La Cour Berbisey – 31 rue Berbisey

Dijon est une ville de mélanges, culturels, sociaux et gastronomiques (Kir & co).

Un assemblage héritage des siècles, dont la rue Berbisey est la parfaite artère, illustrative d’une irrépressible liberté festive au coeur d’un patrimoine au charme discret.

Les hôtels particuliers XVIIe et XVIIIe siècles s’alignent, se laissent deviner et gardent néanmoins leurs secrets derrière les hauts murs et les portes cochères.

L’une d’entre elles s’ouvre pourtant à la découverte sous la prestigieuse référence « Châteaux et Hôtels Collection« , une association d’hôteliers, présidée par le Chef trois étoiles Alain Ducasse, pour un condensé de lieux uniques.

Expérience, charme et beauté sont les maîtres-mots d’un séjour d’exception, dans un lieu feutré dès l’entrée dans La Cour Berbisey.

Vous êtes accueillis au sein d’une maison, au noble sens du mot, typiquement française par l’harmonie du confort, du goût et de cette originalité qui fait la personnalité.

Les meubles de style, les couleurs délicates, les tissus chatoyants, les objets et les tableaux, clins d’oeil à la ville, créent une atmosphère chaleureuse et apaisante.

Salon à partager pour famille recomposée

Tout l’attrait d’une résidence de famille et le confort des meilleurs hôtels : climatisation, wifi et piscine chauffée pour 11 mètres de longueurs dans les anciennes écuries.

Joie d’une brasse à votre arrivée pour ensuite rejoindre vos appartements, l’une des trois suites de standing, la suite junior ou la chambre simple, nids douillets surplombant une cour pavée et arborée qui donne son nom à un domaine au cachet indéniable.

Charme des poutres et coloris apaisants à l’évocation de la Provence
Clarté et sérénité au paysage breton

Point d’ancrage pour visiter Dijon en suivant les conseils des bibelots animaux croisés dans les salons et couloirs : dépassez les escargots, poursuivez la chouette au fil des rues, retrouvez l’ours de Pompon dans les jardins Darcy et plongez dans une mare fruitée avec L’Héritier-Guyot et sa grenouille fétiche.

Salon privé d’une suite gansée et boisée pour chasse à courre, passion du propriétaire

Retour des musées et de shopping pour délassement dans votre salon privé ou au sauna avant de faire la tournée des ducs aux grandes tables bourguignonnes jusqu’au bout de la nuit.

Au réveil, après un sommeil au calme berbisien, viennent les délicieux choix : douche ou bain, thé ou café ?

Modernité et atmosphère voie lactée pour détente en spa intime

Les salles d’eau proposent des alternatives pouvant aller aux remous, tandis que la salle à petit-déjeuner pousse le goût à un voyage local.

Classicisme raffiné et vues potagères de Dijon pour petit déjeuner en appétit patrimonial

Des chambres d’hôtes exclusives, agrément des passés conjugués à un présent dont l’idéal est de vous accorder une insoutenable légèreté de l’être.

Minini Fleuriste – 30 rue Chaudronnerie

Comment définir le luxe ?

Par la surenchère ? Par le « bling-bling » ? Par le tapage d’objets censés vous crédibiliser aux yeux des autres ?

L’argent ne répond qu’en partie à la définition et la facilité des logos n’apporte bien souvent que la lumière artificielle d’une époque qui privilégie le virtuel au détriment du naturel.

Et pourtant !

Le véritable luxe est souvent ce qui se laisse oublier, le savoir-faire d’exception devient l’évidence, l’élégance invite le paraître à révéler l’être, et la simplicité se révèle plus que jamais dans la maîtrise du geste d’artisans chevronnés.

Le luxe est un travail manuel de longue haleine pour acquérir et obtenir la perfection de l’instant.

Tous les métiers (Restauration, alimentation, mode, joaillerie, fonderie d’art, ébenisterie…) sont concernés par cette recherche de la qualité, couronnée tous les trois ans par le concours du Meilleur Ouvrier de France qui depuis 1924 allie le respect des traditions à l’innovation.

Avancer sans rien renier pourrait être la devise de ces lauréats de l’excellence.

Parmi eux, Isabelle Minini, reconnue par ses pairs en 1997 dans la catégorie « Art Floral ».

Une satisfaction et surtout le plaisir d’un métier qui n’a pas toujours la délicatesse de ses objets, les lourdes charges, les horaires matinaux et le froid, demandent une motivation extrême, à l’image des métiers de bouche, entre rigueur et témérité.

Une force qui s’explique par le soutien indéfectible de sa famille et particulièrement de son père, l’artiste Jean-Marc Minini, qui a tout fait pour lui garder cet équilibre essentiel, loin d’une aventure parisienne un moment envisagée.

Ce concours a été le remerciement à cette confiance filiale qui lui a permis d’ouvrir en 1986 la boutique « Fiorella » à Fontaine-lés-Dijon et il y a 17 ans celle actuelle, à Dijon, dans le quartier des antiquaires.

De cette confiance émerge la volonté de ne pas être simplement marchande de fleurs mais décoratrice florale dans toute sa technicité.

Un travail de l’éphémère qui trouve sa constance dans l’univers créatif paternel et dans cette campagne de l’enfance où les fleurs invitent à butiner le destin.

Des racines solides et le goût de l’aventure sans fioriture.

Ici vous ne trouverez pas de petits bouquets étriqués noyés d’accessoires, Isabelle prône l’éthique de la saisonnalité, de la fleur de jardin qui seule apporte l’émotion du moment.

Un goût de l’authenticité et de la matière qui lui permet de montrer son travail dans de nombreuses expositions internationales.

Son style inimitable transforme le bouquet en geste, dans le respect de la fragilité et du sens de la pousse, autant de facteurs qui peuvent transformer la fleur fraîche en tableau vivant.

Une démarche artistique inspirée du savoir-faire de ses « concurrents », des norvégiens, belges et allemands qui ne gardent que l’essentiel en travaillant le végétal avec respect, aux japonais et thaïlandais dont les structures de bout de bois transportent les fleurs en « Land Art« , une tendance de l’art contemporain où la nature devient objet et non plus simplement sujet.

Isabelle trouve en ces voyages l’équilibre de la liberté pour elle même et ses créations, de l’épure des paysages japonais à la fraîche forêt tropicale des landes écossaises révélant des sculptures de lichens.

Revenue à Dijon il faut lutter entre sa volonté de nouveauté et les exigences un peu trop sages de la clientèle, privée ou d’entreprise, pour qui les fleurs sont le luxe d’un instant.

C’est toute la difficulté d’offrir une exception éphémère à un événement dont seule une image perdurera même si l’émotion du moment n’a pas d’égale.

L’art floral propose un condensé de vie quand beaucoup voudraient voir l’éternité.

C’est pourquoi, de plus en plus, les fleurs fraîches laissent la place aux fleurs en tissus, dont certaines conçues par des fleuristes, d’une merveilleuse réalité.

Isabelle les traitent comme des sculptures, là où elle octroie aux fleurs fraîches le geste du peintre, les fleurs en tissus apportent de la profondeur, entre malléabilité nouvelle et fragilité apparente.

Elles se prêtent ainsi à toutes les fantaisies jusqu’à la réinterprétation des Grands Maîtres.

Challenge du temps, d’un mot et de la matière que le musée Magnin a lancé à Isabelle Minini pour son actuelle exposition « L’ordre de l’éphémère. Représentation de fleurs anciennes et contemporaines« .

Les fleurs modèles ne sont plus depuis longtemps, ne demeure que leur image arrivée jusqu’à nous depuis les ateliers des peintres néerlandais du XVIIe siècle et les salons bourgeois du XIXe.

En comparaison, c’est une oeuvre de l’instant, virevoltant bouquet au naturel, qui nous accueille. Appelée à durer cette composition fige l’éphémère tout en maintenant l’émotion.

Une touche de vie, de beauté et d’imagination inspirée, et non copiée, des oeuvres exposées.

Elle permet, entres autres, de préserver le geste d’une ouvrière de l’excellence, d’une artiste du présent, d’une coloriste innée, qui laisse respirer la nature pour la magnifier.


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Ma Belle Parfumerie – 6 rue Vauban – Trudon

1897, Jules Renard écrit dans son journal, en ce début  novembre :

« Notre intelligence, c’est une bougie en plein vent« .

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Spiritus Sancti – Illustration de Lawrence Mynott pour la maison Trudon

Cette flamme, toujours dansante, symbolise cette vivacité d’esprit qui anime les plus exigeants.

Et quand le quotidien nous oblige, trop souvent, à nous résigner, n’invitez pas chez vous une bougie parfumée qui enfonce la méche dans la médiocrité.

Respirez, vivez !

Ma Belle Parfumerie vous invite à sentir, chez vous, l’odeur de vos plus hautes aspirations, avec les bougies TRUDON, dont elle est la dépositrice exclusive en Bourgogne.

TRUDON éclaire l’Histoire de France depuis 1643.

Et vous pouvez illuminer votre histoire personnelle avec leurs chandelles, blanches ou colorées, en cire de haut degré de pureté, qui ne coulent pas et ne fument pas.

Et avec leurs cierges, aux teintes pastels ou électriques, ornés d’un camée doré aux profils Pompadour, ou Napoléon 1er, en souvenir de celui que l’Empereur commanda en 1811, chez TRUDON, à la naissance de son fils (L’Aiglon), orné de trois piéces d’or à son effigie.

Cette maison vénérable, par sa devise, « Deo regique laborant » – « Elles travaillent pour Dieu et le Roi« , rend hommage aux butineuses qui ont fait sa réputation, mais surtout à sa propre énergie de réinvention.

A une époque où la bougie n’est plus une nécessité mais un plaisir, et dans un monde où, désormais, le peuple est roi et l’image omniprésente, il fallait unir la qualité à l’originalité subtile.

Ainsi, depuis pratiquement dix ans, TRUDON s’est mis au parfum, à travers une collection de bougies aux senteurs souveraines, spirituelles ou aventuriéres, toujours inspirées, jamais effacées.

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Le réceptacle, comme un seau à champagne de verre, fabriqué artisanalement à Vinci, couleur sous-bois, s’ennoblit des armes de la maison ciriére à la ruche dorée.

Simple et efficace pour recevoir des senteurs dignes des plus grandes maisons de parfum.

En cela TRUDON a révolutionné l’univers de ces verrines odorantes, nées dans les années 1960, et généralement limitées à l’odeur d’une simple fleur.

En 2007, TRUDON s’inspire, dans ce milieu particulier, de l’esprit aventurier du parfumeur Ernest Beaux, créateur en 1921 du n°5 : « Je ne veux pas de rose, de muguet, je veux un parfum qui soit un composé« .

Une odeur fabriquée, sophistiquée, élaborée par des parfumeurs de renom, qui exploite plus l’esprit que l’évidence.

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Solis Rex, illustration de Lawrence Mynott pour la maison Trudon

Ainsi, Solis Rex, évoque les parquets cirés de Versailles illuminés par l’astre-roi, Byron, entraine dans une poétique harmonie boisée aux notes de Cognac, et Pondichéry, vous transporte au milieu d’un marché aux fleurs indien.

Laissez-vous transporter, dans l’espace et dans le temps, par ces effluves voyageuses, et par les illustrations qui les accompagnent.

Byron, illustration de Lawrence Mynott pour la maison Trudon

Oeuvres de Lawrence Mynott, illustrateur et portraitiste britannique, qui donnent, à ces bougies, une premiére image pleine d’esprit décalé :

Solix Rex s’éblouit lui-même, Byron se morfond d’inspiration sur son ordinateur portable et à Trianon, Marie Antoinette est coiffée d’une brioche… Les pamphlétaires ont la dent dure !

Il est donc temps d’allumer la mèche pour construire votre propre univers.

TRUDON se réinvente et la collection s’enrichit au fil des saisons.

L’été dernier nous étions invités à Cyrnos, la superbe villa, aux aromes méditérannéens, de l’Impératrice Eugénie, au Cap Martin. (Illustration en début d’article)

Une croisière olfactive déjà devenue un classique, agrumes et lavandes habillés du vert du thym et de la myrte.

Cette année, les beaux jours sont dédiés à la découverte de belles matières issues d’expéditions aux trésors dont le réceptacle se teinte du bleu des mers du sud.

Illustrations de Lawrence Mynott pour la maison Trudon

Tadine, est un hommage au santal découvert en 1840 sur l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie. Un bois épicé offert au bien-être du corps et de l’âme pour conjurer les angoisses entre pins maritimes et eaux translucides.

Maduraï, célèbre le jasmin, fleur d’Arabie que le duc de Toscane introduisit dans cette ville du sud de l’Inde en 1690. Un hommage de l’Occident à une cité dont la terre fut, selon la légende, bénie du nectar divin s’échappant de la chevelure du dieu Shiva.

Reggio, évoque les mandariniers d’Indochine débarqués en Calabre en 1828. Depuis, ces fruits riches en huiles essentielles se mêlent aux oliviers millénaires pour offrir à la Dolce Vita des paysages odorants dénués d’amertume.

Trois bougies voyageuses, qui donnent un surcroît d’exotisme aux douces soirées d’été.

Pour un usage plus intime Trudon propose des objets de désir, écrins précieux d’odeurs qui s’exhalent en beauté.

Tels des vaporisateurs à poire, dignes du boudoir d’une cocotte, qui glamourisent à merveille votre espace minimaliste.

Autre objet de frisson, le « Must have » à suivre : La promeneuse.

Dessinée par Pauline Deltour, diplomée des arts décoratifs de Paris, ce brûle-parfum, merveille de céramique, de laiton et de verre cannelé, est le réceptacle chauffant d’un camée de cire qui, au fil de la soirée, fond et parfume, délicatement, votre intérieur.

C’est à ce genre d’objet que l’on reconnait les maisons d’exception.

La cire éclaire, parfume et décore, de quoi orner votre salon de bustes prestigieux.

Des classiques de la sculpture : Louise et Alexandre de Jean-Antoine Houdon, La Révolte de Carpeaux, ainsi que des personnages historiques, comme Benjamin Franklin, Napoléon, Marie-Antoinette et le nouveau venu, magnifique en bleu marine, Louis XIV, dominant son monde dans cette Belle Parfumerie.

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Allez-y pour les conseils avisés de Caroline, mais surtout pour ne pas vous tromper, c’est bien connu, les goûts et les odeurs ça ne se discute pas.

Aussi venez, sentez, misez, et profitez, chez vous, en toute tranquilité, d’un univers éthique au service de votre bien être.


A noter deux bougies parfumées en accord avec deux événements dijonnais qui demandent à être mis au parfum avant tout choix contradictoire ou complémentaire :

Odalisque – « Eclat solaire des agrumes qui jaillit comme une lame d’acier dans l’ombre soyeuse de la vanille »

Odalisque, illustration de Lawrence Mynott pour la maison Trudon

Avant-goût d’une scène de plaisir évoquée par les livres des collections patrimoniales de la bibliothèque de Dijon.

Amour, seXes et volupté du XVIIIe siècle à nos jours dans l’univers léché des gravures libertines, cartes postales kitsch, livres d’artistes, curiosa, Enfer et autres merveilles du fonds gourmand…

A découvrir, entres autres surprises érotiques, jusqu’au 1er juillet, rue de l’école de Droit.

Carmélite – « Une évocation de la paix de l’âme et de la nuit des temps »

Le 16 octobre dernier a vu la canonisation, par le Pape François, d’Elisabeth de la Trinité, du Carmel de Dijon, dont les reliques sont conservées en l’église St-Michel.

Le Consortium – 37 rue de Longvic – Exposition « Truchement »

1977 a vu l’art contemporain exploser à la face d’une France giscardienne peu encline aux changements esthétiques.

Beaubourg, voulu dès 1969 par un président de la République en phase avec les créations de son époque, est à la fois un centre polyculturel, un défi lancé par l’exécutif à l’académisme des institutions culturelles d’Etat et une réponse éclairée aux événements de mai-juin 1968.

Quarante ans après son inauguration en tant que centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, son architecture « industrielle » due à Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini étonne toujours et attire plus de trois millions de visiteurs par an, entre la première collection d’art contemporain et actuel d’Europe (La deuxième au Monde après le MoMA de New-York), les galeries d’expositions temporaires, les salles de spectacle et de cinéma et la première bibliothèque publique de lecture en Europe.

Une influence sur les créations artistiques récentes et se faisant qui a amené à créer une antenne décentralisée à Metz, une annexe, Centre Pompidou provisoire, à Malaga (Andalousie) et à collaborer avec la région de Bruxelles-Capitale pour élaborer un nouveau centre dès 2020.

Centre Pompidou à Malaga

Occasions multipliées de montrer au public sa collection d’environ 120 000 oeuvres dont seules 10% sont actuellement visibles.

L’anniversaire participe de cette ouverture d’esprit qui en 40 villes de Province et de Martinique célèbre une réussite française à l’internationale.

Les spectacles vivants, retrospectives  cinématographiques, performances et expositions sont autant de bougies éclairantes de cette pièce montée créative.

Rodez accueille Soulages, la Piscine de Roubaix se fait l’éloge de la couleur comme outil de construction de l’environnement, Tours déclare « Düsseldorf, mon amour » et Chambord plonge en aventure du regard… (Programme complet)

A Dijon la part de gâteau est double puisque 40 bougies célèbrent aussi l’évolution d’une association alternative, le Coin du Miroir, entre contre-pouvoir et lieu de parole indépendant, en Centre d’Art reconnu et respecté : Le Consortium.

Ancienne usine L’Héritier Guyot à l’architecture post-Bauhaus

1977-2017 : Plus de 230 expositions in situ, 90 expositions hors les murs dans 21 pays, une collection de 300 oeuvres d’artistes internationaux et toujours cette volonté d’enrichir le patrimoine public en matière d’oeuvres contemporaines puisqu’une partie de la collection est en cours de donations à la ville de Dijon, par le biais du Musée des beaux-arts.

Un double anniversaire entre deux centres d’art contemporain dont la différence d’échelle ne fait pas oublier le langage commun.

L’exposition « Truchement » présente des oeuvres dont l’histoire leur est commune, un album de famille dont la mémoire se nourrit de gestes créateurs et expressifs.

Il s’agit surtout de trilogues, entre les deux institutions et l’artiste, entre découverte, exposition et achat, ces oeuvres participent d’une démarche triangulaire dont le public est le grand bénéficiaire.

L’exemple parfait de cette alliance des trois temps, passé, présent et futur, est l’installation de On Kawara, premier artiste japonais qui a su donné à la pensée de son pays une forme contemporaine et productive pour l’Occident, ses date paintings se lient à une sculpture d’Alberto Giacometti (Femme debout II, 1959-1960) qui appartient au Centre Pompidou.

Ces dates peintes d’On Kawara étend le présent (La date correspond au jour de sa réalisation) au passé (Par la technique d’apprentissage et de réflexion nécessaire pour arriver au présent) et au futur (Nous, observant ce présent figé par une date).

Le parallèle avec la sculpture de Giacometti renforce cette alliance des temps puisque elle indique le mouvement comme présent intemporel, émergé d’un passé pour aller de l’avant.

Cet espace temps nous renvoie à la première confrontation de ces oeuvres, au Consortium en 1990, comme un retour vers le futur qui jamais ne passe.

Le Consortium a d’ailleurs commandé à Yan Pei-Ming, grand artiste chinois basé à Dijon, le portrait de ces deux artistes liés cette fois dans la même technique, entre médium photographique et gestuelle du peintre.

Dans la même idée « Polombe » de Franck Stella emprunte le nom d’une cité imaginaire tirée d’un ouvrage du XIVe siècle (Les Voyages de sir John Mandeville) pour une oeuvre au traitement informatique qui donne à un espace plan l’imaginaire de la 3D par illusion optique.

Charles de Meaux dont la société de production Anna Sanders Films compte entres autres comme membres les directeurs du Consortium a créé en 2014, pour le Forum -1 du Centre Pompidou, un Train Fantôme ou le temps se limite à la flânerie.

Cliquez pour un voyage dans Le Train Fantôme de Charles de Meaux

Ce tunnel, évoque les tuyaux caractéristiques de Beaubourg et un passage vers l’inconnu pavé d’images qui défilent, entre paysages et scènes de films, pour mieux nous faire oublier les heures d’un voyage à la fois infini et fugitif.

Quand Franck Gautherot et Xavier Douroux, directeurs du Consortium, invitent le sculpteur César aux Ecuries Saint-Hugues à Cluny en 1996, ils lui conseillent d’éditer une série de Compressions qui seront parmi ses dernières oeuvres, les premières exposées après sa disparition.

Des Compressions liftées, maquillées de couleurs de fard à paupières, rose, vert, or, dont le seul ornement est l’alliance de la signature de l’artiste et d’une date, année de sa disparition, comme une couche de vernis qui finit une carrière brute. (Image à la une et ci-dessous)

Le temps, une date, un poème, un voyage, une année, la confrontation d’images « modernes » projetées par un projecteur 35 mm des années 60 dans l’installation « Rheinmetall/Victoria 8 » de Rodney Graham, dont les oeuvres exposées cet automne-hiver (ici) faisaient déjà référence aux interactions temporelles et stylistiques.

En un mot cette exposition est « Archives » pour le Consortium, les alliances avec le Centre Pompidou, les relations intimes avec les artistes, les grands messages visuels à la reflexion innée.

On en sort des merveilles plein la tête, l’esprit crépitant jusqu’à s’interroger sur son parcours personnel, sur ses réalisations, son passé, son présent et son avenir…

Heureusement quelques salles du rez de chaussée exposent la réponse aux questionnements pas toujours flatteurs.

« Preview » d’Alan Belcher multiplie l’icône JPEG en céramiques format A4, comme autant de possibilités d’images à créer, à sauvegarder, à crasher pour se réinventer et croire toujours à la création future pour les 40 années à venir.


Expositions « Truchement » et « Alan Belcher – Preview » jusqu’au 03 septembre du mercredi au dimanche de 14h à 18h et le vendredi de 14h à 20h.

Visites commentées gratuites les premiers jeudis de chaque mois à 12h30, tous les vendredis à 18h30 et les samedis et dimanches à 16h.

Renseignements : 03.80.68.45.55

Un ours en ville – 102 rue Monge

Dijon, à défaut de posséder un parc zoologique, est une ville animalière.

Les béliers se portent en collier, les chouettes guident les touristes et la silhouette d’un ours se dessine, graphée sur les murs, élégante dans les vitrines et racée à l’entrée du jardin Darcy.

Icône de l’art animalier, l’Ours blanc de François Pompon, tailleur de pierre puis sculpteur originaire de Saulieu, est désormais un emblême de la ville.

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François Pompon, Ours blanc, 1923-1933, Pierre, H. 1.63 m ; L. 2.51 m ; P. 0.9 m, Musée d’Orsay

Un ours citadin qui nous entraine jusqu’à l’enseigne de cette boutique de la rue Monge dédiée aux ursidés de tous poils.

Un paradis pour les arctophiles, ces collectionneurs, adultes, d’ours en peluche, qui retrouvent dans ce jouet douillet le gardien des souvenirs heureux.

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Inventé en Allemagne, en 1902, par l’entreprise Steiff, il gagne l’année suivante son surnom de « Teddy Bear », hommage singulier au grand chasseur qu’était le président américain Théodore Roosevelt.

Son succés tient surtout à sa nature.

L’ours en peluche est plus qu’un jouet, c’est un ami de l’enfance, un compagnon protecteur, et protégé, que l’on ne veut pas laisser s’échapper, au risque de se perdre dans un monde que la rumeur populaire dit être très éloigné du « Pays des bisounours« .

Aussi dans cet atelier-boutique un brin rétro, les meubles anciens sont patinés, un landau, années 50, accueille des pensionnaires et les ours vous tendent les bras afin de vous faire oublier vos soucis quotidiens.

Christelle en est la montreuse, créatrice, habilleuse et amoureuse de ces personnages à parts entières, répondant aux noms de Léon, Almyre ou Désiré, habillés selon leur fonction, de maître d’école ou de future épousée, ou selon les heures de la journée, de manteaux ou d’un bonnet de nuit.

Une vie sociale active, doublée d’un profil de vedette, qui depuis 15 ans les voit dessinés au fusain par Paulette Renaud dans des mises en scène de saison.

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Paulette Renaud, Oursonne bergére, fusain

Ainsi en septembre dernier a t-elle tiré le portrait des oursons écoliers…

Un univers, des histoires…, autant de créations de la vie.

Mais toute existence à une origine.

Pour Christelle c’est par les moments passés auprès de sa grand-mère, à coudre, à broder, et à apprendre le beau dans les règles de l’art, que sa passion est née.

Et même si le destin en a, d’abord, décidé autrement, le système éducatif français réservant l’apprentissage technique aux éléves les moins assidus, l’envie a été la plus forte.

Depuis plus de 20 ans elle en a fait son métier.

D’abord au fil des expositions, en France, comme au musée du jouet d’Uzès, mais aussi en Europe : Belgique, Pays-Bas et surtout l’Angleterre, terre chérie des Teddy Bear.

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Le savoir-faire d’exception de Christelle a fait sa renommée outre-manche aprés la publication d’un article dans un magazine spécialisé dans les ours de collection.

Sa clientéle reste toujours, en partie, britannique, à l’image de ce couple trés british qui possède plus d’un millier d’ursidés chez eux.

Néanmoins aprés plusieurs tours d’Europe l’envie de revenir à Dijon a été la plus forte.

Sans compter que la Bourgogne compte beaucoup d’expatriés britanniques.

Aussi depuis trois ans l’atelier-boutique accueille, à demeure, les amateurs de Bears et amoureux de l’artisanat.

Loin des peluches hydrocarburées, nous retrouvons ici le savoir faire et la qualité des premiers producteurs d’ours en peluche, Steiff mais aussi Michtom, premier fabricant, en 1903, d’ours articulés en mohair.

Une matiére noble et naturelle, qu’utilise Christelle pour ses réalisations, issue des chévres angora.

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Mohair tissé sur une trame par des entreprises spécialisées, principalement allemandes, mais aussi anglaises ou australiennes.

Fourrure de mohair, dessous de pattes en cachemire, yeux en verre, garnissage de ouate de coton, voir dans certains cas, de paille de bois.

La qualité essentielle pour de vrais sensations.

Une base solide pour des créations intemporelles.

Ici, l’inspiration n’est jamais loin de la tradition :

Chaque ours nécessite un véritablement cheminement créatif, du croquis à la réalisation manuelle (Une dizaine d’heures pour un ourson de 30 cm), même si la proportion des membres reste fidéle à l’esprit premier de l’ours en peluche.

Ainsi le rembourrage ferme, contrairement à ce qu’on trouve dans l’industrie, donne l’assise, le corps de l’ours, tandis qu’un système de goupilles et de rondelles permet d’articuler la tête et les pattes.

De même, les couleurs sont naturelles, beige, chocolat, blanc, roux, à base de pigments, principalement des ocres.

Les vêtements sont taillés dans des toiles anciennes, ou tricotés, dans des teintes se rapprochant de celle des fourrures.

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Enfin, le nez est brodé et les yeux, en verre comme à l’origine, permettent un reflet incomparable de la lumiére, générateur d’âme.

Néanmoins, chaque ours est unique, par sa tenue, son allure, mais aussi son attitude, presque charmeuse qui vous incite à l’inviter chez vous.

(Lors de ma visite Martial, l’intello, ne m’a pas laissé indifférent…)

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A supposer que vous ne trouviez pas votre bonheur en boutique, toutes vos envies, ou presques, sont réalisables, jusqu’à des ours de 120 cm, dont Christelle est spécialiste.

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Si la fibre créatrice vous titille, vous trouverez votre bonheur avec l’Ours en Kit.

Une boite composée d’un livret de création, de la fourrure mohair, des dessous de pattes, des yeux, des articulations et d’une photographie de la peluche finie.

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Une activité qui enrichit votre temps libre, vos pratiques créatives, et votre vocabulaire : Ne cousez plus, ne brodez plus, Ursidez !

Enfin, pour ceux qui ne manient pas l’aiguille et qui veulent néanmoins sauvegarder leur patrimoine émotionnel, vous pouvez faire appel à « Nounours en péril« .

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Une véritable clinique des peluches en détresse, pour soigner les articulations rouillées, la perte de rembourrage et les accidents de nettoyage. (Pas de pressing SVP !)

Un Ours en Ville c’est avant tout un ours à vie !

De la joie d’une naissance au cadeau artisanal, inter-générationnel, loin du jetable.

D’une réparation de la derniére chance aux retrouvailles, l’arme à l’oeil, de votre enfance.

Du simple sourire en regardant la vitrine à l’adoption de celui qui jamais ne vous quittera.

un-ours-en-ville-pensee-du-jourFournissez-vous dans l’atelier-boutique ou ici.


Depuis le début de l’année les Teddy Bears avides de miel ont invité des créatures à la taille de guêpe, les poupées Petitcolin, décorées à la main, élargissent le champ de la nostalgie et s’assortissent par leurs tenues, confectionnées par Christelle, à leurs camarades de tous poils…

… puisque en ce temps pascal les lapins font leur apparition dans la boutique.

Aussi mignons que les ursidés, ils regagneront bientôt leur terrier aussi n’hésitez pas à les poursuivre, telle Alice, pour découvrir ce pays des merveilles.

Musée Magnin – 4 rue des Bons Enfants – Exposition L’ordre de l’éphémère

Le printemps s’installe et avec lui, pour la plupart d’entre nous, la bonne humeur, la joie, le désir de faire et d’aimer, parallèle instinctif avec la nature renaissante.

Les jardins bourgeonnent et les musées fleurissent tel le Musée Magnin qui décide le temps de la saison (Depuis le 21 mars jusqu’au 18 juin) de nous conter fleurette, des tableaux d’apparat aux huiles intimes, des objets d’étude aux techniques modernes qui fleurent bon le renouveau.

Une histoire d’amour vieille comme le monde et peut être trop évidente pour que l’Art l’ait souvent considéré comme un objet majeur de représentation et d’affirmation du talent d’un artiste.

Jusqu’au XIXe siècle la nature morte était au bas de l’échelle des arts, loin derrière le portrait et la peinture d’Histoire, les fleurs cantonnées aux sujets gentillets de jeunes filles miroirs et aux peintures religieuses en tant que symbole de la beauté du monde.

Jeanne Magnin (1855-1937), Bouquet d’oeillets dans un pichet de porcelaine, huile sur papier marouflé sur carton, H. 36 L. 26 cm, Dijon, Musée Magnin

Leur côté cyclique les éloignent de l’originalité que la peinture moderne ne cesse de rechercher, de la lumière des impressionnistes aux facettes du cubisme jusqu’au monochromisme, abstraction arbitraire qui pousse l’artiste à s’extraire du réel.

Cette exposition insiste sur ces disparités pour mieux les analyser et c’est quatre siècles de fleurs immortelles qui ornent les murs d’un salon du musée éclairé par la verrière d’Auguste Perret, père d’une modernité bétonnée.

Le contraste est constant et apporte à ce rare accrochage la question de l’attention de chaque époque au détail, à la nature et au temps, principes essentiels à la vie et pourtant marqueurs de nettes différences.

Les tableaux les plus anciens présentées expriment tout le talent des peintres néerlandais du XVIIe siècle, comme ces « Fleurs dans un grand vase d’orfévrerie » attribué tout récemment à Abraham Brueghel, cadet d’une grande dynastie de peintres qui très vite a décidé de vivre en Italie, Rome puis Naples, pour se consacrer à la peinture de fleurs.

Huile sur toile, Dijon, Musée des Beaux-Arts

Ce bouquet multiplie les détails naturalistes, du bouton à la goutte de rosée, comme autant de portraits de Cour, de la rose, marquise délicate, à la tulipe, reine incontestée d’une époque où la rareté fugace n’avait pas de prix.

Alors aux Pays-Bas les bulbes de ces fleurs atteignaient des prix exorbitants, dépassant souvent la valeur d’une maison cossue.

Abraham Brueghel apporte ainsi à cette nature morte une noblesse digne de sa valeur marchande, par la délicatesse de traitement et par les dimensions majeures du tableau (H. 156,5 L. 105 cm).

Une économie liée à l’éphémère, telle est l’une des étapes singulière de cette histoire peinte des fleurs que le musée Magnin éclaire de sa finesse de perspective et de ses trouvailles pour une analyse originale de sujets a priori simplistes.

L’exposition reste fidèle à l’esprit de la fratrie Magnin qui voulait par sa collection donner un aperçu des différentes étapes de la peinture, dans une évolution chronologique, fil conducteur qui méne aux tableaux d’un artiste dijonnais contemporain.

Pour se faire nous passons des extravagances hollandaises du XVIIe siècle aux délicats bouquets pastels d’artistes français du XVIIIe siècle, malheureusement souvent anonymes, en passant par les gentilles huiles sur carton de Jeanne Magnin, archétype de l’éducation compléte, si ce n’est du talent, d’une jeune fille de bonne famille du XIXe siècle.

Autant d’étapes qui nous entraîne vers les fleurs modèles, sujets de dessins artistiques ou industriels, à partir de photographies comme celles de Charles Aubry (1811-1877 / Collection du musée d’Orsay), dont les arrangements  floraux aux compositions complexes sont autant de sujets d’ombre et de lumière pour modèles de tissus ou de tapisseries.

Un art appliqué qui bien vite va s’inspirer des impressionnistes qui travaillent à l’extérieur, d’après nature, l’occasion de voir la fleur telle qu’elle veut se montrer et telle qu’on peut la voir.

Le XIXe siècle avide de sciences offre aux élèves botanistes des représentations géantes des fleurs dont chaque élément peut être démonté et analysé. L’Université de Bourgogne conserve quelques uns de ces modèles d’étude en matériaux divers dus à Robert et Reinhold Brendel (Père et Fils).

Aconitum napellus & Dianthus carypophyllus, H. 40 cm

Ces maquettes et arrangements photographiques multiplient la vision de l’évidence pour mieux la réinventer et devient le jalon idéal entre l’art de représentation tel qu’on peut le voir jusqu’au XIXe siècle à l’art de réinterprétation, source nouvelle d’inspiration tel que l’artiste Didier Dessus nous en fait la démonstration.

Cet artiste dijonnais apprécie particulièrement de travailler les sujets en séries, que ce soit les cabanes exposées il y a quelques temps à l’Hôtel Bouchu d’Esterno ou comme ici les fleurs, pivoine, pavot et chrysanthème.

Bon nombre de peintres abstraits, comme Mondrian ou Malevitch, ont été à leur début des peintres de fleurs, signe que l’on apprend de la nature pour mieux la conceptualiser.

Ainsi Didier Dessus perçoit dans les fleurs le cycle de la vie, des pivoines qui préparent leur reproduction, écho à une certaine renaissance ou réensemencement, qu’il compare à la peinture monochrome, vu comme un moment dernier à moins qu’il ne soit le premier ?

En cela il lie le moderne et l’ancien par ces fleurs à l’image retravaillée à l’aide d’un logiciel graphique pour en effacer des lambeaux qui laissent place à un fond monochrome gris-bleu.

Pivoine, huile et acrylique sur toile, H. 120 L. 120 cm

Il restitue ensuite par le dessin puis la peinture ces fleurs déchiquetées sur le fond coloré qui font émerger des morceaux de paysages aux formes fragmentées et ambiguës où chacun peut voir son inconscient.

Une exposition comme un bucolique voyage dans le temps et la technique qui fait perdurer l’art de la peinture dans ce qu’elle reflète de chaque époque.


« L’ordre de l’éphémère. Représentations de fleurs anciennes et contemporaines » Exposition-Dossier jusqu’au 18 juin au Musée national Magnin,       4 rue des Bons Enfants.

03.80.67.11.10


Illustration en tête d’article : Jan van den Hecke le vieux (1620-1684), Fleurs dans un vase de verre, huile sur bois, Dijon, Musée Magnin.