Chouette France – 29 rue Bossuet

En ce début d’année comment allier bonnes résolutions, citoyenneté et qualité ?

En achetant français !

Pour sauvegarder des emplois locaux et lutter contre les licenciements souvent provoqués par l’envie, ou l’obligation, pour les consommateurs d’acheter de moins en moins cher.

Une situation difficile qui doit encourager les plus aisés à un acte responsable et militant pour maintenir des savoirs-faire uniques, agir contre le gaspillage et limiter l’empreinte carbone des produits.

Un petit pied de nez aux pratiques économiques et écologiques des grands groupes : Plus besoin de brandir des pancartes les étiquettes suffisent !

A Dijon, depuis septembre dernier, une boutique devient l’épicentre de ce phénomène initié par un célèbre pull marin porté par un certain ministre (Bourguignon) du « redressement productif ».

Reprenons à Larousse sa devise « Je sème à tous vents » et reconnaissons à M. Montebourg la capacité à provoquer un outil activiste.

Ainsi depuis 2012 déferlent les boutiques « Made in France » (En anglais dans le texte) qui doivent pourtant plus leur réussite aux entreprises locales et à l’entraide qu’à un bref coup médiatique.

Un concept d’économie de proximité solidaire qui a encouragé Marie-Laure, suite à un licenciement, à créer sa boutique à tire-d’aile jusqu’à son ouverture en septembre dernier :

Chouette France, un nom hybride entre le cocorico national et la chouette, symbole de Dijon, qui nous ramène à l’ancien français et au verbe « choeter » qui signifiait « faire le coquet ».

Quoi de plus normal dans une boutique de mode et d’accessoires qui regroupe environ 25 marques.

Des Dijonnaises avec Gustave & Cie, une société en acier inoxydable, du noeud papillon au Y d’une patte de confort qui réinvente les bretelles et OlivPom dont les créations donnent peps et formes aux textiles, à l’image du doudou chouette, logo de la boutique.

Gustave & Cie – Noeuds papillons et bretelles Y

Mais aussi des Bourguignonnes :

Madame fait des sacs by Isabel Marin, une artiste-peintre qui donne à l’utilitaire toute la beauté de son geste, à travers une ligne de sacs en petite série, afin d’allier l’unique à l’authentique, de ses dessins réalisés dans son atelier d’Autun, aux matières premières d’origine française et jusqu’à la production parisienne.

Toujours à Autun et dans l’accessoire de mode pratique, Neyrat fabrique depuis 1852 des parapluies jusqu’à la délocalisation en Chine en 1990. Le retour en 2014 d’une production locale « Haut de Gamme » surfe sur la vague du « Made in France » qui permet de retrouver le fameux parapluie rayé noir et blanc.

Gauthier, créateur de chemises depuis 1947, tout d’abord à Buxy et depuis 1956 à Chalon sur Saône. Un atelier familial riche de l’expertise et des valeurs acquisent en 70 ans au service d’un style entre tradition et modernité pour « rester dans l’équilibre d’une élégance intemporelle et d’une attitude contemporaine« .

La manufacture Perrin de Montceau Les Mines qui depuis 1924 est spécialisée dans la chaussette française à travers aujourd’hui quatres marques, de la chaussette technique à la haut de gamme en passant par la fantaisie « Dagobert à l’envers » que vous retrouvez chez Chouette France.

Dagobert à l’envers

Nin-Nin, un mot patois pour dire « dodo », où, quand un couple creusotin réinvente (« Traficote » selon leur mot !) depuis 2012 le doudou en s’appuyant sur le savoir-faire de couturières de la ville. Original, stylé, tout doux et sans visage pour donner libre cours à l’imagination de l’enfant.

nin-nin

Autant d’alliances de la qualité, de l’originalité et de la renaissance des techniques anciennes que l’on trouve aussi dans les productions d’autres régions.

Les Bôjoueurs, comme des figurines de baby-foot en fonte d’aluminium, fabriquées et peintes à la main et ensuite montées sur la coutellerie de Thiers, tire-bouchon, décapsuleur, rondelle à pizza.

Retour aux chaussettes, de sport !?, avec Labonal, spécialiste de la chaussette de qualité depuis 1924 à Dambach-la-ville, en Alsace. Pour femmes, pour hommes, l’entreprise est toujours à la pointe en ce qui concerne les nouveaux procédés, les nouvelles matières, alliance du confort et de la fantaisie offerte à vos pieds.

Autre aisance, plus intime, Le Slip Français, n’est pratiquement plus à présenter. La petite entreprise qui monte fondée en 2011 par Guillaume Gibault, entrepreneur es communication, fait beaucoup parler d’elle avec un ton délicieusement ou pernicieusement décalé… Multipliant les partenariats avec d’autres marques du « Made in France » pour des produits de plus en plus diversifiés, vous trouverez des slips (masculins et féminins), des charentaises (Avec Rondinaud, manufacture charentaise depuis 1907), des sacs, des maillots de corps, des « sweats »… produits aux quatre coins de la France, de Saint-André-lez-Lille (59) à Les Cars (87).

Le Slip Français

De quoi réchauffer notre chauvinisme…

©Le slip français – Slip multi-triangle rouge « Le Tire Fesse » – Slip taille basse fabriqué avec amour à Aimargues (30)

… sans être vraiment « à poils ». (Epiler n’est pas habiller !)

Même si le vêtement peut dévoiler telle cette marque à l’anglicisme révélateur French Appeal dont le slogan pousse à l’exhibitionnisme et au voyeurisme « Jeans créateur de belles fesses« . Quand une mode éthique et responsable n’oublie pas l’essentiel !

Autre fabricant de jeans, l’Atelier Tuffery, le plus ancien en France avec sa marque Tuff’s jeans. Depuis 1892 à Florac, dans les Cévennes, ces confectionneurs de génération en génération magnifient la toile de Nîmes, un tissus épais, de qualité, authentique, sobre et élégant en édition limitée pour une vie de tous les jours qui ne l’est pas.

D’après Alain Souchon « La seule chose qui tourne sur terre c’est leurs robes légéres« , à l’image des créations d’Inari, de Marseille, à la coupe étudiée méticuleusement pour être à l’aise, active et voyageuse. Des jupes, des tops et des robes aux matières naturelles et fluides associées à des imprimés Liberty ou cravate pour un style raffiné et confortable.

Tout comme les sweats à message de la Gentle Factory, To Be or not to be French ?…

Ou les créations, sérigraphiées et confectionnées en France par Orijns, depuis 2013 adepte du casual tricolore pour toute la famille et qui réinvente, par des choix de tissus et de confection rigoureux, le concept de vêtements à vivre et à user.

En réaction aux délocalisations et à l’exploitation des enfants du bout du monde, un alsacien a décidé de réagir en 2011 en brandissant trois cigognes, en logo et en une marque : Storks (= les cigognes en alsacien), une production locale de polos, de t-shirts, de boxers et de chaussettes en coton Bio pour consomm’acteurs.

Storks

Tout contrôler pour mieux fabriquer est la philosophie de Galucebo (Loire), écolo et 100 % française mais dont la logique est poussée à l’extrême par la production de la laine nécessaire à l’élaboration des gilets et pulls.

Au rayon accessoires de Chouette France :

La marque Béton Ciré, propose les miki traditionnels bretons en toile denim, patte de serrage en cuir au dos et broderie ton sur ton pour un look à la Querelle de Brest.

Béton Ciré

Loin des embruns mais fidèle au pompon des marins,  l’entreprise Blanc Bonnet, en Haute-Loire, propose l’évidence pour les sports d’hiver.

Fantome, une maroquinerie alternative en recyclage de chambre à air de vélo, sans colle, sans cuir, 100% vegan, produite en petite série pour un look affirmé et digne.

Comme le retour aux bretelles de papa, ou plutôt Les Bretelles de Léon, basée à Lyon… Et, accessoires masculins, assez rares pour ne pas être oubliés, pour un style affirmé, coloré et branché.

Charlie Watch, une jeune maison d’horlogerie française dont la première collection, en 2014, à la fois classique et moderne inspirée des monuments de la Capitale, a été lancée grâce au financement participatif. Une alternative au monde du luxe pour des montres entièrement assemblées à Paris aux bracelets interchangeables, pour affirmer son identité au fil des heures.

Charlie Watch

Enfin, pour le « Chez soi, doux chez soi » et la corvée de vaisselle, optez pour le stylé Moutet, un linge de maison d’élite par une manufacture installée depuis 1919 à Orthez et labellisée « Entreprise du Patrimoine vivant ». Un linge Jacquard moderne, coloré et toujours de qualité.

Et pour se détendre après un si long périple ?

Les bougies à la cire végétale La Belle Méche vous éviteront de la vendre afin de garder pour vous ses senteurs réconfortantes et essentielles à la relaxation.

De multiples produits originaux qui offrent l’opportunité de redécouvrir notre pays à travers ses traditions, sa maîtrise manufacturière et de multiples initiatives personnelles, dans l’air du temps.

Noir Animal – 18 rue Verrerie

« Il avait des yeux couleur rubis / Et des plumes couleur de la nuit / A son front brillant de mille feux / L’oiseau roi couronné portait un diamant bleu » – Barbara, L’Aigle Noir

Noir, vecteur des heures obscures et de l’émancipation.

Un « Pôle fort de tous les systèmes de la couleur« * qui donne confiance et permet souvent de faire table rase en s’éloignant d’un univers quelquefois trop « Sucre d’orge ».

Noir Animal – Ou un multiplicateur de nuances plus ténébreuses… qui offre des talismans de personnalité.

Parler de cette bijouterie en énumérant ses produits ne serait pas lui rendre justice.

Laissez-vous donc emporter par un tsunami d’encre de Chine aux éclats particuliers afin de pénétrer cet univers et de mieux vous y sertir.


Camille de l’autre côté du miroir ou le livre de la jungle urbaine

 Librement inspiré de Lewis Caroll & Rudyard Kipling

Camille arpentait la ville à la recherche de ses proies d’apparat / Un léopard arpentait la jungle à la recherche de ses proies d’estomac.

Une femme amoureuse du noir, qui trouve la lumière dans ses bijoux, objets de la curiosité d’un roi fauve, désireux de la sombre.

Battements et grognements au sein d’un fracas d’organes propres à aimer s’ils n’étaient déchirés.

Dévotion à Saint Laurent d’Oran, noir anti-bourgeois et grand prêtre des faux bijoux aux valeurs de coeur, quand la Noir de Jais se fit enlever.

Le fauve love dans l’alcôve, de nonchalant surgit en bondissant, offrant ses trophées de chasse à sa reine de la nuit pour qu’elle les pare de chaînes de laiton doré, d’argent raffiné et de vermeil, étincelants, loin de tout soleil, de leur étoile intérieure.

Gothique ? Pourquoi ?

Le noir est dans la vie, comme la vie peut être noire, tout dépend de sa nuance, de son grain, de sa transparence et de son air lointain.

Nouvelle souveraine du Swinging Dijon, à sa demande il dévore les filles (Elle hait les filles !) qui ressuscitent en femmes affirmées et parées, en toute discrétion, noir sur noir.

Ayant perdu son âme, comme un papillon sous verre, notre Brumeuse se remit en quête de la lumière et suivant des souris-éclair, s’éloigna peu à peu du léopard et de son repaire.

La Chose by TATAKIT.m

S’ensuivit un long voyage à la recherche de nouvelles bijouteries, de la Grêce au Portugal en passant par Paris.

Du « Jamais vu-vite pris », en mode graphique et délicat, éclat mat, brillance d’émail, perles, merveilles et coquillages d’une Côte d’Or, « Chic Alors ! ».

Ainsi loin des frasques du passé, c’est rue Verrerie qu’éclate sa fantaisie.

Atelier f. – Scénographie végétale

Camille, agrémentée de quinze génies créateurs, est désormais libérée du fauve, dompté.

Dorénavant sage comme une image, alangui, gardant un oeil sur vos entrées et votre entité sublimée.

Gare toutefois ! Par les restes de ses proies il a plus d’un tour dans son sac


*Michel Pastoureau, Noir – Histoire d’une couleur, 2008, Seuil