Les Péjoces – 239 rue d’Auxonne

Les Péjoces est à Dijon ce que le Père-Lachaise est à Paris, l’illusion d’une gloire posthume se mesurant à l’ampleur et l’ornementation de ces chapelles privées dont l’actuel abandon relativise cette ambition.

Ce cimetière, créé en 1885, s’étend sur un parc de 30 hectares, alliance du végétal et du minéral assez agréable pour permettre aux vivants de sacrifier au rite social de la Toussaint, hommage annuel à leurs défunts.

Le reste de l’année, le calme du lieu n’est rythmé que par les nouveaux venus accompagnés des pleurs qui en s’éloignant ne laissent inscrit dans le marbre que l’identité sommaire de celui qui a fait leur joie.

Les sépultures plus anciennes gagnent d’une époque aux mémoires d’outre-tombe la bataille du souvenir et de l’implacable oubli en interpellant le passant pour une prière, un moment de recueillement ou par une anecdote, dialogue de chair à pierre ou le mélancolique promeneur apporte le battement d’un coeur quelques minutes partagé.

Une terre nourrie d’émotions, de sentiments et d’amour pour la plupart à jamais enfuis sous la peur de notre propre disparition, ironiquement symbolisée par la lente décomposition des chrysanthémes.

Certaines tombes expriment bien plus, en hommage à une vie de gloire, de réussite ou de passions, qui les transforment en monuments d’une exception dont le souvenir habite notre quotidien.

Edifices des grandes familles aux noms gourmands (Mulot & Petitjean, L’Héritier-Guyot), de dix-sept maires de la ville de Dijon, de l’ingénieur Darcy et des soldats français, allemands, russes, italiens, belges et du Commonwealth morts pour leur patrie lors des conflits du XXe siècle, particulièrement la Grande Guerre.

Un jardin de recueillement qui appelle à la sensibilité telle cette pierre isolée nourrie de ces mots :

Les anges … composent tes chants, mélodieux murmure / Qui s’échappe du coeur par le coeur répondu, / Comme l’arbre d’encens que le fer a fendu / Verse un baume odorant le sang de sa blessure ! / Aux accords du génie, à ces divins concerts, / Ils mêlent étonnés ces pleurs de jeune fille / Qui tombent de ses yeux et baignent son aiguille, / Et tous les soupirs sont des vers ! *

Poème épitaphe d’une lingère dijonnaise, Antoinette  Quarré, qui fait partie de cet essaim chantant de jeunes filles issues des rangs populaires, encouragées par les grands poètes à dépasser leur labeur quotidien pour s’élançer dans la carrière à un rythme tel qu’elles se heurtèrent très tôt contre la tombe.

Antoinette Quarré, née le 16 janvier 1813 à Recey-sur-Ource et morte le 25 novembre 1847 à Dijon

Ces années romantiques (1815-1848) sont les prémices d’une lutte des classes où la plume permet de sortir de l’aiguille, Elisa Mercoeur s’attire ainsi les louanges de Chateaubriand, Musset et Hugo tandis qu’Antoinette Quarré reçoit les encouragements d’Alphonse de Lamartine par cet épître dédié en août 1838 * »A une jeune fille poète » (Paru dans « les Troisièmes méditations poétiques » – 1849)

Une distinction qui lui ouvre les portes des salons de Dijon et de publications bourgeoises comme le « Journal des demoiselles« .

Aujourd’hui ces écrits peuvent être jugés sévèrement, évoquant les envolées lyriques de Walter Scott et les lointains prémices d’une Barbara Cartland dont le succès n’a eu d’égal que la mièvrerie :

Puis je voudrais avoir, au rang de mes conquêtes, / Des héros, des vainqueurs, beaux de gloire et d’amour, / Des princes conviés à mes brillantes fêtes, / Et des rois à ma cour.

Mais, pour tous ces amants insensibles et sévères, / A celui que j’aimais gardant toujours ma foi, / Aimante avec lui seul, avec les autres fières, / Je serais toute à toi !

(Extrait « Elégie« )

Pourtant ces poèmes dénotent, sous couvert d’un romantisme certain, un point de vue féminin aux préoccupations maternelles sensibles, une nouveauté amorcée par Antoinette, lettrée du monde ouvrier, et qui ne connaitra son épanouissement qu’à la fin du siècle :

Que de fois j’ai rêvé, seule, hélas ! sur la terre, / Un ange aux blonds cheveux qui me nommait sa mère, / Un enfant blanc et rose entre mes bras couché, / Jeune être souriant au soleil, à la vie, / Unique et cher espoir de mon âme ravie, / Trésor où mon amour se serait épanché !

(Extrait « Un fils« )

Cette fraicheur de vue, le soutien de Lamartine et les hommages à la famille royale, des Orléans, ont permi l’ouverture d’une souscription, ancêtre du financement participatif, à laquelle 263 notables du département  répondirent en 1843 pour l’édition d’un recueil de quarante de ces poésies.

Y figure l’extraordinaire remerciement à l’épître de Lamartine : (Extrait)

Oh ! Qui m’eût dit jamais, quand de tes chants ravie, / Recueillant tous les sons de ce luth immortel, / De mon coeur qu’enivrait ta sainte poésie, / A ton harmonieux et sublime génie / J’avais fait un autel ;

Quand, au sein de ce monde, où le malheur isole, / Ton livre, confident de mes chagrins divers, / Etait pour moi l’ami, dont la tendre parole / A toutes nos douleurs se mêle, et nous console / Des jours les plus amers ;

Constat étonnament moderne d’une solitude besogneuse qui deux siècles plus tard trouve plus d’un écho, à la différence que la culture et le talent n’y peuvent rien changer.

D’abord inhumée dans un cimetière qui se trouvait près de l’actuelle Avenue Victor Hugo, ses cendres furent transférées au cimetière des Péjoces dans ce monument érigé après souscription auprès de ses nombreux admirateurs

C’est ainsi que devant ce monument aux vers salvateurs, s’entrechoquent les époques, les esprits et les rêves pour une rencontre qui se fait l’écho parfait, amitié rimée, d’une « Visite au cimetière » : (Extrait)

Salut ! champ des tombeaux ! terre paisible et sainte, / De larmes arrosée et d’espérance empreinte ! / Qu’un autre en t’abordant pâlisse avec effroi, / Qu’il se trouble et s’enfuie, il peut trembler; mais moi, / Moi dont la vie, hélas ! a perdu sa chimère, / Pour qui le pain est dur et l’espérance amére,

Dont le coeur, tout aimant, trahi dans son amour, / N’a plus de doux liens qui l’attachent au jour, / Et dont l’âme, en ces lieux étrangère, exilée / Comme l’aigle des monts captif dans la vallée, / Soupire avec ardeur vers un destin nouveau, / J’aime à venir ici réver sur un tombeau.   

La Cour Berbisey – 31 rue Berbisey

Dijon est une ville de mélanges, culturels, sociaux et gastronomiques (Kir & co).

Un assemblage héritage des siècles, dont la rue Berbisey est la parfaite artère, illustrative d’une irrépressible liberté festive au coeur d’un patrimoine au charme discret.

Les hôtels particuliers XVIIe et XVIIIe siècles s’alignent, se laissent deviner et gardent néanmoins leurs secrets derrière les hauts murs et les portes cochères.

L’une d’entre elles s’ouvre pourtant à la découverte sous la prestigieuse référence « Châteaux et Hôtels Collection« , une association d’hôteliers, présidée par le Chef trois étoiles Alain Ducasse, pour un condensé de lieux uniques.

Expérience, charme et beauté sont les maîtres-mots d’un séjour d’exception, dans un lieu feutré dès l’entrée dans La Cour Berbisey.

Vous êtes accueillis au sein d’une maison, au noble sens du mot, typiquement française par l’harmonie du confort, du goût et de cette originalité qui fait la personnalité.

Les meubles de style, les couleurs délicates, les tissus chatoyants, les objets et les tableaux, clins d’oeil à la ville, créent une atmosphère chaleureuse et apaisante.

Salon à partager pour famille recomposée

Tout l’attrait d’une résidence de famille et le confort des meilleurs hôtels : climatisation, wifi et piscine chauffée pour 11 mètres de longueurs dans les anciennes écuries.

Joie d’une brasse à votre arrivée pour ensuite rejoindre vos appartements, l’une des trois suites de standing, la suite junior ou la chambre simple, nids douillets surplombant une cour pavée et arborée qui donne son nom à un domaine au cachet indéniable.

Charme des poutres et coloris apaisants à l’évocation de la Provence
Clarté et sérénité au paysage breton

Point d’ancrage pour visiter Dijon en suivant les conseils des bibelots animaux croisés dans les salons et couloirs : dépassez les escargots, poursuivez la chouette au fil des rues, retrouvez l’ours de Pompon dans les jardins Darcy et plongez dans une mare fruitée avec L’Héritier-Guyot et sa grenouille fétiche.

Salon privé d’une suite gansée et boisée pour chasse à courre, passion du propriétaire

Retour des musées et de shopping pour délassement dans votre salon privé ou au sauna avant de faire la tournée des ducs aux grandes tables bourguignonnes jusqu’au bout de la nuit.

Au réveil, après un sommeil au calme berbisien, viennent les délicieux choix : douche ou bain, thé ou café ?

Modernité et atmosphère voie lactée pour détente en spa intime

Les salles d’eau proposent des alternatives pouvant aller aux remous, tandis que la salle à petit-déjeuner pousse le goût à un voyage local.

Classicisme raffiné et vues potagères de Dijon pour petit déjeuner en appétit patrimonial

Des chambres d’hôtes exclusives, agrément des passés conjugués à un présent dont l’idéal est de vous accorder une insoutenable légèreté de l’être.

Véronique Barrillot – 15 rue Charrue

Etincelles, gestuelles, visuelles telles sont les oeuvres de Véronique Barrillot, dijonnaise self made woman de l’art en mode « american way of life ».

Sa vie bien rangée alliant tourisme et prêt à porter de masse a, au seuil de la quarantaine, explosée pour exposer, voyager et enfin vivre d’une passion qui jamais ne l’a vraiment quittée.

Pas d’école des Beaux-Arts mais l’école de la rue et un certain goût pour les fresques urbaines qui loin d’une expression rageuse contre la société suivent tout de même la ligne de la commande.

Vous en avez un petit aperçu, rue Dauphine, dans un hommage gestuel aux silhouettes du patrimoine dijonnais.

D’une main signée se suit le fil de Dijon à l’Ours de Pompon, aux pleurants des tombeaux des ducs et au vigoureux Bareuzai

Une graphie manuelle pour une fresquiste qui joue de la précision du pinceau plutôt que de la bombe.

Un travail minutieux pour grands espaces de défoulement entre la chaussure de foot géante pour le Dijon Football Côte-d’Or et la facade du Klube, complexe sportif à Ahuy.

A celle qui voulait vivre d’un art que Pôle Emploi ne voyait que de ravalement, la vie a heureusement dépassé la survie pour fièrement faire vibrer les murs de sculptures dessinées.

New-York, dont la statue de la liberté tient sa structure du dijonnais Eiffel, l’a vu représentée par Véronique en septembre 2013 à Five Pointz, un espace d’exposition en plein air à Hunters Point, dans le Queens.

Dix mètres de haut, écharpe tricolore comme une élue de charme, entourée des pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne alors en tournée triomphale outre-atlantique.

Etonnant mix dans la mecque du Street Art : 20.000 mètres carrés de murs, qui en 20 ans ont contribué au rayonnement de la culture hip hop dans le monde.

Une ode graphée contre la violence urbaine qui a définitivement disparue, passée au « blanc » dans la nuit du 18 au 19 novembre 2013, deux mois après la réalisation de Véronique en hommage aux nombreuses racines qui forment cette cité cosmopolite.

Une expérience qui demeure néanmoins comme le point de départ triomphal d’un talent à l’américaine qui sait oser sans se départir de ses rêves.

La définition d’une vie épanouissante qui relie toujours Véronique à un pays au combien étonnant et toujours curieux de nouveauté.

Ses tournées sont donc nombreuses, de Washington à Houston*, en passant par Monaco et Paris et en 2017 le Salon des Artistes Français au Grand-Palais, un véritable parcours dans le bon art actuel.

Véronique brille par ses coups de pinceaux et ses coups d’audace, toujours à la recherche d’innovation technique, elle joue sur les apparences dans un jeu de transformation à la « Dorian Gray » ou le portraituré affiche une double personnalité.

Atelier, rue Berbisey

Après le classicisme qui se voulait une représentation fidèle, physique et quelquefois morale d’un individu, l’arrivée de la photographie a chamboulé cette image picturale pour lui offrir les impressions d’une réalité toujours plus complexe que notre perception.

Pointillisme, fauvisme, cubisme en sont les héritiers auxquels Véronique importe de ses expériences new-yorkaise le pop art de Warhol et le trait graphé de Basquiat.

En découle dans la lignée des « -ismes » un « Wildisme underground » qui étonne par l’alliance de la technique et de l’inspiration.

Face à la toile et suivant vos mouvements, votre perception se substitue au visage évanoui devant l’autre, les jeux de mots (« Dalincoln« ) et les hommages hollywoodiens (Ci-dessous) découlent d’une technique nouvelle poussant toujours plus loin cette idée que tout change toujours plus vite que notre analyse.

Hommage à David Cronenberg – Mix entre « La Mouche » et l’acteur Jeff Goldblum – En résulte sous un certain angle une vague image d’Oscar Wilde – 2015, Acrylique, 200 x 200 cm

Une expérience qui capte la vie dans ses instants, dans ses mouvements, reflet perturbateur de notre époque qui plus que jamais n’appartient qu’aux audacieux qui comme Véronique traversent les frontières des difficultés pour offrir aux moins téméraires le fruit nouveau de leurs découvertes.

Illustration parfaite d’un art au combien nécessaire pour se jouer des faux-semblants.


*Véronique Barrillot

Pour les curieux casaniers, son atelier est ouvert en vitrine et à la visite de son univers au 15 rue Charrue.


En ouverture d’article : détail de la toile « Camp’Hell Soup« , 2016, Acrylique, 190 x 130 cm

Les petites graines – 3 rue Auguste Comte

Depuis septembre 2013, Gaëlle et Olivia, ont créé un univers dédié aux enfants, des vêtements à la décoration en passant par ateliers créatifs et animations festives.

Un jardin aux teintes pastel, à la faune doudou et aux loisirs ludiques pour des moments privilégiés entre « petites graines » avides de pousser, arbres maman et papa voulant se relaxer et forêt familiale prête à célébrer un nouveau printemps.

L’espace est divisé en deux parties : boutique sur rue, qui attire l’oeil par les petits trésors d’enfance affichés en vitrine et les salles d’atelier, au fond, pour plus d’intimité dans les différentes activités.

Et vous voilà immergés immédiatement dans un univers protecteur et onirique, que l’on peut, après les séances, transporter chez soi.

Gaëlle et Olivia proposent des produits originaux qui répondent à des valeurs écologiques et équitables.

« N°74 » est la marque de deux cousines italiennes, Poupy Sfez, installée en France, et Nancy Fanton qui parcourent le monde afin d’élaborer une collection d’objets textiles et de meubles pour enfants.

L’univers de princesses et de fées (Qui, bien élevées, laissent leur baguette à l’entrée) est d’une richesse d’imagination, de fantaisie et de rêves à nul autre égal que celle du coeur, ces produits étant conçus en Italie et fabriqués en Thaïlande, au sein d’une coopérative de femmes des campagnes qui leur permet de vivre et leur évite ainsi d’aller en ville, où la prostitution est souvent la seule alternative possible.

Une marque qui a le vent en poupe et dont la variété des produits (déguisements, vêtements, linge de lit, accessoires…) et les valeurs humaines permettent de sauvegarder le savoir-faire et la dignité des femmes.

D’une conscience solidaire à écologique avec « Poudre Organic » dont les vêtements cocon, dessinés à Auxerre et fabriqués au Portugal, présentent des motifs raffinés et des teintes douces pour des vêtements et du linge pour bébé entiérement réalisés à partir de coton biologique.

Scalaë

Les tissus responsables se plient à toutes les volontés d’ornements de charme et à tous les désirs calins avec les poupées oiseaux douillets de la marseillaise « Scalaë »  (Paon, cygne noir et perroquet de fantaisie), avec les mannequins espagnoles « Minina Love » aux mensurations interdites de défilés malgré leurs jambes interminables, et avec le zoo de contes de fées de « Talena et Louison« , souris de Cendrillon parées pour le bal sur le dos d’une Licorne.

Minina Love

De quoi donner des envies aux princesses, hôtesses de ces chambres bestiaires, qui dans la même marque trouveront des bijoux, accessoires et barrettes, à moins de ne préférer les serre-têtes de « Nini la Duchesse » ?

Niveau jeux, la tendance est aux classiques nomades 100% français.

« Les jouets libres » conçoivent des pochettes en tissus transportables pour jeu de dames ou de morpions en plein air et mouton « Woody » à rhabiller pour l’hiver.

« Ratatam ! » dont les ballons et les jeux de boules oscillent entre GRS et tendance disco.

Tandis que « Deuz » propose des tapis de jeu, tapis bébé, en coton bio fabriqués en Inde dans un atelier solidaire, et des jeux d’éveil à emporter partout.

Une mobilité et une phase d’appropriation qui permet à l’enfant de développer son imagination et sa créativité en accord avec l’évolution de son mode de pensée et de ses capacités.

Une manière de pousser sans contrarier sa personnalité naissante.

C’est dans ce but que « Les petites graines » proposent toute l’année des ateliers pour les enfants de 3 à 10 ans : art plastique (Lundi 17h30-18h30), éveil à la danse (Mardi 17h30-18h15), chant (Mercredi 11h-11h45), cuisine (Mercredi 15h30-17h00), expression corporelle (Mercredi 17h30-18h15) et initiation à l’anglais « Fun in English »  (Samedi 10h30-11h15 & 11h15-12h), menés par des intervenants spécialisés.

Autant d’opportunités pour l’enfant de s’ouvrir à la diversité du monde, d’appréhender l’espace et son corps, tout en lui permettant de découvrir ses capacités et peut-être une passion au sein d’un espace de sociabilisation.

Une phase d’auto-découverte qui suit les ateliers destinés à l’interaction entre l’enfant et ses parents, par l’éveil musical (Lundi 9h45-10h30 & 10h30-11h15), l’atelier créatif (Vendredi 10h-11h) et l’éveil corporel (Samedi 9h40-10h25).

Les parents ne sont pas en reste puisque des ateliers spécifiques à une certaine « remise en forme » leur sont proposés le jeudi, Stretching Postural (9h30-10h30) selon la méthode Moreau pour rééquilibre corporel et renforcement du dos mis à rude épreuve par les assauts quotidiens de portage familial, et Apéro créatif (19h15-20h45) pour échange de bons plans entre nouveaux parents.

Les samedi et dimanche après-midi sont l’occasion d’observer l’évolution de ces « petites graines » qui poussent au fil des anniversaires, des ateliers ludo-éducatifs et des stages éducatifs de vacances, autant de périodes d’arrosages ludiques et culturelles afin de pousser en harmonie avec ses défauts et ses qualités.

N°74

Festival 360° – Panorama de la Photographie Transculturelle

Depuis toujours « sage comme une image » j’en ai oublié, au regard des autres, d’exister, de me conformer au « parce qu’il faut bien vivre… », sous entendu s’animer, s’amuser, aimer, prouver (ou se prouver) sa réalité.

©Yann Levi – Le vestiaire du Red Star (Du 25 octobre au 26 novembre au Zénith de Dijon)

Bel objectif tant qu’il ne se cantonne pas à l’egocentrisme « star comme une image » qui inonde de 9000 photos seconde des applications (Snapchat & co) principalement utilisées par les moins de 25 ans.

Une jeunesse souvent insouciante dont le festival 360° fait vibrer, pour la deuxième année consécutive dans dix lieux de Dijon Métropole, les nuances, le grain et les focales par le travail de 18 photographes, principalement Français, mais aussi Iranien, Brésilien, Néo Zélandais ou Américain.

Un panorama des thèmes d’actualité, héritage en cours de ces jeunes, dont l’éloignement de l’objectif est proportionnel à la prise de conscience de certaines réalités.

©Arnaud Finistre – Rohingyas, l’exode forcé (Du 4 au 12 septembre au Cellier de Clairvaux)

Les questions d’immigration y trouvent une part essentielle d’humanisme, des fragiles embarcations sauvées par l’ONG SOS Méditerranée (Yann Levi L’Aquarius, contre vents et marées !), au suivi de la fuite des Rohingyas, ce groupe ethnique chassé de Birmanie il y a un an (Arnaud Finistre Rohingyas, l’exode forcé), à la situation de guettoïsation des Roms dans une Europe toujours hostile aux mouvements intérieurs (Rémy GabaldaLes Roms ne disent jamais « il était une fois »).

Autant de situations particulières, objets de blessures, dont témoignent physiquement les survivants d’armes à feu dans une Amérique en plein débat sur la question de leur libre circulation (Kathy Shorr Shot) et, moralement, la jeunesse iranienne dont la mémoire a été impactée par le passé tumultueux du pays (Gohar Dashti Today’s life and war – 2008).

©Kathy Shorr – Shot (Du 23 au 28 octobre dans la salle des Actes de l’Hôtel Despringles)

360° de points de vue et d’images d’un monde entre survie et jouissance, espérance et envie, dans un festival aux clichés qui loin d’être glacés provoquent et stimulent les émotions.

©Jérôme Gaillard – Vivants (Du 19 septembre au 19 octobre à la Médiathèque de Longvic)

Enthousiasme d’une jeunesse en découverte (Jérome GaillardVivants), pieds de nez aux conflits armées par les arts du cirque (Johanna Maria Fritz Like a bird), victoire communicative du foot (Sabrina Dolidze Champions), éclate entre deux vagues (Tim Mc Kenna Wave), boeuf exaltant d’une musique sur et hors scène ( Alice MillerShow)…

©Johanna-Maria Fritz – Like a bird (Du 25 septembre au 19 octobre à la Résidence étudiante Maret)

Autant de raisons à continuer d’espérer, autant de passions à communiquer, autant de photos à véhiculer pour regarder en face les réalités et les joies, les plaisirs simples, les occasions d’agir et demeurer ainsi « sauvage comme une image » en réaction à une société souvent adepte des œillères.


360° Panorama de la photographie transculturelle jusqu’au 15 décembre dans différents lieux de Dijon Métropole – Programme complet ici


Suivez nous sur instagram dijon.design au fil des expositions…


Image d’introduction : reflet de la ville depuis les jardins Darcy d’une photographie de Yann Lévi, de la série « Aquarius, contre vents et marées !« .

Un été dijonnais

Chaque année l’été provoque à son arrivée un tsunami d’enthousiasme qui submerge les esprits les plus sceptiques quant aux joies d’un sauna quotidien, aéré par les doigts de pieds en éventail des voisins, sur fond du doux sifflement des maringouins.

A chaque saison ses joies et même si mon esprit du Nord regrette souvent le frais crachin de l’enfance, Dijon offre la possibilité de sur-vivre en mode protection ou satisfaction.

De quoi se rafraîchir, se régaler, se cultiver et découvrir ce que le reste de l’année ne donne pas toujours le loisir d’apprécier.

La Côte-d’Or étant trompeuse quant à son offre de rivages ensoleillés, la ville de Dijon pare à ce poétique mirage en aménageant sur les rives du lac Kir une plage équipée d’activités sportives à la pelle : Sandball, Canoë Kayak, aviron, voile… Mais aussi des concerts et un feu d’artifice le 14 juillet, que demande le peuple ?

(Plage du lac Kir – Avenue du 1er Consul – 03.80.74.51.51)

Fraicheur pour les adeptes de longueurs la piscine Olympique, 12 rue Alain Bombard, s’offre à tous les rêves de médailles.

Et pour crawler, brasser et papillonner en famille, la piscine du Carrousel, 1 Cours du Parc, ouvre son bassin intérieur sur la plus chic avenue de Dijon, en attendant la future piscine d’été pour 2019.

Encore plus select le couloir de nage de la Cour Berbisey (Image d’ouverture) est réservé à des chambres d’hôtes haut de gamme à découvrir ici.

Patauger et frimer ouvre l’appétit ou tout du moins une soif de fraicheur.

Morgane Poillot – Les Hauts Graphismes

Plusieurs glaciers font alors leur apparition pour une multitude de tentations sur cône de gaufrette.

Trois pourtant se démarquent très nettement !

Fabrice Gillotte, 21 rue du Bourg, meilleur ouvrier de France qui, au-delà de ses chocolats d’exceptions, propose des glaces et sorbets aux goûts très affirmés.

Des ingrédients vrais pour des saveurs à croquer : Sorbets Cassis, abricot, fraise garantis 50 à 60% de fruits et crèmes glacées royales en vanille bourbon et grands crus de chocolats frappés.

Pour la Maison Carbillet, 58 rue des Forges, la qualité se mêle à l’originalité pour des saveurs d’ailleurs : Abricot-Romarin, Citron-Basilic, Framboise-Violette, Tiramisu…

Mentions spéciales pour les alliances mystérieuses : Framboise-Betterave et Glace de la Mort qui tue, un gingembre sexy allié à un biscuit craquant pour petite mort annoncée…

Chez Simone et Maurice, 6 rue de la Chouette, la glace se déguste à table depuis décembre 2016. Ouvrir en hiver dénote l’amour du froid porté à sa gourmandise ultime.

Les saisons volent en éclats, seul demeure le plaisir offert toute l’année : Glace pain d’épice « Mulot et Petitjean », Sorbet Poivron Rouge-Framboise… Saveurs locales et surprises des papilles que Anne-Claire Guinard, formée à l’école Ferrandi, porte au paroxisme.

D’autres plaisirs sucrés sont à savourer tout au long de l’été, que ce soit les macarons parisiens et les éclairs au cassis (A tomber !) du pâtissier-créateur Pierre Hubert, ici, ou le Must-Have dijonnais, pain d’épices de Mulot & Petitjean, institution gourmande au musée dédié ici .

Pierre Hubert

Pour ceux qui préfèrent le sel des apéros tardifs, les Halles offrent toutes les joies de produits ensoleillés, ici, ainsi qu’un brunch dominical jusqu’au 23 septembre (ici). Tandis que l’épicerie de luxe, Grain de Cassis, permet toutes les expérimentations à différents degrés d’alcool (Modérément !) ou de challenges entres copains, ici.

Jiminis chez Grain de Cassis

Un régime ultra-protéiné pour un regain d’énergie en mode shopping et culture.

Société de consommation oblige, les boutiques s’ouvrent les premières sur autant d’articles de rencontres partagées depuis les débuts de ce blog.

Qui dit été dit voyage, Terre de Lune est LA boutique qui vous entraîne ailleurs dès le pas de porte franchi.

Bougie La Française chez Terre de Lune

Une explosion de couleurs, de parfums, de saveurs pour une imagination sans borne.

Un magasin destination à découvrir ou redécouvrir ici.

Quand à Paula Coste, avant une phase de travaux, les vêtements pimpants et la décoration dépaysante vous entraînent entre le Maroc et les Caraïbes… ici.

Des petits hauts & Repetto chez Paula Coste

Une garde-robe, panoplies, à assortir aux bijoux de Noir Animal pour un look affirmé, ici, ou à ceux des Ateliers du Parfumeur qui portent une ethnicité communicative, ici.

Ayala Bar chez l’Atelier du Parfumeur

Boutique qui offre aussi à la garde-robe, mobilier, les senteurs de la maison, bougies et boules de terres cuites, tout comme Ma Belle Parfumerie, entre parfums d’intérieur et parure de nudité, ici.

Les plus jeunes ne sont pas en reste avec Les petites graines, une boutique aux trésors et des ateliers pour dors et déjà préparer la rentrée… ici.

Scalaë chez Les Petites Graines

Une perspective encore lointaine qui encourage d’autant plus à profiter de cette saison pour découvrir le patrimoine du bout de la rue, les musiques sacrées et festives ou l’avant-garde scénique et plastique, comme autant de souvenirs loin des clichés de cartes postales.

Le Consortium, scène plastique contemporaine, ouvre ainsi jusqu’au 14 octobre son Almanach 18, pages d’horizon des créations d’aujourd’hui et hier, entre le benjamin Luc Ming Yan, chantre de l’art actuel dans la prometteuse veine sino-dijonnaise, et Mati Klarwein, avant-garde underground, allemand, juif, arabe et africain en facettes éclairantes, entre scénes bibliques, dyptiques et polyptiques d’une humanité hybride et épanouie.

Un almanach de l’année et d’un passé contemporain comme le Consortium en a le secret : éclairer le regard pour penser en beauté…

Yann Gerstberger – Fresque et fausses tapisseries chatoyantes

Néanmoins pour ne pas griller les étapes de l’histoire de l’Art qui précèdent cette escapade avant-garde, cours de rattrapage au Musée des Beaux-Arts, 1 rue Rameau, pour les périodes médiévale et renaissance, dont un tableau est le jalon parfait (ici !).

Un art souvent religieux qui expose ses instruments sacerdotaux et statues de dévotion au Musée d’Art Sacré, ici, tandis que son voisin ouvre le musée aux arts populaires d’une Vie Bourguignonne d’antan, ici.

Pour les périodes classique, romantique et pompier en attendant la fin des travaux du Musée des Beaux-Arts vous trouverez à deux pas de celui-ci le Musée Magnien, 4 rue des Bons Enfants, magnifique collection permanente qui s’ouvre quelquefois à des découvertes temporaires… (Archives ici et ici)… Et à des concerts, programme de l’été ici.

Pour le XIXe grandiloquent passage obligé le 14 juillet au Musée Rude, ici, afin de célébrer l’événement devant La Marseillaise.

Imaginaire concret aux Bains du Nord, lieu d’exposition du FRAC Bourgogne, des « Espaces autres » propices aux rêves et à la mise à l’écart du monde, à réfléchir jusqu’au 16 septembre… ()

Une proposition linéaire qui n’empèche pas les confrontations dans une ville qui met un point d’honneur à varier les regards sur l’extérieur et sur elle-même.

Jusqu’au 16 septembre, dans le salon d’Apollon du Palais des Ducs, 1 place de la libération, l’artiste pluridisciplinaire Patrick Carlier  présente sa vision 3D des monuments de Dijon, un pliage patrimonial à soulever pour varier les points de vue et les anecdotes architecturales.

Voilà l’été à Dijon ! Flanez au prochain Sunday Market, marché de créateurs (*ici), découvrez la Cathédrale St-Bénigne à l’occasion des Estivales d’Orgue du 15 au 29 juillet (Programme ici)…

Prenez le soleil ou le frais dans les nombreux jardins, ici, ou en terrasse à l’occasion du festival « Garçon la note ! » du 4 juillet au 28 août (Addition ici)…

…Et de la hauteur à l’occasion des fêtes de la vigne, du 20 au 26 août, entre tradition et patrimoine, gastronomie et vins (ici), ou lors de la montée de la Tour Philippe le Bon lors des visites à thèmes de l’Office de Tourisme, sur le parcours de la chouette.

Des vacances multiples et variées dont l’illustratrice Berthine Marceau croquera à jamais, de sa patte de velours, les plaisirs éprouvés.


Devant tant d’objectifs de découvertes, Dijon Design se met en vacances jusque début septembre.

A bientôt pour le festival 360° et d’autres événements de rentrée…


Images d’ouverture : Salvo (Salvatore Mangione) – Exposition « Almanach 18 » au Consortium

Luxury Flat in Dijon – 5 rue du Palais & 10 rue Bouhier

Les voyages permettent de se projeter plus ou moins loin selon l’élan pris au démarrage.

La distance est une chose mais le point d’atterrissage conditionne, souvent, la réussite du périple.

Optimiser les promesses d’une ville oblige à Dijon de pénétrer le coeur de l’Art et de l’Histoire dans une maison riche de ces atouts et d’une convivialité qui laisse le temps de se découvrir.

A deux pas de la Place de la Libération et du palais des ducs de Bourgogne

Luxury Flat in Dijon propose des appartements, à louer le temps d’un week-end ou d’une semaine, aux murs chargés d’Histoire, dont la bonhomie du décor, à la chromatique réjouissante et aux collections vintages, transforme l’exceptionnel en maison de famille éternelle.

Une première impression kitsch, entre les accumulations d’assiettes décoratives, de thermomètres touristiques et de réveils rétro, qui révèle pourtant l’évidence d’un luxe essentiel : une nostalgie rassurante.

Rien de pompeux entre ces vieilles pierres qui entraînent à aborder le temps sans s’y perdre, qui apaisent tout en réveillant les souvenirs, et qui permettent d’aborder un passé ou rien n’est figé.

Les époques s’entrechoquent dans ces 6 appartements classés 4 étoiles, pour mieux révéler un éternel français qui plaira autant aux autochtones qu’aux touristes étrangers, reste à choisir son univers préféré :

Baronne de Chantal, dont le portrait orne le mur turquoise, est une référence à la plus célèbre occupante des lieux, fille de la maison, Mademoiselle Frémyot épouse en 1592 Christophe de Rabutin, baron de Chantal. Veuve à 29 ans elle se consacre à l’amour de Dieu en fondant l’Ordre de la Visitation. Canonisée en 1767, Sainte Jeanne de Chantal reste connue comme étant la grand-mère de la plus célèbre épistolière française, la marquise de Sévigné.

Chambre…

Une aura d’apaisement dans un studio écolo (Tomettes, chaux…) qui fait revivre nos propres aïeux par l’esprit pop du papier peint chiné et des réveils accumulés comme autant de passés à revivre.

… et cuisine

Un retour en réflexion, source d’inspiration, comme pour le dijonnais Yves Jamait, chanteur toujours à la recherche d’une mélodieuse poésie…

Chambre d’inspiration pour l’album Amor Fati (2013)

Les mots invitent aux rêves et aux découvertes et les noms des chambres sont autant d’indices aux parcours dans la ville, propices à l’inattendu.

Bénigne le Compasseur, grand appartement aux teintes gourmandes de chocolat, sinueuses de tabac et au ciel jusqu’à l’au-delà, se targue d’une terrasse végétalisée à l’ombre des toits ocrés.

Une atmosphère sereine ponctuée de savoureux clins d’oeil à l’ancienne vie du quartier, de l’ancien puits à ce nom d’une famille mystérieuse et pourtant riche à découvrir dans l’ancienne Chambre des Comptes de Bourgogne, de l’autre coté de la rue.

Logis des Frémyot, renvoie à nos hôtes passés et présents, d’un appartement de famille aux couleurs de petites filles modéles, de la chambre à la salle d’eau, en passant par la cuisine équipée, comme pour tous les appartements, clé d’une certaine liberté entre deux découvertes gastronomiques, Dijon oblige.

Depuis un peu plus d’un an, trois autres appartements ont fait leur apparition, toujours dans le même esprit, à quelques mètres d’ici.

Quelques pas pour un esprit de famille toujours plus élargie dans la Maison Bouhier, un logis de maître du XVIIIe siècle.

Tabourot, est encore une référence à l’ancienne Cour des Comptes, voisine, et au bel esprit qui a permis à Tabourot des Accords de rester dans les mémoires comme le « Rabelais Bourguignon ».

Un séjour dans cet univers cosy, au coin du feu si nécessaire, vous permettra de rendre hommage à cette fine plume dont les restes sont conservés dans la cathédrale St-Bénigne.

Neufchèze, à la douce lumière, évoque l’évèque de Chalon-sur-Saône, neveu de la future Sainte Jeanne de Chantal, qui donna la bénédiction nuptiale à la nouvelle Marquise de Sévigné… Un mariage de nuit, pour tromper le diable « grand noueur d’aiguillettes« …

Deux chambres et un canapé-lit règlent ici les questions de couche conjuguale.

Grand Amiral, propose toutes les facilités d’une vie de famille harmonieuse, deux chambres, parents, enfants, une cuisine ouverte sur le salon, deux canapés…

De quoi s’installer définitivement, le temps des vacances, dans des appartements où vous êtes vous-même, où Dijon s’offre entièrement au quotidien, et où le patrimoine n’engendre pas la mélancolie.


Plus de renseignements ici

mailto:contact@luxuryflatindijon.fr / +33 6.79.52.49.16

Moutarderie Fallot – Rue de la Chouette

Les spécialités culinaires sont-elles le reflet de la personnalité des villes qui les ont vu naître et qui font aujourd’hui leur renommée au niveau national, voir international ?

Dijon s’incarne t-elle dans la moutarde ou la moutarde incarne t-elle Dijon ?

Dans le Monde le mot et le nom semblent indissociables, passant du propre au commun¹, même si les productions varient et ne rendent ni comptes ni justice à une capitale de la gastronomie.

Un savoir-faire qui dès le début du XIVe siècle est remarqué dans divers documents², la « moustarde » est alors le produit du mélange de vin aigre tiré du moût de raisin et de graines de sénevé broyées au goût affirmé, qui donne au terme une origine latine gustative : « Mustum »  (Le moût) et « Ardens » (Ardent).

Ce n’est donc pas la devise « Moult me tarde » du premier duc de Bourgogne de la branche Valois, Philippe le Hardi (1342-1404), qui est à l’origine du mot.

La ville de Dijon très aimable envers ce prince, jusqu’à lui fournir en 1388 une troupe de mille hommes pour l’aider à conquérir la Flandre, y gagne alors le droit de porter cette devise sur son blason.

« Moult me tarde » : « Il me tarde beaucoup« , sous entendu d’aller au combat, résonne d’une ardente dynamique pour le Dijon d’aujourd’hui qui se veut Capitale.

Un désir d’avenir, de conquête de nouveaux marchés, qui passe souvent par un retour aux sources, au vrai et à un savoir-faire unique au service de nos goûts changeants.

La moutarderie Edmond Fallot, qui fonctionne à Beaune, sous ce nom, depuis 1928, a rompu en 2014 le mauvais sort qui éloignait de plus en plus Dijon de sa spécialité.

Dans la boutique-atelier vous pouvez assister à la fabrication à Dijon d’une véritable moutarde, depuis la fermeture de l’usine Amora-Maille en 2009, une moutarde au Meursault réalisée avec 100% de graines cultivées en Bourgogne, réintroduisant une pratique perdue depuis la fin de la seconde guerre mondiale au profit de l’exportation canadienne.

Tradition-Spectacle pour la fabrication sur place d’une moutarde au Meursault réalisée avec 100% de graines de Bourgogne

Un espace de promotion de la tradition et de vente à nos désirs de saveurs et de couleurs.

La partie atelier à la décoration subtilement surannée est un écho aux bâtiments d’origine de la moutarderie, à Beaune, non loin des Hospices, qui depuis 1840 abritent la fabrication des moutardes et vinaigres selon des méthodes traditionnelles.

Fallot est la dernière grande moutarderie familiale de Bourgogne a continuer à broyer les graines à l’aide de meules de pierre, préservant ainsi à la pâte toutes ses qualités gustatives.

La moutarde de Dijon y retrouve ici ses lauriers de gloire car malgré ce que son nom laisse à penser il ne s’agit pas d’une appellation d’origine, « Moutarde de Dijon » relève simplement d’un procédé de fabrication à usage international.

Il s’agit généralement d’une moutarde lisse dont la pâte a été mélangée à du vinaigre et plus typiquement du verjus (Jus de raisin vert) qui donne à la préparation son piquant caractéristique.

Pour rendre à cette moutarde de Dijon son identité locale l’ajout de vin blanc aligoté, en lieu de vinaigre, la transforme en « Moutarde de Bourgogne », toujours lisse et forte avec un surcroit de finesse qui lui accorde une personnalité unique reconnue IGP (Indication géographique protégée).

En moutarde Dijon est de partout tandis que la Bourgogne est bien de chez elle…

Ecran interactif pour Culture moutardière

Une saveur réappropriée qui permet, grâce à cette base solide, toutes les alliances gustatives.

Dijon lui offre le pain d’épices et le cassis, la Côte-d’Or y associe ses grands vins, Meursault pour sa production dijonnaise et Pommard pour des fêtes dorées à l’or fin et la Bourgogne lui procure Marc, truffes et Chablis dans le sillage de l’étoile  gastronomique « Bernard Loiseau » pour des saveurs inédites et des goûts exotiques dont le chef du relais, Patrick Berton, à le secret : cépes et thé fumé, aneth et citron, feuilles de coriandre et oranges confites.

Des voyages en territoires de terroirs qui permettent des jumelages jusqu’alors inconnus :  piment d’espelette, miel et vinaigre balsamique de Modéne ou sirop d’érable relevé de romarin.

Unions que l’on peut juger contre nature mais qui font le sel d’une vie de papilles.

Aussi pour les plus classiques un retour au vert s’impose en poivre de même couleur, basilic ou estragon, une entente de plantes pour la simplicité du bon.

Le choix reste à faire parmi ces 32 variétés propres à titiller les assiettes et palais.

Heureusement la boutique se veut ludique à plus d’un titre : le « Bar à moutardes » (Ci-dessus) permet de goûter les pluriels pour des plats singuliers avec une pincée de conseils avisés, le « Vrac » se la joue écolo pour remplir les pots de grés des classiques maisons au fil de votre consommation et le « Distributeur » de mini-pots (Ci-dessous) joue les casinos pour un euro.

Une proposition qui revient aussi aux sources aigres-douces par la vente de vinaigres, aux combinaisons aussi riches que les moutardes (Vin blanc aux herbes de Provence, vin rouge cépage Merlot, litchi & rose, vanille et curcuma), de cornichons, de la marque et de la maison Marc et d’une confiture de moutarde élaborée par Franck Bourgeon pour une utilisation façon Chutney en association avec un foie gras ou du chèvre.

Les parfums, couleurs, saveurs, mélanges, associations et propositions offrent toutes les audaces du bon goût à partir de simples graines, vendues en sac de jute estampillé, dont la saveur après transformation, comme un défi, est une source d’inspiration pour la ville, la région et l’entreprise qui y est associée : relevée !


La boutique est ouverte 7 jours sur 7 de 10h à 19h.

A Beaune, 31 rue du Faubourg Bretonnière, la moutarderie Fallot se visite suivant deux parcours : « Découverte » et « Sensations fortes » entre Histoire et mise en scène.


Les graines de moutarde entrent aussi dans la composition d’un savon local, AMOA, à découvrir ici.


¹ Etienne Tabourot, « Les bigarrures et touches du seigneur des Accords. … », 1603 – A lire ici.

² Dans le Cartulaire d’Igny (Abbaye cistercienne fondée en 1127 par des moines de Clairvaux) on trouve en 1323 un certain Gilles dit moustardier.

Les Hauts Graphismes

Manière d’exprimer, signe d’un caractère, ligne affirmative ou frontière, le trait est marqueur d’une personnalité qui se distingue.

Morgane Poillot porte haut ce tracé créatif, graphisme mordant aux calmes aplats relevés d’un trait d’humour, elle nous invite à siroter une moutarde de Dijon bien fraiche et à suivre la noire silhouette d’un « Narvalo » mi-cachalot, mi-mec, créature caricature d’un trait d’esprit.

Sérigraphies « Black Night » et « Narvalo »

Une passion originelle de l’image qui permet à Morgane, graphiste et illustratrice free lance, diplomée de l’ENSA de Dijon, de faire le lien entre le léger et le sombre, le puissant et le délicat, le design graphique et l’art.

On perçoit dans ses réalisations l’infuence des découpages de couleurs pures de Matisse, des motifs d’une fraicheur indémodable du Groupe Memphis, codes graphiques des années 80 digérés par l’insconscient collectif, et des illustrations et sérigraphies de Warhol, précurseur d’une création attrayante, boosteuse de consommation.

Batgirl #2

Le créateur du Pop Art se trouve être le parrain spirituel de tous les artistes et graphistes qui depuis une dizaine d’années, nous permettent, grâce aux boutiques en ligne telle Etsy, de dénicher l’originalité et d’affirmer notre identité dans le partage et le mécénat convivial.

Des foires artisanales digitales qui, relayées par les réseaux sociaux, permettent ponctuellement des interactions entre créateurs et consommateurs par le biais de boutiques éphémères comme le Sunday Market de Dijon, un espace mouvant de ventes privées organisé au moins une fois par trimestre.

Impression graphique sur Tote Bag

Les Hauts Graphismes s’y distinguent ne serait ce que par le logo solaire de ce marché de créateurs nomades pour la plupart issus des régions Bourgogne-Franche-Comté et lyonnaise.

Tous ont en commun cette alliance de la nouveauté et des techniques artisanales qui donnent un supplément d’âme aux coups de coeur.

L’ordinateur apporte la facilité de la réalisation des idées quand le papier et l’encre leur donnent vie, une double expression artistique du graphisme et de la technique d’impression.

Morgane utilise la linogravure, proche de la gravure sur bois, et la sérigraphie, technique de pochoirs, un mode d’expression texturé qui permet une impression sur tous les supports avec la garantie de couleurs intenses et profondes.

Carnets A6, reliure japonaise faite à la main, couverture en carton imprimé par linogravure

Ainsi, toutes les tendances graphiques, du flat design (Formes simples et couleurs saturées), au nouveau rétro (Motifs géométriques inspirés des premiers jeux vidéos) en passant par la pop culture (Bowie tendance Alladin Sane), bénéficient de l’usage ludique de ces techniques d’impression, amplificateurs de la fraicheur des créations de Morgane.

Bowie par le photographe Duffy, revu et graphé…

Le pop des badges, le miroir de la girlie assumée et lookée, la sérigraphie de murs stylés et les carnets graphiques effet usé, affirment cette fantaisie maitrisée de styles divers qui entraîne vers l’affirmation de soi-même.

Une identité que les Hauts Graphismes proposent déjà aux particuliers, aux entreprises et aux associations, entre création de logo, d’identité visuelle, de flyers et d’affiches.

Festival « Vacarm le Rouge » 2017 – Venarey les Laumes

 

Eglise St-Michel – Place Saint-Michel

« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »

Phrase célèbre et digne du mélodramatique et génial André Malraux, même si il a toujours nié avoir prononcé cette sentence.

Pourtant, dans sa correspondance, prolifique, on peut trouver cette lettre de 1955 sur la question du fondement religieux de la morale :

« Depuis cinquante ans la psychologie réintégre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux »

Propos de son époque à mesurer aujourd’hui à l’aune de ce que nous vivons au nom de Dieu !

Néanmoins cette idée de morale prend de l’ampleur par les « manifs pour tous », où la joie d’affirmer sa vision étroite de la famille, relayée par le discours politique, de tous bords, et à tous degrés, de la bonne morale chrétienne aux saines valeurs républicaines.

Oui, nous sommes en perte de repéres alors que le but de chacun est souvent d’aller à la lumière, à l’amour, à la vie !

Des valeurs simples et vraies que l’on retrouve dans le discours d’une éternelle jeune fille aux écrits souvent mystiques, mais aussi universellement porteurs de tolérance et d’espoir.

A défaut d’un nouveau dieu, depuis le 16 octobre 2016 Dijon accueille une nouvelle sainte, Elisabeth de la Trinité, déjà béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1984 et depuis canonisée par le pape François suite à deux miracles reconnus par l’Eglise catholique.

Elisabeth de la Trinité, Carmélite

Que l’on soit croyant ou non, c’est toujours un événement de voir une personne « normale », en l’occurence une fille d’officier, à la bonne éducation, douée au piano et qui aurait pu avoir une vie classique et confortable, faire le sacrificice, au début du XXe siècle, des joies terrestres par une volonté irrépressible d’entrer au Carmel et d’Aimer.

« Je vous en prie, marquez tout du sceau de l’Amour, il n’y a que cela qui demeure »

Sans transformer les églises en temples d’Eros, c’est une émotion universelle et certainement la seule morale acceptable face à une société qui a perdu le sens du respect et de la dignité.

Un rappel aux valeurs essentielles par une nouvelle sainte vénérable et admirable dans l’église de sa première communion, l’église Saint-Michel, construite fin XVe et début XVIe siècle entre un corps gothique et une remarquable façade de style « renaissance italienne » unique en France.

Un écrin toujours ouvert au culte, digne de trois objets d’art sacré offert à sa dévotion.

Dijon possède un musée d’art sacré réunissant les objets de piété et les ornements qui ne trouvaient plus leur utilité suite aux changements apportés par Vatican II, ou qui courraient le danger d’être volés pour être recédés à des amateurs d’art religieux.

C’est donc un second événement qui découle du premier, afin de le servir et de le propager, comme objet d’une foi renouvelée.

Trois objets, miroir de la Trinité qu’elle vénère et qu’elle incarne : Une châsse accueillant ses reliques, une statue symbole de sa bonhomie et de son âme apaisée et une icône, image mystique d’une vénération multipliable à l’infini.

La Châsse :

Ce coffret précieux recevant les reliques de sainte Elisabeth de la Trinité a été offert par les carmélites de France, ordre dont elle est issue, par le Carmel de Dijon, aujourd’hui implanté à Flavignerot.

Sa réalisation et son installation ont nécessité le talent de plusieurs artisans d’art au savoir-faire unique et souvent ancestral.

L’autel en pierre de 2,7 tonnes destiné à recevoir les reliques est l’oeuvre de l’entreprise Ducherpozat, basée à Fixin, maçons de père en fils depuis 1590 ce qui en fait selon le Guinness Book la plus ancienne famille de maçons au monde.

Une pierre de Chassagne extraite dans une carrière au sud de Nuits-Saint-Georges et taillée par Kevin Boudeau, un jeune compagnon effectuant son tour de France, qui a su allier la tradition de la taille au burin à la modernité, par la confection d’un tiroir recevant une plaque de leds pour illuminer la châsse par le dessous.

Service technologique à la lumière intérieure.

Socle de l’éclatante châsse en bronze doré, verre et émail réalisée par le sculpteur italien Stefano Borin, issu d’une famille de sculpteurs, peintres et décorateurs, de la région de Vérone, alliant l’amour des beaux-arts aux valeurs spirituelles.

Une oeuvre qui relie sa vie terrestre, par l’évocation de douze épisodes de la vie de la sainte, souvent tirés des nombreuses photographies qui nous reste d’elle, au message spirituel.

Cette châsse prend la forme d’une maison, une maison de Dieu (Signification du prénom Elisabeth en hébreu) afin de recevoir le reliquaire où figure le symbole du Carmel et le « Laudem Gloriae« , louange à la gloire de Dieu, en laquelle elle est incarnée.

Au sommet plâne la colombe du saint-Esprit, de laquelle émanent les rayons qui illuminérent toute la vie terrestre de la carmélite jusqu’à tracer sa mission de sainte.

« Je veux être sainte, sainte pour faire son bonheur. Demandez-lui que je ne vive plus que d’amour, c’est ma vocation »

Douze colonnes de verre marquent à chaque étape de sa vie la présence de Dieu.

Sa première communion, le 19 avril 1891, devant l’église Saint-Michel

De son baptême, le 22 juillet 1880 en passant par la mort de son père le 2 octobre 1887, sa première communion, en l’église St-Michel le 19 avril 1891, le premier prix du conservatoire couronnant ses talents de pianiste, son entrée au Carmel de Dijon le 2 août 1901, la rédaction, le 21 novembre 1904, de sa célèbre prière « O mon dieu, trinité que j’adore« , comme une offrande à l’amour, jusqu’à sa disparition le 9 novembre 1906 de la maladie d’Addison.

1893 – Une soirée dansante pour fêter le Premier Prix du Conservatoire

« Je vais à la lumière, à l’amour, à la vie »

L’entrée au Carmel le 2 août 1901. A la porte de la clôture elle se sépare de sa mére et de sa soeur

Elle passe ainsi d’Elisabeth Catez à sainte Elisabeth de la Trinité, par une vie courte et irréprochable mais surtout par de nombreux écrits, textes sacrés qui demeurent, selon son verbe favori issu du vocabulaire de saint Jean.

21 novembre 1904 – Dans sa cellule Elisabeth écrit sa fameuse prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore »

Outre ses lettres, Elisabeth a rédigé deux traités « Le ciel dans la foi » et « Dernière retraite » qui ont vite marqué les consciences ce qui a valu dès 1931 l’ouverture d’une première enquête en vue de sa béatification.

De là à dire que sa plume l’a amené au firmament du paradis…

La statue :

On retrouve cette idée de la page écrite qui s’envole dans la statue de la canonisation offerte par les carmélites de Flavignerot.

Une touche épistolaire et spirituelle dans ce portrait en pied, grandeur nature, qui se veut le plus proche physiquement de ce qu’était Elisabeth de la Trinité, le visage toujours souriant et apaisé, comme confiante dans cette Trinité qui orne, au niveau du coeur, son scapulaire : le cercle de la totalité divine, la croix du christ et la colombe de l’Esprit saint.

Vent de l’Esprit saint qui donne du relief aux premiers mots de sa prière, en lettres d’or : « Ô mon dieu Trinité que j’adore…« .

Cette figure de bronze patiné, réalisée dans la fonderie de Coubertin, impressionnante de par la taille et le calme qui en émane, est l’oeuvre de l’artiste Fleur Nabert, touche à tout de l’art sacré, du vitrail à l’orfévrerie en passant par le mobilier et le bronze, travail que l’on peut admirer dans la chapelle ND du Sourire à Lisieux et dans plusieurs cathédrales comme à Bruxelles, Metz ou Chartres.

A noter que comme Stefano Borin, l’auteur de la châsse, elle a travaillé au reliquaire de la famille Martin du sanctuaire de Lisieux.

Une union des talents artistiques pour sonder le Mystère divin avec passion et persévérance.

L’icône :

Depuis 1984, la bienheureuse Elisabeth de la Trinité a fait l’objet de nombreuses icônes.

En tant que sainte, la première a été réalisée par Alain Chenal, iconographe amateur, ingénieur de formation qui trouve dans cet exercice une forme de prière à partager avec tous, croyants ou non, à la recherche du sens de la vie.

Elle a été bénie le 8 novembre 2016 en l’église Saint-Michel et offerte à cette paroisse qui l’expose dans la chapelle Saint-André.

L’icône n’est pas un portrait mais une représentation de la personne intérieure, spirituelle, qui aide à pénétrer et célébrer le mystère divin qu’elle a approché, personnifiée en « Louange de Gloire ».

Elle apparaît au centre d’une mandorle de flammes, embrasée par l’Esprit saint tandis que la croix du Christ scintille sur son coeur et la fait rayonner.

En bas figurent le carmel de Flavignerot (A l’embléme de la croix et des trois étoiles symboliques) et l’église Saint-Michel qui font le lien entre la terre, le vert des grands espaces qu’elle appréciait tant et sa courbure qui lui donne son assise et la Trinité scintillante jusqu’à son auréole.

Elle est l’intermédiaire et l’incarnation de notre capacité à être aimable, aimant et surtout digne d’être aimé, malgré nos différences, subies et choisies.

L’intolérance n’est alors qu’une déficience humaine puisqu’Elisabeth porte en elle l’évidence d’un Dieu Trinité dont le père aime, le fils est aimé et l’Esprit saint est amour.


Oeuvres complétes, texte établi par le Père C. de Meester, Editions du Cerf


Renseignements à l’Espace Elisabeth, 16 rue Vaillant, devant l’église Saint-Michel, du lundi au vendredi de 15h à 17h.