Opéra en fêtes – 11 boulevard de Verdun

Ces temps de fêtes sont propices aux sorties familiales, aux traditions et au divertissement.

Trois éléments réunis dans les deux spectacles de fin d’année de l’Opéra de Dijon.

N’hésitez plus, poussez la porte d’une institution qui peut encore impressionner même si elle offre toutes les conditions de satisfaction inter-générationnelle.

LA VERITABLE HISTOIRE DE CASSE-NOISETTE

Le spectacle de Noël par excellence d’après le livret d’Alexandre Dumas et la musique de Tchaïkovski interprétée par l’Orchestre Dijon Bourgogne sous la direction de Gergely Madaras.

Une histoire à se transmettre pour frissonner devant les manoeuvres sournoises du roi des souris et rêver devant le destin exceptionnel de Nathaniel transformé en pantin de bois, casse-noisette, par le rongeur assoiffé de vengeance.

Un moment nostalgique remis au goût du jour avec pour la première fois, à l’Opéra de Dijon, une expérience transmédia mêlant spectacle vivant et application numérique.

Une appli imaginée par la musicologue et médiatrice Géraldine Aliberti et offerte au public du 13 au 16 décembre afin d’accéder à des clés de lecture et d’écoute avant le spectacle.

Une occasion unique d’allier le noël d’antan et la magie des arts de la scène à un objet numérique autonome relié au spectacle pour une compréhension accrue et l’opportunité de faire vivre l’oeuvre au delà des limites de la salle, par des jeux sonores et musicaux, des titres du ballet et une histoire interactive à transposer dans son quotidien.

LES CONTES D’HOFFMANN

Autre classique de fin d’année remis au goût des nouvelles technologies et sensibilités artistiques, les Contes d’Hoffmann, chef-d’oeuvre d’Offenbach, prend un tour tragique par l’énoncé du sous-titre : « Laissez-moi hurler et gémir et ramper comme une bête« .

Dans sa chambre d’hôtel la cantatrice Stella s’apprête à rejoindre la scène où elle doit interpréter le rôle de Donna Anna du « Don Giovanni » de Mozart.

Une dispute a lieu avec son amant, le poète Hoffmann, dont l’égo artistique a du mal à supporter le succès de sa maîtresse.

Elle lui pardonne par un petit mot, subtilisé par l’agent artistique de la cantatrice qui voit d’un mauvais oeil cette relation inégale.

Hoffmann dans le doute et sous les effets conjugués de l’alcool, de la dépression et du délire poétique, commence alors à sombrer dans un univers irréel dans lequel sa maitresse prend tour à tour l’aspect de trois femmes : Olympia, l’automate qui s’effraye de se sentir humaine, Antonia, l’amoureuse qui meurt de chanter, et Giulietta, diva légère et perverse qui cherche à lui voler son reflet…

Une théâtralité à prendre à bras le corps par tous les metteurs en scénes qui s’y sont essayés avec plus ou moins de succès.

Ici, le parti pris de Mikaël Serre est de considérer que notre époque est d’un duel trouble, où le réel et la vérité n’ont plus d’importance face à nos personnalités à la fois mécaniques et virtuelles.

Ce qui était étrange, glaçant, loufoque, impossible ou absurde au XIXe siècle est aujourd’hui de l’ordre du possible, du futur proche, voire du présent.

Ainsi se mélange le théâtre, la vidéo et les créations sonores pour une expérience qui ne fait que refléter notre quotidien… A disséquer et déguster du 14 au 23 décembre.

Deux spectacles entre tradition et réflection, voir réflexion de notre façon d’être et d’assimiler la fiction d’hier pour construire aujourd’hui.


Opéra de Dijon – 03.80.48.82.82 – http://www.opera-dijon.fr/

Destin d’une brindille – 13 rue Alphonse Legros

Pollution, klaxons, empressement et violence plus ou moins sous-jacente sont le quotidien des villes où le peu de temps gagné par l’incivilité fait perdre l’essentiel…

Un monde de nature, de culture aux racines de nos origines qu’il faut sauvegarder pour ne pas s’oublier à jamais dans le rythme implacable d’une évolution à marche forcée qui n’apporte pas toujours la félicité.

Aussi, quelquefois, pousser une porte vous entraîne dans un monde parallèle ou l’important n’est pas d’avoir mais d’imaginer, de pénétrer dans un univers magique ou les cueillettes immémorables donnent corps aux contes de l’enfance et à ceux que certaines fées modernes inventent encore et toujours…

DESTIN D’UNE BRINDILLE

Estelle au destin tout tracé par ses parents inquiets de l’avenir, ne voyait dans le droit qu’une géométrie implacable où les sentiers battus immuables ne se trouvent entourés que d’angles affutés, gardes sans folie des âmes rêveuses.

Pourtant, un jour, le long d’une avenue à la rigueur hausmanienne, dans cet univers mineralo-bitumeux, une minuscule pensée blanche attira l’attention de notre héroïne.

Cette fleur était le symbole d’une vie, certes fragile, mais assez forte pour s’imposer dans un environnement a priori hostile.

Une leçon majeure de volonté afin d’échapper à cette règle implacable : L’ordre est d’or et l’épanouissement manque d’argent !

Pourtant ! Pourtant, quoi de plus important ? Réussir véritablement ne serait-il pas réussir son retour aux sources ? Appréhender sa vie en passion, en savoir-faire, en conscience manuelle, intellectualisme du geste ?

Tout quitter pour les forêts de Pontarlier, respirer, s’inspirer, imaginer au milieu des sapins aux souvenirs enfantins et de certains feuillus dont les branches fiérement dressées abandonnent quelquefois un peu d’eux-même au service des fées.

Ne rien arracher, ne rien couper, simplement récolter et c’est ainsi qu’Estelle découvre une brindille au destin singulier :

Dernière née d’un père plus que centenaire, c’est lors d’une tempête d’hiver qu’elle se décida à se détacher de la sève familiale, trop rigide et tortueuse pour une brindille dans l’air du temps…

… s’offrant tour à tour au mistral, tramontane, sirocco, libeccio, autant et levant, elle atterrit voici 50 ans en couverture des magazines, silhouette longiligne et triste mine du Swinging London, pour encore s’échapper, s’envoler et enfin revenir, desséchée auprès de ses parents.

Tout était dit jusqu’à cette rencontre fortuite lors d’une chasse végétale : baies, fruits défendus, mousses, lichens, lierre, pommes de pins, peau de bouleau et fleurs pétrifiées d’être desséchées… immortelles.

Une fois dans l’atelier, Estelle scie, soude et structure sa récolte nature, sublimant ce que beaucoup voyaient comme insignifiant.

Naissent alors cages à oiseaux, princesses, bracelets et couronnes d’ingénues, jardins de souvenirs, vitrines enchantées et compositions variées pour hôtels distingués, grands horlogers, banquets et jeunes mariés.

Une sortie de route salvatrice en chemins de traverse inspirant une autre façon d’appréhender le monde dont Estelle diffuse par une série d’ateliers la simplicité des éléments et la beauté du geste.

Une thérapie de l’art originel qu’elle a exportée jusqu’au Japon et un goût de faire par soi-même dont les petits secrets seront bientôt dévoilés dans un livre à sortir en avril prochain.

Une atmosphère à part où l’humain renoue avec la nature, comme Estelle et la brindille, dans une métamorphose avide de liberté, union parfaite, intime communion, qui invite à vous demander : Dis-je on ?


Estelle Meunier, végétal designer : http://www.destin-brindille.com

Noël : Réveiller l’inattendu !

Angliciser l’accroche d’un commerce généralisé auprès d’un public qui parle, le plus souvent, uniquement le français, peut faire perdre l’étoile d’un rêve, réduite à un astérisque qui traduit à son juste niveau cette offre banalisée.

A un mois de Noël il est grand temps de découvrir ce que vous n’attendiez plus : Du charme, de l’authenticité, de l’originalité, des saveurs inédites, le peps d’une vie pas plus chère mais bien plus relevée.

Un concept éternel remis au goût du jour par quelques boutiques de bouche.

Comme la dernière née, « Chez mes soeurs » (18 avenue de la Concorde et ici), une entreprise et une atmosphère familiale pour une restauration simple, saine et nomade, issue de l’agriculture biologique ou raisonnée locale.

Instagram chezmessoeurs

Un commerce de quartier, petit, donc chaleureux, où les sandwichs bien garnis et colorés voisinent avec les soupes maison et le déjà fameux gâteau à la carotte à savourer avec un café équitable et un bon bouquin à trouver sur place et à emporter en échange de l’une de vos lectures passées.

Un concept qui revient à l’essentiel des rapport humains, commerce régulier de convivialité.

Un idéal à partager en soirée par l’art de l’apéritif gourmet concocté par Marc Ogé (ici) : Maxi club sandwich, macaron foie gras, burger Saint Jacques-Cèpes ou Morteau-Betterave-Epoisses…

Instagram marcogelartdelaperitif

Du naturel, bon et beau pour un verre entre amis à poursuivre jusqu’au dîner avec désormais des plats à emporter et à partager afin d’éloigner l’inexorable moment de se quitter…

Car le Français se lie autant par la langue que par les papilles, en un rapprochement qui ne déteste rien tant que la banalité.

D’où la nécessité d’une diversité de langages tour à tour sucrés, piquants, croquants, désarmants… A dénicher chez Grain de Cassis (ici), une épicerie fine aux tentations multiples, justements dosées en sensations fortes…

Instagram graindecassis

Du caviar de poche aux bonbons de chardonnay et de riesling, en passant par les rillettes de boeuf, le fondant Baulois ou la fondue de poireau au chévre.

Tout est possible, tout est dégustable.

De la boutique des plaisirs à l’assiette gastronomique il n’y a qu’une fourchette afin de savourer la grande cuisine bourguignonne de la maison Bernard Loiseau (ici), qui une fois de plus nous surprend agréablement en ces temps de fête par une bûche justement fraîche et inattendue.

Instagram bernardloiseau

Un accord cassis-yuzu, local-nippon, dans une architecture savoureuse qui évoque le toit végétalisé du spa de la villa Loiseau des Sens de Saulieu, un an après le clin d’oeil aux toitures traditionnelles de Bourgogne (ici).

Autant d’hommages au goût par le savoir faire d’artisans qui oeuvrent aussi à garnir les sapins, chaussettes et paquets enrubannés de leurs créations d’exception.

Pour les enfants d’abord, avec les doudous et costumes de contes de fée de la boutique « Les petites graines » (ici), un mixage réussi d’atelier ludiques et intelligents et de produits de qualité, comme les laines et cachemires de la marque Collégien, les lotions Minois ou les langes et gigoteuses Lebôme, en coton bio…

Instagram lespetitesgraines

Un choix éclairé et juste qui a permis à ce magasin sympathique et dynamique de s’agrandir en un « Et caetera » qui n’a rien de superflu.

En dehors des boutiques qui ont pignon sur rue, Noël est l’occasion de rencontres et de trouvailles lors des marchés artisanaux qui fleurissent ici et là.

Au détour d’un chalet de bois vous pourrez peut-être fondre devant les créatures de Lilette création (Instagram : lilettecreation), une couturière imaginative qui fabrique des objets en tissu pour les enfants et la maison…

Des ribambelles de baleines, de lapins doudous, de cœurs de lin et de chanvre cousus d’or et d’argent, de poissons de noël aux reflets précieux… Une faune qui donne envie même aux grands enfants.

Instagram lilettecreation

Un exemple parmi tant d’autres du savoir-faire de proximité, de créateur à succombeur.

Aussi ne loupez pas ces occasions presque uniques :

Boutique éphémère « Sur un fil » du 1er au 8 décembre, rue Auguste Comte, de multiples exposants dont la savonnerie Amoa (ici).

Cadeaux originaux et artisanat graphique du 5 au 24 décembre à la galerie Notre Dame, 3 rue Musette, avec entres autres les créations des Hauts Graphismes.

Le Marché de Noël de l’Atelier Petula Green (ici), 69 rue Monge, le 9 décembre de 10h à 19h, avec de nombreux créateurs dijonnais.

Le Christmas Market de Sunday Market (ici), du 16 décembre à 14h au 17 décembre à 18h, Salle de la Coupole, 1 rue Sainte Anne, avec des créateurs bourguignons et lyonnais qui font les joies de la boutique en ligne Etsy.

Le marché de Noël des produits fermiers dans les Jardins du Département, 53bis rue de la préfecture, jeudi 7 décembre de 14h à 21h et vendredi 8 décembre de 10h à 21h. Filières locales côte-d’orienne, animations et illumination des jardins.

Sans oublier le marché de Noël de la ville de Dijon, du 2 décembre au 7 janvier, entre la rue de la liberté, la place Darcy, la place de la libération et celle de la République.

De bonnes trouvailles artisanales au milieu d’objets Made in China qui invitent à se méfier de l’évidence et à privilégier les contacts directs, chaleur d’une saison de fêtes tant attendue.


Illustration de tête : Décorations artisanales de Berthine Marceau, ici.

Musée Magnin – Exposition « Exquises Esquisses » – 4 rue des Bons Enfants

« Exquise esquisse. Délicieuse enfant. (…) Oh mon bébé mon âme » (Serge Gainsbourg – Lemon Incest – 1984)

Une accroche populaire pour la nouvelle exposition du Musée Magnin, aux origines de la création : « Exquises Esquisses – Du projet à la réalisation« .

Ambivalence harmonique et ébauche du fini, l’esquisse apparaît chez les peintres vénitiens de la Renaissance comme une notation générale de la composition avant de devenir une règle, un passage essentiel à partir du deuxième tiers du XVIIIe siècle, époque où le sensible se doit de répondre à la raison.

Le Christ soutenu par deux anges, 2de moitié du XIXe siècle

L’amateur d’art veut suivre le processus d’élaboration, l’idée en mouvement, l’imagination au pouvoir avant d’admirer l’oeuvre finie, symbole de perfection.

Le XIXe siècle va croissant dans la perception des qualités propres de l’artiste, dans ce premier jet, cette esquisse, qui ne saurait mentir sur le génie de son créateur.

Les grands mouvements se succèdent alors, du sentimentalisme Romantique, au Réalisme essentiel, jusqu’à l’Impression comme -isme de la vérité au-delà du visible.

Même les peintres plus classiques, dit à la fin du siècle « Académiques », qui se refusent à l’ébauche comme un style en soi, vu comme une facilité dégradante, nuisible à la fécondité, n’hésitent pas à vendre aux amateurs d’art les esquisses de ces peintures d’histoire qui font le succès du Salon officiel.

Ainsi la famille Magnin, bourgeoise sans faire partie de l’élite dijonnaise, peut acquérir des oeuvres dont les proportions s’adaptent à un petit Hôtel Particulier et dont les sujets, divers et variés, s’harmonisent du sol au plafond selon l’accrochage en vigueur à cette époque.

Abondance et éclectisme de l’amateur qui n’empêche pas la qualité, ce qui permet au musée Magnin, avec la Réunion des Musées Nationaux, de confronter les esquisses, bozzetti (premières pensées) ou modelli(Esquisses finies que l’on présente au commanditaire), aux oeuvres définitives conservées dans les plus grands musées, églises ou palais.

Ainsi le modello de « La Mort d’Achille » par l’atelier de Pierre Paul Rubens, répond à une tapisserie dont il était la base de travail pour les tisseurs.

La Mort d’Achille, Rubens et atelier, huile sur toile, 45,3 x 46 cm, Dijon, musée Magnin

La composition est théâtralisée, dernier épisode de la vie du héros, où attiré traîtreusement dans le temple d’Apollon Thymbrien dans l’espoir d’un mariage avec la princesse de Troie, Polyxène, il meurt sous la flèche de Pâris, guidé par le dieu lui-même.

La Mort d’Achille, tapisserie par Gérard Peemans, laine et soie tissées, 410 x 427 cm, Anvers, Rubenshuis (Maison de Rubens)

La morale figure au pied d’Achille : la ruse symbolisée par le renard vient à bout de la grandeur incarnée par l’aigle.

Entre le modello et la tapisserie la scène est inversée en raison de la technique utilisée (Basse Lisse) et on distingue quelques libertés prises par l’artisan lissier, dans le museau du renard ou la chevelure de Pâris, même si tous les élements initiaux s’y trouvent fidèlement représentés.

S’en suit dans cette partie de l’exposition une « chasse aux 7 erreurs  » sur 14 paires du XVIIe au XIXe siècle.

La première est la constatatation d’une « chaleur » de l’ébauche, geste et pensée liés, opposée à la « froideur », voir « fadeur » du résultat, plus lissé et ne résistant pas à notre jugement artistique moderne, plus habitué à la fougue créatrice des petites touches de l’artiste, même si la perfection vernie apporte une sérénité devant laquelle on peut se plaire à méditer.

Eberhard, comte de Wurtemberg, pleurant devant le corps de son fils, ou Le Larmoyeur, huile sur toile, 1833-1834, Dijon, musée Magnin
Eberhard, comte de Wurtemberg, pleurant devant le corps de son fils, ou Le Larmoyeur, Huile sur Toile, Entre 1834 et 1836, Paris, Musée de la Vie Romantique

A l’étage la comparaison se fait entre les esquisses conservées dans les collection et les photographies d’oeuvres qui n’ont pas pu faire le déplacement pour des raisons de droits, de taille ou de nature (peinture murale) impossible à déplacer.

L’occasion de découvrir certains chefs-d’oeuvres présentés au prix de Rome, un concours de prestige qui mettait l’esquisse au même niveau de jugement que l’oeuvre aboutie. (Cf. ci-dessous)

Auguste Lebouy (1812-1854), Les frères de Joseph rapportent sa tunique à Jacob, 1841, huile sur papier marouflé sur carton, Dijon, musée Magnin

Enfin, la troisième partie de l’exposition, dans l’oratoire et le pré-oratoire, donne une idée de la profusion d’esquisses de la collection Magnin, installée selon l’accrochage généreux d’un cabinet d’amateur du XIXe siècle.

Ces oeuvres d’étude n’ont pour la plupart pas connu de réalisations finales, ou elles sont tout du moins aujourd’hui perdues ou non localisées.

Des peintures à la manière « enlevée » qui se suffisent aussi souvent à elles-même, dès le début du XIXe siècle, dans des pays moins teintés d’académisme, comme l’Angleterre, pour gagner peu à peu le continent.

Elles sont aussi dans les ateliers le fruit d’un apprentissage, un exercice pour appréhender l’art de la composition.

Autant de sources d’origine qui donne à cet accrochage une énergie d’idées en suspend pour l’éternité, certaines sous couvert d’anonymat et d’autres aux noms prestigieux comme Jean-Baptiste Corneille, Jacob Jordaens, Anne Louis Girodet, François Gérard ou Eugène Isabey.

Attribué à Jean Broc (1771-1850), Ulysse chez les Phéaciens, vers 1800-1805

Une exposition qui, une fois de plus, éveille la curiosité, aiguise le regard, aide à observer et invite à comprendre les subtilités d’une collection discrète, exquise esquisse de l’Histoire de l’Art universel.


Une exposition à voir jusqu’au 18 mars 2018, du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h30.

Plus d’informations : ici


Oeuvre d’ouverture : Domenico Maria CANUTI (?) (1625-1684), Le Christ soutenu par des anges, fin du XVIIe siècle

FRAC Bourgogne – FREE THE WOMEN – 16 rue Quentin

FREE THE WOMEN

Une exposition slogan comme un début de solution à la question imprimée par  Maria Grazia Chiuri, la nouvelle directrice artistique de Dior, sur une marinière de sa dernière collection hommage à Niki de Saint Phalle : « Why have there been no great women artists ?« .

Le FRAC Bourgogne dans ce vent féministe, quelquefois aussi radical que le mal à éradiquer, nuance le propos par ce titre, nouvelle signification soft à l’acronyme antisocial de la contre-culture biker, F.T.W. : Fuck The World !

Clin d’oeil aux questions et affirmations extrêmes cette installation prône la liberté à la française par la voie de la parité : 6 artistes, 3 hommes et 3 femmes en confrontation directe et frontale au-delà du sexe, de la génération et de l’inspiration.

Le travail des trois artistes masculins (Jean Dupuy, Matias Faldbakken et Steven Parrino) déjà vu en 2016 lors de l’exposition « here / there / where » y gagne une perception nouvelle dans ce discours sans parole avec les oeuvres d’Anita Molinero, Emilie Ding et Nancy Rubins, pour certaines toutes récentes acquisitions du Fonds Régional d’Art Contemporain de Bourgogne.

Le langage plastique et visuel y gagne une expression nouvelle, loin des clichés de l’artiste féminine aquarelle, par une présence forte et essentielle au dialogue artistique comme l’a prôné toute sa vie Steven Parrino (1958-2005), artiste hors cadre, provocateur et biker jusqu’à la fin, qui a inspiré ce nouveau F.T.W.

Lee Marvin/Marlon Brando, 1990, collection Le Consortium

Son travail dès la fin des années 70 est de secouer la peinture alors déclarée morte, de détacher la toile devenue civière pour lui redonner du relief.

Lee Marvin/Marlon Brando (Détail)

Ces « peintures déformées », monochromes froissés, apportent de la matière, effets inédits que l’on retrouve chez les trois artistes féminines de l’exposition.

Anita Molinero (1953) a tiré de ses difficultés d’apprentissage de la sculpture la force de la confrontation à l’inconnu de l’art. En résulte des oeuvres dont la puissance émane de l’irréversibilité du geste, de ces plastiques qu’elle coupe, brûle et lacère jusqu’aux limites de la forme.

Sans Titre (La Rose), 2003, collection FRAC Bourgogne

Un mix entre apparence sucrée, barbe à papa et guimauve, et réalité de matériaux toxiques et pérennes, polystyrénes transformables mais infiniment indestructibles.

Sans titre (La rose) – (Détail)

La même démarche de transformation industrielle anime Emilie Ding (1981), l’artiste suisse adepte des formes structurelles issues du BTP et de l’architecture moderne.

« Marquisats V« , monolythe de béton, exprime son goût pour les modifications techniques, les formes concrètes et les matériaux bruts qu’elle malmène.

Marquisats V, 2015, collection FRAC Bourgogne

Rondeur du graffiti opposé à la masse rectiligne du béton, comme un condensé de la double expression urbaine, réglementaire et contestataire.

Marquisats V (Détail)

Motif expressif que l’on retrouve dans ses derniers travaux en feutre aux abstractions calcinées, comme bitumées.

Untitled (Neutra), 2016, courtesy Xippas Galleries – Untitled (Gran Torino), 2016, courtesy Xippas Galleries

Le matériau d’isolation phonique doit voir sa structure changer pour s’exprimer, prendre du relief et rompre avec son minimalisme structurel.

Untitled (Gran Torino) – (Détail)

Une existence feutrée, qui comme les plastiques d’Anita Molinero, naît de la destruction maitrisée.

Nancy Rubins (1952), la troisiéme artiste exposée, questionne aussi la nature des techniques.

Même attitude monochrome, même faux semblants qui demandent au visiteur d’y regarder à deux fois pour essayer de comprendre la matière et la démarche.

Drawing, 2003, collection FRAC Bourgogne

Artiste habituée des sculptures monumentales, assemblage de détritus et de matériaux divers, l’oeuvre exposée ici ressemble à un morceau de tôle brute, élément métallique tiré d’un avion ou d’une voiture.

Pourtant il s’agit d’un dessin au graphite sur papier épais, qui romp avec la perception classique de la peinture et de la sculpture, du mécanique et du manuel, de la technique industrielle et artistique.

Drawing (Détail)

Trois artistes féminines qui savent se jouer des apparences et d’une perception souvent biaisée de la réalité comme un pied de nez à leur propre statut de femme, inventive, radicale, forte et monumentale dont la notoriété pâtit encore des clichés.


Exposition à voir jusqu’au 18 mars 2018

Ouverture de deux nouvelles salles à partir du 17 janvier 2018

Renseignements au 03.80.67.07.82


Oeuvre d’ouverture (détail) : Anita Molinero, Croûûûte Criarde, 2016, courtesy Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico

Dijon Design désire : Les parfums Trudon

Trudon, c’est une histoire sans nulle autre pareille.

Cette maison de maîtres ciriers s’illustre dans l’art de la lumière depuis 1643, année de l’avènement de Louis XIV, âgé de 5 ans.

Un symbole d’éclat et de jeunesse, qui perdure jusqu’au XXIe siècle par des cierges aux couleurs chic & pop et par des bougies parfumées aux ambiances inspirées (A découvrir ici).

2017 marque une nouvelle étape dans l’emprise de Trudon sur nos désirs.

Après l’ambiance parfumée de nos intérieurs, la Maison s’empare de nos corps, fragances de peau à réveiller les souvenirs enfuis et à emporter nos mémoires en Histoire romanesque.

5 eaux de parfums transgenres comme des étapes vers un monde intérieur inspiré d’un passé mouvementé entre royauté, révolution et spiritualité.

5 fragances en 5 talents : Julien Pruvost, directeur de création de la maison, Antoine Lie, créateur de Bruma, Lyn Harris, créatrice de Olim, II et Révolution, Yann Vasnier, Nez de Mortel et Pauline Deltour, designeuse du flacon de verre aux codes maison, cannelures et vert translucide.

BRUMA – Un bouquet fleuri (lavande, violette, iris, jasmin, pivoine pourpre) relevé de poivre noir et de cuir, pour une aventurière-cavalière en route vers l’inconnu, dans un soir brumeux où la jeune fille romantique deviendra femme, à la fois magnétique et charnelle.

Le plus sensuel des 5 comme une invitation à une nuit de plus en plus sombre…

OLIM – Un temps révolu, un « autrefois » qui évoque l’Ancien Régime : La beauté poudrée, la décadence épicée et une opulence résineuse.

Une puretée nourrie de richesses, un parfum de Dorian Gray qui incarne la beauté parfaite oublieuse de ses vices.

On y retrouve la lavande de « Bruma » gourmandée de bergamotte et d’anis comme un innocent interdit, sacralisé par les fumées de myrrhe et de benjoin.

Jouisseur détaché du monde.

II – Un flot de nature verdoyante comme un baume au chaos intérieur.

Une cologne prè-impériale entre orange bigarade, pin, genévrier et cédre, de la feuille à l’écorce dont on tire l’encens qui, toujours, vous emporte ailleurs.

REVOLUTION – La fraîcheur part en fumée par les vertus de l’élémi, une résine des Philippines, citronnée et inflammable.

Une odeur de poudre à canon éclatée qui au fil de la journée fait corps avec les émotions réprimées.

Une explosion olfactive à défaut d’être affective.

MORTEL – Evocations charnelles de la « petite » pour mieux échapper à l’ultime.

Une mort sensuelle voire érotique par la présence quasi animale du ciste labdanum, pivot central d’une partie fine épicée : poivre noir, piment, muscade… comme autant de péchés mortels qui par l’action de l’encens de Somalie, du benjoin et de la myrrhe se rétrogradent au véniel, pour demeurer en odeur de sainteté.

5 étapes à la découverte de son corps loin de toutes mièvreries sucrées et de modernisme synthétique.

La qualité Trudon déjà éprouvée dans les bougies s’incarne plus que jamais dans cet univers de la haute parfumerie où sa venue se faisait attendre tant l’union est naturelle et harmonieuse.

Une élégance retrouvée, une soif d’absolu pour une intimité révélée :

5 fragances qui sonnent un nouvel air !


A découvrir à Dijon chez « Ma belle parfumerie » – ici

Site Trudon

Dijon hors clichés

Et si le bonheur se mesurait au regard porté sur les détails de la ville ?

Comme si inclure en soi l’évidence était le plus sûr moyen de se déprécier en anti-dépresseurs ?

Etre surpris, chercher à jouir de la fantaisie d’autrui, donne à son quotidien une saveur qui sans être révolutionnaire permet de croire que l’uniformité nait du désintérêt.

Soyons donc curieux et même si les clichés sur Dijon permettent de bien vivre, entre moutarde, bons vins, cassis et pain d’épices, rechercher l’inattendu (En français s’il vous plait !) permet de bien exister.

Vues renversantes de St-Bénigne : en poivron dans la salle à manger des chambres d’hôtes « La Cour Berbisey »…
Et en vertige de l’âme, depuis la tribune de l’orgue de la cathédrale
Analyse politique internationale, près des jardins de l’hôtel Bouchu dit d’Esterno…
… jusqu’au Cours du Général de Gaulle, par les craies de trottoir du mystérieux Mr Colors Sam Jade Marc
Tandis que les indiens emplumés se réservent les couches du jardin de l’Arquebuse…
Autant de fantômes aux auras colorées, du héros enchainé de la porte d’honneur de l’ancien palais de justice et chambre des comptes de Bourgogne…
… A l’éternel orphelin du monument aux morts, à l’entrée du Cours du Parc…
… Jusqu’aux indécentes sorcières-parapluies, sur la place Emile Zola, ancien lieu des exécutions publiques.

Quand observer est le plus sûr moyen de ne pas s’ennuyer !

Plus d’images sur l’instagram dijon.design

12èmes Rencontres Cinématographiques de Dijon

Tous les ans à l’automne, Dijon s’inscrit comme une ville phare du 7eme art.

Trois jours de reflexion sur la création et l’accès pour tous à ce média incontournable du rêve et des prises de conscience.

Ces rencontres, les 27 èmes et 12 èmes à Dijon, organisées par l’ARP (société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs), la ville de Dijon et la région Bourgogne-Franche-Comté, permettent à tous, gratuitement*, d’assister, dans les cinémas du centre-ville, aux avant-premières des films les plus attendus de la saison.

Une opportunité unique non seulement de voir le film mais d’en discuter avec son réalisateur, pour vous transformer en testeur d’images et en relais d’opinion pour vos connaissances et au-delà.

Cette année Albert Dupontel et son film « Au-revoir là-haut » ouvre ces rencontres grand public (Jeudi 12 octobre 18h au cinéma Olympia), par l’adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013.

En pleine commémoration de la Grande Guerre, retour 100 ans en arrière dans les vies d’Albert et Edouard, deux poilus qui mettent sur pied une vaste escroquerie…

Autre film tant attendu, le deuxiéme opus de Guillaume Gallienne. Aprés son premier film autobiographique « Les garçons et Guillaume, à table« , voici « Maryline« , encore un prénom pour l’histoire intimiste d’une jeune  campagnarde « montée à Paris » pour devenir comédienne. (Vendredi 13 octobre à 18h30 au cinéma Olympia)

Une histoire de femme, d’une femme modeste, d’une blessure…

A ne pas manquer également l’avant-première de courts métrages soutenus par le fond d’aide « cinéma et audiovisuel » de la Région Bourgogne-Franche-Comté (Jeudi 12 octobre 18h au cinéma Darcy), la présentation des films « Par instinct » de Nathalie Marchak, « Jusqu’à la garde » de Xavier Legrand et de « Carré 35 » d’Eric Caravaca, tous présentés en direct par leurs réalisateurs. (Programme complet ici).

Des rencontres, des professionnels au public, qui léve peut être un voile de mystère tout en permettant de garder le lien humain qui fait la spécificité du cinéma façe au renfermement des habitudes de visionnage intimiste.

La présidente de ces rencontres, la cinéaste franco-turque Deniz Gamze Ergüven, représente bien cette nouvelle génération de réalisateurs dont le travail oscille entre le cinéma d’auteur, « Mustang« , (Présenté vendredi 13 octobre à 20h30 au cinéma Eldorado) et les productions internationales, comme son second film « Kings » avec Daniel Craig, « M. James Bond », en vedette.

Un temps précieux pour le public tout comme pour les professionnels réunis autour de débats sur des questions aussi diverses que la chronologie des médias, le modèle global de financement et d’exposition des oeuvres ou que la politique culturelle au service du citoyen.

A cette occasion la ministre de la culture, Françoise Nyssen, sera présente pour assister aux débats et apporter son soutien direct aux actions du ministère qui permettent toute l’année d’organiser des actions d’éducation artistique et culturelle (cycles de conférences pour les scolaires et projections de films européens spécifiquement destinées aux collégiens et lycéens de Dijon).

Mathieu Debusschére, délégué général de l’ARP, société civile organisatrice de ces rencontres, nous en dit plus**:

Des rencontres pour accompagner les changements du monde, de la démocratie et de la culture qui demandent un dialogue auquel vous pouvez participer, pour que chaque regard compte.


Programme complet des Rencontres ici.


* Places diponibles au bureau de l’ARP, Hôtel de Vogüé, 8 rue de la Chouette, Dijon


**Interview réalisée pour Dijon Design et BFC Classique.

 

 

 

Le Consortium – 37 rue de Longvic – Automne-Hiver 2017-2018

Premières expositions au Consortium, centre d’art contemporain, depuis la disparition de Xavier Douroux, son cofondateur, le 28 juin dernier.

Ses 40 ans à la tête d’un centre devenu institution pour nombres d’artistes et d’initiés, trouvent un hommage dans la diversité des oeuvres exposées durant cette exhibition automne-hiver 2017-2018.

Du basique à l’onirique, du rapide au technique, du folklore saisonnier aux oeuvres pensées.

Toutes les facettes de l’art actuel, des balbutiements que l’on souhaite prometteurs, aux artistes affirmés qui évitent malgré tout la facilité…

Une déception d’abord, dans l’immense galerie de l’étage, transformée en chambre mortuaire gothique et anti-christique : « Hymne à la joie« .

L’artiste canadien Nicolas Ceccaldi (1983) qui dès l’entrée oscille entre lumière et noirceur d’un trait prometteur se perd vite dans une évidence outrageante, dont le génie repose certainement sur l’ironie du titre.

Une enfilade de miroirs gothiques de pacotille, aux reflets de cirage évidemment noir, accueillent en leur centre des crucifix inversés sortis d’une ressucée de films de vampire de la Hammer, mauvaise époque.

La déception est d’autant plus grande que cet artiste, dont le travail sur la fragilité et l’obsolescence ne laisse habituellement pas de marbre, nous promettait, dans un communiqué du Consortium, dont il a été le résident estival, un travail sur le drapeau pirate, « Jolly Rogers », et les déclinaisons des memento mori, tête de mort et tibia croisé, sablier, diablotin, coeur…

Une thématique qui pouvait moralement gêner aux vues des circonstances dramatiques qu’a connu le centre mais qui artistiquement se transforme en foire « dark side bon marché », vaguement Marilyn Manson, idéale à quelques semaines d’Halloween mais qui ne rend hommage à personne !

Heureusement, les cinq autres artistes sont plus fidèles à l’esprit maison.

L’autrichienne Marina Faust, tranche dans les couleurs vives, morcelle les images de l’enfance pour découvrir l’adulte que nous deviendrons.

Une série de collages-portraits réalisés à partir d’un livre jeunesse, porte une expression artistique dont l’archaïsme apparent permet en couches successives d’exprimer le passage du monde de l’innocence à la connaissance de ses limites, aussi abruptes que celles d’une feuille déchirée.

Le même constat d’évolution rapide et artificielle se retrouve dans le travail de Wang Du (1956), l’un des nombreux artistes chinois installé en France, à l’image de Yan-Pei-Ming à Dijon.

Enfant de la révolution culturelle, puis mineur pendant 6 ans, il entre aux Beaux-Arts de Canton dont la formation académique titille son esprit rebel.

Ses sculptures de par leur format, gigantesque, leur source d’inspiration, populaire, et leur installation, toujours spectaculaire, interrogent les changements profonds, corporels et intellectuels de notre société.

Le passage de l’évolution naturelle à l’évolution artificielle engendre un monde de clonages, lié certes à la biotechnologie mais surtout à cette volonté de célébrité immédiate, prophétie Warholienne vide de sens, qui envahit les réseaux sociaux.

Wang Du, par la présentation de certains éléments de son exposition de 2000, réalisée au Consortium, « Réalité jetable », dresse le constat d’une anticipation des années 2010 dont le trio monstrueux évoque à la fois le produit marketing, la violence et l’exhibitionnisme qui se place en hauteur, au dessus de tout et de tous.

Une prédiction étonnante de notre monde avide de téléréalité et de « stars » gonflabes et dégonflabes à volonté en valeur d’exemple.

Même retour sur les oeuvres d’un passé proche avec le peintre hollandais Peter Schuyff (1958) et la toute première retrospective de ses travaux de jeunesse, réalisés de 1981 à 1991 à New-York.

L’accent est mis sur trois groupes d’oeuvres : des acryliques sur toiles dites « biomorphiques », typiques du début de ses recherches (1982-1984), une importante sélection de compositions abstraites (1984-1988) également à l’acrylique, ainsi qu’un large groupe de travaux sur papier traversant la décennie (1981-1991).

Une plongée dans le mouvement Néo-Géo des années 80, héritié du Op Art, entre minimalisme, jeux visuels et esthétique fractale, parente des théories populaires à l’époque, dont la théorie du chaos.

Une mise en perspective à la fois décorative et méditative, pour des oeuvres qui ne nient pas le plaisir esthétique qu’elles procurent tout comme les réflexions qu’elles suscitent.

Une dualité du désir et de l’esprit qui se retrouve dans le jeu de miroir du travail des artistes Tobias Pils et Michael Williams.

Deux approches du motif à la base d’un travail sur l’expression artistique.

L’autrichien Tobias Pils (1971) travaille d’abord sur lui-même en oubliant à chaque nouveau projet ce qu’il a pu faire auparavant.

Une volonté de nouveauté qui sans nier ne cristalise pas le passé. Un mouvement vers l’avenir qui s’inspire aussi bien d’une allégorie traditionnelle, que d’un rythme ou d’une harmonie abstraite.

Un langage pictural expressif et passionné qui présente souvent dans une seule oeuvre le représentatif, le fantastique et l’abstrait.

En résulte des images vaguement humanoïdes qui émergent de ces toiles exubérantes aux compositions-combinaisons d’huile, d’acrylique et de vernis, aux effets de lavis doux pour gestuelles audacieuses.

Une technique énigmatique et sophistiquée qui fait écho au graffiti tout en étirant les possibilités picturales.

Là est l’intérêt de la confrontation avec les oeuvres de l’américain Michael Williams (1978).

Un artiste intuitif, à la fois rigoureux et irrévérencieux, dont l’iconographie particulière le rapproche aussi du graffiti et de la culture populaire.

Chacun de ses tableaux est d’une grande complexité visuelle métissant un éclectisme Hippie (Nom d’une de ses oeuvres) et le numérique, le griffonnage aérographié dans des couleurs vives et des explosions graphiques sur la toile.

Les inspirations sont nombreuses (George Grosz, Edward Koren, Cy Twombly…) en un mix très particulier où les couches successives créent une perspective nouvelle, tant en profondeur qu’en ressenti.

Deux artistes très techniques, qui savent jouer sur les émotions pour permettre à chaque observateur de s’immerger personnellement dans l’oeuvre.

Un très bon cru automne-hiver 2017-2018 pour le Consortium qui sait toujours aussi bien mêler sa propre histoire aux talents internationaux, en retrospective ou dans la perspective de techniques nouvelles au service d’une expression essentielle qui a, comme dans la vie, quelquefois ses ratés.

Dijon Design désire : Un air de Bretagne…

La nature permet souvent de s’échapper et d’y projeter son univers jusqu’aux senteurs de l’imagination, à l’instar de la chanteuse Mireille fredonnant « Ce petit chemin qui sent la noisette…« .

Une odeur de l’esprit qui permet de condenser les parfums d’un instant éternel et par là même précieux.

La parfumerie de niche, rare par définition, permet d’offrir en flacon un voyage éclair, les yeux fermés, une télé-transportation olfactive et puissante, comme un message, carte postale odorante, du plaisir au souvenir.

En effet, l’Artisan Parfumeur avec sa collection « Paysages » vous diffuse de votre salon aux champs de lavande et d’Iris de « Bucoliques Provence » (Sortie l’année dernière), tout comme face aux embruns de l’Atlantique, aux notes d’algue et d’ambre gris, pour le voyage de l’année : « Un air de Bretagne« .

La France est à l’honneur et en particulier ses riches empreintes olfactives, signe de la diversité de ses climats et de son offre touristique.

Cette collection de l’Artisan Parfumeur se joue déjà en disparités, Provence et Bretagne, Sirocco et Nordet, Cézanne et Gauguin, de la Montagne Sainte-Victoire à Pont-Aven, autant de différences en touches affirmées pour que ces voyages laissent leur trace.

« Un air de Bretagne » est l’oeuvre d’un nez féminin,  essence même des contrastes, pour une terre qui ne l’est pas moins.

Juliette Karagueuzoglou, déjà connue pour « L’Homme ultime » d’Yves Saint Laurent et « Le ballet blanc » de Repetto, a trouvé dans cette maison une liberté artistique rare et précieuse, pour exprimer à la fois la tempête, les climats qui se bousculent et le ciel changeant, puissances qui façonnent ces paysages de clair-obscur.

Le cyprès absolu évoque la lande, la feuille de cèdre les intempéries finissantes et ce soleil enfin pointant, touche de néroli, propre à faire chauffer la peau de manière progressive et sensuelle, ambre gris, comme une lumière tamisée qui emporte le désir…

Une nouveauté parfumée, disponible aux Ateliers du Parfumeur (Détails ici), à s’offrir et à diffuser pour faire perdurer le voyage.