Musée d’Art Sacré – 17 rue Sainte Anne

Ralliez-vous au dôme de cuivre vert, surmonté d’un globe à la croix dorée, pour trouver l’un des musées de la ville de Dijon le plus spirituel et magique qui soit à un mois de Pâques.

Musée d’Art Sacré – Eglise Sainte Anne – XVIIe siècle

L’église Sainte Anne, sainte patronne de Dijon, était le sanctuaire du monastère des Bernardines qui abrite aujourd’hui le musée de la vie bourguignonne.

Classée monument historique en 1945, et depuis désaffectée, elle est le réceptacle du musée d’Art Sacré, créé en 1979, afin de recevoir les objets ayant pour but l’expression du sacré.

Objets qui ne trouvaient plus leur place après Vatican II, où qui pouvaient être exposés, notamment dans les campagnes, aux vols qui se multipliaient alors.

Musée d’Art Sacré – Intérieur de l’église Sainte Anne – Autel en bois et marbre polychrome réalisé par le sculpteur dijonnais Jean Dubois (1625-1694)

Dijon est l’une des première ville à se préocuper du sort de ces objets, passant du cultuel au culturel.

Son créateur et premier conservateur est Jean Marilier (1920-1991), chanoine de la Cathédrale de Dijon, historien, médiéviste et conservateur des Antiquités et Objets d’Art de la Côte-d’Or (1970-1988).

Son travail considérable permet d’embrasser du regard neuf siècles, du XIIe au XXe, de l’art sacré en Bourgogne et de suivre à travers la peinture, la sculpture, l’orfévrerie, le mobilier et les ornements liturgiques l’évolution du goût et du culte souvent très différent de celui pratiqué de nos jours dans les églises catholiques.

Vierge à l’enfant, anonyme, bois polychrome, XIVe siècle, provient de l’église de l’Assomption de Vandenesse-en-Auxois

Le musée met aussi l’accent, par des objets et des panneaux éducatifs, sur la vie des moniales de différentes congrégations (Bernardines, Carmélites, Cisterciennes…), leur quotidien entre pratique religieuse et les différentes activités, dont l’éducation des jeunes filles.

Mais regardons d’un peu plus près certains objets, choisis pour leur histoire, leur aspect curieux ou ludique, pour leur richesse ou simplement pour leur beauté.

Commençons par Le petit roi de Grâce qui provient du Carmel d’autun.

Le petit roi de Grâce entouré d’ex-voto, plâtre peint, drap d’or, fourrure, pierres précieuses, verre taillé, perles, métal doré et bois, XIXe siècle, provient du Carmel d’Autun

Cette figure enfantine, aux traits d’un beau poupon richement vétu, trouve son origine au Carmel de Beaune dont les moniales, et particulièrement la fondatrice Marguerite du Saint-Sacrement, ont beaucoup prié pour que la Reine Anne d’Autriche, après 22 ans de mariage, ait enfin un Dauphin à offrir à la France.

Voeux exaucés le 5 septembre 1638, ce qui vaudra à ce Carmel les largesses royales .

Marguerite du Saint-Sacrement fera alors rayonner l’esprit d’enfance, entre le prince appelé à régner et le roi éternel, Jésus, créant une figure nouvelle dans la vénération christique.

Nous retrouvons ici l’une de ces figures, datant très certainement des débuts de la Restauration, qui a fait l’objet de dons et d’ex-voto, particuliérement de Croix de la Légion d’Honneur.

Dualité étonnante, de l’offrande d’un ordre à l’origine militaire, afin d’obtenir des grâces auprés de l’image du rédempteur des plaies du monde.

Autre curiosité, mystique : Un Paradis sous vitrine. Représentation miniature, où huit novices et quinze professes vaquent à leurs activités quotidiennes tandis qu’à une échelle sur-humaine, qui marque la supériorité divine, une Crucifixion domine le paysage bucolique.

Paradis, verre filé, verre soufflé, terre cuite, papier, bois, coquillages, végétaux séchés, gravure sur papier découpée et collée, XVIIIe et XIXe siècles, Provient du Carmel de Dijon puis de Beaune

Allégorie étonnante, entre le rêve spirituel et l’objet d’une foi ardente, à la représentation très médiévale, même si nous sommes au XIXe siècle, la grotte de Lourdes étant représentée juste au dessus de la Vierge.

Plus quotidien dans la pratique du culte, un fer à Hosties du XVe siècle, un outil au combien utile dans une congrégation.

Fer à Hosties, acier forgé et gravé, XVe siècle

On note aussi la présence de nombreuses reliques dont l’Eglise a abandonné l’usage lors des différentes réformes religieuses.

Reliquaire d’une côte de Saint Bernard, Abbaye de Clairvaux

Des meubles entiers sont les présentoirs de ces ossuaires mystiques.

Présence aussi de nombreuses statues de saints, de différentes époques mais toujours d’une grande qualité qui en a fait classer bon nombre par les monuments historiques.

Saint Sébastien, anonyme, bois polychrome, XVIIe siècle, Provient de l’église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon

Une bonne façon de les préserver des pilleurs-revendeurs.

Le musée d’art sacré expose aussi des objets liturgiques et de piété d’une grande richesse, par les matériaux et l’ornementation.

Dans le choeur des religieuses, la présentation particulièrement somptueuse de l’orfévrerie, par époque, permet de marquer l’évolution de la manière.

Orfévrerie, XIXe siècle, ciboires, burettes et plateaux, calices et paténes, argent et laiton doré

Se trouver face à ces vitrines étincelantes montre toute la magnificence et le décorum que l’Eglise, jusqu’au milieu du XXe siècle, a mis en place pour marquer le sacré de la plus belle des façons.

Prestige des métiers d’art qui a permis de faire vivre de nombreux artisans, tout en perpétuant des savoir-faire que des objets moins voyants n’auraient pas portés aussi haut.

Non loin de ces cascades de cristal et d’argent doré, on peut apercevoir l’objet le plus délicat du musée.

Un crucifix, avec son écrin d’origine, que le Pape Alexandre VII a offert à l’ex-Reine Christine de Suède qui venait de se convertir au catholicisme auprès du Souverain Pontife.

Crucifix dit de Christine de Suède (1626-1689), Reine de Suède (1632-1654) ; cristal de roche, coquille de coco, améthyste, rubis, diamant, lapis, agathe sardoine, or ; Italie, XVIIe siècle ; Provient de l’hôpital général de Dijon

Lors de son retour de Rome, la Reine Christine passe par Dijon, le 27 août 1656, reçue selon son rang et assez ravie de cet accueil pour l’offrir à un ecclésiastique, aujourd’hui inconnu, qui le revendit rapidement à l’Abbé Montcrif, chanoine et doyen de l’Evêché d’Autun.

On en perd ensuite la trace, pour le retrouver en 1742 acheté par Claude Joly, prètre de Saint-Nicolas de Chatillon, dont le petit-neveu hérite bien des années plus tard pour enfin l’offrir, en 1859, à l’hôpital général de Dijon afin d’être placé, à perpétuité, a proximité du tombeau du Bienheureux Bénigne Joly.

La perpétuité s’est éteinte dés le début du XXe siècle, pour des raisons de sécurité aux vues de la richesse de l’objet, et ce n’est que depuis 2012 que ce crucifix, papal et royal, est à nouveau visible, tout en étant toujours la propriété du CHU de Dijon.

Que de belles histoires ce musée ne recèle-t-il pas ?

Voyagez en Bourgogne sur le mode liturgique, découvrez le sens premier des objets cultuels et ressentez l’évolution des pratiques et des sensibilités religieuses.

Car le sacré, alliance de l’inaccessible et de l’espoir, porte en ce musée la clé de bien des bonheurs.

Le premier est de retrouver, par l’image, un principe essentiel de toute croyance : le sens des valeurs.

Jacques 1er Laudin, La charité de Saint Martin, Limoges, émail sur cuivre, après 1650, Dépot du Musée des Beaux-Arts de Dijon, collection Dard

Le musée d’Art Sacré de la ville de Dijon est classé Musée de France.

L’entrée est gratuite et ouverte tous les jours, sauf les mardis, ainsi que les 1er et 8 mai, le 14 juillet et les 1er et 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier

Les Péjoces – 239 rue d’Auxonne

Les Péjoces est à Dijon ce que le Père-Lachaise est à Paris, l’illusion d’une gloire posthume se mesurant à l’ampleur et l’ornementation de ces chapelles privées dont l’actuel abandon relativise cette ambition.

Ce cimetière, créé en 1885, s’étend sur un parc de 30 hectares, alliance du végétal et du minéral assez agréable pour permettre aux vivants de sacrifier au rite social de la Toussaint, hommage annuel à leurs défunts.

Le reste de l’année, le calme du lieu n’est rythmé que par les nouveaux venus accompagnés des pleurs qui en s’éloignant ne laissent inscrit dans le marbre que l’identité sommaire de celui qui a fait leur joie.

Les sépultures plus anciennes gagnent d’une époque aux mémoires d’outre-tombe la bataille du souvenir et de l’implacable oubli en interpellant le passant pour une prière, un moment de recueillement ou par une anecdote, dialogue de chair à pierre ou le mélancolique promeneur apporte le battement d’un coeur quelques minutes partagé.

Une terre nourrie d’émotions, de sentiments et d’amour pour la plupart à jamais enfuis sous la peur de notre propre disparition, ironiquement symbolisée par la lente décomposition des chrysanthémes.

Certaines tombes expriment bien plus, en hommage à une vie de gloire, de réussite ou de passions, qui les transforment en monuments d’une exception dont le souvenir habite notre quotidien.

Edifices des grandes familles aux noms gourmands (Mulot & Petitjean, L’Héritier-Guyot), de dix-sept maires de la ville de Dijon, de l’ingénieur Darcy et des soldats français, allemands, russes, italiens, belges et du Commonwealth morts pour leur patrie lors des conflits du XXe siècle, particulièrement la Grande Guerre.

Un jardin de recueillement qui appelle à la sensibilité telle cette pierre isolée nourrie de ces mots :

Les anges … composent tes chants, mélodieux murmure / Qui s’échappe du coeur par le coeur répondu, / Comme l’arbre d’encens que le fer a fendu / Verse un baume odorant le sang de sa blessure ! / Aux accords du génie, à ces divins concerts, / Ils mêlent étonnés ces pleurs de jeune fille / Qui tombent de ses yeux et baignent son aiguille, / Et tous les soupirs sont des vers ! *

Poème épitaphe d’une lingère dijonnaise, Antoinette  Quarré, qui fait partie de cet essaim chantant de jeunes filles issues des rangs populaires, encouragées par les grands poètes à dépasser leur labeur quotidien pour s’élançer dans la carrière à un rythme tel qu’elles se heurtèrent très tôt contre la tombe.

Antoinette Quarré, née le 16 janvier 1813 à Recey-sur-Ource et morte le 25 novembre 1847 à Dijon

Ces années romantiques (1815-1848) sont les prémices d’une lutte des classes où la plume permet de sortir de l’aiguille, Elisa Mercoeur s’attire ainsi les louanges de Chateaubriand, Musset et Hugo tandis qu’Antoinette Quarré reçoit les encouragements d’Alphonse de Lamartine par cet épître dédié en août 1838 * »A une jeune fille poète » (Paru dans « les Troisièmes méditations poétiques » – 1849)

Une distinction qui lui ouvre les portes des salons de Dijon et de publications bourgeoises comme le « Journal des demoiselles« .

Aujourd’hui ces écrits peuvent être jugés sévèrement, évoquant les envolées lyriques de Walter Scott et les lointains prémices d’une Barbara Cartland dont le succès n’a eu d’égal que la mièvrerie :

Puis je voudrais avoir, au rang de mes conquêtes, / Des héros, des vainqueurs, beaux de gloire et d’amour, / Des princes conviés à mes brillantes fêtes, / Et des rois à ma cour.

Mais, pour tous ces amants insensibles et sévères, / A celui que j’aimais gardant toujours ma foi, / Aimante avec lui seul, avec les autres fières, / Je serais toute à toi !

(Extrait « Elégie« )

Pourtant ces poèmes dénotent, sous couvert d’un romantisme certain, un point de vue féminin aux préoccupations maternelles sensibles, une nouveauté amorcée par Antoinette, lettrée du monde ouvrier, et qui ne connaitra son épanouissement qu’à la fin du siècle :

Que de fois j’ai rêvé, seule, hélas ! sur la terre, / Un ange aux blonds cheveux qui me nommait sa mère, / Un enfant blanc et rose entre mes bras couché, / Jeune être souriant au soleil, à la vie, / Unique et cher espoir de mon âme ravie, / Trésor où mon amour se serait épanché !

(Extrait « Un fils« )

Cette fraicheur de vue, le soutien de Lamartine et les hommages à la famille royale, des Orléans, ont permi l’ouverture d’une souscription, ancêtre du financement participatif, à laquelle 263 notables du département  répondirent en 1843 pour l’édition d’un recueil de quarante de ces poésies.

Y figure l’extraordinaire remerciement à l’épître de Lamartine : (Extrait)

Oh ! Qui m’eût dit jamais, quand de tes chants ravie, / Recueillant tous les sons de ce luth immortel, / De mon coeur qu’enivrait ta sainte poésie, / A ton harmonieux et sublime génie / J’avais fait un autel ;

Quand, au sein de ce monde, où le malheur isole, / Ton livre, confident de mes chagrins divers, / Etait pour moi l’ami, dont la tendre parole / A toutes nos douleurs se mêle, et nous console / Des jours les plus amers ;

Constat étonnament moderne d’une solitude besogneuse qui deux siècles plus tard trouve plus d’un écho, à la différence que la culture et le talent n’y peuvent rien changer.

D’abord inhumée dans un cimetière qui se trouvait près de l’actuelle Avenue Victor Hugo, ses cendres furent transférées au cimetière des Péjoces dans ce monument érigé après souscription auprès de ses nombreux admirateurs

C’est ainsi que devant ce monument aux vers salvateurs, s’entrechoquent les époques, les esprits et les rêves pour une rencontre qui se fait l’écho parfait, amitié rimée, d’une « Visite au cimetière » : (Extrait)

Salut ! champ des tombeaux ! terre paisible et sainte, / De larmes arrosée et d’espérance empreinte ! / Qu’un autre en t’abordant pâlisse avec effroi, / Qu’il se trouble et s’enfuie, il peut trembler; mais moi, / Moi dont la vie, hélas ! a perdu sa chimère, / Pour qui le pain est dur et l’espérance amére,

Dont le coeur, tout aimant, trahi dans son amour, / N’a plus de doux liens qui l’attachent au jour, / Et dont l’âme, en ces lieux étrangère, exilée / Comme l’aigle des monts captif dans la vallée, / Soupire avec ardeur vers un destin nouveau, / J’aime à venir ici réver sur un tombeau.   

Terre de Lune – 36 rue Amiral Roussin

Aller voir l’ailleurs, rêver de « là-bas », explorer la face cachée… demande de la hauteur à différents degrés :

Technologique, depuis les années 60, à vivre en ce moment avec l’astronaute de l’Agence spatiale européenne, Thomas Pesquet, qui satellise les réseaux sociaux par l’image de notre vaisseau spatial et par ses sages paroles « La beauté de la planète rayonne dans la nuit. Elle est tellement belle, il faut la faire durer le plus longtemps possible. Il faut la protéger« .

Mystique, à la symphonie des chants d’Hildegarde de Bingen, une abbesse bénédictine rhénane du XIIe siècle, compositrice de plus de soixante-dix chants, hymnes et antiennes (« Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum« ), auteur d’ouvrages de théologie, issus de ses visions et de médecine qui prônent l’image globale de l’être humain : corps, âme et esprit. Une approche très contemporaine entre alimentation choisie et énergie vitale.

Se découvrir au-dedans et au-delà en un espace voyageur, telle est la philosophie de Terre de Lune.

Un concept store dont les mélanges construisent la personnalité dans une ambiance métissée et colorée, vibrante d’une énergie apaisante.

Isabelle, sa fondatrice, y propose son goût et ses principes de vie : « Le beau contribue à la paix intérieure ! »

Par les odeurs, l’encens qui permet en un instant de passer de la rue à un univers serein, bougies parfumées, mélodie d’Arménie, naturel indien et purifiant benjoin.

Atmosphère de baba à bobo avec « Astier de Villatte », ses céramiques chics et sobres et ses odeurs plus ou moins lointaines, suivant l’histoire, la géographie ou la cimétographie du lieu, de Delphes et sa Pythie à Kobé et son fameux boeuf, des plages à fleurs d’Honolulu à Delphine Seyrig, mystérieuse Marienbad.

Une élégante façon d’humer l’inattendu jusqu’à l’eau de vaisselle… Snobisme quand tu nous tiens.

Les « Bougies la Française », offrent une ambiance plus terre à terre et colorée, au « coin du feu » couvert d’un  plaid « vanille cashmere » pour mois de janvier enrhumé, en rêvant d’une « Summer Party » au soleil des caraïbes.

En attendant soyez zen avec « Hypsoe par Gilles Dewavrin » et sa collection « Wooden », une épure olfactive addictive, en bougies et diffuseurs de parfum, pour cérémonie du thé et séance de yoga.

Se régénérer par l’odeur, tout comme votre intérieur depuis 1885 avec le « Papier d’Arménie », en classiques feuilles détachables pour désodoriser et depuis peu en bougies, odeur classique ou de rose, pour se reposer, enfin assaini.

Un rôle dévolu aussi aux huiles essentielles à diffuser dans la maison ou à saupoudrer dans vos assiettes, alliance de la gastronomie et de l’aromathérapie, le tout certifié agriculture biologique.

Thomas Pesquet l’affirme de haut « On voit des embouchures de fleuves très sales (…) On voit les coupes dans la forêt d’Amazonie. On voit l’activité humaine et ça fait vraiment réfléchir. »

Un retour au naturel, aux produits éternels, vital pour continuer la route.

Essentiellement grâce aux plantes comme avec « Les Fleurs de Bach » du nom d’un médecin homéopathe et bactériologiste qui a répertorié 38 fleurs correspondant chacune, selon lui, à un état d’esprit particulier. Ces élixirs à base de fleurs d’arbres et de fleurs sauvages ne soignent pas les maladies mais l’individu, en corrigeant ses émotions négatives.

Une manière de rétablir l’équilibre intérieur par voie orale et par une ligne d’eau de toilette et de gel douche sans savon.

Une vogue de la beauté traditionnelle tout en douceur avec « Graine de Pastel« , deux amies qui depuis plus de dix ans remettent au goût du jour cette plante médicinale et tinctoriale ancestrale. Une ligne de soins naturels et réconfortants fabriquée dans le Sud-Ouest de la France.

Même retour aux sources avec le savon d’Alep, ville de tradition, de culture et aujourd’hui de souffrances, ancêtre du savon de Marseille, un mélange d’huile d’olives et de lauriers, qui en fait le savon idéal des peaux sensibles.

Une harmonie du corps et de l’esprit que l’on trouve aussi chez « Aromandise » avec de l’encens, des senteurs à vivre et à boire, café vert, thés et tisanes bio qui rendent hommage à Hildegarde de Bingen et à sa grande connaissance de la pharmacopée, par les plantes mais aussi les minéraux.

Terre de Lune propose un ensemble de pierres fines à utiliser en lithothérapie, une médecine douce se servant de l’énergie des pierres pour rééquilibrer et réharmoniser l’ensemble du corps.

En pierres roulées ou en colliers, de lapis-lazuli ou de turquoise, pour être et paraître, looké en toute sérénité.

Merveilleuse caverne chinée pour Ali Bobo en goguette ethnique

« Reminiscence » nous rappelle d’ailleurs une valeur essentielle à une bonne harmonie : se plaire et séduire. Par ses parfums et ses bijoux en argent, pleins de fantaisie, cette marque affirme depuis 40 ans une certaine « charmothérapie ».

« Reminiscence » d’une Inde Moghol

Tout comme les bijoux artisanaux de « Ciclon » réalisés entièrement à la main en Espagne et ceux de « Satellite » dont chaque pièce, d’inspiration ethnique est unique.

A l’instar des étoles et sacs réalisés par « Epice« , un duo de designers danois qui conçoit chaque article comme une oeuvre d’art de fibres naturelles, tissés et imprimés en Inde, aux couleurs vibrantes.

« Epice », singulier comme vous !

Un amour des matières et du travail manuel qui permet de sauvegarder des emplois très qualifiés en France et en Europe.

Une démarche militante pour des objets de qualité et une dignité sauvegardée.

Les objets présents dans cette boutique répondent pour la plupart, quand ils sont réalisés dans des pays en voie de développement, à une démarche équitable.

L’occasion d’aider des peuples qui n’ont pas notre chance.

Que ce soit les croix et les Tours Eiffel réalisées avec du métal de récupération par des Haïtiens, qui subissent plus que d’autres le réchauffement climatique, ou des pintades symboles des femmes affranchies d’Addis Abeba en Ethiopie, qui leur permettent d’acquérir un statut social et d’avancer sans être soumises au mariage.

Autant d’exemples d’un métissage des cultures au service de l’harmonie, de l’entraide et du beau qui fait du bien, en une boutique qui vous emmène ailleurs pour mieux vous retrouver.

Eglise St-Michel – Place Saint-Michel

« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »

Phrase célèbre et digne du mélodramatique et génial André Malraux, même si il a toujours nié avoir prononcé cette sentence.

Pourtant, dans sa correspondance, prolifique, on peut trouver cette lettre de 1955 sur la question du fondement religieux de la morale :

« Depuis cinquante ans la psychologie réintégre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux »

Propos de son époque à mesurer aujourd’hui à l’aune de ce que nous vivons au nom de Dieu !

Néanmoins cette idée de morale prend de l’ampleur par les « manifs pour tous », où la joie d’affirmer sa vision étroite de la famille, relayée par le discours politique, de tous bords, et à tous degrés, de la bonne morale chrétienne aux saines valeurs républicaines.

Oui, nous sommes en perte de repéres alors que le but de chacun est souvent d’aller à la lumière, à l’amour, à la vie !

Des valeurs simples et vraies que l’on retrouve dans le discours d’une éternelle jeune fille aux écrits souvent mystiques, mais aussi universellement porteurs de tolérance et d’espoir.

A défaut d’un nouveau dieu, depuis le 16 octobre dernier Dijon accueille une nouvelle sainte, Elisabeth de la Trinité, déjà béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1984 et depuis canonisée par le pape François suite à deux miracles reconnus par l’Eglise catholique.

Elisabeth de la Trinité, Carmélite

Que l’on soit croyant ou non, c’est toujours un événement de voir une personne « normale », en l’occurence une fille d’officier, à la bonne éducation, douée au piano et qui aurait pu avoir une vie classique et confortable, faire le sacrificice, au début du XXe siècle, des joies terrestres par une volonté irrépressible d’entrer au Carmel et d’Aimer.

« Je vous en prie, marquez tout du sceau de l’Amour, il n’y a que cela qui demeure »

Sans transformer les églises en temples d’Eros, c’est une émotion universelle et certainement la seule morale acceptable face à une société qui a perdu le sens du respect et de la dignité.

Un rappel aux valeurs essentielles par une nouvelle sainte vénérable et admirable dans l’église de sa première communion, l’église Saint-Michel, construite fin XVe et début XVIe siècle entre un corps gothique et une remarquable façade de style « renaissance italienne » unique en France.

Un écrin toujours ouvert au culte, digne de trois objets d’art sacré offert à sa dévotion.

Dijon possède un musée d’art sacré réunissant les objets de piété et les ornements qui ne trouvaient plus leur utilité suite aux changements apportés par Vatican II, ou qui courraient le danger d’être volés pour être recédés à des amateurs d’art religieux.

C’est donc un second événement qui découle du premier, afin de le servir et de le propager, comme objet d’une foi renouvelée.

Trois objets, miroir de la Trinité qu’elle vénère et qu’elle incarne : Une châsse accueillant ses reliques, une statue symbole de sa bonhomie et de son âme apaisée et une icône, image mystique d’une vénération multipliable à l’infini.

La Châsse :

Ce coffret précieux recevant les reliques de sainte Elisabeth de la Trinité a été offert par les carmélites de France, ordre dont elle est issue, par le Carmel de Dijon, aujourd’hui implanté à Flavignerot.

Sa réalisation et son installation ont nécessité le talent de plusieurs artisans d’art au savoir-faire unique et souvent ancestral.

L’autel en pierre de 2,7 tonnes destiné à recevoir les reliques est l’oeuvre de l’entreprise Ducherpozat, basée à Fixin, maçons de père en fils depuis 1590 ce qui en fait selon le Guinness Book la plus ancienne famille de maçons au monde.

Une pierre de Chassagne extraite dans une carrière au sud de Nuits-Saint-Georges et taillée par Kevin Boudeau, un jeune compagnon effectuant son tour de France, qui a su allier la tradition de la taille au burin à la modernité, par la confection d’un tiroir recevant une plaque de leds pour illuminer la châsse par le dessous.

Service technologique à la lumière intérieure.

Socle de l’éclatante châsse en bronze doré, verre et émail réalisée par le sculpteur italien Stefano Borin, issu d’une famille de sculpteurs, peintres et décorateurs, de la région de Vérone, alliant l’amour des beaux-arts aux valeurs spirituelles.

Une oeuvre qui relie sa vie terrestre, par l’évocation de douze épisodes de la vie de la sainte, souvent tirés des nombreuses photographies qui nous reste d’elle, au message spirituel.

Cette châsse prend la forme d’une maison, une maison de Dieu (Signification du prénom Elisabeth en hébreu) afin de recevoir le reliquaire où figure le symbole du Carmel et le « Laudem Gloriae« , louange à la gloire de Dieu, en laquelle elle est incarnée.

Au sommet plâne la colombe du saint-Esprit, de laquelle émanent les rayons qui illuminérent toute la vie terrestre de la carmélite jusqu’à tracer sa mission de sainte.

« Je veux être sainte, sainte pour faire son bonheur. Demandez-lui que je ne vive plus que d’amour, c’est ma vocation »

Douze colonnes de verre marquent à chaque étape de sa vie la présence de Dieu.

Sa première communion, le 19 avril 1891, devant l’église Saint-Michel

De son baptême, le 22 juillet 1880 en passant par la mort de son père le 2 octobre 1887, sa première communion, en l’église St-Michel le 19 avril 1891, le premier prix du conservatoire couronnant ses talents de pianiste, son entrée au Carmel de Dijon le 2 août 1901, la rédaction, le 21 novembre 1904, de sa célèbre prière « O mon dieu, trinité que j’adore« , comme une offrande à l’amour, jusqu’à sa disparition le 9 novembre 1906 de la maladie d’Addison.

1893 – Une soirée dansante pour fêter le Premier Prix du Conservatoire

« Je vais à la lumière, à l’amour, à la vie »

L’entrée au Carmel le 2 août 1901. A la porte de la clôture elle se sépare de sa mére et de sa soeur

Elle passe ainsi d’Elisabeth Catez à sainte Elisabeth de la Trinité, par une vie courte et irréprochable mais surtout par de nombreux écrits, textes sacrés qui demeurent, selon son verbe favori issu du vocabulaire de saint Jean.

21 novembre 1904 – Dans sa cellule Elisabeth écrit sa fameuse prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore »

Outre ses lettres, Elisabeth a rédigé deux traités « Le ciel dans la foi » et « Dernière retraite » qui ont vite marqué les consciences ce qui a valu dès 1931 l’ouverture d’une première enquête en vue de sa béatification.

De là à dire que sa plume l’a amené au firmament du paradis…

La statue :

On retrouve cette idée de la page écrite qui s’envole dans la statue de la canonisation offerte par les carmélites de Flavignerot.

Une touche épistolaire et spirituelle dans ce portrait en pied, grandeur nature, qui se veut le plus proche physiquement de ce qu’était Elisabeth de la Trinité, le visage toujours souriant et apaisé, comme confiante dans cette Trinité qui orne, au niveau du coeur, son scapulaire : le cercle de la totalité divine, la croix du christ et la colombe de l’Esprit saint.

Vent de l’Esprit saint qui donne du relief aux premiers mots de sa prière, en lettres d’or : « Ô mon dieu Trinité que j’adore…« .

Cette figure de bronze patiné, réalisée dans la fonderie de Coubertin, impressionnante de par la taille et le calme qui en émane, est l’oeuvre de l’artiste Fleur Nabert, touche à tout de l’art sacré, du vitrail à l’orfévrerie en passant par le mobilier et le bronze, travail que l’on peut admirer dans la chapelle ND du Sourire à Lisieux et dans plusieurs cathédrales comme à Bruxelles, Metz ou Chartres.

A noter que comme Stefano Borin, l’auteur de la châsse, elle a travaillé au reliquaire de la famille Martin du sanctuaire de Lisieux.

Une union des talents artistiques pour sonder le Mystère divin avec passion et persévérance.

L’icône :

Depuis 1984, la bienheureuse Elisabeth de la Trinité a fait l’objet de nombreuses icônes.

En tant que sainte, la première a été réalisée par Alain Chenal, iconographe amateur, ingénieur de formation qui trouve dans cet exercice une forme de prière à partager avec tous, croyants ou non, à la recherche du sens de la vie.

Elle a été bénie le 8 novembre 2016 en l’église Saint-Michel et offerte à cette paroisse qui l’expose dans la chapelle Saint-André.

L’icône n’est pas un portrait mais une représentation de la personne intérieure, spirituelle, qui aide à pénétrer et célébrer le mystère divin qu’elle a approché, personnifiée en « Louange de Gloire ».

Elle apparaît au centre d’une mandorle de flammes, embrasée par l’Esprit saint tandis que la croix du Christ scintille sur son coeur et la fait rayonner.

En bas figurent le carmel de Flavignerot (A l’embléme de la croix et des trois étoiles symboliques) et l’église Saint-Michel qui font le lien entre la terre, le vert des grands espaces qu’elle appréciait tant et sa courbure qui lui donne son assise et la Trinité scintillante jusqu’à son auréole.

Elle est l’intermédiaire et l’incarnation de notre capacité à être aimable, aimant et surtout digne d’être aimé, malgré nos différences, subies et choisies.

L’intolérance n’est alors qu’une déficience humaine puisqu’Elisabeth porte en elle l’évidence d’un Dieu Trinité dont le père aime, le fils est aimé et l’Esprit saint est amour.


Oeuvres complétes, texte établi par le Père C. de Meester, Editions du Cerf


Renseignements à l’Espace Elisabeth, 16 rue Vaillant, devant l’église Saint-Michel, du lundi au vendredi de 15h à 17h.

La Nativité du Maître de Flémalle – Musée des beaux-arts – Cour de Bar

Noël !

Noël est là !

Laissez quelques instants les mets succulents et les cadeaux à foison pour contempler un instant sacré : La Nativité

Admirez la plus belle crèche de Dijon, une des plus extraordinaire au monde.

Cette oeuvre a été réalisée vers 1435 par le Maître de Flémalle, un nom de convention car son identité précise nous est inconnue, si ce n’est qu’il était membre de l’atelier de Robert Campin (1378-1444), qui lui-même fit une partie de son apprentissage à Dijon avant de s’installer à Tournai, cité du vaste Duché de Bourgogne.

Une huile sur bois, encore un peu teintée d’archaïsme, mais résolument portée vers l’innovation technique et une vision nouvelle, transition entre le Moyen-âge et  la Renaissance.

Pénétrez dans l’ancien palais des ducs et des Etats de Bourgogne, par la cour de Bar qui permet l’accès au musée des Beaux-Arts, montez au troisième étage, entrez dans la salle n°8 dédiée à la Bourgogne et la Flandre et suivez Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle et captivante conteuse.

Ecoutez, observez et méditez…

Le Maître de Flémalle, La Nativité et l’Adoration des bergers, vers 1435, Huile sur bois, Acquis en 1828, Musée des beaux-arts de Dijon

 


Réalisation Alter Diffusion pour Dijon Design

Musiques :

Guillaume DufayMotets isorythmiques (Huelgas Ensemble – Dir. Paul van Nevel)

  • « Moribus et genere. Virgo, virga virens »

LAUDARIUM (Songs of popular dévotion from 14th century Italy)

  • Laude di Sancta Maria – « Die ti salvi Regina« 
  • Legenda Aurea – « Novel Canto » – « Spiritu Sancto dolce amore« 

Merci au directeur du musée des beaux-arts de Dijon et à ses équipes, particulièrement à Linda Simon, responsable du pôle communication et mécénat, à Anne Camuset, responsable de la photothèque et à Sylvia Cointot-Bertin, médiatrice culturelle, dont sort de la bouche des récits de perles et de diamants à l’image des Fées de Charles Perrault.


L’accès aux collections permanentes est gratuit tous les jours, pour tous.

Pour plus de renseignements cliquez ici.