Destin d’une brindille – 13 rue Alphonse Legros

Pollution, klaxons, empressement et violence plus ou moins sous-jacente sont le quotidien des villes où le peu de temps gagné par l’incivilité fait perdre l’essentiel…

Un monde de nature, de culture aux racines de nos origines qu’il faut sauvegarder pour ne pas s’oublier à jamais dans le rythme implacable d’une évolution à marche forcée qui n’apporte pas toujours la félicité.

Aussi, quelquefois, pousser une porte vous entraîne dans un monde parallèle ou l’important n’est pas d’avoir mais d’imaginer, de pénétrer dans un univers magique ou les cueillettes immémorables donnent corps aux contes de l’enfance et à ceux que certaines fées modernes inventent encore et toujours…

DESTIN D’UNE BRINDILLE

Estelle au destin tout tracé par ses parents inquiets de l’avenir, ne voyait dans le droit qu’une géométrie implacable où les sentiers battus immuables ne se trouvent entourés que d’angles affutés, gardes sans folie des âmes rêveuses.

Pourtant, un jour, le long d’une avenue à la rigueur hausmanienne, dans cet univers mineralo-bitumeux, une minuscule pensée blanche attira l’attention de notre héroïne.

Cette fleur était le symbole d’une vie, certes fragile, mais assez forte pour s’imposer dans un environnement a priori hostile.

Une leçon majeure de volonté afin d’échapper à cette règle implacable : L’ordre est d’or et l’épanouissement manque d’argent !

Pourtant ! Pourtant, quoi de plus important ? Réussir véritablement ne serait-il pas réussir son retour aux sources ? Appréhender sa vie en passion, en savoir-faire, en conscience manuelle, intellectualisme du geste ?

Tout quitter pour les forêts de Pontarlier, respirer, s’inspirer, imaginer au milieu des sapins aux souvenirs enfantins et de certains feuillus dont les branches fiérement dressées abandonnent quelquefois un peu d’eux-même au service des fées.

Ne rien arracher, ne rien couper, simplement récolter et c’est ainsi qu’Estelle découvre une brindille au destin singulier :

Dernière née d’un père plus que centenaire, c’est lors d’une tempête d’hiver qu’elle se décida à se détacher de la sève familiale, trop rigide et tortueuse pour une brindille dans l’air du temps…

… s’offrant tour à tour au mistral, tramontane, sirocco, libeccio, autant et levant, elle atterrit voici 50 ans en couverture des magazines, silhouette longiligne et triste mine du Swinging London, pour encore s’échapper, s’envoler et enfin revenir, desséchée auprès de ses parents.

Tout était dit jusqu’à cette rencontre fortuite lors d’une chasse végétale : baies, fruits défendus, mousses, lichens, lierre, pommes de pins, peau de bouleau et fleurs pétrifiées d’être desséchées… immortelles.

Une fois dans l’atelier, Estelle scie, soude et structure sa récolte nature, sublimant ce que beaucoup voyaient comme insignifiant.

Naissent alors cages à oiseaux, princesses, bracelets et couronnes d’ingénues, jardins de souvenirs, vitrines enchantées et compositions variées pour hôtels distingués, grands horlogers, banquets et jeunes mariés.

Une sortie de route salvatrice en chemins de traverse inspirant une autre façon d’appréhender le monde dont Estelle diffuse par une série d’ateliers la simplicité des éléments et la beauté du geste.

Une thérapie de l’art originel qu’elle a exportée jusqu’au Japon et un goût de faire par soi-même dont les petits secrets seront bientôt dévoilés dans un livre à sortir en avril prochain.

Une atmosphère à part où l’humain renoue avec la nature, comme Estelle et la brindille, dans une métamorphose avide de liberté, union parfaite, intime communion, qui invite à vous demander : Dis-je on ?


Estelle Meunier, végétal designer : http://www.destin-brindille.com

Magasiner en nouveautés

La rentrée est arrivée, tristesse pour certains, joie de retrouver un train train quotidien douillet pour d’autres.
Les habitudes ont quelquefois du bon surtout quand elles sont un peu bousculées par quelques nouveautés qui renouvellent le cycle journalier.

Le shopping n’échappe évidemment pas à cette règle, et les boutiques tournent, entres celles qui disparaissent, par les aléas de l’offre et de le la demande ou par une attitude « petit poucet présomptueux », et celles qui apparaissent par la magie de leur savoir-faire et la diversité de leur offre séduisante.

Dijon Design vous présente les jeunes boutiques de la fin du printemps et de l’été, pour y trouver votre bonheur et ainsi leur porter chance et leur permettre de durer.

Avant tout les plaisirs de la bouche…

Délices d’Alger – 75 rue Vannerie

Pour les nostalgiques des vacances rien de tel qu’une échappée en pays coloré et sucré à souhait pour s’évader de nouveau.

Dès la vitrine c’est une atmosphère particulière qui vous accueille, du vert, du rose, des cornes de gazelle, des zlabias torsadés au miel… Saveurs d’amande, de cannelle, de miel, de pistache et de dattes, dont le propriétaire, Mourad, a fait depuis quelques années le commerce sur tous les marchés dijonnais, de Chenôve aux grésilles.

Aprés l’ouverture d’une boutique au 145, avenue Gustave-Eiffel c’est au tour du centre-ville de profiter de ces patisseries à la palette voyageuse.

Pralus – 78 rue de la Liberté

Plus près de nous mais tout aussi chatoyant, les produits traditionnels de la boutique Pralus, qui ont fait la renommée de la région lyonnaise, arrivent enfin à Dijon.

Et déjà c’est un succès, les files de clients ne cessent de s’allonger pour profiter des chocolats, des barres de nougats multicolores et de la Praluline, une brioche aux pralines, concoctée en direct, devenue un classique de la pâtisserie française.

Créée en 1955 cette douceur a le mérite de fondre dans la bouche tout en croquant sous la dent, tandis que l’oeil se régale à l’avance de cette rose invitation.

Marc Ogé – 45 rue Jean Jacques Rousseau

Après le sucré, le salé, afin d’ennoblir encore les crus bourguignons et d’accentuer le plaisir de la dégustation.

Marc Ogé, c’est la bonne idée d’une boutique dédiée aux plaisirs de l’apéritif, de la convivialité, de la diversité pour changer des cacahuètes et des éternelles gougères, savoureuses mais à l’originalité limitée.

Ici, les mariages sont multiples entres fromages frais, compotées, épices, pour amuses bouches tendances art de vivre et healthy food, joie des rencontres et esprit vegan.

Le club Tofu-Feta, voisine avec les verrines betterave-fromage blanc-curcuma et des soupes comme un raffraichissement ou un réchauffement sympathique.

Club Tofu-Feta

Autant de grignotages plaisirs qui obligeront peut-être certains à changer de garde robe…

Heureusement l’été, quelquefois capricieux, a pourvu en nouveaux étalages d’objets de sacralisation personnelle.

Scotch & Soda – 63 bis rue du Bourg

Déjà présente chez Paula Coste, qui a fait le gros du travail à Dijon pour sa notoriété, cette marque hollandaise arrive en ville avec son attitude décontractée tout en revendiquant un esprit « couture » mixte et intergénérationel… Pas de jaloux tout le monde est à  même enseigne.

L’esprit se veut une philosophie et l’influence des quatres coins du monde vous offre de quoi concocter une tenue pour le prix d’un voyage d’une semaine tout compris.

Un choix cornélien entre liberté et apparence…

Paul Marius – 15 rue Piron

Autre franchise a avoir ouvert une boutique à Dijon en période estivale, le maroquinier Paul Marius se veut vintage et franchouillard.

Originaire de Rouen cette marque à la patine parfaite offre aux quatres coins de la France le fleuron de ses vaches en sacs et accessoires en peau.

Pour la rentrée les cartables sont les stars mais les sacs, besaces et serviettes, pour femmes et hommes, de toutes tailles, et aux couleurs naturelles ne seront pas en reste au bureau.

Les prix sont raisonnables, l’esprit rétro enviable, reste à savoir si le rythme quotidien aura raison de leur robustesse affichée.

Voilà donc cinq nouvelles boutiques à essayer et à s’échanger les plus ou moins bons ressentis.

Beaucoup ont fait leur preuve et leur mérite est d’afficher une personnalité qui donne envie rien qu’en passant devant leur vitrine.

Produits réguliers ou à conserver, la rentrée est prometteuse d’une nouvelle année active de désirs.

Les Hauts Graphismes

Manière d’exprimer, signe d’un caractère, ligne affirmative ou frontière, le trait est marqueur d’une personnalité qui se distingue.

Morgane Poillot porte haut ce tracé créatif, graphisme mordant aux calmes aplats relevés d’un trait d’humour, elle nous invite à siroter une moutarde de Dijon bien fraiche et à suivre la noire silhouette d’un « Narvalo » mi-cachalot, mi-mec, créature caricature d’un trait d’esprit.

Sérigraphies « Black Night » et « Narvalo »

Une passion originelle de l’image qui permet à Morgane, graphiste et illustratrice free lance, diplomée de l’ENSA de Dijon, de faire le lien entre le léger et le sombre, le puissant et le délicat, le design graphique et l’art.

On perçoit dans ses réalisations l’infuence des découpages de couleurs pures de Matisse, des motifs d’une fraicheur indémodable du Groupe Memphis, codes graphiques des années 80 digérés par l’insconscient collectif, et des illustrations et sérigraphies de Warhol, précurseur d’une création attrayante, boosteuse de consommation.

Batgirl #2

Le créateur du Pop Art se trouve être le parrain spirituel de tous les artistes et graphistes qui depuis une dizaine d’années, nous permettent, grâce aux boutiques en ligne telle Etsy, de dénicher l’originalité et d’affirmer notre identité dans le partage et le mécénat convivial.

Des foires artisanales digitales qui, relayées par les réseaux sociaux, permettent ponctuellement des interactions entre créateurs et consommateurs par le biais de boutiques éphémères comme le Sunday Market de Dijon, un espace mouvant de ventes privées organisé au moins une fois par trimestre.

Impression graphique sur Tote Bag

Les Hauts Graphismes s’y distinguent ne serait ce que par le logo solaire de ce marché de créateurs nomades pour la plupart issus des régions Bourgogne-Franche-Comté et lyonnaise.

Tous ont en commun cette alliance de la nouveauté et des techniques artisanales qui donnent un supplément d’âme aux coups de coeur.

L’ordinateur apporte la facilité de la réalisation des idées quand le papier et l’encre leur donnent vie, une double expression artistique du graphisme et de la technique d’impression.

Morgane utilise la linogravure, proche de la gravure sur bois, et la sérigraphie, technique de pochoirs, un mode d’expression texturé qui permet une impression sur tous les supports avec la garantie de couleurs intenses et profondes.

Carnets A6, reliure japonaise faite à la main, couverture en carton imprimé par linogravure

Ainsi, toutes les tendances graphiques, du flat design (Formes simples et couleurs saturées), au nouveau rétro (Motifs géométriques inspirés des premiers jeux vidéos) en passant par la pop culture (Bowie tendance Alladin Sane), bénéficient de l’usage ludique de ces techniques d’impression, amplificateurs de la fraicheur des créations de Morgane.

Bowie par le photographe Duffy, revu et graphé…

Le pop des badges, le miroir de la girlie assumée et lookée, la sérigraphie de murs stylés et les carnets graphiques effet usé, affirment cette fantaisie maitrisée de styles divers qui entraîne vers l’affirmation de soi-même.

Une identité que les Hauts Graphismes proposent déjà aux particuliers, aux entreprises et aux associations, entre création de logo, d’identité visuelle, de flyers et d’affiches comme pour le prochain music’festival « Vacarm le rouge« , les 7 et 8 juillet à Venarey-les-Laumes, atmosphère « Pirate des caraïbes » pour trésors de bon son, de pétanque et d’humour, coloré à souhait !

 

Atelier f. – Scénographie végétale

Après le cheval le végétal ne serait-il pas la plus belle conquête de l’Homme ?

Entre le fier destrier et la couronne de laurier les puissants y gagnent une gloire qui perdure, sacralisation de leur ingéniosité à contrôler l’eau et les plantations, des jardins suspendus de Babylone à ceux de Versailles.

La verte nature se maîtrise, s’harmonise et s’humanise, source d’inspiration de textes fondateurs et songeurs, bibliques ou féériques, contes et légendes, du jardin d’Eden aux arbres joyaux d’Aladin, des légendes Arthuriennes de la forêt de Brocéliande au Livre de la jungle.

Pouvoir, symboles et fantaisie font prospérer le champ d’une imagination à l’ornementation quasi infinie.

Une Haute Création credo de deux jeunes femmes aux univers complémentaires.

Après des études aux Arts Décoratifs de Paris, département scénographie théâtre, Marion, fleuriste free lance et Léa, mécanicienne spécialisée en machinerie, ont réuni leurs compétences pour créer Atelier f.

…f comme … forêt, feuille, fleur, fruit d’une délicate technicité, travail d’Atelier, nourri du savoir-faire artisanal et mûri de notre époque avide de rêves.

Réalisation de la vitrine de la boutique « Noir Animal » en 2015 – Un travail de création et d’artisanat qui nécessite un mois de préparation pour une journée de montage

Un travail dans la lignée des créations Haute Couture dont les petites mains ornent les corps, comme l’espace de présentation, d’une identité maison qui s’affirme dans la démesure d’une riche nourriture pour réseaux sociaux affamés : murailles d’orchidées monochromes (Dior 2012), fleurs automates (Chanel 2015), bois de lucioles pour bal frivole (Dior 2017).

Un objet de communication qui affirme la personnalité du commanditaire par des créations florales, à la ligne, au style et aux unions originales.

Marion et Léa, par leurs scénographies aériennes, apportent une insoutenable légèreté de paraître qui envoie aux orties les lourdes compositions florales inspirées de la pâte meringuée de certaines robes de mariée.

Rideau végétal pour mariage au Temple protestant de Dijon

Une imagination qui demeure en apesanteur tout en restant simple et naturelle, les éléments glanés (bois, mousse, feuilles, lierre) et les bois torturés (Noisetier, saule) se mêlent aux fleurs fraiches pour un instant ou aux notes précieuses pour plus longtemps, vie d’une campagne se retrouvant en vitrine, quand la plume effleure à nouveau l’écorce brodée.

A Dijon, la boutique « Noir Animal » présente à plus d’un titre la dualité du brut et du précieux, magnifiée par l’Atelier f. en carbone taillé et fleurs dorées, au service d’une image qui ne se veut pas toujours sage.

Du caractère végétalisé qui affirme l’évidence d’une dramaturgie ciblée, du lys suspendu aux lèvres d’une pureté mariale au charbon d’os appelé noir animal.

Une touche légère et inspirée offerte aux particuliers, sociétés, magasins, hôtels, restaurants et artistes en harmonie d’idées créatrices à Dijon, où Atelier f. est basé, mais aussi dans toute la France.

Léa et Marion ont créé un microcosme de savoir-faire, kokedama* passionné, dont l’humus fertile se répand là où leur fantaisie printanière peut faire germer la beauté.

Beauté scénique avec le groupe « Facteur chevaux » aux scènes atypiques  (Grottes, jardins, églises) et aux textes taillés (If le grand if), et beauté du geste, de partage et de relais, avec des ateliers en milieu scolaire, du terrarium de primaire au « Land Art » de lycée.

Facteur Chevaux

Atelier f. fertilise l’imagination par des réalisations qui la surpasse et apporte une fraicheur d’idées à faire grandir tous les univers.

*Kokedama : boule de glaise au riche substrat qui permet de faire vivre une plante, entourée de mousse pour conserver l’humidité.

Atelier f. – scénographie végétale – Marion Perrichet & Léa Mathé – atelier.f.scenographie@gmail.com

Minini Fleuriste – 30 rue Chaudronnerie

Comment définir le luxe ?

Par la surenchère ? Par le « bling-bling » ? Par le tapage d’objets censés vous crédibiliser aux yeux des autres ?

L’argent ne répond qu’en partie à la définition et la facilité des logos n’apporte bien souvent que la lumière artificielle d’une époque qui privilégie le virtuel au détriment du naturel.

Et pourtant !

Le véritable luxe est souvent ce qui se laisse oublier, le savoir-faire d’exception devient l’évidence, l’élégance invite le paraître à révéler l’être, et la simplicité se révèle plus que jamais dans la maîtrise du geste d’artisans chevronnés.

Le luxe est un travail manuel de longue haleine pour acquérir et obtenir la perfection de l’instant.

Tous les métiers (Restauration, alimentation, mode, joaillerie, fonderie d’art, ébenisterie…) sont concernés par cette recherche de la qualité, couronnée tous les trois ans par le concours du Meilleur Ouvrier de France qui depuis 1924 allie le respect des traditions à l’innovation.

Avancer sans rien renier pourrait être la devise de ces lauréats de l’excellence.

Parmi eux, Isabelle Minini, reconnue par ses pairs en 1997 dans la catégorie « Art Floral ».

Une satisfaction et surtout le plaisir d’un métier qui n’a pas toujours la délicatesse de ses objets, les lourdes charges, les horaires matinaux et le froid, demandent une motivation extrême, à l’image des métiers de bouche, entre rigueur et témérité.

Une force qui s’explique par le soutien indéfectible de sa famille et particulièrement de son père, l’artiste Jean-Marc Minini, qui a tout fait pour lui garder cet équilibre essentiel, loin d’une aventure parisienne un moment envisagée.

Ce concours a été le remerciement à cette confiance filiale qui lui a permis d’ouvrir en 1986 la boutique « Fiorella » à Fontaine-lés-Dijon et il y a 17 ans celle actuelle, à Dijon, dans le quartier des antiquaires.

De cette confiance émerge la volonté de ne pas être simplement marchande de fleurs mais décoratrice florale dans toute sa technicité.

Un travail de l’éphémère qui trouve sa constance dans l’univers créatif paternel et dans cette campagne de l’enfance où les fleurs invitent à butiner le destin.

Des racines solides et le goût de l’aventure sans fioriture.

Ici vous ne trouverez pas de petits bouquets étriqués noyés d’accessoires, Isabelle prône l’éthique de la saisonnalité, de la fleur de jardin qui seule apporte l’émotion du moment.

Un goût de l’authenticité et de la matière qui lui permet de montrer son travail dans de nombreuses expositions internationales.

Son style inimitable transforme le bouquet en geste, dans le respect de la fragilité et du sens de la pousse, autant de facteurs qui peuvent transformer la fleur fraîche en tableau vivant.

Une démarche artistique inspirée du savoir-faire de ses « concurrents », des norvégiens, belges et allemands qui ne gardent que l’essentiel en travaillant le végétal avec respect, aux japonais et thaïlandais dont les structures de bout de bois transportent les fleurs en « Land Art« , une tendance de l’art contemporain où la nature devient objet et non plus simplement sujet.

Isabelle trouve en ces voyages l’équilibre de la liberté pour elle même et ses créations, de l’épure des paysages japonais à la fraîche forêt tropicale des landes écossaises révélant des sculptures de lichens.

Revenue à Dijon il faut lutter entre sa volonté de nouveauté et les exigences un peu trop sages de la clientèle, privée ou d’entreprise, pour qui les fleurs sont le luxe d’un instant.

C’est toute la difficulté d’offrir une exception éphémère à un événement dont seule une image perdurera même si l’émotion du moment n’a pas d’égale.

L’art floral propose un condensé de vie quand beaucoup voudraient voir l’éternité.

C’est pourquoi, de plus en plus, les fleurs fraîches laissent la place aux fleurs en tissus, dont certaines conçues par des fleuristes, d’une merveilleuse réalité.

Isabelle les traitent comme des sculptures, là où elle octroie aux fleurs fraîches le geste du peintre, les fleurs en tissus apportent de la profondeur, entre malléabilité nouvelle et fragilité apparente.

Elles se prêtent ainsi à toutes les fantaisies jusqu’à la réinterprétation des Grands Maîtres.

Challenge du temps, d’un mot et de la matière que le musée Magnin a lancé à Isabelle Minini pour son actuelle exposition « L’ordre de l’éphémère. Représentation de fleurs anciennes et contemporaines« .

Les fleurs modèles ne sont plus depuis longtemps, ne demeure que leur image arrivée jusqu’à nous depuis les ateliers des peintres néerlandais du XVIIe siècle et les salons bourgeois du XIXe.

En comparaison, c’est une oeuvre de l’instant, virevoltant bouquet au naturel, qui nous accueille. Appelée à durer cette composition fige l’éphémère tout en maintenant l’émotion.

Une touche de vie, de beauté et d’imagination inspirée, et non copiée, des oeuvres exposées.

Elle permet, entres autres, de préserver le geste d’une ouvrière de l’excellence, d’une artiste du présent, d’une coloriste innée, qui laisse respirer la nature pour la magnifier.


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