Noir Animal – 18 rue Verrerie

« Il avait des yeux couleur rubis / Et des plumes couleur de la nuit / A son front brillant de mille feux / L’oiseau roi couronné portait un diamant bleu » – Barbara, L’Aigle Noir

Noir, vecteur des heures obscures et de l’émancipation.

Un « Pôle fort de tous les systèmes de la couleur« * qui donne confiance et permet souvent de faire table rase en s’éloignant d’un univers quelquefois trop « Sucre d’orge ».

Noir Animal – Ou un multiplicateur de nuances plus ténébreuses… qui offre des talismans de personnalité.

Parler de cette bijouterie en énumérant ses produits ne serait pas lui rendre justice.

Laissez-vous donc emporter par un tsunami d’encre de Chine aux éclats particuliers afin de pénétrer cet univers et de mieux vous y sertir.


Camille de l’autre côté du miroir ou le livre de la jungle urbaine

 Librement inspiré de Lewis Caroll & Rudyard Kipling

Camille arpentait la ville à la recherche de ses proies d’apparat / Un léopard arpentait la jungle à la recherche de ses proies d’estomac.

Une femme amoureuse du noir, qui trouve la lumière dans ses bijoux, objets de la curiosité d’un roi fauve, désireux de la sombre.

Battements et grognements au sein d’un fracas d’organes propres à aimer s’ils n’étaient déchirés.

Dévotion à Saint Laurent d’Oran, noir anti-bourgeois et grand prêtre des faux bijoux aux valeurs de coeur, quand la Noir de Jais se fit enlever.

Le fauve love dans l’alcôve, de nonchalant surgit en bondissant, offrant ses trophées de chasse à sa reine de la nuit pour qu’elle les pare de chaînes de laiton doré, d’argent raffiné et de vermeil, étincelants, loin de tout soleil, de leur étoile intérieure.

Gothique ? Pourquoi ?

Le noir est dans la vie, comme la vie peut être noire, tout dépend de sa nuance, de son grain, de sa transparence et de son air lointain.

Nouvelle souveraine du Swinging Dijon, à sa demande il dévore les filles (Elle hait les filles !) qui ressuscitent en femmes affirmées et parées, en toute discrétion, noir sur noir.

Ayant perdu son âme, comme un papillon sous verre, notre Brumeuse se remit en quête de la lumière et suivant des souris-éclair, s’éloigna peu à peu du léopard et de son repaire.

La Chose by TATAKIT.m

S’ensuivit un long voyage à la recherche de nouvelles bijouteries, de la Grêce au Portugal en passant par Paris.

Du « Jamais vu-vite pris », en mode graphique et délicat, éclat mat, brillance d’émail, perles, merveilles et coquillages d’une Côte d’Or, « Chic Alors ! ».

Ainsi loin des frasques du passé, c’est rue Verrerie qu’éclate sa fantaisie.

Atelier f. – Scénographie végétale

Camille, agrémentée de quinze génies créateurs, est désormais libérée du fauve, dompté.

Dorénavant sage comme une image, alangui, gardant un oeil sur vos entrées et votre entité sublimée.

Gare toutefois ! Par les restes de ses proies il a plus d’un tour dans son sac


*Michel Pastoureau, Noir – Histoire d’une couleur, 2008, Seuil

La Nativité du Maître de Flémalle – Musée des beaux-arts – Cour de Bar

Noël !

Noël est là !

Laissez quelques instants les mets succulents et les cadeaux à foison pour contempler un instant sacré : La Nativité

Admirez la plus belle crèche de Dijon, une des plus extraordinaire au monde.

Cette oeuvre a été réalisée vers 1435 par le Maître de Flémalle, un nom de convention car son identité précise nous est inconnue, si ce n’est qu’il était membre de l’atelier de Robert Campin (1378-1444), qui lui-même fit une partie de son apprentissage à Dijon avant de s’installer à Tournai, cité du vaste Duché de Bourgogne.

Une huile sur bois, encore un peu teintée d’archaïsme, mais résolument portée vers l’innovation technique et une vision nouvelle, transition entre le Moyen-âge et  la Renaissance.

Pénétrez dans l’ancien palais des ducs et des Etats de Bourgogne, par la cour de Bar qui permet l’accès au musée des Beaux-Arts, montez au troisième étage, entrez dans la salle n°8 dédiée à la Bourgogne et la Flandre et suivez Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle et captivante conteuse.

Ecoutez, observez et méditez…

Le Maître de Flémalle, La Nativité et l’Adoration des bergers, vers 1435, Huile sur bois, Acquis en 1828, Musée des beaux-arts de Dijon

 


Réalisation Alter Diffusion pour Dijon Design

Musiques :

Guillaume DufayMotets isorythmiques (Huelgas Ensemble – Dir. Paul van Nevel)

  • « Moribus et genere. Virgo, virga virens »

LAUDARIUM (Songs of popular dévotion from 14th century Italy)

  • Laude di Sancta Maria – « Die ti salvi Regina« 
  • Legenda Aurea – « Novel Canto » – « Spiritu Sancto dolce amore« 

Merci au directeur du musée des beaux-arts de Dijon et à ses équipes, particulièrement à Linda Simon, responsable du pôle communication et mécénat, à Anne Camuset, responsable de la photothèque et à Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle, dont sort de la bouche des récits de perles et de diamants à l’image des Fées de Charles Perrault.


L’accès aux collections permanentes est gratuit tous les jours, pour tous.

Pour plus de renseignements cliquez ici.

Pierre Hubert « Pâtissier créateur » – 31 rue des Godrans

Pourquoi la pâtisserie est-elle devenue l’objet de tant de conversations, d’articles et d’émissions de télévision ?

Autrefois négligée par la Haute Gastronomie, vue comme un art trop appliqué pour être créatif, les gâteaux éternels, comme hérités de nos aïeux, finissaient éternellement les repas de famille entre religieuse au café et moka.

Depuis, le nouveau siècle s’est éveillé aux couleurs, aux saveurs et au merveilleux que ces nouveaux pâtissiers, souvent trentenaires ou quadra, ont su préserver de leur enfance, digne représentants de la « Génération Tagada ».

Enlevez le chimique, préservez le goût et la fantaisie et vous avez des pâtissiers stars, ou appelez à le devenir, tant leur talent éveille la magie d’un instant, gourmand et savoureux.

Pierre Hubert en est l’exemple parfait.

Ce breton, élève de Laurent Le Daniel, meilleur ouvrier de France, à Rennes et de Jean-Yves Kermarec, chocolatier à Brest, a poursuivi sa formation dans l’Ain et le Rhône pour enfin trouver en Dijon une ville où poser son nom.

Eclair au cassis – Crème fondante aux baies de cassis et fèves de Tonka

Une incarnation nouvelle de ce métier qu’il s’attache à exercer, selon ses propres mots, avec « précision, raffinement et exigence« .

Des principes qui depuis 2012 lui permettent de proposer aux dijonnais un large panel de son savoir-faire.

Plaisirs sucrés avec des confitures maisons, dont les parfums varient selon les saisons, présentées dans des bocaux à l’ancienne dignes d’une fantasmagorique grand-mère, ou bonne maman, la qualité artisanale en plus. (Une « framboise-litchi » à s’évanouir !)

Fruits marmeladés ou en pâte aux parfums complémentaires, « griottes-amande » ou pomme tatin. A croquer pour un voyage express dans le temps.

Fruits confits, aux mandarines joyaux, comme cueillis sur les arbres précieux du conte des milles et une nuit « Aladin et la lampe merveilleuse » et marrons glacés du givre d’une nuit de Noël.

Secrets de confiseur confiés par quelque artisan d’Aubenas, seule exception à la régle du fait maison.

Pierre Hubert est aussi un chocolatier qui, en une région de grands vins, ne propose que des grands crus de cacao (Vietnam, Equateur…).

Le chocolat est multiple de saveurs, de caractéres et de sensations… Par nature ou assemblage, de plaques ornées de mendiants, de carrés ganaches ou pralinés.

Une imagination succulente et personnelle pour des recettes et des savoirs-faire traditionnels français.

Néanmoins le coeur de métier de cette jeune Maison reste la pâtisserie.

Pierre Hubert se présente comme « Pâtissier Créateur » dans toutes ses réalisations (Une vingtaine, deux fois par ans).

Classique d’origine, avec le millefeuille qui passe à la verticale bousculé par une pâte feuilletée caramélisée et une créme légére à la vanille bourbon.

« Mon Paris Brest », comme un clin d’oeil à ses origines, pâte à choux garnie de crème légére à la vanille, mousseline au praliné maison, tout un poème pour une création fondante, harmonieuse et croustillante.

« Baba bocal », interprétation Dadaïste d’un classique absolu où le rhum a invité ses amis, fruits exotiques, pour une fête antillaise qui casse les codes pâtissiers afin, enfin, de ne plus tourner en rond.

Ou le sempiternel éclair au chocolat, Frankenstein de la profession, assemblage du pire et quelquefois du meilleur, comme ici avec une créme légère au chocolat noir, fève Criollo de Madagascar de la région de Sambirano… Un voyage éclair !

Renouvellement régulier des saveurs, les grands crus de cacao changent une fois par an, histoire de ne pas se lasser et de toujours apprécier l’expérience.

Classiques revus et magnifiés qui cotoient les « petits jeunes », créations secouants les papilles par des emprunts d’ailleurs et des associations inédites.

De gauche à droite : « Ma tarte américaine », « Ma tarte au chocolat » et « Summer Time »

« Trésor de Perse » est un streusel croquant imbibé à l’huile d’olive, crémeux au citron, mousse au citron et émulsion de citron noir.

Tradition alsacienne rafraîchie et ensoleillée par un mistral provencal, le résultat d’itinéraires multiples pour un produit juste dosé.

Comme « Summer Time » un biscuit japonais roulé, garni de créme légère et surmonté d’ananas en cascade.

Une inventivité sans limite quel que soit la saison.

Pour Noël ce n’est pas moins de sept recettes de bûches (Dont certaines sans gluten) qui sont proposées.

De haut en bas : « Bûche des Elfes », « Melchior », « Noël en Russie » et « Merry Christmas »

On y retrouve les parfums et textures de fêtes, marron, mandarine, meringue, twisté par une créme-brulée au caramel, des sablés bretons croustillants et sa fameuse mousse légère à la vanille.

Toujours une invitation au voyage, géographique (« Noël en Russie » comme une Pavlova aux fruits exotiques), biblique (« Melchior » une génoise chocolat-amande, sablé croustillant et crème brulée au chocolat noir), ou féérique (« Brocéliande » et « Bûche des Elfes » une impériale mandarine).

Des voyages qui sont souvent synonymes de retrouvailles à l’époque des familles nucléaires.

Exit les crèmes peu transportables et bienvenue aux gateaux de voyage, six cakes au charme d’antan, « Pistache-griotte », « Pomme tatin », « fruits confits »… Qui exportent la joie des rassemblements et un style inimitable fait de valeurs et de personnalité.


Vous pouvez trouver les réalisations de Pierre Hubert dans sa boutique du centre-ville où à l’atelier de fabrication, 10 rue Docteur Stein, à Dijon.

Pour shopper et craquer tout en croquant, Pierre Hubert a ouvert un Kiosque à choux, dans le Hall au rez-de-chaussée du Centre Commercial La Toison d’Or.

Les après-midi… – 18 rue Charrue

Les « après-midi » évoquent une époque où les dames recevaient dans leur salon, pour prendre le temps de la réflexion et savourer chaque instant dans une atmosphère confortable, quelquefois littéraire et souvent charitable.

Une boutique ouverte Les Après-Midi… Et quelques matins…

Une image éloignée de notre réalité, sur-active, et même des rêves de ceux qui n’ont pas, par une enfance solitaire, exploré tous les méandres d’univers lointains, moteurs d’une réadaptation pleine de fantaisie et d’espoirs.

Ces mondes romanesques, historiques ou artistiques permettent à certains enfants de devenir grand tout en ayant la chance de demeurer petit.

Ainsi Berthine Marceau, enfant unique dans la campagne chatillonaise, reçut de ses parents, une mère institutrice et un père, un peu homme des bois, l’éducation de l’imagination.

Les ours polaires ont-ils froid l’hiver ?

A chaque Noël un artiste faisait son apparition, à travers un livre des éditions Skira : Manet, Seurat, Utrillo, et tant et tant, que les couleurs, les formes et les styles sont devenus, compagnons, inspirations et vocation.

Prenant tous ces artistes à la source et ne voulant, en rien, rompre le charme de son apprentissage premier, c’est en autodidacte que Berthine dédie sa vie à son art.

Les chats enfin protégés de la pluie par le mariage artistique de Berthine et de Renoir

En lointaine parente du Douanier Rousseau, elle ne renie pas ce coté naïf qui a première vue peut faire sourire, alors qu’à la seconde l’émotion frappe devant notre innocence retrouvée.

Une douce fraicheur souvent hivernale, sa saison préférée, où l’ours de Pompon se trouve une compagne, où les chevaux de bois de la place Rude s’échappent en ville et où les chorales, félines, chantent Noël au kiosque de la place Wilson.

Dijon l’inspire depuis ses 18 ans, mais aussi la Bourgogne, terre du ferment créatif, et l’Est en général, qui par ses paysages et ses villages typiques, de l’Alsace à la Suisse, est un gisement naïf.

Une Alsace à l’esprit dijonnais

Le mariage de cet esprit traditionnel et de la cité des ducs s’illustre par la collaboration avec Mulot & Petitjean, dont les pains d’épices se vendent bien au-delà de Dijon.

Quand les mulots s’affairent chez Petitjean – Illustration pour la Maison Mulot & Petitjean (Pains d’épices de Dijon)

Une occasion unique d’offrir la même gourmandise à la vue qu’au goût, et ainsi de s’exposer au plus grand nombre.

C’est d’ailleurs ainsi que sa carriére artistique a débuté par des expositions, à la galerie Vauban de Dijon, mais aussi à Paris (Galerie Naïfs et Primitifs) et jusqu’au Japon.

Un tour du monde aux multiples images, mais rien ne vaut sa terre d’origine, là où tout a commencé.

Ainsi depuis douze ans Berthine vous reçoit rue Charrue pour continuer, encore et toujours, cette envie initiale de « faire des choses ».

Ses peintures, tout d’abord, huiles ou acryliques, quelquefois mêlés, mais aussi de multiples objets peints.

Par exemple trouve-t-on dans sa boutique un coq porte magazine, des sujets de Noël en bois ou des boules de verre peint à accrocher dans le sapin, mais aussi ses oeuvres déclinées en cartes postales, en livres à feuilleter « Le Dijon de Berthine » ou en calendriers, « Flâneries en Bourgogne« , à offrir pour une nouvelle année pleine de découvertes.

Flanez en Bourgogne entre Dijon, Beaune, le vignoble et les châteaux secrets

« Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime / Tirés comme par un aimant / Se retournent docilement / Et que je regarde en moi-même » Le chat – Charles Baudelaire

Dès l’entrée dans cette boutique, sans connaitre Berthine, on sait d’emblée que sa devise, reprise royalement, pourrait être : « Le chat c’est moi !« .

Classique, sur un coussin moelleux, conté à la Perrault, dessiné à la façon d’Hansi, humanisée en maman poule (?) ou en chatte fatale, offerts aux délices de l’hiver où à l’inspiration des peintres comme sous les parapluies de Renoir.

Le chat qui est le symbole parfait de cet univers d’apparence sage mais au combien riche de sa liberté.


Une artiste peintre et bricoleuse de rêves à rencontrer dans sa boutique et à découvrir ici !

Berthine, par son goût de la chine et du partage, vous invite à découvrir la collection « Jolie vintage » de Caroline, bougies, textiles anciens et pochettes.

La Rose de Vergy – 1 rue de la chouette

Dans sa sauvegarde du patrimoine gourmand Dijonnais la Maison Mulot & Petitjean a racheté, il y a quelques années, cette petite fabrique artisanale de pain d’épices, qui offre une approche gustative différente de la Maison adoptive.

L’occasion de varier les plaisirs dans cette biscuiterie créée en 1997 à Reulle-Vergy, et qui depuis 2005 s’est installée dans une maison à colombages du XVe siècle, clin d’oeil stylistique à l’hôtel Catin de Richemont, place Bossuet.

Le Mulot ne s’aventure rue de la Chouette que sous le couvert de la Rose.

Aussi le pain d’épices y gagne une recette différente, toujours avec de la farine de froment, Dijon oblige, mais avec un peu plus de miel, du beurre, qui le rend plus moelleux et beaucoup plus d’épices, suivant en cela la recette alsacienne.

Un « papillement » de saveurs aux poudres magiques de cannelle, coriandre, cardamome, muscade, gingembre, clou de girofle, et de deux anis, vert et badiane étoilée.

De quoi attirer plus rapidement les Rois Mages qui offrent à cette recette traditionnelle des écorces d’agrumes, du gingembre confit ou simplement des pépites de chocolat.

La Rose de Vergy propose, comme Mulot & Petitjean, les spécialités de Dijon en pur miel : pavés, glacés minces (Couche cristaline de blanc d’oeuf et de sucre), gimblettes (Un pain d’épices plus cassant) et les fameuses nonettes, limitées à trois parfums (Orange, cassis, pêche de vigne), afin de leur offrir un coeur fait maison.

Confitures que vous pouvez vous offrir pour les tartinages du matin.

Et pour le soir, menez votre monde à la baguette, avec un pain d’épices peu sucré, à découper pour porter un toast entre amis.

Tandis que tout au long de la journée vous pourrez craquer pour les petits bonbons traditionnels de Dijon aux douces saveurs de cassis, de rose, de bergamotte ou d’anis tendre.

En dehors du pain d’épices et des confiseries vous trouverez également une collection de sablés pur-beurre à tremper dans le thé pour un moment de détente.

Attention toutefois qu’entre les fleurs d’épices et les feuilles de cassis vous ne tombiez sous les dents de loup… A moins que ce ne soit l’inverse !

Des histoires tour à tour croustillantes ou fondantes nées de cette Rose de Vergy au parfum d’enfance.

Loiseau des Ducs – 3 rue Vauban

« Y a d’la joie. Dans le ciel par dessus le toit. Y a d’la joie. »

Charles Trenet écrit cette chanson en 1936, une année d’optimisme national portant haut le Front Populaire.

Au delà de certains poncifs, et devant tant d’optimisme bariolé, on ne peut imaginer qu’un toit bourguignon, loin de la grisaille de l’ardoise et de l’uniformité des tuiles brutes.

Depuis le XIVe siècle les toitures des plus beaux édifices de Bourgogne, tels les Hospices de Beaune ou le château de la Rochepot, et à Dijon la cathédrale Saint-Bénigne et l’Hôtel de Voguë, élèvent la fantaisie à la conjugaison de la polychromie et de la géométrie.

Toitures de la cathédrale Saint-Bénigne à Dijon

Cette technique de terre cuite glaçurée, trouve son origine, dés le XIe siècle, dans le savoir faire des moines de l’Abbaye de Citeaux, précurseur de l’art cistercien.

Néanmoins, les premières toitures entièrement polychromes ne se voient qu’à la fin du XIIe siècle en Normandie et en Ile-de-France, pour arriver en Bourgogne, prés d’un siècle plus tard, avec le développement de l’architecture gothique.

Pourquoi dans ces conditions historiques, défavorables, ces toits colorés sont-ils perçus, plus particulièrement, comme bourguignons ?

En Juillet 2015, le classement des Climats du vignoble de Bourgogne, au patrimoine mondial de l’UNESCO, a entériné ce symbole régional.

Les couleurs de ces toitures sont emblématiques de ce terroir spécifique :

Le marron c’est la terre, le vert c’est la vigne, l’or c’est la maturité, la saison des dieux (La Côte-d’Or), le tout donnant le rouge, le vin qui fait la richesse et la renommée de cette région depuis des générations.

Toits de l’Hôtel-Dieu de Beaune – Source d’inspiration de la bûche Bourgogne de Bernard Loiseau

Un toit, image du vignoble, qui affiche la prospérité et demeure un hommage des cieux à la terre.

En cette période de fêtes le groupe Bernard Loiseau, réunit la trinité bourguignonne, toiture, vin, gastronomie, en une bûche aux accents du terroir et des savoirs-faire locaux.

Bernard Loiseau – Bûche de Noël « Bourgogne » 2016

La base est un biscuit moelleux au pain d’épice maison, magnifié à la badiane et au poivre blanc, puis l’élévation se fait par une mousse de chocolat blanc, une mousse de chocolat noir de Madagascar, suivi d’une mousse au cassis pour atteindre les sommets avec une mousse au chocolat, aérienne, à l’épice de pain d’épice, enfin, la faîtière du toit, de chocolat noir à géométrie polychrome, est une mousse au cassis.

Un dessert emblématique, de fraicheur et de saveurs mêlées, à l’image, parfaite, de la cuisine de Bernard Loiseau, toute en légèreté.

Une bûche au meilleur de la Bourgogne pour un Noël d’un savoureux chauvinisme.


Les bûches peuvent être commandées ici ou directement au restaurant Loiseau des Ducs.


Pour en savoir plus :

Catherine Baradel-Vallet, « Les toits polychromes de Bourgogne, 8 siècles d’histoire« , 2012, éditions Faton

Le Consortium – 37 rue de Longvic – Rodney Graham

L’art contemporain évite l’évidence, tourne le dos à la nature en la réinventant, et s’oppose au conformisme au risque d’être un mystère, souvent incompréhensible de « la masse ».

En rupture avec le maillage culturel éclairé, mis en place par André Malraux dans les années 60 (Maisons de la Culture), bon nombre d’associations urbaines, de « libre pensée » ont émergées dès 1970.

Elles se veulent, alors, les lieux d’un discours décomplexé et le champ d’expérimentations « plastiques » en tous genres.

Pour celles qui ont survécu (…) elles ont un poids indéniable dans le libéralisme du marché de l’Art que nous connaissons aujourd’hui.

C’est le cas de l’association « Le Coin du Miroir » fondée à Dijon en 1977 par Xavier Douroux et Franck Gautherot.

Devenue au fil des années, des alliances et des lieux d’exposition, Le Consortium.

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Premier centre d’art contemporain conventionné, en 1982, par la délégation aux arts plastiques du ministére de la Culture.

Désormais une Institution, indépendante, qui va fêter ses 40 ans, en utilisant, pour se faire, le truchement d’un autre anniversaire, celui du Centre Pompidou.

De l’esprit contestataire des débuts que reste-t-il ?

Xavier Douroux : « Je crois qu’on a beaucoup changé, mais malgré tout il y a quand même des lignes de force qui restent et on est toujours dans cette même capacité à dire « C’est maintenant que ça se passe ! ». Et cela permet de suivre, dès aujourd’hui, l’itinèraire d’un artiste dans les années qui vont venir« .

En cette fin d’année, et jusqu’au 19 février, trois artistes sont à l’honneur, R. Graham, D. Hominal et F. Vaerslev.

Trois visions, deux générations.

Intéressons nous au plus reconnu des trois, Rodney Graham, canadien, artiste de la scéne de Vancouver, représenté par les meilleures galeries, de New York, Londres et Zurich.

Le titre de son exposition pose les jalons d’une vision particulière du métier : « You should be an artist« .

« Vous devriez être un artiste »

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Rodney Graham ne se voit pas juste comme un créateur, mais comme un conteur d’histoires, qui souvent le mettent en scène.

La dualité : L’oeuvre de l’artiste et l’artiste dans l’oeuvre, offre toujours un questionnement particulier qui, ici, prend un tour décalé, aux limites de l’ironie, voir de l’humour.

Ses photos rétro-éclairées, uniques, dyptiques ou tryptiques, le représentent grimé en un artiste-personnage, emblématique ou caricatural de leur époque, soit musicien, peintre du dimanche, gardien de phare maquettiste, fou rêveur, ou en manque d’inspiration dans un bar.

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Dans ces images, les univers varient, mais reste toujours un sens de la reconstitution, de la mise en scène, du détail, qui fait de chaque objet du décor une oeuvre d’exception.

On les retrouve, d’ailleurs, échappés de l’image, fragments d’art explicatifs du Tout, en même temps qu’hommage aux artistes et courants d’art passés.

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Ainsi la réalisation du dilletante du dimanche (ci-dessus) s’inspire de l’oeuvre de Morris Louis, artiste américain du color field.

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De même une série de sculptures en fils métalliques (Pipe Cleaner Sculpture) évoque l’Arte Povera, une attitude artistique et sociale, née en Italie dans les années 60, en rébellion contre la société de consommation.

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Le geste créateur surpassant l’objet fini.

Evocation aussi, dans une série de tableaux, de l’artiste Lucio Fontana, avec ses monochromes maltraités, mouvement du « Spatialisme » où la toile doit s’ouvrir largement au delà de son environnement pictural.

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Inspiration d’artistes majeurs des années 60, mais aussi des dessins d’humour que l’on pouvait trouver dans les magazines masculins des années 50.

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Caricature de l’art contemporain, et de ses amateurs, dans un jeu de miroir…

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Possible Abstraction – Laque sur panneau de bois

… Devant ces compositions abstraites, presque identiques, allez-vous vous poser la même question que ces deux hommes ?

Ironie, sens du détail, références, l’art de Rodney Graham est riche à plus d’un titre.

Il pourrait être comparé, en cette période de fêtes, à un calendrier de l’avent, dont les fenêtres ne cessent d’élargir l’univers artistique.

Par références, par déférence et par passion d’un art qui n’oublie pas sa vocation première : élever celui qui le regarde.

Musée Magnin – 4 rue des Bons Enfants

Dans la culture occidentale la nudité est au paradis ce que le vêtement est à l’humanité, une obligation de la vie en société depuis Adam et Eve.

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Eventail à scène galante en ivoire et vélin, vers 1855

Le musée Magnin par une exposition-dossier « La mode dans le portrait » nous invite à une réflexion sur l’art de se vêtir et sa représentation sociale et personnelle (Comme ce portrait de femme, huile sur toile, vers 1825)

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Certains portraits de sa riche collection sont mis en paralléle avec des vêtements de même époque provenant de la non moins foisonnante collection du musée des tissus de Lyon (Comme ce chapeau baleiné à rubans en taffetas, vers 1830)

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Claire Berthommier, chargée des collections du musée des Tissus et du musée des Arts décoratifs de Lyon, commissaire d’exposition avec Rémi Cariel, conservateur du musée Magnin, me présentait, en octobre dernier, l’exposition pour BFC Radio.

Une collaboration passionnante et taillée sur mesure tant on dirait que les atours et parures choisis sortent des tableaux, du double art de paraître : en société et portraituré.

Mise en perspective dans deux salons feutrés qui invitent à un regard triangulaire, entre parure, portrait et postérité.

Que reste t-il des aspirations esthétiques ? Que reste t-il du passé ? Le vêtement est-il plus porteur d’émotions qu’une peinture ?

Autant de questions à se poser jusqu’au 8 janvier 2017, date de clôture de cette exposition-dossier.

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Tout le mois de décembre, et le reste de l’année, le musée Magnin présente, dans un très bel hôtel particulier du XVIIe siècle, l’Hôtel Lantin, une collection permanente de plus de 2000 oeuvres réunies fin XIXe et début XXe par un frère et une soeur, Maurice et Jeanne Magnin.

Peintures françaises, italiennes et de l’école du Nord (Dont « Les plaisirs de l’Hiver » de Pieter Brueghel le jeune), mais aussi arts graphiques et mobilier.

Des oeuvres classiques, pour la plupart du XVIe au début du XIXe siècle.

En effet, cette fratrie collectionneuse n’avait pas de goût pour l’avant-garde, ce qui n’empêche un choix assez sûr. Ainsi leur indépendance de goût permet d’admirer les oeuvres d’artistes rares dans les musées français, comme Claudio Ridolfi ou Jacopo Bertoja.

C’est aussi l’occasion de découvrir une collection particuliére encore « dans son jus », un vrai Bon dans le temps à deux pas de la place de la Libération.


Le musée Magnin est ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Fermé les lundis, le 25 décembre et le 1er janvier.

L’actualité culturelle de la grande région Bourgogne-Franche Comté est sur BFC Radio, dont je suis le correspondant dans la région Dijonnaise.

Dijon Design – Le meilleur à Dijon

« S’il vous plait… dessine-moi une toison ! Une toison d’or ! »

C’est en paraphrasant le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry que je peux vous expliquer au mieux l’idée de ce blog :

Vous présenter les lieux de prestige, d’imagination, de création et de valorisation de soi, qui se cachent dans le Dijon actuel.

Dijon du XXIe siècle qui avec le classement du centre ville et des climats à l’UNESCO, et la préparation de la Cité Internationale de la Gastronomie, renoue avec l’éclat de la cour de Bourgogne des XIVe et XVe siècles.

Un Dijon au prestigieux passé et au vif avenir, qui a la couleur d’une de ses plus grande spécialité, éclatante, chaleureuse et piquante.

Aussi laissez-moi vous faire découvrir les joyaux de cette nouvelle couronne, passionnés, pointus et pétillants.