Je serais toute à toi !

(Extrait « Elégie« )

Pourtant ces poèmes dénotent, sous couvert d’un romantisme certain, un point de vue féminin aux préoccupations maternelles sensibles, une nouveauté amorcée par Antoinette, lettrée du monde ouvrier, et qui ne connaitra son épanouissement qu’à la fin du siècle :

Que de fois j’ai rêvé, seule, hélas ! sur la terre, / Un ange aux blonds cheveux qui me nommait sa mère, / Un enfant blanc et rose entre mes bras couché, / Jeune être souriant au soleil, à la vie, / Unique et cher espoir de mon âme ravie, / Trésor où mon amour se serait épanché !

(Extrait « Un fils« )

Cette fraicheur de vue, le soutien de Lamartine et les hommages à la famille royale, des Orléans, ont permi l’ouverture d’une souscription, ancêtre du financement participatif, à laquelle 263 notables du département  répondirent en 1843 pour l’édition d’un recueil de quarante de ces poésies.

Y figure l’extraordinaire remerciement à l’épître de Lamartine : (Extrait)

Oh ! Qui m’eût dit jamais, quand de tes chants ravie, / Recueillant tous les sons de ce luth immortel, / De mon coeur qu’enivrait ta sainte poésie, / A ton harmonieux et sublime génie / J’avais fait un autel ;

Quand, au sein de ce monde, où le malheur isole, / Ton livre, confident de mes chagrins divers, / Etait pour moi l’ami, dont la tendre parole / A toutes nos douleurs se mêle, et nous console / Des jours les plus amers ;

Constat étonnament moderne d’une solitude besogneuse qui deux siècles plus tard trouve plus d’un écho, à la différence que la culture et le talent n’y peuvent rien changer.

D’abord inhumée dans un cimetière qui se trouvait près de l’actuelle Avenue Victor Hugo, ses cendres furent transférées au cimetière des Péjoces dans ce monument érigé après souscription auprès de ses nombreux admirateurs

C’est ainsi que devant ce monument aux vers salvateurs, s’entrechoquent les époques, les esprits et les rêves pour une rencontre qui se fait l’écho parfait, amitié rimée, d’une « Visite au cimetière » : (Extrait)

Salut ! champ des tombeaux ! terre paisible et sainte, / De larmes arrosée et d’espérance empreinte ! / Qu’un autre en t’abordant pâlisse avec effroi, / Qu’il se trouble et s’enfuie, il peut trembler; mais moi, / Moi dont la vie, hélas ! a perdu sa chimère, / Pour qui le pain est dur et l’espérance amére,

Dont le coeur, tout aimant, trahi dans son amour, / N’a plus de doux liens qui l’attachent au jour, / Et dont l’âme, en ces lieux étrangère, exilée / Comme l’aigle des monts captif dans la vallée, / Soupire avec ardeur vers un destin nouveau, / J’aime à venir ici réver sur un tombeau.   

La Cour Berbisey – 31 rue Berbisey

Dijon est une ville de mélanges, culturels, sociaux et gastronomiques (Kir & co).

Un assemblage héritage des siècles, dont la rue Berbisey est la parfaite artère, illustrative d’une irrépressible liberté festive au coeur d’un patrimoine au charme discret.

Les hôtels particuliers XVIIe et XVIIIe siècles s’alignent, se laissent deviner et gardent néanmoins leurs secrets derrière les hauts murs et les portes cochères.

L’une d’entre elles s’ouvre pourtant à la découverte sous la prestigieuse référence « Châteaux et Hôtels Collection« , une association d’hôteliers, présidée par le Chef trois étoiles Alain Ducasse, pour un condensé de lieux uniques.

Expérience, charme et beauté sont les maîtres-mots d’un séjour d’exception, dans un lieu feutré dès l’entrée dans La Cour Berbisey.

Vous êtes accueillis au sein d’une maison, au noble sens du mot, typiquement française par l’harmonie du confort, du goût et de cette originalité qui fait la personnalité.

Les meubles de style, les couleurs délicates, les tissus chatoyants, les objets et les tableaux, clins d’oeil à la ville, créent une atmosphère chaleureuse et apaisante.

Salon à partager pour famille recomposée

Tout l’attrait d’une résidence de famille et le confort des meilleurs hôtels : climatisation, wifi et piscine chauffée pour 11 mètres de longueurs dans les anciennes écuries.

Joie d’une brasse à votre arrivée pour ensuite rejoindre vos appartements, l’une des trois suites de standing, la suite junior ou la chambre simple, nids douillets surplombant une cour pavée et arborée qui donne son nom à un domaine au cachet indéniable.

Charme des poutres et coloris apaisants à l’évocation de la Provence
Clarté et sérénité au paysage breton

Point d’ancrage pour visiter Dijon en suivant les conseils des bibelots animaux croisés dans les salons et couloirs : dépassez les escargots, poursuivez la chouette au fil des rues, retrouvez l’ours de Pompon dans les jardins Darcy et plongez dans une mare fruitée avec L’Héritier-Guyot et sa grenouille fétiche.

Salon privé d’une suite gansée et boisée pour chasse à courre, passion du propriétaire

Retour des musées et de shopping pour délassement dans votre salon privé ou au sauna avant de faire la tournée des ducs aux grandes tables bourguignonnes jusqu’au bout de la nuit.

Au réveil, après un sommeil au calme berbisien, viennent les délicieux choix : douche ou bain, thé ou café ?

Modernité et atmosphère voie lactée pour détente en spa intime

Les salles d’eau proposent des alternatives pouvant aller aux remous, tandis que la salle à petit-déjeuner pousse le goût à un voyage local.

Classicisme raffiné et vues potagères de Dijon pour petit déjeuner en appétit patrimonial

Des chambres d’hôtes exclusives, agrément des passés conjugués à un présent dont l’idéal est de vous accorder une insoutenable légèreté de l’être.