Dijon à l’art européen

Le duché de Bourgogne se rêvait en son temps comme intermédiaire, marqueur artistique entre le royaume de France, le Saint-Empire romain germanique et les états souverains d’Italie.

Une utopie du XVe siècle qui se révèle depuis quelques années à Dijon dans le cadre d’une harmonie européenne culturelle, ciment fédérateur à une politique commune qui ne l’est pas toujours.

Mars permet donc de voyager au rythme des musiques transalpines et des films allemands.

Déjà la 12eme édition d’ITALIART, l’unique festival italien pluridisciplinaire de France.

Une manifestation populaire de qualité, aussi festive que créative pour des échanges humains, culturels et intellectuels chaleureux en mode Dolce Vita.

Théâtre, Opéra, musique (pop, jazz, rock, folk), expositions (peinture, photo, graphisme) et performances en tous genres…

Programme généreux à la Fellini, raffinés à la Visconti et ambigus à la Pasolini.

Daniela Corsini « Larthia »

Découvrez aux Halles les oeuvres photographiques picturales de Daniela Corsini, Pop Art numérique en archéovision, écoutez à l’ABC l’ironique et irrévérencieux Bobo Rondelli, chanteur-ambassadeur de sa Toscane natale, ou dégustez à l’Auditorium le « Simon Bocanegra » de Giuseppe Verdi, une histoire tragique entre amour et complot politique inspiré de Shakespeare.

Jusqu’au 31 mars l’offre est multiple, variée, joyeuse et fantaisiste : artistes de rue, photographes qui subliment la beauté, la Horla vue par une compagnie dijonnaise, chanteurs folk et artistes de jazz, de la rue Berbisey au Cellier de Clairvaux, des bars à l’hôtel de Vogüé, il y en a pour tous les appétits, pour toutes les bourses et tous les plaisirs… dans un programme complet à savourer ici.

Même diversité et même fougue avec la 4e édition de KINOSCOPE, festival de cinéma allemand organisé par, et au, cinéma Devosge avec les étudiants du BTS Communication du lycée Les Arcades.

Du 12 au 16 mars venez découvrir la nouvelle vague de réalisateurs allemands, dignes successeurs de Murnau, Ophuls ou Lubitsch qui ont contribué à la magie des salles obscures.

Dijon est depuis 1996 un centre majeur de la promotion et du développement des relations franco-allemandes, avec, particulièrement, la maison Rhénanie-Palatinat, 29 rue Buffon, qui propose tout au long de l’année expositions, conférences, concerts, cours de langue et diverses animations pédagogiques.

Ce festival est un élément supplémentaire à la découverte d’un pays voisin et néanmoins encore lourd de clichés.

Aussi, en dehors de la soirée d’inauguration nourrie de ceux-ci, à la bière, aux bretzels et aux würste, le premier film présenté « Western » est un manifeste anti-préjugés qui en appelle au sens de l’aventure pour oser l’ouverture.

Licht – Mademoiselle Paradis

Une programmation à contre courant des attentes qui démontre la richesse de fond et de forme du cinéma trans-rhénan, de « Mademoiselle Paradis« , en soirée d’inauguration, histoire vraie de la relation d’une pianiste aveugle et de son médecin qui tente de lui redonner la vue, à « Braqueur » récit d’un marathonien doué et voleur en série, en passant par la jeunesse de Karl Marx et l’explosion d’ego d’un critique musical, prêt à tout pour nous plonger « La tête à l’envers« .

Des films de quelques années à quelques mois aux avant-premières, pour rattraper son retard dans un cinéma allemand qui oscille entre son Histoire et les petites histoires, entre gloire et farce, aventures humaines de la combativité à la tendresse… Une occasion rare à ne pas manquer !

Autant d’invitations aux voyages immobiles qui ne nécessitent que quelques pas pour exploser son capital découverte.

Marqueterie végétale miniature – 13 rue Sainte-Anne

Peindre la nature avec des touches d’elle-même, orner les objets du quotidien d’une cueillette-palette de notre environnement, telle est la spécialité de Chantal Duvernet, artisan d’art à la sensibilité multicolore.

Son atelier au pied du dôme vert-de-gris du musée d’art sacré, recèle, au-delà de son aspect impeccable, des trésors de plumes, sables de plages paradisiaques, bois d’essences multiples et teintés, pétales et végétaux séchés, objets divers offerts à une inspiration sans borne.

Un art de la marqueterie, éléments découpés dans de minces feuilles de bois et appliqués sur une menuiserie, né dans l’Italie du XIVe siècle, qui offre toute les fantaisies, figuratives comme abstraites, poétiques et précieuses.

Une liberté d’imagination et de transposition digne d’un artiste, liée à une technicité de miniaturiste et une patience maitrisée, apanage des artisans d’art.

Découper, assembler et coller sont les étapes successives à l’élaboration d’un ornement unique pour chaque objet créé.

Que ce soit un bijoux aux damiers chromatiques, essences d’ébéne, citronnier, bois de rose, buis, érable pommelé, ou au placage-ramage, plumes de faisans, perdrix, petits oiseaux de la nature, cadeau d’une mésange à la parure féminine.

Les hommes ne sont pas en reste, couteau laguiole en ronce de noyer, pince à cravate ensablée, porte-clés et boutons de manchettes boisés.

Les pétales de roses deviennent papillons, les frèles brindilles des arbres et les teintes nervurées des soleils de boîtes à secrets.

Les proportions s’étiolent et les couches successives de résines donnent à ces éléments d’une nature délicate une éternité à toute épreuve.

Un savoir-faire que Chantal a acquis auprès de son maître Gérard Ernstberger, dont elle a pris la suite en 2004 et dont elle aimerait transmettre à présent les tours de mains afin que jamais ne s’efface la magie du travail humain.

Un trésor singulier qui n’est pas toujours protégé par les élus et qui demande à ces professionnels de s’adresser directement au public, afin de le sensibiliser à ces métiers d’art toujours menacés par la facilité d’un achat compulsif non identifié.

C’est ainsi que depuis le 13 octobre 2014 une trentaine d’artisans dans le département ont créé officiellement l’association des Métiers d’Art en Côte-d’Or dans le but de promouvoir et de sensibiliser le public à la richesse de leur maitrîse artisanale.

Dans un monde où la facilité d’achat l’emporte souvent sur les conditions de réalisation il est quelquefois bon d’en savoir plus sur ceux qui peuvent embellir notre vie par des objets du quotidien soignés et originaux.

Une revalorisation des particularités du « fait-main », de la perpétuation des savoir-faire et de l’importance du lien social qui pousse Chantal, tout comme ses confrères, à multiplier les contacts avec le public lors de nombreuses foires et salons dédiés à ces promoteurs de nos valeurs.

Pour que ces activités continuent de forger, de parer et de marquetter notre identité commune.


Cliquez ici pour en savoir plus sur les objets et leur exposition.

Eglise St-Michel – Place Saint-Michel

« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »

Phrase célèbre et digne du mélodramatique et génial André Malraux, même si il a toujours nié avoir prononcé cette sentence.

Pourtant, dans sa correspondance, prolifique, on peut trouver cette lettre de 1955 sur la question du fondement religieux de la morale :

« Depuis cinquante ans la psychologie réintégre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux »

Propos de son époque à mesurer aujourd’hui à l’aune de ce que nous vivons au nom de Dieu !

Néanmoins cette idée de morale prend de l’ampleur par les « manifs pour tous », où la joie d’affirmer sa vision étroite de la famille, relayée par le discours politique, de tous bords, et à tous degrés, de la bonne morale chrétienne aux saines valeurs républicaines.

Oui, nous sommes en perte de repéres alors que le but de chacun est souvent d’aller à la lumière, à l’amour, à la vie !

Des valeurs simples et vraies que l’on retrouve dans le discours d’une éternelle jeune fille aux écrits souvent mystiques, mais aussi universellement porteurs de tolérance et d’espoir.

A défaut d’un nouveau dieu, depuis le 16 octobre 2016 Dijon accueille une nouvelle sainte, Elisabeth de la Trinité, déjà béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1984 et depuis canonisée par le pape François suite à deux miracles reconnus par l’Eglise catholique.

Elisabeth de la Trinité, Carmélite

Que l’on soit croyant ou non, c’est toujours un événement de voir une personne « normale », en l’occurence une fille d’officier, à la bonne éducation, douée au piano et qui aurait pu avoir une vie classique et confortable, faire le sacrificice, au début du XXe siècle, des joies terrestres par une volonté irrépressible d’entrer au Carmel et d’Aimer.

« Je vous en prie, marquez tout du sceau de l’Amour, il n’y a que cela qui demeure »

Sans transformer les églises en temples d’Eros, c’est une émotion universelle et certainement la seule morale acceptable face à une société qui a perdu le sens du respect et de la dignité.

Un rappel aux valeurs essentielles par une nouvelle sainte vénérable et admirable dans l’église de sa première communion, l’église Saint-Michel, construite fin XVe et début XVIe siècle entre un corps gothique et une remarquable façade de style « renaissance italienne » unique en France.

Un écrin toujours ouvert au culte, digne de trois objets d’art sacré offert à sa dévotion.

Dijon possède un musée d’art sacré réunissant les objets de piété et les ornements qui ne trouvaient plus leur utilité suite aux changements apportés par Vatican II, ou qui courraient le danger d’être volés pour être recédés à des amateurs d’art religieux.

C’est donc un second événement qui découle du premier, afin de le servir et de le propager, comme objet d’une foi renouvelée.

Trois objets, miroir de la Trinité qu’elle vénère et qu’elle incarne : Une châsse accueillant ses reliques, une statue symbole de sa bonhomie et de son âme apaisée et une icône, image mystique d’une vénération multipliable à l’infini.

La Châsse :

Ce coffret précieux recevant les reliques de sainte Elisabeth de la Trinité a été offert par les carmélites de France, ordre dont elle est issue, par le Carmel de Dijon, aujourd’hui implanté à Flavignerot.

Sa réalisation et son installation ont nécessité le talent de plusieurs artisans d’art au savoir-faire unique et souvent ancestral.

L’autel en pierre de 2,7 tonnes destiné à recevoir les reliques est l’oeuvre de l’entreprise Ducherpozat, basée à Fixin, maçons de père en fils depuis 1590 ce qui en fait selon le Guinness Book la plus ancienne famille de maçons au monde.

Une pierre de Chassagne extraite dans une carrière au sud de Nuits-Saint-Georges et taillée par Kevin Boudeau, un jeune compagnon effectuant son tour de France, qui a su allier la tradition de la taille au burin à la modernité, par la confection d’un tiroir recevant une plaque de leds pour illuminer la châsse par le dessous.

Service technologique à la lumière intérieure.

Socle de l’éclatante châsse en bronze doré, verre et émail réalisée par le sculpteur italien Stefano Borin, issu d’une famille de sculpteurs, peintres et décorateurs, de la région de Vérone, alliant l’amour des beaux-arts aux valeurs spirituelles.

Une oeuvre qui relie sa vie terrestre, par l’évocation de douze épisodes de la vie de la sainte, souvent tirés des nombreuses photographies qui nous reste d’elle, au message spirituel.

Cette châsse prend la forme d’une maison, une maison de Dieu (Signification du prénom Elisabeth en hébreu) afin de recevoir le reliquaire où figure le symbole du Carmel et le « Laudem Gloriae« , louange à la gloire de Dieu, en laquelle elle est incarnée.

Au sommet plâne la colombe du saint-Esprit, de laquelle émanent les rayons qui illuminérent toute la vie terrestre de la carmélite jusqu’à tracer sa mission de sainte.

« Je veux être sainte, sainte pour faire son bonheur. Demandez-lui que je ne vive plus que d’amour, c’est ma vocation »

Douze colonnes de verre marquent à chaque étape de sa vie la présence de Dieu.

Sa première communion, le 19 avril 1891, devant l’église Saint-Michel

De son baptême, le 22 juillet 1880 en passant par la mort de son père le 2 octobre 1887, sa première communion, en l’église St-Michel le 19 avril 1891, le premier prix du conservatoire couronnant ses talents de pianiste, son entrée au Carmel de Dijon le 2 août 1901, la rédaction, le 21 novembre 1904, de sa célèbre prière « O mon dieu, trinité que j’adore« , comme une offrande à l’amour, jusqu’à sa disparition le 9 novembre 1906 de la maladie d’Addison.

1893 – Une soirée dansante pour fêter le Premier Prix du Conservatoire

« Je vais à la lumière, à l’amour, à la vie »

L’entrée au Carmel le 2 août 1901. A la porte de la clôture elle se sépare de sa mére et de sa soeur

Elle passe ainsi d’Elisabeth Catez à sainte Elisabeth de la Trinité, par une vie courte et irréprochable mais surtout par de nombreux écrits, textes sacrés qui demeurent, selon son verbe favori issu du vocabulaire de saint Jean.

21 novembre 1904 – Dans sa cellule Elisabeth écrit sa fameuse prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore »

Outre ses lettres, Elisabeth a rédigé deux traités « Le ciel dans la foi » et « Dernière retraite » qui ont vite marqué les consciences ce qui a valu dès 1931 l’ouverture d’une première enquête en vue de sa béatification.

De là à dire que sa plume l’a amené au firmament du paradis…

La statue :

On retrouve cette idée de la page écrite qui s’envole dans la statue de la canonisation offerte par les carmélites de Flavignerot.

Une touche épistolaire et spirituelle dans ce portrait en pied, grandeur nature, qui se veut le plus proche physiquement de ce qu’était Elisabeth de la Trinité, le visage toujours souriant et apaisé, comme confiante dans cette Trinité qui orne, au niveau du coeur, son scapulaire : le cercle de la totalité divine, la croix du christ et la colombe de l’Esprit saint.

Vent de l’Esprit saint qui donne du relief aux premiers mots de sa prière, en lettres d’or : « Ô mon dieu Trinité que j’adore…« .

Cette figure de bronze patiné, réalisée dans la fonderie de Coubertin, impressionnante de par la taille et le calme qui en émane, est l’oeuvre de l’artiste Fleur Nabert, touche à tout de l’art sacré, du vitrail à l’orfévrerie en passant par le mobilier et le bronze, travail que l’on peut admirer dans la chapelle ND du Sourire à Lisieux et dans plusieurs cathédrales comme à Bruxelles, Metz ou Chartres.

A noter que comme Stefano Borin, l’auteur de la châsse, elle a travaillé au reliquaire de la famille Martin du sanctuaire de Lisieux.

Une union des talents artistiques pour sonder le Mystère divin avec passion et persévérance.

L’icône :

Depuis 1984, la bienheureuse Elisabeth de la Trinité a fait l’objet de nombreuses icônes.

En tant que sainte, la première a été réalisée par Alain Chenal, iconographe amateur, ingénieur de formation qui trouve dans cet exercice une forme de prière à partager avec tous, croyants ou non, à la recherche du sens de la vie.

Elle a été bénie le 8 novembre 2016 en l’église Saint-Michel et offerte à cette paroisse qui l’expose dans la chapelle Saint-André.

L’icône n’est pas un portrait mais une représentation de la personne intérieure, spirituelle, qui aide à pénétrer et célébrer le mystère divin qu’elle a approché, personnifiée en « Louange de Gloire ».

Elle apparaît au centre d’une mandorle de flammes, embrasée par l’Esprit saint tandis que la croix du Christ scintille sur son coeur et la fait rayonner.

En bas figurent le carmel de Flavignerot (A l’embléme de la croix et des trois étoiles symboliques) et l’église Saint-Michel qui font le lien entre la terre, le vert des grands espaces qu’elle appréciait tant et sa courbure qui lui donne son assise et la Trinité scintillante jusqu’à son auréole.

Elle est l’intermédiaire et l’incarnation de notre capacité à être aimable, aimant et surtout digne d’être aimé, malgré nos différences, subies et choisies.

L’intolérance n’est alors qu’une déficience humaine puisqu’Elisabeth porte en elle l’évidence d’un Dieu Trinité dont le père aime, le fils est aimé et l’Esprit saint est amour.


Oeuvres complétes, texte établi par le Père C. de Meester, Editions du Cerf


Renseignements à l’Espace Elisabeth, 16 rue Vaillant, devant l’église Saint-Michel, du lundi au vendredi de 15h à 17h.

Destin d’une brindille

Un retour aux sources est souvent la voie la plus naturelle au destin d’une brindille, exit Dijon et bonjour Chambolle-Musigny, un havre de paix dans la maison de l’ancienne cure (4B rue de l’église) propice aux projets, cueillettes et ateliers, même si une part de la ville demeure dans la morale de l’histoire à suivre…


Pollution, klaxons, empressement et violence plus ou moins sous-jacente sont le quotidien des villes où le peu de temps gagné par l’incivilité fait perdre l’essentiel…

Un monde de nature, de culture aux racines de nos origines qu’il faut sauvegarder pour ne pas s’oublier à jamais dans le rythme implacable d’une évolution à marche forcée qui n’apporte pas toujours la félicité.

Aussi, quelquefois, pousser une porte vous entraîne dans un monde parallèle ou l’important n’est pas d’avoir mais d’imaginer, de pénétrer dans un univers magique ou les cueillettes immémorables donnent corps aux contes de l’enfance et à ceux que certaines fées modernes inventent encore et toujours…

DESTIN D’UNE BRINDILLE

Estelle au destin tout tracé par ses parents inquiets de l’avenir, ne voyait dans le droit qu’une géométrie implacable où les sentiers battus immuables ne se trouvent entourés que d’angles affutés, gardes sans folie des âmes rêveuses.

Pourtant, un jour, le long d’une avenue à la rigueur hausmanienne, dans cet univers mineralo-bitumeux, une minuscule pensée blanche attira l’attention de notre héroïne.

Cette fleur était le symbole d’une vie, certes fragile, mais assez forte pour s’imposer dans un environnement a priori hostile.

Une leçon majeure de volonté afin d’échapper à cette règle implacable : L’ordre est d’or et l’épanouissement manque d’argent !

Pourtant ! Pourtant, quoi de plus important ? Réussir véritablement ne serait-il pas réussir son retour aux sources ? Appréhender sa vie en passion, en savoir-faire, en conscience manuelle, intellectualisme du geste ?

Tout quitter pour les forêts de Pontarlier, respirer, s’inspirer, imaginer au milieu des sapins aux souvenirs enfantins et de certains feuillus dont les branches fiérement dressées abandonnent quelquefois un peu d’eux-même au service des fées.

Ne rien arracher, ne rien couper, simplement récolter et c’est ainsi qu’Estelle découvre une brindille au destin singulier :

Dernière née d’un père plus que centenaire, c’est lors d’une tempête d’hiver qu’elle se décida à se détacher de la sève familiale, trop rigide et tortueuse pour une brindille dans l’air du temps…

… s’offrant tour à tour au mistral, tramontane, sirocco, libeccio, autant et levant, elle atterrit voici 50 ans en couverture des magazines, silhouette longiligne et triste mine du Swinging London, pour encore s’échapper, s’envoler et enfin revenir, desséchée auprès de ses parents.

Tout était dit jusqu’à cette rencontre fortuite lors d’une chasse végétale : baies, fruits défendus, mousses, lichens, lierre, pommes de pins, peau de bouleau et fleurs pétrifiées d’être desséchées… immortelles.

Une fois dans l’atelier, Estelle scie, soude et structure sa récolte nature, sublimant ce que beaucoup voyaient comme insignifiant.

Naissent alors cages à oiseaux, princesses, bracelets et couronnes d’ingénues, jardins de souvenirs, vitrines enchantées et compositions variées pour hôtels distingués, grands horlogers, banquets et jeunes mariés.

Une sortie de route salvatrice en chemins de traverse inspirant une autre façon d’appréhender le monde dont Estelle diffuse par une série d’ateliers la simplicité des éléments et la beauté du geste.

Une thérapie de l’art originel qu’elle a exportée jusqu’au Japon et un goût de faire par soi-même dont les petits secrets seront bientôt dévoilés dans un livre à sortir en avril prochain.

Une atmosphère à part où l’humain renoue avec la nature, comme Estelle et la brindille, dans une métamorphose avide de liberté, union parfaite, intime communion, qui invite à vous demander : Dis-je on ?


Estelle Meunier, végétal designer : http://www.destin-brindille.com

Le Consortium – 37 rue de Longvic – Printemps 2018

La création est une offrande à ses rêves tout autant qu’un hommage aux époques et aux personnes qui les ont nourri.

L’imagination est une dynamite qui ne s’exprime pas sans l’étincelle qui a engendré l’imaginaire.

Jay DeFeo

Le Consortium, cette saison, nous fait voyager dans le temps par quatre expositions, révérences aux références, moteurs multiples d’une personnalité inspirée, admirations mouvantes du temps perdu à conquérir son idéal, nostalgies offertes aux fringales futuristes.

La première nous fait découvrir Jay DeFeo, femme, américaine, artiste de la matière, inspirée du tout, créatrice sans entrave.

Une liberté d’action, des années 50 à sa disparition en 1989, qui l’associe à la « Beat Generation » selon le terme inventé par Jack Kerouac en 1948, qui oscille entre « béatitude » et « fatigue » face à une société qui se jette furieusement dans la sur-consommation.

Jay Defeo en crée le manifeste plastique à charge avec « The Rose » une masse de peinture liée à du mica lentement élaborée de 1958 à 1966, passant par plusieurs stades, gagnant à chaque fois en taille et volume jusqu’à atteindre 3 m 27 de haut, 2 m 35 de large et 28 cm d’épaisseur pour plus d’une tonne de matière.

« The Rose » – Whitney Museum of American Art – New York

Une oeuvre obèse expulsée de l’appartement qui l’a vu naître, en même temps que sa créatrice, en cassant les murs et en utilisant un chariot élévateur.

Flower Power ultime d’une société sans limite, qui en fait l’oeuvre emblématique d’un monde occidental post-nucléaire.

Une énergie créatrice, visible ici en échelle réduite, par une série de peintures et de collages mis en perspective avec le travail de onze artistes de la nouvelle génération entrainés par cette vague toujours en mouvement.

La ligne, la matière, les motifs, les références à l’histoire de l’art et aux médiums originaux se trouvent multipliés en effet de miroir confronté.

Ugo Rondinome transforme la toile en mur trompe-l’oeil, jute noircie en effet de briques, faux-semblant symptomatique de nos fantasmes et réalités de séparations passées et à venir.

Oscar Tuazon, veut quant à lui, reconstituer le mur détruit pour évacuer « The Rose« , porteur autant que l’oeuvre sauvegardée de l’acte créatif.

Gay Outlaw se nourrit de références classiques, cercle parfait de Giotto, en sucre ambré, caramel concentrique qui ne tardera pas à l’époque du réchauffement climatique à enduire les murs d’une substance calorique.

Wyatt Kahn se plie à l’ambiguïté peinture-sclupture en formes de plomb imbriquées dans une géométrie picturale écho à ses dessins pris de reliefs sous-jascents.

Et Tobias Pils, invité de la précédente exposition du Consortium, graffite les toiles d’encre dont les lignes épurées ne dissimulent pas longtemps les objets d’une libération sexuelle archétypale de la « Beat Generation« .

Autant de clins d’oeil à l’art de la liberté initié par Jay DeFeo qui se joue des limites pour mieux les réinventer.

Deuxième exposition et autre artiste à repousser les extrêmes, Rebecca Warren présente son travail bouillonnant et technicolor.

Des totems expressifs, odes brutales par leur texture à une féminité affirmée sans tomber dans les clichés de courbes quasi-machistes.

On retrouve dans ses oeuvres, d’argile, de bronze et d’acier soudé les silhouettes graciles de Giacometti taguées de teintes pastel.

Deux mondes qui s’entrechoquent, deux clichés, de la minceur et du mignon, qui collent aux femmes dans une normalisation illustrative.

Ainsi, Rebecca Warren en mélangeant les poncifs nous montre des créatures torturées qui agissent entres elles, dans une harmonie plus complexe qu’au premier regard.

Une manière habile de donner de la profondeur aux apparences.

Troisième exposition, « Southern Garden of the Château Bellevue » du jeune artiste américain Matthew Lutz-Kinoy nous entraîne dans un revival rococo à la française.

Une série de toiles décoratives réalisées pour la grande galerie du premier étage du Consortium et inspirées par les salles dédiées au peintre François Boucher dans le musée de la collection Frick à New-York : des panneaux muraux représentant des enfants jouant aux adultes.

Tout l’art de vivre du XVIIIe siècle s’y retrouve, du tracé des jardins à l’anglaise, aux teintes délicates, blond, bleu, rose et orangé, en passant par les scènes naturalistes et les chairs généreuses plus ou moins disloquées…

Car ces toiles témoignent aussi d’un certain libertinage homosexuel, inspiré cette fois des dessins érotiques de Cocteau et de son fameux « Livre blanc« , fantasmagories de marins enchevétrés et de michetons prêts à satisfaire tous les fantasmes de ces messieurs.

Matthew Lutz-Kinoy réussit à rendre le tout agréable à l’oeil et à renouer superbement avec l’art de l’ornement, créateur d’une atmosphère raffinée telle qu’il n’en existait plus depuis Cocteau et la période faste des grands bals et fêtes dans les demeures de ses riches amis, la villa blanche à Tamaris ou la villa Santo-Sospir de Francine Weisweiller à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Une époque disparue qu’il est toujours agréable de voir réapparaître au détours d’une galerie.

Il serait donc dommage de ne pas continuer la découverte de ces mondes perdus avec la dernière exposition : « My Colorful Life » de Pierre Keller.

Cet ancien directeur de l’ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne (1995-2011) a construit son art à une époque où la rue, les clubs et les backrooms étaient les principales sources d’inspiration.

Ne lachant pas son appareil photo, bien avant que ce ne soit un geste machinal, il a conservé la mémoire de plaisirs qui ne devaient être qu’éphémères.

Cet art du dévoilement se retrouve ici dans les nombreux polaroïds d’une époque définitivement close, celle d’une insouciance tant cérébrale que sexuelle, l’un entraînant certainement l’autre, où apparaissent les génies répondant aux noms de Warhol, Haring ou le bel anonyme au talent particulier.

Des images plus suggestives que pornographiques, qui ne laissent pas le goût amer d’une expérience interdite qui finit mal.

La jouissance du passé est comme en suspend et peut encore se vivre aujourd’hui, là est l’art de Pierre Keller, avoir fixé à jamais cette courte période de liberté totale, entre l’affirmation gay de Stonewall et l’apparition du sida.

12 à 13 ans d’une vie débridée, performance mortifère dont ces polaroïds témoignent encore de sa raison d’être.

Quatre expositions liées dans un jeu de mouchoir, entre émotion, agitation et recyclage d’un art qui se doit de provoquer demain.


Expositions à voir jusqu’au 20 mai, plus de renseignements ici.

11e GéNéRiQ Festival – Le Festival des tumultes musicaux en ville

Février, dernier mois à pleurer avant de crever… de la chaleur des tropiques galopantes, ce qui nécessite un rapprochement en chaleur humaine dont la musique est le meilleur vecteur naturel.

L’homme calorifère du festival GéNéRiQ est un hybride garçon vacher-super héros, produit pop bourguignon d’une affiche signée Mr Choubi, d’où l’envie irrépressible, tortueuse… tordante d’un gros besoin de musique étonnante, détonnante, pulsante, voire même reposante…

Super BFC vous entraîne à la vitesse de l’éclair, du 7 au 11, entre Besançon, Belfort, Montbéliard et Mulhouse mais pour les plus surexcités des pantouflards, clubbers-charentaises, restons à Dijon pour découvrir un programme déjà bien mouvant.

7 lieux en 5 jours, parmi eux la Vapeur renaissante, 42 avenue de Stalingrad, dont l’inauguration le 7 février est le générique de GéNéRiQ, pour ceux qui suivent le film…

Le Cellier de Clairvaux, 27 boulevard de la Trémouille, en est le saloon-gotham officiel, à boire, à s’occuper, à manger et à écouter, la salle des actes de l’Hôtel Despringles, 47 rue Crébillon, goûte, brunche et savoure, la Minoterie, 75 avenue Jean Jaurès, occupe les petits, le Consortium, 37 rue de Longvic, s’art-monise en Barnum et l’Hôtel de Vogüé, 8 rue de la chouette, accueille les ronfleurs casqués.

Un tour de la ville, avec ou sans bourse mais toujours avec vie, pour un tour d’horizon de la scène nationale et internationale dont quelques têtes d’affiche à ne pas louper.

A tout seigneur tout honneur La Vapeur essuie les plâtres avec Tricky en un trip hop envoûtant et sussuré, qui a fait son succès au sein de Massive Attack. Ca brume, ça fume pour mieux camoufler sa gueule cabossée et ne retenir que sa voix qui l’est tout autant…

Que seraient Oasis, les Stones Roses ou les Smiths sans Wire, un groupe new wave des cavernes au son punk des origines, so vintage et british, du costume de Saville Row à la bière pas chère qui le parfume…

Le lendemain, toujours à la Vapeur, les DJs allemands de Modeselektor oscillent entre électro, techno et hip hop qui forment le chaos d’un son unique diffusé dans les clubs des quatres coins du monde…

Des « pointures » qui donnent envi de découvrir ailleurs la prochaine santiag sur mesure.

Pour bouger, collé, serré et transpirer sans frais, samedi à 17h passez au YachtClub de l’Hôtel Despringles, quatres jeunes musiciens, un bazar d’objets et un clavier 90’s pour des mélodies enfantines crashées dans l’adolescence par une explosion de guitares et de batteries…

Un autre petit nouveau qui a fait ses armes dans deux groupes, Alan Cock et Moon Pallas, avant une aventure en solo : Malik Djoudi s’inscrit dans la lignée des new romantic à la française, avec des sons-émotions pour emballer grave (!?.) sur des beats entêtants et des synthés planants… samedi 20 h La Vapeur…

Enfin, parmi tant d’autres incontournables à découvrir révisons nos classiques pas si sages, nos antiquités lubriques, dimanche au Consortium, à travers le prisme dingue de Lysistrata, trois petits jeunes prêts à en découdre avec la scène, le public et le rythme dans une transe énergétique. Faites du son pas la guerre ! …

Un festival qui bouge les murs, ouvre les voies et fait découvrir l’avenir d’une musique bien trop souvent cantonnée aux ascenseurs, supermarchés et plateaux télés en roue libre… Car c’est beau une ville qui vit !


Programme complet ici

Nuit de la lecture

Rue Berbisey.

Un Hôtel particulier.

Un appartement traversant entre rue bitumée et cour pavée.

Oliver Twist d’un côté, Oriane de Guermantes de l’autre.

Deux univers, deux pages ouvertes, d’une fenêtre à l’autre, pour suivre à la lettre des aventures antinomiques et pourtant complémentaires de vos nuits de lecture.

Un exemple parmi tant d’autres de ces plaisirs solitaires, péripéties de couette, aventures cocoonées et voyages-pages multipliés que les livres offrent à ceux qui se donnent la peine de les ouvrir.

Un effort qui ne résiste pas toujours à la facilité des tablettes même si ces dernières se transforment facilement en bibliothèque d’Alexandrie, riches d’une quantité de volumes facilement inflammables.

Aussi, pour la deuxième année en national et troisième en métropole dijonnaise, après une nuit des bibliothèques en 2016, les temples de la littérature fourbissent leurs armes de papier, leurs encres sympathiques, éclipse des clichés, et une pléiade d’auteurs, vivants, conviviaux et étonnants pour transformer deux nuits en promotion chromatique de la lecture.

« De toutes les couleurs » est le mot d’ordre, loin des crises de la page blanche le mouvement est festif, poétique, familial, ludique et quelquefois animal, comme le caméléon d’une compagnie (« En Noir et Blanc ») qui cache bien son jeu… (Samedi 16h30 à la bibliothèque de Quetigny).

Archives Départementales de la Côte-d’Or

Carte blanche, quiz, apéro dinatoire, histoires à foison, visite à tâtons (Aux Archives départementales, samedi à 18h30 et 20h30), pique-nique multicolore, concerts, contes, danse, breakdance, dégustation littéraire…

Mots sucrés et paroles de miel pour envol d’abeilles curieuses de ces riches fleurs lointaines qui ont souvent le tort d’être plus décrites que dessinées.

Autant d’animations dans les bibliothèques et librairires invitées, qui tendent à redonner au choc des photos le poids des mots et aux cellules grises les couleurs que l’imagination des auteurs y font irrémédiablement exploser.

Une occasion unique dans l’année de faire partager ses plaisirs avant de se replonger dans son roman, son étude, sa poésie préférée et se reposer sur les mots enfin délivrés.


Programme complet de la nuit de la lecture en métropole dijonnaise ici .

Le Grand Armorial équestre de la Toison d’or

A une époque où, pour les dijonnais, la Toison d’or se limite à la quête du tshirt de l’été, les bonnes affaires commerciales ont-elles éclipsées les aspirations d’un monde médiéval finissant ?

Détail d’un collier de l’ordre de la Toison d’or, créé en 1430, encore distribué aujourd’hui par l’Etat Espagnol comme décoration de mérite

Le XVe siècle est une période de transition entre l’idéal chevaleresque du Roi Arthur et de la légende du Saint Graal, chimère de foi, de pureté et de sacrifice, et la redécouverte de l’antique, mythologie lointaine et érudite propre à satisfaire des princes diplomates soucieux de réunir et d’impressionner pour moins s’affronter.

L’ordre de la Toison d’or, institué à Bruges par le duc de Bourgogne Philippe le Bon il y a 588 ans, le 10 janvier 1430 à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal, incarne cette arme nouvelle, chaîne dorée pour seigneurs turbulents, parure de promotion de nouvelles valeurs, ornement de prestige pour toute la Chrétienté.

Rogier van der Weyden (d’après), Philippe le Bon, duc de Bourgogne, 34 x 25 cm, copie du XVIe siècle d’après un original disparu, Paris, Musée du Louvre (détail)

Le duché est une puissance incontournable en cette fin de guerre de Cent Ans et la cour de Bourgogne le creuset d’une fougue passée, avide de croisade, transmutée en symbole d’un nouveau monde plus allégorique, poétique et ludique.

« Le Grand Armorial équestre de la Toison d’or » conservé à la bibliothèque de l’Arsenal au titre de trésor national, est l’un des manuscrits enluminés les plus spectaculaires de la fin du Moyen Âge qui représente au mieux ce passage vers l’époque moderne.

Mouvement extrême, déchaînement abstrait, hardiesse des couleurs, enthousiasme du trait qui font de chaque folio une oeuvre d’art unique à observer pour la première fois avec ardeur chez soi, dans ce fac-similé accessible à tous.

Le roi de Portugal – Grand Armorial équestre de la Toison d’or oeuvre collective (plusieurs peintres dont l’identité ne nous est pas connue) placée sous l’autorité de Jean Lefèvre de Saint-Rémy. Lille, 1435-1438, Gouache sur papier, 167 feuillets (290 x 210 mm) BnF, Arsenal (Cote MS-4790)

L’occasion de découvrir grâce à l’introduction éclairée de Michel Pastoureau, historien médiéviste et archiviste paléographe, les nuances de cette époque particulière perdue dans la coloration généralisée d’un « Moyen Âge » folklorique.

Une initiation aux subtilités de l’imagerie médiévale pour mieux saisir la beauté savante de ces figures guerrières, de la création des armoiries au Moyen Âge central (XIe, XIIe et XIIIe siècle), objet de visibilité sur les champs de bataille, à la subtilité de leur « écriture », figure identitaire, qui gagne peu à peu la vie quotidienne de toutes les familles, nobles ou non.

Une généralisation qui tend à vouloir particulariser certains seigneurs par une série d’ordres princiers comme celui de la Toison d’or, qui sans être le premier devient rapidement l’un des plus prestigieux d’Europe, de par ses origines, sa rareté et ses contraintes.

Hugues de Lannoy – Grand Armorial équestre de la Toison d’or oeuvre collective (plusieurs peintres dont l’identité ne nous est pas connue) placée sous l’autorité de Jean Lefèvre de Saint-Rémy. Lille, 1435-1438, Gouache sur papier, 167 feuillets (290 x 210 mm) BnF, Arsenal (Cote MS-4790)

Dijon en est le siège, dans la Sainte-Chapelle détruite en 1803, même si les chapitres qui réunissent les chevaliers (24 en 1430, 30 en 1433) se tiennent dans les différentes villes du duché, surtout dans les Flandres.

Le Grand Armorial équestre de la Toison d’or a d’ailleurs sans doute été réalisé à Lille, ville spécialisée dans les manuscrits sur papier, pour un expert de l’héraldique, science du blason.

Le duc de Bretagne – Grand Armorial équestre de la Toison d’or oeuvre collective (plusieurs peintres dont l’identité ne nous est pas connue) placée sous l’autorité de Jean Lefèvre de Saint-Rémy. Lille, 1435-1438, Gouache sur papier, 167 feuillets (290 x 210 mm) BnF, Arsenal (Cote MS-4790)

Car, aux figures des premiers chevaliers de l’ordre s’ajoutent celles des grands princes de l’époque (Roi de France, d’Angleterre, duc de Bretagne ou de Luxembourg…) ainsi que les armoiries de différents pays d’Europe, dont la Pologne, certainement « récoltées » par l’héraldiste lors de la paix d’Arras (1435) signée entre le roi de France Charles VII et le duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui met fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

Grand Armorial équestre de la Toison d’or oeuvre collective (plusieurs peintres dont l’identité ne nous est pas connue) placée sous l’autorité de Jean Lefèvre de Saint-Rémy. Lille, 1435-1438, Gouache sur papier, 167 feuillets (290 x 210 mm) BnF, Arsenal (Cote MS-4790)

Une incursion gouachée dans les méandres de notre Histoire subtilement brossée par les explications claires et précises de Michel Pastoureau et par son dialogue avec Jean-Charles de Castelbajac, artiste et créateur de mode, qui par son trait imagi-naïf met en parallèle cet univers avec le notre.

Le Chevalier Jean-Charles, Jean-Charles de Castelbajac, 2017

L’image en est le point commun, de l’héraldiste à l’artiste, du blason au logo, dans un langage plus ouvert et plus terre à terre, pour consommateurs en quêtes de valeurs…


Michel Pastoureau et Jean-Charles de Castelbajac, Le Grand Armorial équestre de la Toison d’or, Coédition BNF / Seuil, 49 euros.

La majorité du siècle

Aux Arms… Etc…

Cette année le siècle fête sa majorité.

Après une enfance et une adolescence chaotiques, il est à espérer que l’âge adulte ne suive pas l’exemple de ses prédécesseurs.

Que les « arms » se libèrent des armes et retrouvent la délicatesse du geste pour s’imposer en beauté et légéreté.

Depuis un an, Dijon Design rejette la banalité, source stérile des mauvaises idées, pour vous proposer la particularité du mouvement de la pensée.

L’art ou artisanat d’art comme remède aux maux de la société.

Fréquentez donc les musées (ici, ici ou ici), courrez les expositions d’art contemporain (ici, ici ou ici), pénétrez le mystère d’un atelier d’artiste (ici) et permettez aux artisans d’appuyer votre originalité tout en affirmant la leur (ici, ici ou ici).

C’est pourquoi 2018 ne changera rien à cette règle de découverte et d’écriture !

Bien au contraire, puisque déjà se prépare plus d’une incursion en démonstrations de savoir-faires uniques.

Plus d’une occasion de découvrir des métiers rares et d’autant plus précieux, comme facteur d’instrument de musique ou marqueteur végétal.

Plus d’une opportunité d’admirer des géants de papier, architectes, peintres, révélateurs et relieurs.

Plus d’une aventure à chiner, broder, habiter et fleurir…

Entrez donc dans la file d’attente des explorations de l’année, comme une initiation aux innovations éternelles.

Une bonne année pour se ranger sans vous nier, vous exprimer en toute humanité et démontrer votre personnalité… »In the waiting line« …

(Zero 7 – Aquanote’s Naked Adaption)

La Nativité du Maître de Flémalle – Musée des Beaux-Arts – Cour de Bar

Noël !

Noël est là !

Laissez quelques instants les mets succulents et les cadeaux à foison pour contempler un instant sacré : La Nativité

Admirez la plus belle crèche de Dijon, une des plus extraordinaire au monde.

Cette oeuvre a été réalisée vers 1435 par le Maître de Flémalle, un nom de convention car son identité précise nous est inconnue, si ce n’est qu’il était membre de l’atelier de Robert Campin (1378-1444), qui lui-même fit une partie de son apprentissage à Dijon avant de s’installer à Tournai, cité du vaste Duché de Bourgogne.

Une huile sur bois, encore un peu teintée d’archaïsme, mais résolument portée vers l’innovation technique et une vision nouvelle, transition entre le Moyen-âge et  la Renaissance.

Pénétrez dans l’ancien palais des ducs et des Etats de Bourgogne, par la cour de Bar qui permet l’accès au musée des Beaux-Arts, montez au troisième étage, entrez dans la salle n°8 dédiée à la Bourgogne et la Flandre et suivez Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle et captivante conteuse.

Ecoutez, observez et méditez…

Le Maître de Flémalle, La Nativité et l’Adoration des bergers, vers 1435, Huile sur bois, 86 x 72 cm, Acquis en 1828, Musée des Beaux-Arts de Dijon

 


Réalisation Alter Diffusion & Dijon Design

Musiques :

Guillaume DufayMotets isorythmiques (Huelgas Ensemble – Dir. Paul van Nevel)

  • « Moribus et genere. Virgo, virga virens »

LAUDARIUM (Songs of popular dévotion from 14th century Italy)

  • Laude di Sancta Maria – « Die ti salvi Regina« 
  • Legenda Aurea – « Novel Canto » – « Spiritu Sancto dolce amore« 

Merci au directeur du musée des beaux-arts de Dijon et à ses équipes, particulièrement à Linda Simon, responsable du pôle communication et mécénat, à Anne Camuset, responsable de la photothèque et à Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle, dont sort de la bouche des récits de perles et de diamants à l’image des Fées de Charles Perrault.


L’accès aux collections permanentes est gratuit tous les jours, pour tous.

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