Archives départementales de la Côte-d’Or – 8 rue Jeannin

Il existe en ville un monstre insatiable, grossissant de jour en jour de la masse d’information que notre société génère à un rythme effréné.

Un être hybride à la fois éléphant, par l’envergure et la mémoire, et écureuil, par la discrétion et le goût de l’accumulation, une créature complexe qui fait de chacun de nous des docteurs Frankenstein aux morceaux de vie, personnelle et professionnelle, imbriqués, disciplinés et offerts à nombre de curieux de l’Histoire, commune ou plus intime.

Depuis 220 ans les archives départementales offrent à chacun le privilège de se remémorer, de prouver et de s’enraciner au sein d’un monde changeant et jetable.

Par des archives très anciennes comme très récentes, du IXe au XXIe siècle, Dijon conserve 29 kilomètres linéaires de documents qui concernent non seulement la Côte-d’Or mais aussi, pour l’Ancien Régime au moins, la Bourgogne en général.

La plupart sont des fonds d’origine publique, que ce soit les anciennes institutions royales, celles créées après la révolution française ou celles d’institutions permanentes (notaires, état civil, communes, hôpitaux), mais aussi des fonds d’origine privée provenant des familles, entreprises, associations ou tout organisme marquant de la Côte-d’Or ou de Bourgogne.

Ces documents font régulièrement l’objet, comme dernièrement les registres matricules, de campagnes de numérisation qui offrent la praticité et le confort de la consultation sur internet (ici).

Néanmoins, toutes les archives ne sont pas encore consultables en ligne, ce qui nécessite une visite sur site, dans le formidable hôtel Rolin, au contact direct ou indirect, par le résultat de leur travail, avec les agents que je vous invite à rencontrer dans ce document sonore, archive des archives, complément au mémoire de Master en archivistique que j’ai présenté en 2014.

Depuis, les archives s’ouvrent toujours plus au monde qui l’entoure, par des expositions, par la grande collecte Afrique-France, par la recherche sur internet qui ne cesse de progresser, par les réseaux sociaux avec une page facebook (ici) et par la création, il y a un an, de l’association des Amis des Archives de la Côte-d’Or et des deux Bourgognes*.

Cette association est l’occasion de fédérer les amoureux des archives, d’organiser des voyages à la découverte du Patrimoine (Comme ici , l’été dernier, une croisière de St-Jean-de-Losne à Dole), d’échanger avec des associations soeurs et de gérer le programme de « L’atelier du chancelier Rolin« .

Une série d’ateliers qui offrent les clés du savoir, ou tout du moins la possibilité d’avancer en toute autonomie dans ses recherches, par l’apprentissage de la paléographie (Etude des écritures manuscrites anciennes), du latin, de la sigillographie bourguignonne (Etude des sceaux) et par une suite de conférences « Sources et méthodes » qui permettent d’acquérir les techniques d’étude particulières à chaque sujet de recherche.

Des spécialistes (Universitaires, agrégés, bibliothécaires et archivistes) permettent, par exemple, de comprendre et exploiter la comptabilité de la fin du Moyen Âge (14 février), de faire l’histoire d’un château médiéval (14 mars), d’une région comme la Bourgogne (6 juin) ou d’une entreprise de la première moitié du XXe siècle (20 juin).

Autant de sujets, non exhaustifs, qui illustrent à la fois la  diversité des documents conservés au sein des archives départementales et la volonté que chacun puisse les apprivoiser.

Une ouverture au monde qui s’exprime aussi par la rime de l’administratif et du festif.

En dehors des heures d’ouverture, certains soirs, Edouard Bouyé, directeur dynamique et homme de spectacle, vous invite au concert, à la lecture et quelquefois à la dégustation d’un lieu qui, en son temps, accueillit le jeune Mozart.

La bâtisse s’ouvre à la vie du quartier et à certaines festivités, en partenariat avec Arteggio, pour une offre culturelle propice à faire voler en éclats certains clichés plus poussiéreux que la réalité.


*L’association des Amis des Archives de la Côte-d’Or et des deux Bourgognes se réunit en Assemblée Générale le 31 janvier à 18h, l’occasion d’y adhérer afin de participer aux nombreuses activités.

Renseignements à l’accueil des archives et par mail


Pour en savoir plus sur l’évolution du bâtiment l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres propose une conférence « De l’hôtel Rolin au Palais des Archives » le lundi 13 février à 18h, 5 rue de l’Ecole de Droit.

Les hôtels particuliers de Dijon au XVIIe siècle

« Hôtel : on nomme ainsi les maisons moins belles que les palais et plus belles que les simples logis (…). » Nicolas Catherinot, Traité architecture, 1688.

Hôtel de Vogüé, façade sur cour, lucarne axiale, motif de la femme à la serviette

Un mot qui s’applique depuis le XIIIe siècle aux édifices de prestige (Hôtel de ville), de location et d’hospitalité (Hôtel-Dieu) ainsi qu’aux résidences princières et plus tard, aristocratiques, par opposition au palais souverain et à la maison bourgeoise.

Ce qui a valu à la fin de l’Ancien-Régime d’ajouter à la dénomination de ces résidences privées, souvent réservées à l’usage d’une seule famille, le qualificatif de « particulier » ancré jusqu’à aujourd’hui dans un imaginaire commun fait d’attraction, de distinction et de séduction.

L’hôtel particulier est l’archétype très français d’une réussite distinguée, un élégant esprit national dont Dijon est l’une des villes de France les mieux dotées.

Il suffit d’arpenter les rues pour s’en apercevoir et lire sur les plaques adossées un brin d’Histoire qui nous entraîne en quelques lignes et anecdotes au sein d’une autre époque.

En haut, de gauche à droite : Hôtel Legouz de la Berchére, Hôtel de Vogüé, Hôtel Millotet / En Bas, de gauche à droite : Hôtel de Villemeureux et Hôtel Heurtault

Agnès Botté, guide conférencière et historienne de l’art, nous plonge au fil d’un livre fleuve, résultante d’une thèse océanique, à la découverte de ces îlots de vie, abrités, pensés, construits, organisés, distribués et ornés pour mieux révéler le particulier.

De nombreux articles sur certains hôtels de Dijon ont été publiés au cours des deux derniers siècles par des érudits locaux, particulièrement Eugéne Fyot (1866-1937) et son fameux « Dijon. Son passé évoqué par ses rues » l’un des premiers ouvrages à présenter le patrimoine architectural comme un tout en englobant le prestigieux et l’humble, archétype précurseur de bien des études d’histoire moderne mais qui ne s’engage pas aux sources de ces résidences privées aux profonds secrets.

Dijon qui compte une centaine de ces résidences historiques de prestige, manquait ainsi cruellement d’une étude de synthése sur le sujet comme celles réalisées pour Paris* ou d’autres villes parlementaires.

Agnès Botté nous introduit dans un mode de vie, de pensée et de gouvernement très éloigné de ce que nous vivons aujourd’hui.

Au XVIIe siècle la Bourgogne rattachée au domaine royal à la mort de Charles le Téméraire, en 1477, possède une administration originale et complexe de « Pays d’Etat », comme la Bretagne, la Provence et le Languedoc, avec une certaine indépendance face au pouvoir royal représenté sur place par un gouverneur et un intendant.

Dijon est la capitale de ces « Etats » et le siège des principales autorités de la Province : La chambre des comptes, le parlement et le bureau des finances.

Autant de charges importantes occupées par des hommes de loi qui se doivent de demeurer autour du noyau politique et administratif de la ville pour y recevoir tout en affirmant leur rang.

Plan géométral de la ville de Dijon, dit « Plan Mikel », 1759 – Autour de la Maison du Roy les hôtels se dessinent…

A Dijon ces hôtels se construisent donc au long des rues, dites parlementaires, contrairement à d’autres villes qui possèdent des quartiers résidentiels, d’où une proximité avec des immeubles populaires, dans une certaine mixité sociale qui fait tant rêver aujourd’hui.

Une affirmation de la réussite de ces hommes souvent issus de « la boutique » qui au fil des générations et des charges ont formé cette « noblesse de robe », majeure à Dijon, au détriment d’une « noblesse d’épée » déjà affaiblie et peu fortunée.

L’hôtel dans le paysage urbain se détache et affirme la  position particulière de ses habitants.

Hôtel Etienne de Bouhier, dit de Vogüé, 8 rue de la Chouette

Pourtant elle leur impose une certaine discrétion, un parlementaire n’est pas un prince, et une certaine économie, leur fortune étant souvent limitée, issue de biens terriens, tandis que leur origine sociale, commerçante, leur dicte toujours la mesure.

Elle se voit par le peu de fioritures de ces édifices mais surtout par les exigences des commanditaires.

Hôtel Maire, dit de Blancey, 6 rue Berbisey, façade du corps de logis en fond de cour et du bâtiment des remises

Ce livre est avant tout basé sur des documents originaux, archives familiales et notariales, qui, selon les pièces, donnent des indications sur le bâtiment, son mode de création et ses impératifs de vie.

Les contrats de marchés entre l’entrepreneur et le commanditaire, les inventaires d’entrepreneur, les inventaires après décès et les contrats de mariage sont les principaux actes qui permettent de tracer l’historique de ces hôtels à la dijonnaise et de les comparer aux constructions parisiennes ou d’autres villes.

Hôtel de Vogüé, Claude Sorlin entrepreneur, plan de l’hôtel, fin XVIIIe siècle, Archives Départementales de la Côte-d’Or, Q 207

Aller à la source pour mieux y admirer le savoir-faire des maitres-maçons, observer les plans et la disposition des pièces, fouiner dans les communs, cuisines ou écuries, vivre dans les nombreuses chambres, salons et antichambres, profiter du jardin et de ses pavillons, observer de près les morceaux d’architecture, de l’entrée à la façade, des toitures à l’art des dedans, de l’immuable escalier de prestige aux cheminées monumentales, boiseries et décors peints de 54 hôtels en ordre d’inventaire.

Hôtel Le Compasseur, puis de Sassenay, 3 rue Berbisey, grand escalier, Série de Bas-Reliefs de l’Histoire d’Apollon avec Python, Daphné et Marsyas

Au fil des nombreux remaniements et changements de propriétaires ces maisons particulières offrent des destins divers.

Musée comme l’hôtel Lantin qui conserve les collections de la fratrie Magnien, lieu d’exposition et de concert comme l’hôtel Bouhier, dit de Vogüé ou comme beaucoup d’autres, lieux d’habitations en multi-propriétés cloisonnées plus ou moins bien préservés.

Un livre comme un parcours qui permet de ressusciter l’histoire de ces hôtels et de s’y aventurer grâce aux photographies de Jean-Pierre Coquéau et à la pugnacité d’Agnès Botté à ne pas les laisser s’oublier.

Les instances publiques, comme la DRAC, sont chargées de veiller sur cet héritage unique sans pour autant sonner à temps le signal d’alarme.

En cela des associations comme « Dijon, histoire et patrimoine » et des travaux comme celui d’Agnès Botté peuvent attirer l’attention sur un patrimoine fragile.

Ironie de l’Histoire, c’est rue Jeannin, en face des Archives Départementales de la Côte-d’Or qui conservent bon nombre des documents permettant de tracer l’évolution de ces morceaux d’architecture, que se trouve l’Hôtel Pérard de la Vaivre, le plus en péril de tout Dijon.

Noirci et aux pierres fuyantes, il est pourtant un jalon important dans l’histoire de l’architecture dijonnaise du XVIIe siècle par ses rapports étroits entre son ordonnance colossale et celle des hôtels parisiens des années 1640-1650, dont le formidable hôtel Lambert, en l’île Saint-Louis, aux propriétaires aussi peu délicats (A lire ici).

Une étude comme un élan : Ecrire, lire et agir afin que ces hôtels particuliers demeurent un bien commun.


Agnés Botté, Les hôtels particuliers de Dijon au XVIIe siècle, éditions Picard


* Alexandre Gady, Les hôtels particuliers de Paris, du Moyen-Âge à la Belle Epoque, éditions Parigramme

Terre de Lune – 36 rue Amiral Roussin

Aller voir l’ailleurs, rêver de « là-bas », explorer la face cachée… demande de la hauteur à différents degrés :

Technologique, depuis les années 60, à vivre en ce moment avec l’astronaute de l’Agence spatiale européenne, Thomas Pesquet, qui satellise les réseaux sociaux par l’image de notre vaisseau spatial et par ses sages paroles « La beauté de la planète rayonne dans la nuit. Elle est tellement belle, il faut la faire durer le plus longtemps possible. Il faut la protéger« .

Mystique, à la symphonie des chants d’Hildegarde de Bingen, une abbesse bénédictine rhénane du XIIe siècle, compositrice de plus de soixante-dix chants, hymnes et antiennes (« Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum« ), auteur d’ouvrages de théologie, issus de ses visions et de médecine qui prônent l’image globale de l’être humain : corps, âme et esprit. Une approche très contemporaine entre alimentation choisie et énergie vitale.

Se découvrir au-dedans et au-delà en un espace voyageur, telle est la philosophie de Terre de Lune.

Un concept store dont les mélanges construisent la personnalité dans une ambiance métissée et colorée, vibrante d’une énergie apaisante.

Isabelle, sa fondatrice, y propose son goût et ses principes de vie : « Le beau contribue à la paix intérieure ! »

Par les odeurs, l’encens qui permet en un instant de passer de la rue à un univers serein, bougies parfumées, mélodie d’Arménie, naturel indien et purifiant benjoin.

Atmosphère de baba à bobo avec « Astier de Villatte », ses céramiques chics et sobres et ses odeurs plus ou moins lointaines, suivant l’histoire, la géographie ou la cimétographie du lieu, de Delphes et sa Pythie à Kobé et son fameux boeuf, des plages à fleurs d’Honolulu à Delphine Seyrig, mystérieuse Marienbad.

Une élégante façon d’humer l’inattendu jusqu’à l’eau de vaisselle… Snobisme quand tu nous tiens.

Les « Bougies la Française », offrent une ambiance plus terre à terre et colorée, au « coin du feu » couvert d’un  plaid « vanille cashmere » pour mois de janvier enrhumé, en rêvant d’une « Summer Party » au soleil des caraïbes.

En attendant soyez zen avec « Hypsoe par Gilles Dewavrin » et sa collection « Wooden », une épure olfactive addictive, en bougies et diffuseurs de parfum, pour cérémonie du thé et séance de yoga.

Se régénérer par l’odeur, tout comme votre intérieur depuis 1885 avec le « Papier d’Arménie », en classiques feuilles détachables pour désodoriser et depuis peu en bougies, odeur classique ou de rose, pour se reposer, enfin assaini.

Un rôle dévolu aussi aux huiles essentielles à diffuser dans la maison ou à saupoudrer dans vos assiettes, alliance de la gastronomie et de l’aromathérapie, le tout certifié agriculture biologique.

Thomas Pesquet l’affirme de haut « On voit des embouchures de fleuves très sales (…) On voit les coupes dans la forêt d’Amazonie. On voit l’activité humaine et ça fait vraiment réfléchir. »

Un retour au naturel, aux produits éternels, vital pour continuer la route.

Essentiellement grâce aux plantes comme avec « Les Fleurs de Bach » du nom d’un médecin homéopathe et bactériologiste qui a répertorié 38 fleurs correspondant chacune, selon lui, à un état d’esprit particulier. Ces élixirs à base de fleurs d’arbres et de fleurs sauvages ne soignent pas les maladies mais l’individu, en corrigeant ses émotions négatives.

Une manière de rétablir l’équilibre intérieur par voie orale et par une ligne d’eau de toilette et de gel douche sans savon.

Une vogue de la beauté traditionnelle tout en douceur avec « Graine de Pastel« , deux amies qui depuis plus de dix ans remettent au goût du jour cette plante médicinale et tinctoriale ancestrale. Une ligne de soins naturels et réconfortants fabriquée dans le Sud-Ouest de la France.

Même retour aux sources avec le savon d’Alep, ville de tradition, de culture et aujourd’hui de souffrances, ancêtre du savon de Marseille, un mélange d’huile d’olives et de lauriers, qui en fait le savon idéal des peaux sensibles.

Une harmonie du corps et de l’esprit que l’on trouve aussi chez « Aromandise » avec de l’encens, des senteurs à vivre et à boire, café vert, thés et tisanes bio qui rendent hommage à Hildegarde de Bingen et à sa grande connaissance de la pharmacopée, par les plantes mais aussi les minéraux.

Terre de Lune propose un ensemble de pierres fines à utiliser en lithothérapie, une médecine douce se servant de l’énergie des pierres pour rééquilibrer et réharmoniser l’ensemble du corps.

En pierres roulées ou en colliers, de lapis-lazuli ou de turquoise, pour être et paraître, looké en toute sérénité.

Merveilleuse caverne chinée pour Ali Bobo en goguette ethnique

« Reminiscence » nous rappelle d’ailleurs une valeur essentielle à une bonne harmonie : se plaire et séduire. Par ses parfums et ses bijoux en argent, pleins de fantaisie, cette marque affirme depuis 40 ans une certaine « charmothérapie ».

« Reminiscence » d’une Inde Moghol

Tout comme les bijoux artisanaux de « Ciclon » réalisés entièrement à la main en Espagne et ceux de « Satellite » dont chaque pièce, d’inspiration ethnique est unique.

A l’instar des étoles et sacs réalisés par « Epice« , un duo de designers danois qui conçoit chaque article comme une oeuvre d’art de fibres naturelles, tissés et imprimés en Inde, aux couleurs vibrantes.

« Epice », singulier comme vous !

Un amour des matières et du travail manuel qui permet de sauvegarder des emplois très qualifiés en France et en Europe.

Une démarche militante pour des objets de qualité et une dignité sauvegardée.

Les objets présents dans cette boutique répondent pour la plupart, quand ils sont réalisés dans des pays en voie de développement, à une démarche équitable.

L’occasion d’aider des peuples qui n’ont pas notre chance.

Que ce soit les croix et les Tours Eiffel réalisées avec du métal de récupération par des Haïtiens, qui subissent plus que d’autres le réchauffement climatique, ou des pintades symboles des femmes affranchies d’Addis Abeba en Ethiopie, qui leur permettent d’acquérir un statut social et d’avancer sans être soumises au mariage.

Autant d’exemples d’un métissage des cultures au service de l’harmonie, de l’entraide et du beau qui fait du bien, en une boutique qui vous emmène ailleurs pour mieux vous retrouver.

Le Consortium – 37 rue de Longvic – D. Hominal & F. Værslev

Le Consortium va fêter cette année l’étincelle de son existence, 40 ans à s’animer et à présenter des artistes qui ont encore quelque chose à dire sur la peinture.

Rodney Graham dont nous avons déjà présenté le travail (ici) et deux jeunes plasticiens, David Hominal et Fredrick Værslev qui affirment une harmonieuse fureur de créer.

David Hominal

David Hominal, un franco-suisse établi à Berlin, fils de boucher dont le sang des bêtes à été le premier objet et le révélateur de ses talents artistiques.

Enfin un peintre loin des faux semblants et du second degré, regardez, détestez, adorez mais ne cogitez plus. Une qualité essentielle dans un monde de l’art contemporain toujours prompt à noircir du papier pour ennoblir les oeuvres.

Tout son charme tient à cette liberté, loin de tous cloisonnements et des séparations habituelles entre l’abstrait et le figuratif, le consciencieux et le facile, l’art qui fait vendre et celui qui fait plaisir.

Les tournesols s’éclatent, les Smileys (Ou Emojis selon la génération) sont entre Le Cri et un panneau interdit, les monochromes d’ocres reviennent à la terre et les ananas se posent, prennent la pose et s’exposent.

Tout est simple mais rien n’est évident dans une peinture très gestuelle, tressautante, mouvante, vie-brante !

La toile en perd ses limites et rejoint en cela le travail de Fredrick Værslev, qui après Matias Faldbakken en 2013, est le deuxième norvégien à être exposé au Consortium.

Plus apaisé que son compatriote, Fredrick Værslev entretient un rapport très personnel avec la nature dont il se sert à des fins collaboratives aléatoires.

Un climat créateur qui exprime toute la difficulté de la vie en Norvège entre les fréquentes intempéries, le froid et la pénombre, une bonne partie de l’année.

Un cycle rigoureux qui apparaît dans un travail fait de séries sans espace défini, comme un long paysage lumineux découpé en séquences successives dont l’évolution est à peine perceptible mais bien présente.

Un art symbolique et brut, simple et marginal.

D’où le titre de l’exposition « All around amateur« .

Inspiré des photos de couchers de soleil prises lors de voyages en avion, avec un téléphone portable, la retranscription nécessite un chariot mécanique utilisé pour tracer des lignes sur les routes et les terrains de sport.

Les bombes de peinture pour ce type d’outil ne sont disponibles qu’en rouge, bleu, jaune et blanc, ainsi une fois les couleurs déposées sur la toile, Fredrick et son assistant les mélangent avec de l’essence de térébenthine jusqu’à créer un dégradé qui rappelle les tonalités du coucher de soleil.

Les toiles sont alors tendues sur des châssis de même taille afin de pouvoir être alignées de manière continue.

Réalisées par séries de huit toiles successives, leurs séquences peuvent se lire dans l’exposition selon des tonalités qui vont du plus foncé au plus clair.

Une oeuvre atmosphérique renforcée par la mise en scène spectaculaire de l’exposition dans un espace de soixante mètres de long, un extraordinaire effet de ligne d’horizon offert au crépuscule.

Petit instant poétique jamais très éloigné des réalités.

Fredrick Værslev remet constamment en cause le statut de la peinture par sa construction créatrice et par sa réponse aux soucis esthétiques de sa mère, désireuse d’installer une tablette sous le tableau pour y déposer des plantes ou des bibelots.

Etagère aux grains de riz

L’oeuvre réduite à l’ornement et l’ornement devenant oeuvre par la réalisation d’une série (Toujours) d’étagères en bois léger que Fredrick confie à des amis, artistes (Josh Smith, Matias Faldbakken) ou non, pour les décorer.

Humour, ironie, envie de plaire, d’orner, création libre, fétichisme…

… Liberté, réceptacle de tous les possibles, illustrée par ces deux expositions fidèles à l’esprit curieux né de l’étincelle initiale.


Expositions à voir jusqu’au 19 février.

Visites commentées gratuites tous les premiers jeudis de chaque mois à 12h30 – Prochaine le 2 février.

Plus de renseignements ici

Eglise St-Michel – Place Saint-Michel

« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »

Phrase célèbre et digne du mélodramatique et génial André Malraux, même si il a toujours nié avoir prononcé cette sentence.

Pourtant, dans sa correspondance, prolifique, on peut trouver cette lettre de 1955 sur la question du fondement religieux de la morale :

« Depuis cinquante ans la psychologie réintégre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux »

Propos de son époque à mesurer aujourd’hui à l’aune de ce que nous vivons au nom de Dieu !

Néanmoins cette idée de morale prend de l’ampleur par les « manifs pour tous », où la joie d’affirmer sa vision étroite de la famille, relayée par le discours politique, de tous bords, et à tous degrés, de la bonne morale chrétienne aux saines valeurs républicaines.

Oui, nous sommes en perte de repéres alors que le but de chacun est souvent d’aller à la lumière, à l’amour, à la vie !

Des valeurs simples et vraies que l’on retrouve dans le discours d’une éternelle jeune fille aux écrits souvent mystiques, mais aussi universellement porteurs de tolérance et d’espoir.

A défaut d’un nouveau dieu, depuis le 16 octobre dernier Dijon accueille une nouvelle sainte, Elisabeth de la Trinité, déjà béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1984 et depuis canonisée par le pape François suite à deux miracles reconnus par l’Eglise catholique.

Elisabeth de la Trinité, Carmélite

Que l’on soit croyant ou non, c’est toujours un événement de voir une personne « normale », en l’occurence une fille d’officier, à la bonne éducation, douée au piano et qui aurait pu avoir une vie classique et confortable, faire le sacrificice, au début du XXe siècle, des joies terrestres par une volonté irrépressible d’entrer au Carmel et d’Aimer.

« Je vous en prie, marquez tout du sceau de l’Amour, il n’y a que cela qui demeure »

Sans transformer les églises en temples d’Eros, c’est une émotion universelle et certainement la seule morale acceptable face à une société qui a perdu le sens du respect et de la dignité.

Un rappel aux valeurs essentielles par une nouvelle sainte vénérable et admirable dans l’église de sa première communion, l’église Saint-Michel, construite fin XVe et début XVIe siècle entre un corps gothique et une remarquable façade de style « renaissance italienne » unique en France.

Un écrin toujours ouvert au culte, digne de trois objets d’art sacré offert à sa dévotion.

Dijon possède un musée d’art sacré réunissant les objets de piété et les ornements qui ne trouvaient plus leur utilité suite aux changements apportés par Vatican II, ou qui courraient le danger d’être volés pour être recédés à des amateurs d’art religieux.

C’est donc un second événement qui découle du premier, afin de le servir et de le propager, comme objet d’une foi renouvelée.

Trois objets, miroir de la Trinité qu’elle vénère et qu’elle incarne : Une châsse accueillant ses reliques, une statue symbole de sa bonhomie et de son âme apaisée et une icône, image mystique d’une vénération multipliable à l’infini.

La Châsse :

Ce coffret précieux recevant les reliques de sainte Elisabeth de la Trinité a été offert par les carmélites de France, ordre dont elle est issue, par le Carmel de Dijon, aujourd’hui implanté à Flavignerot.

Sa réalisation et son installation ont nécessité le talent de plusieurs artisans d’art au savoir-faire unique et souvent ancestral.

L’autel en pierre de 2,7 tonnes destiné à recevoir les reliques est l’oeuvre de l’entreprise Ducherpozat, basée à Fixin, maçons de père en fils depuis 1590 ce qui en fait selon le Guinness Book la plus ancienne famille de maçons au monde.

Une pierre de Chassagne extraite dans une carrière au sud de Nuits-Saint-Georges et taillée par Kevin Boudeau, un jeune compagnon effectuant son tour de France, qui a su allier la tradition de la taille au burin à la modernité, par la confection d’un tiroir recevant une plaque de leds pour illuminer la châsse par le dessous.

Service technologique à la lumière intérieure.

Socle de l’éclatante châsse en bronze doré, verre et émail réalisée par le sculpteur italien Stefano Borin, issu d’une famille de sculpteurs, peintres et décorateurs, de la région de Vérone, alliant l’amour des beaux-arts aux valeurs spirituelles.

Une oeuvre qui relie sa vie terrestre, par l’évocation de douze épisodes de la vie de la sainte, souvent tirés des nombreuses photographies qui nous reste d’elle, au message spirituel.

Cette châsse prend la forme d’une maison, une maison de Dieu (Signification du prénom Elisabeth en hébreu) afin de recevoir le reliquaire où figure le symbole du Carmel et le « Laudem Gloriae« , louange à la gloire de Dieu, en laquelle elle est incarnée.

Au sommet plâne la colombe du saint-Esprit, de laquelle émanent les rayons qui illuminérent toute la vie terrestre de la carmélite jusqu’à tracer sa mission de sainte.

« Je veux être sainte, sainte pour faire son bonheur. Demandez-lui que je ne vive plus que d’amour, c’est ma vocation »

Douze colonnes de verre marquent à chaque étape de sa vie la présence de Dieu.

Sa première communion, le 19 avril 1891, devant l’église Saint-Michel

De son baptême, le 22 juillet 1880 en passant par la mort de son père le 2 octobre 1887, sa première communion, en l’église St-Michel le 19 avril 1891, le premier prix du conservatoire couronnant ses talents de pianiste, son entrée au Carmel de Dijon le 2 août 1901, la rédaction, le 21 novembre 1904, de sa célèbre prière « O mon dieu, trinité que j’adore« , comme une offrande à l’amour, jusqu’à sa disparition le 9 novembre 1906 de la maladie d’Addison.

1893 – Une soirée dansante pour fêter le Premier Prix du Conservatoire

« Je vais à la lumière, à l’amour, à la vie »

L’entrée au Carmel le 2 août 1901. A la porte de la clôture elle se sépare de sa mére et de sa soeur

Elle passe ainsi d’Elisabeth Catez à sainte Elisabeth de la Trinité, par une vie courte et irréprochable mais surtout par de nombreux écrits, textes sacrés qui demeurent, selon son verbe favori issu du vocabulaire de saint Jean.

21 novembre 1904 – Dans sa cellule Elisabeth écrit sa fameuse prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore »

Outre ses lettres, Elisabeth a rédigé deux traités « Le ciel dans la foi » et « Dernière retraite » qui ont vite marqué les consciences ce qui a valu dès 1931 l’ouverture d’une première enquête en vue de sa béatification.

De là à dire que sa plume l’a amené au firmament du paradis…

La statue :

On retrouve cette idée de la page écrite qui s’envole dans la statue de la canonisation offerte par les carmélites de Flavignerot.

Une touche épistolaire et spirituelle dans ce portrait en pied, grandeur nature, qui se veut le plus proche physiquement de ce qu’était Elisabeth de la Trinité, le visage toujours souriant et apaisé, comme confiante dans cette Trinité qui orne, au niveau du coeur, son scapulaire : le cercle de la totalité divine, la croix du christ et la colombe de l’Esprit saint.

Vent de l’Esprit saint qui donne du relief aux premiers mots de sa prière, en lettres d’or : « Ô mon dieu Trinité que j’adore…« .

Cette figure de bronze patiné, réalisée dans la fonderie de Coubertin, impressionnante de par la taille et le calme qui en émane, est l’oeuvre de l’artiste Fleur Nabert, touche à tout de l’art sacré, du vitrail à l’orfévrerie en passant par le mobilier et le bronze, travail que l’on peut admirer dans la chapelle ND du Sourire à Lisieux et dans plusieurs cathédrales comme à Bruxelles, Metz ou Chartres.

A noter que comme Stefano Borin, l’auteur de la châsse, elle a travaillé au reliquaire de la famille Martin du sanctuaire de Lisieux.

Une union des talents artistiques pour sonder le Mystère divin avec passion et persévérance.

L’icône :

Depuis 1984, la bienheureuse Elisabeth de la Trinité a fait l’objet de nombreuses icônes.

En tant que sainte, la première a été réalisée par Alain Chenal, iconographe amateur, ingénieur de formation qui trouve dans cet exercice une forme de prière à partager avec tous, croyants ou non, à la recherche du sens de la vie.

Elle a été bénie le 8 novembre 2016 en l’église Saint-Michel et offerte à cette paroisse qui l’expose dans la chapelle Saint-André.

L’icône n’est pas un portrait mais une représentation de la personne intérieure, spirituelle, qui aide à pénétrer et célébrer le mystère divin qu’elle a approché, personnifiée en « Louange de Gloire ».

Elle apparaît au centre d’une mandorle de flammes, embrasée par l’Esprit saint tandis que la croix du Christ scintille sur son coeur et la fait rayonner.

En bas figurent le carmel de Flavignerot (A l’embléme de la croix et des trois étoiles symboliques) et l’église Saint-Michel qui font le lien entre la terre, le vert des grands espaces qu’elle appréciait tant et sa courbure qui lui donne son assise et la Trinité scintillante jusqu’à son auréole.

Elle est l’intermédiaire et l’incarnation de notre capacité à être aimable, aimant et surtout digne d’être aimé, malgré nos différences, subies et choisies.

L’intolérance n’est alors qu’une déficience humaine puisqu’Elisabeth porte en elle l’évidence d’un Dieu Trinité dont le père aime, le fils est aimé et l’Esprit saint est amour.


Oeuvres complétes, texte établi par le Père C. de Meester, Editions du Cerf


Renseignements à l’Espace Elisabeth, 16 rue Vaillant, devant l’église Saint-Michel, du lundi au vendredi de 15h à 17h.

L’Express – Dijon, la paisible

Quand les parisiens veulent se couper en 4 pour changer d’air, au Nord-Est c’est Dijon qu’ils préfèrent.

C’est tout du moins ce que l’hebdomadaire l’Express, spécialiste des classements en tous genres, leur conseille.

Le dernier en date « Quitter Paris 2017 » dissèque l’attractivité de 30 villes du Nord-Est et place donc Dijon devant Nancy et Boulogne sur Mer, sur le podium, tandis que Strasbourg et Lille doivent se contenter respectivement de la 4ème et de la 12ème place.

Cette situation s’explique par les critères mis en avant, loisirs, transports, éducation, offre de soins, sécurité et surtout le prix de l’immobilier qui a tendance à s’envoler dans les grandes villes alsaciennes et dans la très BoBo capitale du Nord.

Tandis qu’à Dijon il est possible d’acheter ou de louer à un prix très raisonnable et de profiter, contrairement à Paris, du très bel ensemble architectural de la ville, des hôtels particuliers aux immeubles de type hausmanien.

Le journaliste Pierre Falga, auteur de l’enquête, considère que « Dijon (…) dispose des atouts commerciaux, culturels, médicaux et universitaires d’une grande capitale régionale« .

Une ville équilibrée et bien dosée alliant attractivité de la zone commerciale de la Toison d’Or et offre plus feutrée des boutiques indépendantes du centre ville, préservation d’un patrimoine unique, ouvert à tous et présentation des cultures du monde par de nombreux festivals, des Fêtes de la vigne aux Nuits d’Orient, un campus décentré et un réseau de transports en commun qui permet aux étudiants (12,6% de l’agglomération) de vivre et de s’amuser au coeur de ville, de la place de la République à la rue Berbisey.

Le tout dans un climat serein, puisque Dijon « affiche des statistiques de délinquance dignes d’une sous-préfecture » ce qui vaut au journaliste de la surnommer « la paisible ».

Une image parfaite de la « Province » abordable et accueillante, offrant tous les critères d’une vraie vie à la fois confortable et active.

Parallèle à ce classement un autre palmarès de l’Express classe Dijon deuxième des villes où il fait bon travailler dans le Nord-Est, devant Lille qui possède tout de même avec Euralille le 3ème quartier d’affaires en France (Après Paris La Défense et Lyon Part-Dieu).

Dijon garde néanmoins une longueur d’avance, même à l’échelle nationale, puisque c’est la seule ville qui figure sur les deux podiums.

Une attractivité propice aux changements de vie.

L’un d’eux a permis à la cité des Ducs de se doter d’une librairie – salon de thé, indépendante, conviviale et inspirée.

Au 5 place des Cordeliers, Clémence et Julien, un couple de jeunes parisiens, y concrétise son rêve en proposant un service à la dijonnaise, alliance de l’exigence, de la convivialité et du partage.

« La fleur qui pousse à l’intérieur » rend hommage par son nom au chanteur libertaire François Béranger (« Vous n’aurez pas ma fleur« ) et à cette offre directe et chaleureuse de l’écrit et du verbe, loin des supermarchés du livre.

Affirmer sa personnalité, tel est l’atout de Dijon et de ceux qui y entreprennent, l’Express relève une force tranquille qui n’est pas nouvelle.

La ville à plus d’un titre se veut Capitale.

Capitale culturelle, au centre historique inscrit en juillet 2015 à l’UNESCO, capitale gastronomique et sa future cité dédiée et surtout l’une des 13 capitales régionales françaises qui se voit déjà en future métropole capable d’attirer les entreprises et les chercheurs afin de confirmer sa dynamique universitaire.

Une ambition confirmée par le maire François Rebsamen lors des derniers voeux « Gardons toujours à l’esprit que le rôle d’une métropole est, à travers ses grands projets, à travers ses grandes fonctions urbaines, à travers l’espace cohérent qu’elle forme, de générer du développement économique et de l’attractivité »

Une nécessité pour conserver cette qualité de vie, soulignée par l’Express, mais sans oublier l’essentiel qui fait déjà son succès.

Chouette France – 29 rue Bossuet

En ce début d’année comment allier bonnes résolutions, citoyenneté et qualité ?

En achetant français !

Pour sauvegarder des emplois locaux et lutter contre les licenciements souvent provoqués par l’envie, ou l’obligation, pour les consommateurs d’acheter de moins en moins cher.

Une situation difficile qui doit encourager les plus aisés à un acte responsable et militant pour maintenir des savoirs-faire uniques, agir contre le gaspillage et limiter l’empreinte carbone des produits.

Un petit pied de nez aux pratiques économiques et écologiques des grands groupes : Plus besoin de brandir des pancartes les étiquettes suffisent !

A Dijon, depuis septembre dernier, une boutique devient l’épicentre de ce phénomène initié par un célèbre pull marin porté par un certain ministre (Bourguignon) du « redressement productif ».

Reprenons à Larousse sa devise « Je sème à tous vents » et reconnaissons à M. Montebourg la capacité à provoquer un outil activiste.

Ainsi depuis 2012 déferlent les boutiques « Made in France » (En anglais dans le texte) qui doivent pourtant plus leur réussite aux entreprises locales et à l’entraide qu’à un bref coup médiatique.

Un concept d’économie de proximité solidaire qui a encouragé Marie-Laure, suite à un licenciement, à créer sa boutique à tire-d’aile jusqu’à son ouverture en septembre dernier :

Chouette France, un nom hybride entre le cocorico national et la chouette, symbole de Dijon, qui nous ramène à l’ancien français et au verbe « choeter » qui signifiait « faire le coquet ».

Quoi de plus normal dans une boutique de mode et d’accessoires qui regroupe environ 25 marques.

Des Dijonnaises avec Gustave & Cie, une société en acier inoxydable, du noeud papillon au Y d’une patte de confort qui réinvente les bretelles et OlivPom dont les créations donnent peps et formes aux textiles, à l’image du doudou chouette, logo de la boutique.

Gustave & Cie – Noeuds papillons et bretelles Y

Mais aussi des Bourguignonnes :

Madame fait des sacs by Isabel Marin, une artiste-peintre qui donne à l’utilitaire toute la beauté de son geste, à travers une ligne de sacs en petite série, afin d’allier l’unique à l’authentique, de ses dessins réalisés dans son atelier d’Autun, aux matières premières d’origine française et jusqu’à la production parisienne.

Toujours à Autun et dans l’accessoire de mode pratique, Neyrat fabrique depuis 1852 des parapluies jusqu’à la délocalisation en Chine en 1990. Le retour en 2014 d’une production locale « Haut de Gamme » surfe sur la vague du « Made in France » qui permet de retrouver le fameux parapluie rayé noir et blanc.

Gauthier, créateur de chemises depuis 1947, tout d’abord à Buxy et depuis 1956 à Chalon sur Saône. Un atelier familial riche de l’expertise et des valeurs acquisent en 70 ans au service d’un style entre tradition et modernité pour « rester dans l’équilibre d’une élégance intemporelle et d’une attitude contemporaine« .

La manufacture Perrin de Montceau Les Mines qui depuis 1924 est spécialisée dans la chaussette française à travers aujourd’hui quatres marques, de la chaussette technique à la haut de gamme en passant par la fantaisie « Dagobert à l’envers » que vous retrouvez chez Chouette France.

Dagobert à l’envers

Nin-Nin, un mot patois pour dire « dodo », où, quand un couple creusotin réinvente (« Traficote » selon leur mot !) depuis 2012 le doudou en s’appuyant sur le savoir-faire de couturières de la ville. Original, stylé, tout doux et sans visage pour donner libre cours à l’imagination de l’enfant.

nin-nin

Autant d’alliances de la qualité, de l’originalité et de la renaissance des techniques anciennes que l’on trouve aussi dans les productions d’autres régions.

Les Bôjoueurs, comme des figurines de baby-foot en fonte d’aluminium, fabriquées et peintes à la main et ensuite montées sur la coutellerie de Thiers, tire-bouchon, décapsuleur, rondelle à pizza.

Retour aux chaussettes, de sport !?, avec Labonal, spécialiste de la chaussette de qualité depuis 1924 à Dambach-la-ville, en Alsace. Pour femmes, pour hommes, l’entreprise est toujours à la pointe en ce qui concerne les nouveaux procédés, les nouvelles matières, alliance du confort et de la fantaisie offerte à vos pieds.

Autre aisance, plus intime, Le Slip Français, n’est pratiquement plus à présenter. La petite entreprise qui monte fondée en 2011 par Guillaume Gibault, entrepreneur es communication, fait beaucoup parler d’elle avec un ton délicieusement ou pernicieusement décalé… Multipliant les partenariats avec d’autres marques du « Made in France » pour des produits de plus en plus diversifiés, vous trouverez des slips (masculins et féminins), des charentaises (Avec Rondinaud, manufacture charentaise depuis 1907), des sacs, des maillots de corps, des « sweats »… produits aux quatre coins de la France, de Saint-André-lez-Lille (59) à Les Cars (87).

Le Slip Français

De quoi réchauffer notre chauvinisme…

©Le slip français – Slip multi-triangle rouge « Le Tire Fesse » – Slip taille basse fabriqué avec amour à Aimargues (30)

… sans être vraiment « à poils ». (Epiler n’est pas habiller !)

Même si le vêtement peut dévoiler telle cette marque à l’anglicisme révélateur French Appeal dont le slogan pousse à l’exhibitionnisme et au voyeurisme « Jeans créateur de belles fesses« . Quand une mode éthique et responsable n’oublie pas l’essentiel !

Autre fabricant de jeans, l’Atelier Tuffery, le plus ancien en France avec sa marque Tuff’s jeans. Depuis 1892 à Florac, dans les Cévennes, ces confectionneurs de génération en génération magnifient la toile de Nîmes, un tissus épais, de qualité, authentique, sobre et élégant en édition limitée pour une vie de tous les jours qui ne l’est pas.

D’après Alain Souchon « La seule chose qui tourne sur terre c’est leurs robes légéres« , à l’image des créations d’Inari, de Marseille, à la coupe étudiée méticuleusement pour être à l’aise, active et voyageuse. Des jupes, des tops et des robes aux matières naturelles et fluides associées à des imprimés Liberty ou cravate pour un style raffiné et confortable.

Tout comme les sweats à message de la Gentle Factory, To Be or not to be French ?…

Ou les créations, sérigraphiées et confectionnées en France par Orijns, depuis 2013 adepte du casual tricolore pour toute la famille et qui réinvente, par des choix de tissus et de confection rigoureux, le concept de vêtements à vivre et à user.

En réaction aux délocalisations et à l’exploitation des enfants du bout du monde, un alsacien a décidé de réagir en 2011 en brandissant trois cigognes, en logo et en une marque : Storks (= les cigognes en alsacien), une production locale de polos, de t-shirts, de boxers et de chaussettes en coton Bio pour consomm’acteurs.

Storks

Tout contrôler pour mieux fabriquer est la philosophie de Galucebo (Loire), écolo et 100 % française mais dont la logique est poussée à l’extrême par la production de la laine nécessaire à l’élaboration des gilets et pulls.

Au rayon accessoires de Chouette France :

La marque Béton Ciré, propose les miki traditionnels bretons en toile denim, patte de serrage en cuir au dos et broderie ton sur ton pour un look à la Querelle de Brest.

Béton Ciré

Loin des embruns mais fidèle au pompon des marins,  l’entreprise Blanc Bonnet, en Haute-Loire, propose l’évidence pour les sports d’hiver.

Fantome, une maroquinerie alternative en recyclage de chambre à air de vélo, sans colle, sans cuir, 100% vegan, produite en petite série pour un look affirmé et digne.

Comme le retour aux bretelles de papa, ou plutôt Les Bretelles de Léon, basée à Lyon… Et, accessoires masculins, assez rares pour ne pas être oubliés, pour un style affirmé, coloré et branché.

Charlie Watch, une jeune maison d’horlogerie française dont la première collection, en 2014, à la fois classique et moderne inspirée des monuments de la Capitale, a été lancée grâce au financement participatif. Une alternative au monde du luxe pour des montres entièrement assemblées à Paris aux bracelets interchangeables, pour affirmer son identité au fil des heures.

Charlie Watch

Enfin, pour le « Chez soi, doux chez soi » et la corvée de vaisselle, optez pour le stylé Moutet, un linge de maison d’élite par une manufacture installée depuis 1919 à Orthez et labellisée « Entreprise du Patrimoine vivant ». Un linge Jacquard moderne, coloré et toujours de qualité.

Et pour se détendre après un si long périple ?

Les bougies à la cire végétale La Belle Méche vous éviteront de la vendre afin de garder pour vous ses senteurs réconfortantes et essentielles à la relaxation.

De multiples produits originaux qui offrent l’opportunité de redécouvrir notre pays à travers ses traditions, sa maîtrise manufacturière et de multiples initiatives personnelles, dans l’air du temps.

Dijon Design 2017

Le mouton est dessiné et le petit prince satisfait.

En un mois d’existence Dijon Design a poussé les portes de très belles boutiques, où le savoir-faire et l’excellence sont les maîtres-mots, ainsi que de hauts lieux du patrimoine dijonnais, brillant de l’éclat de l’Histoire.

Des rencontres cordiales, d’une curiosité mutuelle pour aller au-delà des apparences, au sein même des motivations et des passions qui animent tous ceux dont vous avez lu le parcours.

Certaines de ces entrevues ont entrainé des gains d’émotions, teintés d’humanisme, qui vont au-delà du simple rapport vendeur-client.

Dijon Design y a gagné une mascotte, l’ours Martial dont l’apport en réconfort vaut bien la douceur du poil.

Martial, boutique « Un ours en ville » 102 rue Monge

Une excellente année 2017 à ceux qui ont accepté de s’exposer à une plume quelquefois inattendue et à vous, lecteurs, qui appréciez de vagabonder en dehors des sentiers battus.

Une année qui s’annonce déjà particulière par les folles aventures d’un savon local nous faisant surfer à la poursuite du slip français, ce qui nécessitera très certainement une art therapy, via une exposition aux rudes éléments norvégiens et jusqu’aux mystères offerts de l’hôtel Rolin…

Dijon Design aime la fantaisie et les prédictions dignes de la Pythie, mais surtout vous dévoiler ce qui n’est pas évident, les lieux qui nécessitent une envie et un effort particulier afin de devenir à votre tour des initiés.

Continuons donc ce parcours : le vol 17 à destination de Dijon est annoncé !

Appuyez sur le bouton lecture pour vous envoler avec the Rah Band, Clouds across the Moon (Mystery Album – 1985)