Festival 360° – Panorama de la Photographie Transculturelle

Depuis toujours « sage comme une image » j’en ai oublié, au regard des autres, d’exister, de me conformer au « parce qu’il faut bien vivre… », sous entendu s’animer, s’amuser, aimer, prouver (ou se prouver) sa réalité.

©Yann Levi – Le vestiaire du Red Star (Du 25 octobre au 26 novembre au Zénith de Dijon)

Bel objectif tant qu’il ne se cantonne pas à l’egocentrisme « star comme une image » qui inonde de 9000 photos seconde des applications (Snapchat & co) principalement utilisées par les moins de 25 ans.

Une jeunesse souvent insouciante dont le festival 360° fait vibrer, pour la deuxième année consécutive dans dix lieux de Dijon Métropole, les nuances, le grain et les focales par le travail de 18 photographes, principalement Français, mais aussi Iranien, Brésilien, Néo Zélandais ou Américain.

Un panorama des thèmes d’actualité, héritage en cours de ces jeunes, dont l’éloignement de l’objectif est proportionnelle à la prise de conscience de certaines réalités.

©Arnaud Finistre – Rohingyas, l’exode forcé (Du 4 au 12 septembre au Cellier de Clairvaux)

Les questions d’immigration y trouvent une part essentielle d’humanisme, des fragiles embarcations sauvées par l’ONG SOS Méditerranée (Yann Levi L’Aquarius, contre vents et marées !), au suivi de la fuite des Rohingyas, ce groupe ethnique chassé de Birmanie il y a un an (Arnaud Finistre Rohingyas, l’exode forcé), à la situation de guettoïsation des Roms dans une Europe toujours hostile aux mouvements intérieurs (Rémy GabaldaLes Roms ne disent jamais « il était une fois »).

Autant de situations particulières, objets de blessures, dont témoignent physiquement les survivants d’armes à feu dans une Amérique en plein débat sur la question de leur libre circulation (Kathy Shorr Shot) et, moralement, la jeunesse iranienne dont la mémoire a été impactée par le passé tumultueux du pays (Gohar Dashti Today’s life and war – 2008).

©Kathy Shorr – Shot (Du 23 au 28 octobre dans la salle des Actes de l’Hôtel Despringles)

360° de points de vue et d’images d’un monde entre survie et jouissance, espérance et envie, dans un festival aux clichés qui loin d’être glacés provoquent et stimulent les émotions.

©Jérôme Gaillard – Vivants (Du 19 septembre au 19 octobre à la Médiathèque de Longvic)

Enthousiasme d’une jeunesse en découverte (Jérome GaillardVivants), pieds de nez aux conflits armées par les arts du cirque (Johanna Maria Fritz Like a bird), victoire communicative du foot (Sabrina Dolidze Champions), éclate entre deux vagues (Tim Mc Kenna Wave), boeuf exaltant d’une musique sur et hors scène ( Alice MillerShow)…

©Johanna-Maria Fritz – Like a bird (Du 25 septembre au 19 octobre à la Résidence étudiante Maret)

Autant de raisons à continuer d’espérer, autant de passions à communiquer, autant de photos à véhiculer pour regarder en face les réalités et les joies, les plaisirs simples, les occasions d’agir et demeurer ainsi « sauvage comme une image » en réaction à une société souvent adepte des œillères.


360° Panorama de la photographie transculturelle jusqu’au 15 décembre dans différents lieux de Dijon Métropole – Programme complet ici


Suivez nous sur instagram dijon.design au fil des expositions…


Image d’introduction : reflet de la ville depuis les jardins Darcy d’une photographie de Yann Lévi, de la série « Aquarius, contre vents et marées !« .

Un été dijonnais

Chaque année l’été provoque à son arrivée un tsunami d’enthousiasme qui submerge les esprits les plus sceptiques quant aux joies d’un sauna quotidien, aéré par les doigts de pieds en éventail des voisins, sur fond du doux sifflement des maringouins.

A chaque saison ses joies et même si mon esprit du Nord regrette souvent le frais crachin de l’enfance, Dijon offre la possibilité de sur-vivre en mode protection ou satisfaction.

De quoi se rafraîchir, se régaler, se cultiver et découvrir ce que le reste de l’année ne donne pas toujours le loisir d’apprécier.

La Côte-d’Or étant trompeuse quant à son offre de rivages ensoleillés, la ville de Dijon pare à ce poétique mirage en aménageant sur les rives du lac Kir une plage équipée d’activités sportives à la pelle : Sandball, Canoë Kayak, aviron, voile… Mais aussi des concerts et un feu d’artifice le 14 juillet, que demande le peuple ?

(Plage du lac Kir – Avenue du 1er Consul – 03.80.74.51.51)

Fraicheur pour les adeptes de longueurs la piscine Olympique, 12 rue Alain Bombard, s’offre à tous les rêves de médailles.

Et pour crawler, brasser et papillonner en famille, la piscine du Carrousel, 1 Cours du Parc, ouvre son bassin intérieur sur la plus chic avenue de Dijon, en attendant la future piscine d’été pour 2019.

Encore plus select le couloir de nage de la Cour Berbisey (Image d’ouverture) est réservé à des chambres d’hôtes haut de gamme à découvrir ici.

Patauger et frimer ouvre l’appétit ou tout du moins une soif de fraicheur.

Morgane Poillot – Les Hauts Graphismes

Plusieurs glaciers font alors leur apparition pour une multitude de tentations sur cône de gaufrette.

Trois pourtant se démarquent très nettement !

Fabrice Gillotte, 21 rue du Bourg, meilleur ouvrier de France qui, au-delà de ses chocolats d’exceptions, propose des glaces et sorbets aux goûts très affirmés.

Des ingrédients vrais pour des saveurs à croquer : Sorbets Cassis, abricot, fraise garantis 50 à 60% de fruits et crèmes glacées royales en vanille bourbon et grands crus de chocolats frappés.

Pour la Maison Carbillet, 58 rue des Forges, la qualité se mêle à l’originalité pour des saveurs d’ailleurs : Abricot-Romarin, Citron-Basilic, Framboise-Violette, Tiramisu…

Mentions spéciales pour les alliances mystérieuses : Framboise-Betterave et Glace de la Mort qui tue, un gingembre sexy allié à un biscuit craquant pour petite mort annoncée…

Chez Simone et Maurice, 6 rue de la Chouette, la glace se déguste à table depuis décembre 2016. Ouvrir en hiver dénote l’amour du froid porté à sa gourmandise ultime.

Les saisons volent en éclats, seul demeure le plaisir offert toute l’année : Glace pain d’épice « Mulot et Petitjean », Sorbet Poivron Rouge-Framboise… Saveurs locales et surprises des papilles que Anne-Claire Guinard, formée à l’école Ferrandi, porte au paroxisme.

D’autres plaisirs sucrés sont à savourer tout au long de l’été, que ce soit les macarons parisiens et les éclairs au cassis (A tomber !) du pâtissier-créateur Pierre Hubert, ici, ou le Must-Have dijonnais, pain d’épices de Mulot & Petitjean, institution gourmande au musée dédié ici .

Pierre Hubert

Pour ceux qui préfèrent le sel des apéros tardifs, les Halles offrent toutes les joies de produits ensoleillés, ici, ainsi qu’un brunch dominical jusqu’au 23 septembre (ici). Tandis que l’épicerie de luxe, Grain de Cassis, permet toutes les expérimentations à différents degrés d’alcool (Modérément !) ou de challenges entres copains, ici.

Jiminis chez Grain de Cassis

Un régime ultra-protéiné pour un regain d’énergie en mode shopping et culture.

Société de consommation oblige, les boutiques s’ouvrent les premières sur autant d’articles de rencontres partagées depuis les débuts de ce blog.

Qui dit été dit voyage, Terre de Lune est LA boutique qui vous entraîne ailleurs dès le pas de porte franchi.

Bougie La Française chez Terre de Lune

Une explosion de couleurs, de parfums, de saveurs pour une imagination sans borne.

Un magasin destination à découvrir ou redécouvrir ici.

Quand à Paula Coste, avant une phase de travaux, les vêtements pimpants et la décoration dépaysante vous entraînent entre le Maroc et les Caraïbes… ici.

Des petits hauts & Repetto chez Paula Coste

Une garde-robe, panoplies, à assortir aux bijoux de Noir Animal pour un look affirmé, ici, ou à ceux des Ateliers du Parfumeur qui portent une ethnicité communicative, ici.

Ayala Bar chez l’Atelier du Parfumeur

Boutique qui offre aussi à la garde-robe, mobilier, les senteurs de la maison, bougies et boules de terres cuites, tout comme Ma Belle Parfumerie, entre parfums d’intérieur et parure de nudité, ici.

Les plus jeunes ne sont pas en reste avec Les petites graines, une boutique aux trésors et des ateliers pour dors et déjà préparer la rentrée… ici.

Scalaë chez Les Petites Graines

Une perspective encore lointaine qui encourage d’autant plus à profiter de cette saison pour découvrir le patrimoine du bout de la rue, les musiques sacrées et festives ou l’avant-garde scénique et plastique, comme autant de souvenirs loin des clichés de cartes postales.

Le Consortium, scène plastique contemporaine, ouvre ainsi jusqu’au 14 octobre son Almanach 18, pages d’horizon des créations d’aujourd’hui et hier, entre le benjamin Luc Ming Yan, chantre de l’art actuel dans la prometteuse veine sino-dijonnaise, et Mati Klarwein, avant-garde underground, allemand, juif, arabe et africain en facettes éclairantes, entre scénes bibliques, dyptiques et polyptiques d’une humanité hybride et épanouie.

Un almanach de l’année et d’un passé contemporain comme le Consortium en a le secret : éclairer le regard pour penser en beauté…

Yann Gerstberger – Fresque et fausses tapisseries chatoyantes

Néanmoins pour ne pas griller les étapes de l’histoire de l’Art qui précèdent cette escapade avant-garde, cours de rattrapage au Musée des Beaux-Arts, 1 rue Rameau, pour les périodes médiévale et renaissance, dont un tableau est le jalon parfait (ici !).

Un art souvent religieux qui expose ses instruments sacerdotaux et statues de dévotion au Musée d’Art Sacré, ici, tandis que son voisin ouvre le musée aux arts populaires d’une Vie Bourguignonne d’antan, ici.

Pour les périodes classique, romantique et pompier en attendant la fin des travaux du Musée des Beaux-Arts vous trouverez à deux pas de celui-ci le Musée Magnien, 4 rue des Bons Enfants, magnifique collection permanente qui s’ouvre quelquefois à des découvertes temporaires… (Archives ici et ici)… Et à des concerts, programme de l’été ici.

Pour le XIXe grandiloquent passage obligé le 14 juillet au Musée Rude, ici, afin de célébrer l’événement devant La Marseillaise.

Imaginaire concret aux Bains du Nord, lieu d’exposition du FRAC Bourgogne, des « Espaces autres » propices aux rêves et à la mise à l’écart du monde, à réfléchir jusqu’au 16 septembre… ()

Une proposition linéaire qui n’empèche pas les confrontations dans une ville qui met un point d’honneur à varier les regards sur l’extérieur et sur elle-même.

Jusqu’au 16 septembre, dans le salon d’Apollon du Palais des Ducs, 1 place de la libération, l’artiste pluridisciplinaire Patrick Carlier  présente sa vision 3D des monuments de Dijon, un pliage patrimonial à soulever pour varier les points de vue et les anecdotes architecturales.

Voilà l’été à Dijon ! Flanez au prochain Sunday Market, marché de créateurs (*ici), découvrez la Cathédrale St-Bénigne à l’occasion des Estivales d’Orgue du 15 au 29 juillet (Programme ici)…

Prenez le soleil ou le frais dans les nombreux jardins, ici, ou en terrasse à l’occasion du festival « Garçon la note ! » du 4 juillet au 28 août (Addition ici)…

…Et de la hauteur à l’occasion des fêtes de la vigne, du 20 au 26 août, entre tradition et patrimoine, gastronomie et vins (ici), ou lors de la montée de la Tour Philippe le Bon lors des visites à thèmes de l’Office de Tourisme, sur le parcours de la chouette.

Des vacances multiples et variées dont l’illustratrice Berthine Marceau croquera à jamais, de sa patte de velours, les plaisirs éprouvés.


Devant tant d’objectifs de découvertes, Dijon Design se met en vacances jusque début septembre.

A bientôt pour le festival 360° et d’autres événements de rentrée…


Images d’ouverture : Salvo (Salvatore Mangione) – Exposition « Almanach 18 » au Consortium

Luxury Flat in Dijon – 5 rue du Palais & 10 rue Bouhier

Les voyages permettent de se projeter plus ou moins loin selon l’élan pris au démarrage.

La distance est une chose mais le point d’atterrissage conditionne, souvent, la réussite du périple.

Optimiser les promesses d’une ville oblige à Dijon de pénétrer le coeur de l’Art et de l’Histoire dans une maison riche de ces atouts et d’une convivialité qui laisse le temps de se découvrir.

A deux pas de la Place de la Libération et du palais des ducs de Bourgogne

Luxury Flat in Dijon propose des appartements, à louer le temps d’un week-end ou d’une semaine, aux murs chargés d’Histoire, dont la bonhomie du décor, à la chromatique réjouissante et aux collections vintages, transforme l’exceptionnel en maison de famille éternelle.

Une première impression kitsch, entre les accumulations d’assiettes décoratives, de thermomètres touristiques et de réveils rétro, qui révèle pourtant l’évidence d’un luxe essentiel : une nostalgie rassurante.

Rien de pompeux entre ces vieilles pierres qui entraînent à aborder le temps sans s’y perdre, qui apaisent tout en réveillant les souvenirs, et qui permettent d’aborder un passé ou rien n’est figé.

Les époques s’entrechoquent dans ces 6 appartements classés 4 étoiles, pour mieux révéler un éternel français qui plaira autant aux autochtones qu’aux touristes étrangers, reste à choisir son univers préféré :

Baronne de Chantal, dont le portrait orne le mur turquoise, est une référence à la plus célèbre occupante des lieux, fille de la maison, Mademoiselle Frémyot épouse en 1592 Christophe de Rabutin, baron de Chantal. Veuve à 29 ans elle se consacre à l’amour de Dieu en fondant l’Ordre de la Visitation. Canonisée en 1767, Sainte Jeanne de Chantal reste connue comme étant la grand-mère de la plus célèbre épistolière française, la marquise de Sévigné.

Chambre…

Une aura d’apaisement dans un studio écolo (Tomettes, chaux…) qui fait revivre nos propres aïeux par l’esprit pop du papier peint chiné et des réveils accumulés comme autant de passés à revivre.

… et cuisine

Un retour en réflexion, source d’inspiration, comme pour le dijonnais Yves Jamait, chanteur toujours à la recherche d’une mélodieuse poésie…

Chambre d’inspiration pour l’album Amor Fati (2013)

Les mots invitent aux rêves et aux découvertes et les noms des chambres sont autant d’indices aux parcours dans la ville, propices à l’inattendu.

Bénigne le Compasseur, grand appartement aux teintes gourmandes de chocolat, sinueuses de tabac et au ciel jusqu’à l’au-delà, se targue d’une terrasse végétalisée à l’ombre des toits ocrés.

Une atmosphère sereine ponctuée de savoureux clins d’oeil à l’ancienne vie du quartier, de l’ancien puits à ce nom d’une famille mystérieuse et pourtant riche à découvrir dans l’ancienne Chambre des Comptes de Bourgogne, de l’autre coté de la rue.

Logis des Frémyot, renvoie à nos hôtes passés et présents, d’un appartement de famille aux couleurs de petites filles modéles, de la chambre à la salle d’eau, en passant par la cuisine équipée, comme pour tous les appartements, clé d’une certaine liberté entre deux découvertes gastronomiques, Dijon oblige.

Depuis un peu plus d’un an, trois autres appartements ont fait leur apparition, toujours dans le même esprit, à quelques mètres d’ici.

Quelques pas pour un esprit de famille toujours plus élargie dans la Maison Bouhier, un logis de maître du XVIIIe siècle.

Tabourot, est encore une référence à l’ancienne Cour des Comptes, voisine, et au bel esprit qui a permis à Tabourot des Accords de rester dans les mémoires comme le « Rabelais Bourguignon ».

Un séjour dans cet univers cosy, au coin du feu si nécessaire, vous permettra de rendre hommage à cette fine plume dont les restes sont conservés dans la cathédrale St-Bénigne.

Neufchèze, à la douce lumière, évoque l’évèque de Chalon-sur-Saône, neveu de la future Sainte Jeanne de Chantal, qui donna la bénédiction nuptiale à la nouvelle Marquise de Sévigné… Un mariage de nuit, pour tromper le diable « grand noueur d’aiguillettes« …

Deux chambres et un canapé-lit règlent ici les questions de couche conjuguale.

Grand Amiral, propose toutes les facilités d’une vie de famille harmonieuse, deux chambres, parents, enfants, une cuisine ouverte sur le salon, deux canapés…

De quoi s’installer définitivement, le temps des vacances, dans des appartements où vous êtes vous-même, où Dijon s’offre entièrement au quotidien, et où le patrimoine n’engendre pas la mélancolie.


Plus de renseignements ici

mailto:contact@luxuryflatindijon.fr / +33 6.79.52.49.16

Moutarderie Fallot – Rue de la Chouette

Les spécialités culinaires sont-elles le reflet de la personnalité des villes qui les ont vu naître et qui font aujourd’hui leur renommée au niveau national, voir international ?

Dijon s’incarne t-elle dans la moutarde ou la moutarde incarne t-elle Dijon ?

Dans le Monde le mot et le nom semblent indissociables, passant du propre au commun¹, même si les productions varient et ne rendent ni comptes ni justice à une capitale de la gastronomie.

Un savoir-faire qui dès le début du XIVe siècle est remarqué dans divers documents², la « moustarde » est alors le produit du mélange de vin aigre tiré du moût de raisin et de graines de sénevé broyées au goût affirmé, qui donne au terme une origine latine gustative : « Mustum »  (Le moût) et « Ardens » (Ardent).

Ce n’est donc pas la devise « Moult me tarde » du premier duc de Bourgogne de la branche Valois, Philippe le Hardi (1342-1404), qui est à l’origine du mot.

La ville de Dijon très aimable envers ce prince, jusqu’à lui fournir en 1388 une troupe de mille hommes pour l’aider à conquérir la Flandre, y gagne alors le droit de porter cette devise sur son blason.

« Moult me tarde » : « Il me tarde beaucoup« , sous entendu d’aller au combat, résonne d’une ardente dynamique pour le Dijon d’aujourd’hui qui se veut Capitale.

Un désir d’avenir, de conquête de nouveaux marchés, qui passe souvent par un retour aux sources, au vrai et à un savoir-faire unique au service de nos goûts changeants.

La moutarderie Edmond Fallot, qui fonctionne à Beaune, sous ce nom, depuis 1928, a rompu en 2014 le mauvais sort qui éloignait de plus en plus Dijon de sa spécialité.

Dans la boutique-atelier vous pouvez assister à la fabrication à Dijon d’une véritable moutarde, depuis la fermeture de l’usine Amora-Maille en 2009, une moutarde au Meursault réalisée avec 100% de graines cultivées en Bourgogne, réintroduisant une pratique perdue depuis la fin de la seconde guerre mondiale au profit de l’exportation canadienne.

Tradition-Spectacle pour la fabrication sur place d’une moutarde au Meursault réalisée avec 100% de graines de Bourgogne

Un espace de promotion de la tradition et de vente à nos désirs de saveurs et de couleurs.

La partie atelier à la décoration subtilement surannée est un écho aux bâtiments d’origine de la moutarderie, à Beaune, non loin des Hospices, qui depuis 1840 abritent la fabrication des moutardes et vinaigres selon des méthodes traditionnelles.

Fallot est la dernière grande moutarderie familiale de Bourgogne a continuer à broyer les graines à l’aide de meules de pierre, préservant ainsi à la pâte toutes ses qualités gustatives.

La moutarde de Dijon y retrouve ici ses lauriers de gloire car malgré ce que son nom laisse à penser il ne s’agit pas d’une appellation d’origine, « Moutarde de Dijon » relève simplement d’un procédé de fabrication à usage international.

Il s’agit généralement d’une moutarde lisse dont la pâte a été mélangée à du vinaigre et plus typiquement du verjus (Jus de raisin vert) qui donne à la préparation son piquant caractéristique.

Pour rendre à cette moutarde de Dijon son identité locale l’ajout de vin blanc aligoté, en lieu de vinaigre, la transforme en « Moutarde de Bourgogne », toujours lisse et forte avec un surcroit de finesse qui lui accorde une personnalité unique reconnue IGP (Indication géographique protégée).

En moutarde Dijon est de partout tandis que la Bourgogne est bien de chez elle…

Ecran interactif pour Culture moutardière

Une saveur réappropriée qui permet, grâce à cette base solide, toutes les alliances gustatives.

Dijon lui offre le pain d’épices et le cassis, la Côte-d’Or y associe ses grands vins, Meursault pour sa production dijonnaise et Pommard pour des fêtes dorées à l’or fin et la Bourgogne lui procure Marc, truffes et Chablis dans le sillage de l’étoile  gastronomique « Bernard Loiseau » pour des saveurs inédites et des goûts exotiques dont le chef du relais, Patrick Berton, à le secret : cépes et thé fumé, aneth et citron, feuilles de coriandre et oranges confites.

Des voyages en territoires de terroirs qui permettent des jumelages jusqu’alors inconnus :  piment d’espelette, miel et vinaigre balsamique de Modéne ou sirop d’érable relevé de romarin.

Unions que l’on peut juger contre nature mais qui font le sel d’une vie de papilles.

Aussi pour les plus classiques un retour au vert s’impose en poivre de même couleur, basilic ou estragon, une entente de plantes pour la simplicité du bon.

Le choix reste à faire parmi ces 32 variétés propres à titiller les assiettes et palais.

Heureusement la boutique se veut ludique à plus d’un titre : le « Bar à moutardes » (Ci-dessus) permet de goûter les pluriels pour des plats singuliers avec une pincée de conseils avisés, le « Vrac » se la joue écolo pour remplir les pots de grés des classiques maisons au fil de votre consommation et le « Distributeur » de mini-pots (Ci-dessous) joue les casinos pour un euro.

Une proposition qui revient aussi aux sources aigres-douces par la vente de vinaigres, aux combinaisons aussi riches que les moutardes (Vin blanc aux herbes de Provence, vin rouge cépage Merlot, litchi & rose, vanille et curcuma), de cornichons, de la marque et de la maison Marc et d’une confiture de moutarde élaborée par Franck Bourgeon pour une utilisation façon Chutney en association avec un foie gras ou du chèvre.

Les parfums, couleurs, saveurs, mélanges, associations et propositions offrent toutes les audaces du bon goût à partir de simples graines, vendues en sac de jute estampillé, dont la saveur après transformation, comme un défi, est une source d’inspiration pour la ville, la région et l’entreprise qui y est associée : relevée !


La boutique est ouverte 7 jours sur 7 de 10h à 19h.

A Beaune, 31 rue du Faubourg Bretonnière, la moutarderie Fallot se visite suivant deux parcours : « Découverte » et « Sensations fortes » entre Histoire et mise en scène.


Les graines de moutarde entrent aussi dans la composition d’un savon local, AMOA, à découvrir ici.


¹ Etienne Tabourot, « Les bigarrures et touches du seigneur des Accords. … », 1603 – A lire ici.

² Dans le Cartulaire d’Igny (Abbaye cistercienne fondée en 1127 par des moines de Clairvaux) on trouve en 1323 un certain Gilles dit moustardier.

Les Hauts Graphismes

Manière d’exprimer, signe d’un caractère, ligne affirmative ou frontière, le trait est marqueur d’une personnalité qui se distingue.

Morgane Poillot porte haut ce tracé créatif, graphisme mordant aux calmes aplats relevés d’un trait d’humour, elle nous invite à siroter une moutarde de Dijon bien fraiche et à suivre la noire silhouette d’un « Narvalo » mi-cachalot, mi-mec, créature caricature d’un trait d’esprit.

Sérigraphies « Black Night » et « Narvalo »

Une passion originelle de l’image qui permet à Morgane, graphiste et illustratrice free lance, diplomée de l’ENSA de Dijon, de faire le lien entre le léger et le sombre, le puissant et le délicat, le design graphique et l’art.

On perçoit dans ses réalisations l’infuence des découpages de couleurs pures de Matisse, des motifs d’une fraicheur indémodable du Groupe Memphis, codes graphiques des années 80 digérés par l’insconscient collectif, et des illustrations et sérigraphies de Warhol, précurseur d’une création attrayante, boosteuse de consommation.

Batgirl #2

Le créateur du Pop Art se trouve être le parrain spirituel de tous les artistes et graphistes qui depuis une dizaine d’années, nous permettent, grâce aux boutiques en ligne telle Etsy, de dénicher l’originalité et d’affirmer notre identité dans le partage et le mécénat convivial.

Des foires artisanales digitales qui, relayées par les réseaux sociaux, permettent ponctuellement des interactions entre créateurs et consommateurs par le biais de boutiques éphémères comme le Sunday Market de Dijon, un espace mouvant de ventes privées organisé au moins une fois par trimestre.

Impression graphique sur Tote Bag

Les Hauts Graphismes s’y distinguent ne serait ce que par le logo solaire de ce marché de créateurs nomades pour la plupart issus des régions Bourgogne-Franche-Comté et lyonnaise.

Tous ont en commun cette alliance de la nouveauté et des techniques artisanales qui donnent un supplément d’âme aux coups de coeur.

L’ordinateur apporte la facilité de la réalisation des idées quand le papier et l’encre leur donnent vie, une double expression artistique du graphisme et de la technique d’impression.

Morgane utilise la linogravure, proche de la gravure sur bois, et la sérigraphie, technique de pochoirs, un mode d’expression texturé qui permet une impression sur tous les supports avec la garantie de couleurs intenses et profondes.

Carnets A6, reliure japonaise faite à la main, couverture en carton imprimé par linogravure

Ainsi, toutes les tendances graphiques, du flat design (Formes simples et couleurs saturées), au nouveau rétro (Motifs géométriques inspirés des premiers jeux vidéos) en passant par la pop culture (Bowie tendance Alladin Sane), bénéficient de l’usage ludique de ces techniques d’impression, amplificateurs de la fraicheur des créations de Morgane.

Bowie par le photographe Duffy, revu et graphé…

Le pop des badges, le miroir de la girlie assumée et lookée, la sérigraphie de murs stylés et les carnets graphiques effet usé, affirment cette fantaisie maitrisée de styles divers qui entraîne vers l’affirmation de soi-même.

Une identité que les Hauts Graphismes proposent déjà aux particuliers, aux entreprises et aux associations, entre création de logo, d’identité visuelle, de flyers et d’affiches.

Festival « Vacarm le Rouge » 2017 – Venarey les Laumes

 

Eglise St-Michel – Place Saint-Michel

« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »

Phrase célèbre et digne du mélodramatique et génial André Malraux, même si il a toujours nié avoir prononcé cette sentence.

Pourtant, dans sa correspondance, prolifique, on peut trouver cette lettre de 1955 sur la question du fondement religieux de la morale :

« Depuis cinquante ans la psychologie réintégre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux »

Propos de son époque à mesurer aujourd’hui à l’aune de ce que nous vivons au nom de Dieu !

Néanmoins cette idée de morale prend de l’ampleur par les « manifs pour tous », où la joie d’affirmer sa vision étroite de la famille, relayée par le discours politique, de tous bords, et à tous degrés, de la bonne morale chrétienne aux saines valeurs républicaines.

Oui, nous sommes en perte de repéres alors que le but de chacun est souvent d’aller à la lumière, à l’amour, à la vie !

Des valeurs simples et vraies que l’on retrouve dans le discours d’une éternelle jeune fille aux écrits souvent mystiques, mais aussi universellement porteurs de tolérance et d’espoir.

A défaut d’un nouveau dieu, depuis le 16 octobre 2016 Dijon accueille une nouvelle sainte, Elisabeth de la Trinité, déjà béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1984 et depuis canonisée par le pape François suite à deux miracles reconnus par l’Eglise catholique.

Elisabeth de la Trinité, Carmélite

Que l’on soit croyant ou non, c’est toujours un événement de voir une personne « normale », en l’occurence une fille d’officier, à la bonne éducation, douée au piano et qui aurait pu avoir une vie classique et confortable, faire le sacrificice, au début du XXe siècle, des joies terrestres par une volonté irrépressible d’entrer au Carmel et d’Aimer.

« Je vous en prie, marquez tout du sceau de l’Amour, il n’y a que cela qui demeure »

Sans transformer les églises en temples d’Eros, c’est une émotion universelle et certainement la seule morale acceptable face à une société qui a perdu le sens du respect et de la dignité.

Un rappel aux valeurs essentielles par une nouvelle sainte vénérable et admirable dans l’église de sa première communion, l’église Saint-Michel, construite fin XVe et début XVIe siècle entre un corps gothique et une remarquable façade de style « renaissance italienne » unique en France.

Un écrin toujours ouvert au culte, digne de trois objets d’art sacré offert à sa dévotion.

Dijon possède un musée d’art sacré réunissant les objets de piété et les ornements qui ne trouvaient plus leur utilité suite aux changements apportés par Vatican II, ou qui courraient le danger d’être volés pour être recédés à des amateurs d’art religieux.

C’est donc un second événement qui découle du premier, afin de le servir et de le propager, comme objet d’une foi renouvelée.

Trois objets, miroir de la Trinité qu’elle vénère et qu’elle incarne : Une châsse accueillant ses reliques, une statue symbole de sa bonhomie et de son âme apaisée et une icône, image mystique d’une vénération multipliable à l’infini.

La Châsse :

Ce coffret précieux recevant les reliques de sainte Elisabeth de la Trinité a été offert par les carmélites de France, ordre dont elle est issue, par le Carmel de Dijon, aujourd’hui implanté à Flavignerot.

Sa réalisation et son installation ont nécessité le talent de plusieurs artisans d’art au savoir-faire unique et souvent ancestral.

L’autel en pierre de 2,7 tonnes destiné à recevoir les reliques est l’oeuvre de l’entreprise Ducherpozat, basée à Fixin, maçons de père en fils depuis 1590 ce qui en fait selon le Guinness Book la plus ancienne famille de maçons au monde.

Une pierre de Chassagne extraite dans une carrière au sud de Nuits-Saint-Georges et taillée par Kevin Boudeau, un jeune compagnon effectuant son tour de France, qui a su allier la tradition de la taille au burin à la modernité, par la confection d’un tiroir recevant une plaque de leds pour illuminer la châsse par le dessous.

Service technologique à la lumière intérieure.

Socle de l’éclatante châsse en bronze doré, verre et émail réalisée par le sculpteur italien Stefano Borin, issu d’une famille de sculpteurs, peintres et décorateurs, de la région de Vérone, alliant l’amour des beaux-arts aux valeurs spirituelles.

Une oeuvre qui relie sa vie terrestre, par l’évocation de douze épisodes de la vie de la sainte, souvent tirés des nombreuses photographies qui nous reste d’elle, au message spirituel.

Cette châsse prend la forme d’une maison, une maison de Dieu (Signification du prénom Elisabeth en hébreu) afin de recevoir le reliquaire où figure le symbole du Carmel et le « Laudem Gloriae« , louange à la gloire de Dieu, en laquelle elle est incarnée.

Au sommet plâne la colombe du saint-Esprit, de laquelle émanent les rayons qui illuminérent toute la vie terrestre de la carmélite jusqu’à tracer sa mission de sainte.

« Je veux être sainte, sainte pour faire son bonheur. Demandez-lui que je ne vive plus que d’amour, c’est ma vocation »

Douze colonnes de verre marquent à chaque étape de sa vie la présence de Dieu.

Sa première communion, le 19 avril 1891, devant l’église Saint-Michel

De son baptême, le 22 juillet 1880 en passant par la mort de son père le 2 octobre 1887, sa première communion, en l’église St-Michel le 19 avril 1891, le premier prix du conservatoire couronnant ses talents de pianiste, son entrée au Carmel de Dijon le 2 août 1901, la rédaction, le 21 novembre 1904, de sa célèbre prière « O mon dieu, trinité que j’adore« , comme une offrande à l’amour, jusqu’à sa disparition le 9 novembre 1906 de la maladie d’Addison.

1893 – Une soirée dansante pour fêter le Premier Prix du Conservatoire

« Je vais à la lumière, à l’amour, à la vie »

L’entrée au Carmel le 2 août 1901. A la porte de la clôture elle se sépare de sa mére et de sa soeur

Elle passe ainsi d’Elisabeth Catez à sainte Elisabeth de la Trinité, par une vie courte et irréprochable mais surtout par de nombreux écrits, textes sacrés qui demeurent, selon son verbe favori issu du vocabulaire de saint Jean.

21 novembre 1904 – Dans sa cellule Elisabeth écrit sa fameuse prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore »

Outre ses lettres, Elisabeth a rédigé deux traités « Le ciel dans la foi » et « Dernière retraite » qui ont vite marqué les consciences ce qui a valu dès 1931 l’ouverture d’une première enquête en vue de sa béatification.

De là à dire que sa plume l’a amené au firmament du paradis…

La statue :

On retrouve cette idée de la page écrite qui s’envole dans la statue de la canonisation offerte par les carmélites de Flavignerot.

Une touche épistolaire et spirituelle dans ce portrait en pied, grandeur nature, qui se veut le plus proche physiquement de ce qu’était Elisabeth de la Trinité, le visage toujours souriant et apaisé, comme confiante dans cette Trinité qui orne, au niveau du coeur, son scapulaire : le cercle de la totalité divine, la croix du christ et la colombe de l’Esprit saint.

Vent de l’Esprit saint qui donne du relief aux premiers mots de sa prière, en lettres d’or : « Ô mon dieu Trinité que j’adore…« .

Cette figure de bronze patiné, réalisée dans la fonderie de Coubertin, impressionnante de par la taille et le calme qui en émane, est l’oeuvre de l’artiste Fleur Nabert, touche à tout de l’art sacré, du vitrail à l’orfévrerie en passant par le mobilier et le bronze, travail que l’on peut admirer dans la chapelle ND du Sourire à Lisieux et dans plusieurs cathédrales comme à Bruxelles, Metz ou Chartres.

A noter que comme Stefano Borin, l’auteur de la châsse, elle a travaillé au reliquaire de la famille Martin du sanctuaire de Lisieux.

Une union des talents artistiques pour sonder le Mystère divin avec passion et persévérance.

L’icône :

Depuis 1984, la bienheureuse Elisabeth de la Trinité a fait l’objet de nombreuses icônes.

En tant que sainte, la première a été réalisée par Alain Chenal, iconographe amateur, ingénieur de formation qui trouve dans cet exercice une forme de prière à partager avec tous, croyants ou non, à la recherche du sens de la vie.

Elle a été bénie le 8 novembre 2016 en l’église Saint-Michel et offerte à cette paroisse qui l’expose dans la chapelle Saint-André.

L’icône n’est pas un portrait mais une représentation de la personne intérieure, spirituelle, qui aide à pénétrer et célébrer le mystère divin qu’elle a approché, personnifiée en « Louange de Gloire ».

Elle apparaît au centre d’une mandorle de flammes, embrasée par l’Esprit saint tandis que la croix du Christ scintille sur son coeur et la fait rayonner.

En bas figurent le carmel de Flavignerot (A l’embléme de la croix et des trois étoiles symboliques) et l’église Saint-Michel qui font le lien entre la terre, le vert des grands espaces qu’elle appréciait tant et sa courbure qui lui donne son assise et la Trinité scintillante jusqu’à son auréole.

Elle est l’intermédiaire et l’incarnation de notre capacité à être aimable, aimant et surtout digne d’être aimé, malgré nos différences, subies et choisies.

L’intolérance n’est alors qu’une déficience humaine puisqu’Elisabeth porte en elle l’évidence d’un Dieu Trinité dont le père aime, le fils est aimé et l’Esprit saint est amour.


Oeuvres complétes, texte établi par le Père C. de Meester, Editions du Cerf


Renseignements à l’Espace Elisabeth, 16 rue Vaillant, devant l’église Saint-Michel, du lundi au vendredi de 15h à 17h.

Atelier f. – Scénographie végétale

Après le cheval le végétal ne serait-il pas la plus belle conquête de l’Homme ?

Entre le fier destrier et la couronne de laurier les puissants y gagnent une gloire qui perdure, sacralisation de leur ingéniosité à contrôler l’eau et les plantations, des jardins suspendus de Babylone à ceux de Versailles.

La verte nature se maîtrise, s’harmonise et s’humanise, source d’inspiration de textes fondateurs et songeurs, bibliques ou féériques, contes et légendes, du jardin d’Eden aux arbres joyaux d’Aladin, des légendes Arthuriennes de la forêt de Brocéliande au Livre de la jungle.

Pouvoir, symboles et fantaisie font prospérer le champ d’une imagination à l’ornementation quasi infinie.

Une Haute Création credo de deux jeunes femmes aux univers complémentaires.

Après des études aux Arts Décoratifs de Paris, département scénographie théâtre, Marion, fleuriste free lance et Léa, mécanicienne spécialisée en machinerie, ont réuni leurs compétences pour créer Atelier f.

…f comme … forêt, feuille, fleur, fruit d’une délicate technicité, travail d’Atelier, nourri du savoir-faire artisanal et mûri de notre époque avide de rêves.

Réalisation de la vitrine de la boutique « Noir Animal » en 2015 – Un travail de création et d’artisanat qui nécessite un mois de préparation pour une journée de montage

Un travail dans la lignée des créations Haute Couture dont les petites mains ornent les corps, comme l’espace de présentation, d’une identité maison qui s’affirme dans la démesure d’une riche nourriture pour réseaux sociaux affamés : murailles d’orchidées monochromes (Dior 2012), fleurs automates (Chanel 2015), bois de lucioles pour bal frivole (Dior 2017).

Un objet de communication qui affirme la personnalité du commanditaire par des créations florales, à la ligne, au style et aux unions originales.

Marion et Léa, par leurs scénographies aériennes, apportent une insoutenable légèreté de paraître qui envoie aux orties les lourdes compositions florales inspirées de la pâte meringuée de certaines robes de mariée.

Rideau végétal pour mariage au Temple protestant de Dijon

Une imagination qui demeure en apesanteur tout en restant simple et naturelle, les éléments glanés (bois, mousse, feuilles, lierre) et les bois torturés (Noisetier, saule) se mêlent aux fleurs fraiches pour un instant ou aux notes précieuses pour plus longtemps, vie d’une campagne se retrouvant en vitrine, quand la plume effleure à nouveau l’écorce brodée.

A Dijon, la boutique « Noir Animal » présente à plus d’un titre la dualité du brut et du précieux, magnifiée par l’Atelier f. en carbone taillé et fleurs dorées, au service d’une image qui ne se veut pas toujours sage.

Du caractère végétalisé qui affirme l’évidence d’une dramaturgie ciblée, du lys suspendu aux lèvres d’une pureté mariale au charbon d’os appelé noir animal.

Une touche légère et inspirée offerte aux particuliers, sociétés, magasins, hôtels, restaurants et artistes en harmonie d’idées créatrices à Dijon, où Atelier f. est basé, mais aussi dans toute la France.

Léa et Marion ont créé un microcosme de savoir-faire, kokedama* passionné, dont l’humus fertile se répand là où leur fantaisie printanière peut faire germer la beauté.

Beauté scénique avec le groupe « Facteur chevaux » aux scènes atypiques  (Grottes, jardins, églises) et aux textes taillés (If le grand if), et beauté du geste, de partage et de relais, avec des ateliers en milieu scolaire, du terrarium de primaire au « Land Art » de lycée.

Facteur Chevaux

Atelier f. fertilise l’imagination par des réalisations qui la surpasse et apporte une fraicheur d’idées à faire grandir tous les univers.

*Kokedama : boule de glaise au riche substrat qui permet de faire vivre une plante, entourée de mousse pour conserver l’humidité.

Atelier f. – scénographie végétale – Marion Perrichet & Léa Mathé – atelier.f.scenographie@gmail.com

Minini Fleuriste – 30 rue Chaudronnerie

Comment définir le luxe ?

Par la surenchère ? Par le « bling-bling » ? Par le tapage d’objets censés vous crédibiliser aux yeux des autres ?

L’argent ne répond qu’en partie à la définition et la facilité des logos n’apporte bien souvent que la lumière artificielle d’une époque qui privilégie le virtuel au détriment du naturel.

Et pourtant !

Le véritable luxe est souvent ce qui se laisse oublier, le savoir-faire d’exception devient l’évidence, l’élégance invite le paraître à révéler l’être, et la simplicité se révèle plus que jamais dans la maîtrise du geste d’artisans chevronnés.

Le luxe est un travail manuel de longue haleine pour acquérir et obtenir la perfection de l’instant.

Tous les métiers (Restauration, alimentation, mode, joaillerie, fonderie d’art, ébenisterie…) sont concernés par cette recherche de la qualité, couronnée tous les trois ans par le concours du Meilleur Ouvrier de France qui depuis 1924 allie le respect des traditions à l’innovation.

Avancer sans rien renier pourrait être la devise de ces lauréats de l’excellence.

Parmi eux, Isabelle Minini, reconnue par ses pairs en 1997 dans la catégorie « Art Floral ».

Une satisfaction et surtout le plaisir d’un métier qui n’a pas toujours la délicatesse de ses objets, les lourdes charges, les horaires matinaux et le froid, demandent une motivation extrême, à l’image des métiers de bouche, entre rigueur et témérité.

Une force qui s’explique par le soutien indéfectible de sa famille et particulièrement de son père, l’artiste Jean-Marc Minini, qui a tout fait pour lui garder cet équilibre essentiel, loin d’une aventure parisienne un moment envisagée.

Ce concours a été le remerciement à cette confiance filiale qui lui a permis d’ouvrir en 1986 la boutique « Fiorella » à Fontaine-lés-Dijon et il y a 17 ans celle actuelle, à Dijon, dans le quartier des antiquaires.

De cette confiance émerge la volonté de ne pas être simplement marchande de fleurs mais décoratrice florale dans toute sa technicité.

Un travail de l’éphémère qui trouve sa constance dans l’univers créatif paternel et dans cette campagne de l’enfance où les fleurs invitent à butiner le destin.

Des racines solides et le goût de l’aventure sans fioriture.

Ici vous ne trouverez pas de petits bouquets étriqués noyés d’accessoires, Isabelle prône l’éthique de la saisonnalité, de la fleur de jardin qui seule apporte l’émotion du moment.

Un goût de l’authenticité et de la matière qui lui permet de montrer son travail dans de nombreuses expositions internationales.

Son style inimitable transforme le bouquet en geste, dans le respect de la fragilité et du sens de la pousse, autant de facteurs qui peuvent transformer la fleur fraîche en tableau vivant.

Une démarche artistique inspirée du savoir-faire de ses « concurrents », des norvégiens, belges et allemands qui ne gardent que l’essentiel en travaillant le végétal avec respect, aux japonais et thaïlandais dont les structures de bout de bois transportent les fleurs en « Land Art« , une tendance de l’art contemporain où la nature devient objet et non plus simplement sujet.

Isabelle trouve en ces voyages l’équilibre de la liberté pour elle même et ses créations, de l’épure des paysages japonais à la fraîche forêt tropicale des landes écossaises révélant des sculptures de lichens.

Revenue à Dijon il faut lutter entre sa volonté de nouveauté et les exigences un peu trop sages de la clientèle, privée ou d’entreprise, pour qui les fleurs sont le luxe d’un instant.

C’est toute la difficulté d’offrir une exception éphémère à un événement dont seule une image perdurera même si l’émotion du moment n’a pas d’égale.

L’art floral propose un condensé de vie quand beaucoup voudraient voir l’éternité.

C’est pourquoi, de plus en plus, les fleurs fraîches laissent la place aux fleurs en tissus, dont certaines conçues par des fleuristes, d’une merveilleuse réalité.

Isabelle les traitent comme des sculptures, là où elle octroie aux fleurs fraîches le geste du peintre, les fleurs en tissus apportent de la profondeur, entre malléabilité nouvelle et fragilité apparente.

Elles se prêtent ainsi à toutes les fantaisies jusqu’à la réinterprétation des Grands Maîtres.

Challenge du temps, d’un mot et de la matière que le musée Magnin avait lancé à Isabelle Minini pour son exposition « L’ordre de l’éphémère. Représentation de fleurs anciennes et contemporaines« .

Les fleurs modèles ne sont plus depuis longtemps, ne demeure que leur image arrivée jusqu’à nous depuis les ateliers des peintres néerlandais du XVIIe siècle et les salons bourgeois du XIXe.

En comparaison, c’est une oeuvre de l’instant, virevoltant bouquet au naturel, qui nous accueille. Appelée à durer cette composition fige l’éphémère tout en maintenant l’émotion.

Une touche de vie, de beauté et d’imagination inspirée, et non copiée, des oeuvres exposées.

Elle permet, entres autres, de préserver le geste d’une ouvrière de l’excellence, d’une artiste du présent, d’une coloriste innée, qui laisse respirer la nature pour la magnifier.


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Un ours en ville – 102 rue Monge

Dijon, à défaut de posséder un parc zoologique, est une ville animalière.

Les béliers se portent en collier, les chouettes guident les touristes et la silhouette d’un ours se dessine, graphée sur les murs, élègante dans les vitrines et racée à l’entrée du jardin Darcy.

Icône de l’art animalier, l’Ours blanc de François Pompon, tailleur de pierre puis sculpteur originaire de Saulieu, est désormais un emblême de la ville.

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François Pompon, Ours blanc, 1923-1933, Pierre, H. 1.63 m ; L. 2.51 m ; P. 0.9 m, Musée d’Orsay

Un ours citadin qui nous entraîne jusqu’à l’enseigne de cette boutique de la rue Monge dédiée aux ursidés de tous poils.

Un paradis pour les arctophiles, ces collectionneurs, adultes, d’ours en peluche, qui retrouvent dans ce jouet douillet le gardien des souvenirs heureux.

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Inventé en Allemagne, en 1902, par l’entreprise Steiff, il gagne l’année suivante son surnom de « Teddy Bear », hommage singulier au grand chasseur qu’était le président américain Théodore Roosevelt.

Son succès tient surtout à sa nature.

L’ours en peluche est plus qu’un jouet, c’est un ami de l’enfance, un compagnon protecteur, et protégé, que l’on ne veut pas laisser s’échapper, au risque de se perdre dans un monde que la rumeur populaire dit être très éloigné du « Pays des bisounours« .

Aussi dans cet atelier-boutique un brin rétro, les meubles anciens sont patinés, un landau, années 50, accueille des pensionnaires et les ours vous tendent les bras afin de vous faire oublier vos soucis quotidiens.

Christelle en est la montreuse, créatrice, habilleuse et amoureuse de ces personnages à parts entières, répondant aux noms de Léon, Almyre ou Désiré, habillés selon leur fonction, de maître d’école ou de future épousée, ou selon les heures de la journée, de manteaux ou d’un bonnet de nuit.

Une vie sociale active, doublée d’un profil de vedette, qui depuis 15 ans les voit dessinés au fusain par Paulette Renaud dans des mises en scène de saison.

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Paulette Renaud, Oursonne bergére, fusain

Ainsi en septembre dernier a t-elle tiré le portrait des oursons écoliers…

Un univers, des histoires…, autant de créations de la vie.

Mais toute existence à une origine.

Pour Christelle c’est par les moments passés auprès de sa grand-mère, à coudre, à broder, et à apprendre le beau dans les règles de l’art, que sa passion est née.

Et même si le destin en a, d’abord, décidé autrement, le système éducatif français réservant l’apprentissage technique aux éléves les moins assidus, l’envie a été la plus forte.

Depuis plus de 20 ans elle en a fait son métier.

D’abord au fil des expositions, en France, comme au musée du jouet d’Uzès, mais aussi en Europe : Belgique, Pays-Bas et surtout l’Angleterre, terre chérie des Teddy Bear.

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Le savoir-faire d’exception de Christelle a fait sa renommée outre-manche aprés la publication d’un article dans un magazine spécialisé dans les ours de collection.

Sa clientèle reste toujours, en partie, britannique, à l’image de ce couple trés british qui possède plus d’un millier d’ursidés chez eux.

Néanmoins après plusieurs tours d’Europe l’envie de revenir à Dijon a été la plus forte.

Sans compter que la Bourgogne compte beaucoup d’expatriés britanniques.

Aussi depuis trois ans l’atelier-boutique accueille, à demeure, les amateurs de Bears et amoureux de l’artisanat.

Loin des peluches hydrocarburées, nous retrouvons ici le savoir faire et la qualité des premiers producteurs d’ours en peluche, Steiff mais aussi Michtom, premier fabricant, en 1903, d’ours articulés en mohair.

Une matière noble et naturelle, qu’utilise Christelle pour ses réalisations, issue des chèvres angora.

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Mohair tissé sur une trame par des entreprises spécialisées, principalement allemandes, mais aussi anglaises ou australiennes.

Fourrure de mohair, dessous de pattes en cachemire, yeux en verre, garnissage de ouate de coton, voir dans certains cas, de paille de bois.

La qualité essentielle pour de vrais sensations.

Une base solide pour des créations intemporelles.

Ici, l’inspiration n’est jamais loin de la tradition :

Chaque ours nécessite un véritablement cheminement créatif, du croquis à la réalisation manuelle (Une dizaine d’heures pour un ourson de 30 cm), même si la proportion des membres reste fidèle à l’esprit premier de l’ours en peluche.

Ainsi le rembourrage ferme, contrairement à ce qu’on trouve dans l’industrie, donne l’assise, le corps de l’ours, tandis qu’un système de goupilles et de rondelles permet d’articuler la tête et les pattes.

De même, les couleurs sont naturelles, beige, chocolat, blanc, roux, à base de pigments, principalement des ocres.

Les vêtements sont taillés dans des toiles anciennes, ou tricotés, dans des teintes se rapprochant de celle des fourrures.

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Enfin, le nez est brodé et les yeux, en verre comme à l’origine, permettent un reflet incomparable de la lumiére, générateur d’âme.

Néanmoins, chaque ours est unique, par sa tenue, son allure, mais aussi son attitude, presque charmeuse qui vous incite à l’inviter chez vous.

(Lors de ma visite Martial, l’intello, ne m’a pas laissé indifférent…)

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A supposer que vous ne trouviez pas votre bonheur en boutique, toutes vos envies, ou presques, sont réalisables, jusqu’à des ours de 120 cm, dont Christelle est spécialiste.

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Si la fibre créatrice vous titille, vous trouverez votre bonheur avec l’Ours en Kit.

Une boite composée d’un livret de création, de la fourrure mohair, des dessous de pattes, des yeux, des articulations et d’une photographie de la peluche finie.

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Une activité qui enrichit votre temps libre, vos pratiques créatives, et votre vocabulaire : Ne cousez plus, ne brodez plus, Ursidez !

Enfin, pour ceux qui ne manient pas l’aiguille et qui veulent néanmoins sauvegarder leur patrimoine émotionnel, vous pouvez faire appel à « Nounours en péril« .

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Une véritable clinique des peluches en détresse, pour soigner les articulations rouillées, la perte de rembourrage et les accidents de nettoyage. (Pas de pressing SVP !)

Un Ours en Ville c’est avant tout un ours à vie !

De la joie d’une naissance au cadeau artisanal, inter-générationnel, loin du jetable.

D’une réparation de la dernière chance aux retrouvailles, l’arme à l’oeil, de votre enfance.

Du simple sourire en regardant la vitrine à l’adoption de celui qui jamais ne vous quittera.

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Les Teddy Bears avides de miel voisinent depuis quelques mois avec des créatures à la taille de guêpe, les poupées Petitcolin, décorées à la main, qui élargissent le champ de la nostalgie et s’assortissent par leurs tenues, confectionnées par Christelle, à leurs camarades de tous poils…

… puisque en ce temps pascal les lapins font leur apparition dans la boutique.

Aussi mignons que les ursidés, ils regagneront bientôt leur terrier aussi n’hésitez pas à les poursuivre, telle Alice, pour découvrir ce pays des merveilles.

Musée d’Art Sacré – 17 rue Sainte Anne

Ralliez-vous au dôme de cuivre vert, surmonté d’un globe à la croix dorée, pour trouver l’un des musées de la ville de Dijon le plus spirituel et magique qui soit à un mois de Pâques.

Musée d’Art Sacré – Eglise Sainte Anne – XVIIe siècle

L’église Sainte Anne, sainte patronne de Dijon, était le sanctuaire du monastère des Bernardines qui abrite aujourd’hui le musée de la vie bourguignonne.

Classée monument historique en 1945, et depuis désaffectée, elle est le réceptacle du musée d’Art Sacré, créé en 1979, afin de recevoir les objets ayant pour but l’expression du sacré.

Objets qui ne trouvaient plus leur place après Vatican II, où qui pouvaient être exposés, notamment dans les campagnes, aux vols qui se multipliaient alors.

Musée d’Art Sacré – Intérieur de l’église Sainte Anne – Autel en bois et marbre polychrome réalisé par le sculpteur dijonnais Jean Dubois (1625-1694)

Dijon est l’une des première ville à se préocuper du sort de ces objets, passant du cultuel au culturel.

Son créateur et premier conservateur est Jean Marilier (1920-1991), chanoine de la Cathédrale de Dijon, historien, médiéviste et conservateur des Antiquités et Objets d’Art de la Côte-d’Or (1970-1988).

Son travail considérable permet d’embrasser du regard neuf siècles, du XIIe au XXe, de l’art sacré en Bourgogne et de suivre à travers la peinture, la sculpture, l’orfévrerie, le mobilier et les ornements liturgiques l’évolution du goût et du culte souvent très différent de celui pratiqué de nos jours dans les églises catholiques.

Vierge à l’enfant, anonyme, bois polychrome, XIVe siècle, provient de l’église de l’Assomption de Vandenesse-en-Auxois

Le musée met aussi l’accent, par des objets et des panneaux éducatifs, sur la vie des moniales de différentes congrégations (Bernardines, Carmélites, Cisterciennes…), leur quotidien entre pratique religieuse et les différentes activités, dont l’éducation des jeunes filles.

Mais regardons d’un peu plus près certains objets, choisis pour leur histoire, leur aspect curieux ou ludique, pour leur richesse ou simplement pour leur beauté.

Commençons par Le petit roi de Grâce qui provient du Carmel d’autun.

Le petit roi de Grâce entouré d’ex-voto, plâtre peint, drap d’or, fourrure, pierres précieuses, verre taillé, perles, métal doré et bois, XIXe siècle, provient du Carmel d’Autun

Cette figure enfantine, aux traits d’un beau poupon richement vétu, trouve son origine au Carmel de Beaune dont les moniales, et particulièrement la fondatrice Marguerite du Saint-Sacrement, ont beaucoup prié pour que la Reine Anne d’Autriche, après 22 ans de mariage, ait enfin un Dauphin à offrir à la France.

Voeux exaucés le 5 septembre 1638, ce qui vaudra à ce Carmel les largesses royales .

Marguerite du Saint-Sacrement fera alors rayonner l’esprit d’enfance, entre le prince appelé à régner et le roi éternel, Jésus, créant une figure nouvelle dans la vénération christique.

Nous retrouvons ici l’une de ces figures, datant très certainement des débuts de la Restauration, qui a fait l’objet de dons et d’ex-voto, particuliérement de Croix de la Légion d’Honneur.

Dualité étonnante, de l’offrande d’un ordre à l’origine militaire, afin d’obtenir des grâces auprés de l’image du rédempteur des plaies du monde.

Autre curiosité, mystique : Un Paradis sous vitrine. Représentation miniature, où huit novices et quinze professes vaquent à leurs activités quotidiennes tandis qu’à une échelle sur-humaine, qui marque la supériorité divine, une Crucifixion domine le paysage bucolique.

Paradis, verre filé, verre soufflé, terre cuite, papier, bois, coquillages, végétaux séchés, gravure sur papier découpée et collée, XVIIIe et XIXe siècles, Provient du Carmel de Dijon puis de Beaune

Allégorie étonnante, entre le rêve spirituel et l’objet d’une foi ardente, à la représentation très médiévale, même si nous sommes au XIXe siècle, la grotte de Lourdes étant représentée juste au dessus de la Vierge.

Plus quotidien dans la pratique du culte, un fer à Hosties du XVe siècle, un outil au combien utile dans une congrégation.

Fer à Hosties, acier forgé et gravé, XVe siècle

On note aussi la présence de nombreuses reliques dont l’Eglise a abandonné l’usage lors des différentes réformes religieuses.

Reliquaire d’une côte de Saint Bernard, Abbaye de Clairvaux

Des meubles entiers sont les présentoirs de ces ossuaires mystiques.

Présence aussi de nombreuses statues de saints, de différentes époques mais toujours d’une grande qualité qui en a fait classer bon nombre par les monuments historiques.

Saint Sébastien, anonyme, bois polychrome, XVIIe siècle, Provient de l’église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon

Une bonne façon de les préserver des pilleurs-revendeurs.

Le musée d’art sacré expose aussi des objets liturgiques et de piété d’une grande richesse, par les matériaux et l’ornementation.

Dans le choeur des religieuses, la présentation particulièrement somptueuse de l’orfévrerie, par époque, permet de marquer l’évolution de la manière.

Orfévrerie, XIXe siècle, ciboires, burettes et plateaux, calices et paténes, argent et laiton doré

Se trouver face à ces vitrines étincelantes montre toute la magnificence et le décorum que l’Eglise, jusqu’au milieu du XXe siècle, a mis en place pour marquer le sacré de la plus belle des façons.

Prestige des métiers d’art qui a permis de faire vivre de nombreux artisans, tout en perpétuant des savoir-faire que des objets moins voyants n’auraient pas portés aussi haut.

Non loin de ces cascades de cristal et d’argent doré, on peut apercevoir l’objet le plus délicat du musée.

Un crucifix, avec son écrin d’origine, que le Pape Alexandre VII a offert à l’ex-Reine Christine de Suède qui venait de se convertir au catholicisme auprès du Souverain Pontife.

Crucifix dit de Christine de Suède (1626-1689), Reine de Suède (1632-1654) ; cristal de roche, coquille de coco, améthyste, rubis, diamant, lapis, agathe sardoine, or ; Italie, XVIIe siècle ; Provient de l’hôpital général de Dijon

Lors de son retour de Rome, la Reine Christine passe par Dijon, le 27 août 1656, reçue selon son rang et assez ravie de cet accueil pour l’offrir à un ecclésiastique, aujourd’hui inconnu, qui le revendit rapidement à l’Abbé Montcrif, chanoine et doyen de l’Evêché d’Autun.

On en perd ensuite la trace, pour le retrouver en 1742 acheté par Claude Joly, prètre de Saint-Nicolas de Chatillon, dont le petit-neveu hérite bien des années plus tard pour enfin l’offrir, en 1859, à l’hôpital général de Dijon afin d’être placé, à perpétuité, a proximité du tombeau du Bienheureux Bénigne Joly.

La perpétuité s’est éteinte dés le début du XXe siècle, pour des raisons de sécurité aux vues de la richesse de l’objet, et ce n’est que depuis 2012 que ce crucifix, papal et royal, est à nouveau visible, tout en étant toujours la propriété du CHU de Dijon.

Que de belles histoires ce musée ne recèle-t-il pas ?

Voyagez en Bourgogne sur le mode liturgique, découvrez le sens premier des objets cultuels et ressentez l’évolution des pratiques et des sensibilités religieuses.

Car le sacré, alliance de l’inaccessible et de l’espoir, porte en ce musée la clé de bien des bonheurs.

Le premier est de retrouver, par l’image, un principe essentiel de toute croyance : le sens des valeurs.

Jacques 1er Laudin, La charité de Saint Martin, Limoges, émail sur cuivre, après 1650, Dépot du Musée des Beaux-Arts de Dijon, collection Dard

Le musée d’Art Sacré de la ville de Dijon est classé Musée de France.

L’entrée est gratuite et ouverte tous les jours, sauf les mardis, ainsi que les 1er et 8 mai, le 14 juillet et les 1er et 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier