Opéra en fêtes – 11 boulevard de Verdun

Ces temps de fêtes sont propices aux sorties familiales, aux traditions et au divertissement.

Trois éléments réunis dans les deux spectacles de fin d’année de l’Opéra de Dijon.

N’hésitez plus, poussez la porte d’une institution qui peut encore impressionner même si elle offre toutes les conditions de satisfaction inter-générationnelle.

LA VERITABLE HISTOIRE DE CASSE-NOISETTE

Le spectacle de Noël par excellence d’après le livret d’Alexandre Dumas et la musique de Tchaïkovski interprétée par l’Orchestre Dijon Bourgogne sous la direction de Gergely Madaras.

Une histoire à se transmettre pour frissonner devant les manoeuvres sournoises du roi des souris et rêver devant le destin exceptionnel de Nathaniel transformé en pantin de bois, casse-noisette, par le rongeur assoiffé de vengeance.

Un moment nostalgique remis au goût du jour avec pour la première fois, à l’Opéra de Dijon, une expérience transmédia mêlant spectacle vivant et application numérique.

Une appli imaginée par la musicologue et médiatrice Géraldine Aliberti et offerte au public du 13 au 16 décembre afin d’accéder à des clés de lecture et d’écoute avant le spectacle.

Une occasion unique d’allier le noël d’antan et la magie des arts de la scène à un objet numérique autonome relié au spectacle pour une compréhension accrue et l’opportunité de faire vivre l’oeuvre au delà des limites de la salle, par des jeux sonores et musicaux, des titres du ballet et une histoire interactive à transposer dans son quotidien.

LES CONTES D’HOFFMANN

Autre classique de fin d’année remis au goût des nouvelles technologies et sensibilités artistiques, les Contes d’Hoffmann, chef-d’oeuvre d’Offenbach, prend un tour tragique par l’énoncé du sous-titre : « Laissez-moi hurler et gémir et ramper comme une bête« .

Dans sa chambre d’hôtel la cantatrice Stella s’apprête à rejoindre la scène où elle doit interpréter le rôle de Donna Anna du « Don Giovanni » de Mozart.

Une dispute a lieu avec son amant, le poète Hoffmann, dont l’égo artistique a du mal à supporter le succès de sa maîtresse.

Elle lui pardonne par un petit mot, subtilisé par l’agent artistique de la cantatrice qui voit d’un mauvais oeil cette relation inégale.

Hoffmann dans le doute et sous les effets conjugués de l’alcool, de la dépression et du délire poétique, commence alors à sombrer dans un univers irréel dans lequel sa maitresse prend tour à tour l’aspect de trois femmes : Olympia, l’automate qui s’effraye de se sentir humaine, Antonia, l’amoureuse qui meurt de chanter, et Giulietta, diva légère et perverse qui cherche à lui voler son reflet…

Une théâtralité à prendre à bras le corps par tous les metteurs en scénes qui s’y sont essayés avec plus ou moins de succès.

Ici, le parti pris de Mikaël Serre est de considérer que notre époque est d’un duel trouble, où le réel et la vérité n’ont plus d’importance face à nos personnalités à la fois mécaniques et virtuelles.

Ce qui était étrange, glaçant, loufoque, impossible ou absurde au XIXe siècle est aujourd’hui de l’ordre du possible, du futur proche, voire du présent.

Ainsi se mélange le théâtre, la vidéo et les créations sonores pour une expérience qui ne fait que refléter notre quotidien… A disséquer et déguster du 14 au 23 décembre.

Deux spectacles entre tradition et réflection, voir réflexion de notre façon d’être et d’assimiler la fiction d’hier pour construire aujourd’hui.


Opéra de Dijon – 03.80.48.82.82 – http://www.opera-dijon.fr/

Musée Magnin – Exposition « Exquises Esquisses » – 4 rue des Bons Enfants

« Exquise esquisse. Délicieuse enfant. (…) Oh mon bébé mon âme » (Serge Gainsbourg – Lemon Incest – 1984)

Une accroche populaire pour la nouvelle exposition du Musée Magnin, aux origines de la création : « Exquises Esquisses – Du projet à la réalisation« .

Ambivalence harmonique et ébauche du fini, l’esquisse apparaît chez les peintres vénitiens de la Renaissance comme une notation générale de la composition avant de devenir une règle, un passage essentiel à partir du deuxième tiers du XVIIIe siècle, époque où le sensible se doit de répondre à la raison.

Le Christ soutenu par deux anges, 2de moitié du XIXe siècle

L’amateur d’art veut suivre le processus d’élaboration, l’idée en mouvement, l’imagination au pouvoir avant d’admirer l’oeuvre finie, symbole de perfection.

Le XIXe siècle va croissant dans la perception des qualités propres de l’artiste, dans ce premier jet, cette esquisse, qui ne saurait mentir sur le génie de son créateur.

Les grands mouvements se succèdent alors, du sentimentalisme Romantique, au Réalisme essentiel, jusqu’à l’Impression comme -isme de la vérité au-delà du visible.

Même les peintres plus classiques, dit à la fin du siècle « Académiques », qui se refusent à l’ébauche comme un style en soi, vu comme une facilité dégradante, nuisible à la fécondité, n’hésitent pas à vendre aux amateurs d’art les esquisses de ces peintures d’histoire qui font le succès du Salon officiel.

Ainsi la famille Magnin, bourgeoise sans faire partie de l’élite dijonnaise, peut acquérir des oeuvres dont les proportions s’adaptent à un petit Hôtel Particulier et dont les sujets, divers et variés, s’harmonisent du sol au plafond selon l’accrochage en vigueur à cette époque.

Abondance et éclectisme de l’amateur qui n’empêche pas la qualité, ce qui permet au musée Magnin, avec la Réunion des Musées Nationaux, de confronter les esquisses, bozzetti (premières pensées) ou modelli(Esquisses finies que l’on présente au commanditaire), aux oeuvres définitives conservées dans les plus grands musées, églises ou palais.

Ainsi le modello de « La Mort d’Achille » par l’atelier de Pierre Paul Rubens, répond à une tapisserie dont il était la base de travail pour les tisseurs.

La Mort d’Achille, Rubens et atelier, huile sur toile, 45,3 x 46 cm, Dijon, musée Magnin

La composition est théâtralisée, dernier épisode de la vie du héros, où attiré traîtreusement dans le temple d’Apollon Thymbrien dans l’espoir d’un mariage avec la princesse de Troie, Polyxène, il meurt sous la flèche de Pâris, guidé par le dieu lui-même.

La Mort d’Achille, tapisserie par Gérard Peemans, laine et soie tissées, 410 x 427 cm, Anvers, Rubenshuis (Maison de Rubens)

La morale figure au pied d’Achille : la ruse symbolisée par le renard vient à bout de la grandeur incarnée par l’aigle.

Entre le modello et la tapisserie la scène est inversée en raison de la technique utilisée (Basse Lisse) et on distingue quelques libertés prises par l’artisan lissier, dans le museau du renard ou la chevelure de Pâris, même si tous les élements initiaux s’y trouvent fidèlement représentés.

S’en suit dans cette partie de l’exposition une « chasse aux 7 erreurs  » sur 14 paires du XVIIe au XIXe siècle.

La première est la constatatation d’une « chaleur » de l’ébauche, geste et pensée liés, opposée à la « froideur », voir « fadeur » du résultat, plus lissé et ne résistant pas à notre jugement artistique moderne, plus habitué à la fougue créatrice des petites touches de l’artiste, même si la perfection vernie apporte une sérénité devant laquelle on peut se plaire à méditer.

Eberhard, comte de Wurtemberg, pleurant devant le corps de son fils, ou Le Larmoyeur, huile sur toile, 1833-1834, Dijon, musée Magnin
Eberhard, comte de Wurtemberg, pleurant devant le corps de son fils, ou Le Larmoyeur, Huile sur Toile, Entre 1834 et 1836, Paris, Musée de la Vie Romantique

A l’étage la comparaison se fait entre les esquisses conservées dans les collection et les photographies d’oeuvres qui n’ont pas pu faire le déplacement pour des raisons de droits, de taille ou de nature (peinture murale) impossible à déplacer.

L’occasion de découvrir certains chefs-d’oeuvres présentés au prix de Rome, un concours de prestige qui mettait l’esquisse au même niveau de jugement que l’oeuvre aboutie. (Cf. ci-dessous)

Auguste Lebouy (1812-1854), Les frères de Joseph rapportent sa tunique à Jacob, 1841, huile sur papier marouflé sur carton, Dijon, musée Magnin

Enfin, la troisième partie de l’exposition, dans l’oratoire et le pré-oratoire, donne une idée de la profusion d’esquisses de la collection Magnin, installée selon l’accrochage généreux d’un cabinet d’amateur du XIXe siècle.

Ces oeuvres d’étude n’ont pour la plupart pas connu de réalisations finales, ou elles sont tout du moins aujourd’hui perdues ou non localisées.

Des peintures à la manière « enlevée » qui se suffisent aussi souvent à elles-même, dès le début du XIXe siècle, dans des pays moins teintés d’académisme, comme l’Angleterre, pour gagner peu à peu le continent.

Elles sont aussi dans les ateliers le fruit d’un apprentissage, un exercice pour appréhender l’art de la composition.

Autant de sources d’origine qui donne à cet accrochage une énergie d’idées en suspend pour l’éternité, certaines sous couvert d’anonymat et d’autres aux noms prestigieux comme Jean-Baptiste Corneille, Jacob Jordaens, Anne Louis Girodet, François Gérard ou Eugène Isabey.

Attribué à Jean Broc (1771-1850), Ulysse chez les Phéaciens, vers 1800-1805

Une exposition qui, une fois de plus, éveille la curiosité, aiguise le regard, aide à observer et invite à comprendre les subtilités d’une collection discrète, exquise esquisse de l’Histoire de l’Art universel.


Une exposition à voir jusqu’au 18 mars 2018, du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h30.

Plus d’informations : ici


Oeuvre d’ouverture : Domenico Maria CANUTI (?) (1625-1684), Le Christ soutenu par des anges, fin du XVIIe siècle

FRAC Bourgogne – FREE THE WOMEN – 16 rue Quentin

FREE THE WOMEN

Une exposition slogan comme un début de solution à la question imprimée par  Maria Grazia Chiuri, la nouvelle directrice artistique de Dior, sur une marinière de sa dernière collection hommage à Niki de Saint Phalle : « Why have there been no great women artists ?« .

Le FRAC Bourgogne dans ce vent féministe, quelquefois aussi radical que le mal à éradiquer, nuance le propos par ce titre, nouvelle signification soft à l’acronyme antisocial de la contre-culture biker, F.T.W. : Fuck The World !

Clin d’oeil aux questions et affirmations extrêmes cette installation prône la liberté à la française par la voie de la parité : 6 artistes, 3 hommes et 3 femmes en confrontation directe et frontale au-delà du sexe, de la génération et de l’inspiration.

Le travail des trois artistes masculins (Jean Dupuy, Matias Faldbakken et Steven Parrino) déjà vu en 2016 lors de l’exposition « here / there / where » y gagne une perception nouvelle dans ce discours sans parole avec les oeuvres d’Anita Molinero, Emilie Ding et Nancy Rubins, pour certaines toutes récentes acquisitions du Fonds Régional d’Art Contemporain de Bourgogne.

Le langage plastique et visuel y gagne une expression nouvelle, loin des clichés de l’artiste féminine aquarelle, par une présence forte et essentielle au dialogue artistique comme l’a prôné toute sa vie Steven Parrino (1958-2005), artiste hors cadre, provocateur et biker jusqu’à la fin, qui a inspiré ce nouveau F.T.W.

Lee Marvin/Marlon Brando, 1990, collection Le Consortium

Son travail dès la fin des années 70 est de secouer la peinture alors déclarée morte, de détacher la toile devenue civière pour lui redonner du relief.

Lee Marvin/Marlon Brando (Détail)

Ces « peintures déformées », monochromes froissés, apportent de la matière, effets inédits que l’on retrouve chez les trois artistes féminines de l’exposition.

Anita Molinero (1953) a tiré de ses difficultés d’apprentissage de la sculpture la force de la confrontation à l’inconnu de l’art. En résulte des oeuvres dont la puissance émane de l’irréversibilité du geste, de ces plastiques qu’elle coupe, brûle et lacère jusqu’aux limites de la forme.

Sans Titre (La Rose), 2003, collection FRAC Bourgogne

Un mix entre apparence sucrée, barbe à papa et guimauve, et réalité de matériaux toxiques et pérennes, polystyrénes transformables mais infiniment indestructibles.

Sans titre (La rose) – (Détail)

La même démarche de transformation industrielle anime Emilie Ding (1981), l’artiste suisse adepte des formes structurelles issues du BTP et de l’architecture moderne.

« Marquisats V« , monolythe de béton, exprime son goût pour les modifications techniques, les formes concrètes et les matériaux bruts qu’elle malmène.

Marquisats V, 2015, collection FRAC Bourgogne

Rondeur du graffiti opposé à la masse rectiligne du béton, comme un condensé de la double expression urbaine, réglementaire et contestataire.

Marquisats V (Détail)

Motif expressif que l’on retrouve dans ses derniers travaux en feutre aux abstractions calcinées, comme bitumées.

Untitled (Neutra), 2016, courtesy Xippas Galleries – Untitled (Gran Torino), 2016, courtesy Xippas Galleries

Le matériau d’isolation phonique doit voir sa structure changer pour s’exprimer, prendre du relief et rompre avec son minimalisme structurel.

Untitled (Gran Torino) – (Détail)

Une existence feutrée, qui comme les plastiques d’Anita Molinero, naît de la destruction maitrisée.

Nancy Rubins (1952), la troisiéme artiste exposée, questionne aussi la nature des techniques.

Même attitude monochrome, même faux semblants qui demandent au visiteur d’y regarder à deux fois pour essayer de comprendre la matière et la démarche.

Drawing, 2003, collection FRAC Bourgogne

Artiste habituée des sculptures monumentales, assemblage de détritus et de matériaux divers, l’oeuvre exposée ici ressemble à un morceau de tôle brute, élément métallique tiré d’un avion ou d’une voiture.

Pourtant il s’agit d’un dessin au graphite sur papier épais, qui romp avec la perception classique de la peinture et de la sculpture, du mécanique et du manuel, de la technique industrielle et artistique.

Drawing (Détail)

Trois artistes féminines qui savent se jouer des apparences et d’une perception souvent biaisée de la réalité comme un pied de nez à leur propre statut de femme, inventive, radicale, forte et monumentale dont la notoriété pâtit encore des clichés.


Exposition à voir jusqu’au 18 mars 2018

Ouverture de deux nouvelles salles à partir du 17 janvier 2018

Renseignements au 03.80.67.07.82


Oeuvre d’ouverture (détail) : Anita Molinero, Croûûûte Criarde, 2016, courtesy Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico

12èmes Rencontres Cinématographiques de Dijon

Tous les ans à l’automne, Dijon s’inscrit comme une ville phare du 7eme art.

Trois jours de reflexion sur la création et l’accès pour tous à ce média incontournable du rêve et des prises de conscience.

Ces rencontres, les 27 èmes et 12 èmes à Dijon, organisées par l’ARP (société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs), la ville de Dijon et la région Bourgogne-Franche-Comté, permettent à tous, gratuitement*, d’assister, dans les cinémas du centre-ville, aux avant-premières des films les plus attendus de la saison.

Une opportunité unique non seulement de voir le film mais d’en discuter avec son réalisateur, pour vous transformer en testeur d’images et en relais d’opinion pour vos connaissances et au-delà.

Cette année Albert Dupontel et son film « Au-revoir là-haut » ouvre ces rencontres grand public (Jeudi 12 octobre 18h au cinéma Olympia), par l’adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013.

En pleine commémoration de la Grande Guerre, retour 100 ans en arrière dans les vies d’Albert et Edouard, deux poilus qui mettent sur pied une vaste escroquerie…

Autre film tant attendu, le deuxiéme opus de Guillaume Gallienne. Aprés son premier film autobiographique « Les garçons et Guillaume, à table« , voici « Maryline« , encore un prénom pour l’histoire intimiste d’une jeune  campagnarde « montée à Paris » pour devenir comédienne. (Vendredi 13 octobre à 18h30 au cinéma Olympia)

Une histoire de femme, d’une femme modeste, d’une blessure…

A ne pas manquer également l’avant-première de courts métrages soutenus par le fond d’aide « cinéma et audiovisuel » de la Région Bourgogne-Franche-Comté (Jeudi 12 octobre 18h au cinéma Darcy), la présentation des films « Par instinct » de Nathalie Marchak, « Jusqu’à la garde » de Xavier Legrand et de « Carré 35 » d’Eric Caravaca, tous présentés en direct par leurs réalisateurs. (Programme complet ici).

Des rencontres, des professionnels au public, qui léve peut être un voile de mystère tout en permettant de garder le lien humain qui fait la spécificité du cinéma façe au renfermement des habitudes de visionnage intimiste.

La présidente de ces rencontres, la cinéaste franco-turque Deniz Gamze Ergüven, représente bien cette nouvelle génération de réalisateurs dont le travail oscille entre le cinéma d’auteur, « Mustang« , (Présenté vendredi 13 octobre à 20h30 au cinéma Eldorado) et les productions internationales, comme son second film « Kings » avec Daniel Craig, « M. James Bond », en vedette.

Un temps précieux pour le public tout comme pour les professionnels réunis autour de débats sur des questions aussi diverses que la chronologie des médias, le modèle global de financement et d’exposition des oeuvres ou que la politique culturelle au service du citoyen.

A cette occasion la ministre de la culture, Françoise Nyssen, sera présente pour assister aux débats et apporter son soutien direct aux actions du ministère qui permettent toute l’année d’organiser des actions d’éducation artistique et culturelle (cycles de conférences pour les scolaires et projections de films européens spécifiquement destinées aux collégiens et lycéens de Dijon).

Mathieu Debusschére, délégué général de l’ARP, société civile organisatrice de ces rencontres, nous en dit plus**:

Des rencontres pour accompagner les changements du monde, de la démocratie et de la culture qui demandent un dialogue auquel vous pouvez participer, pour que chaque regard compte.


Programme complet des Rencontres ici.


* Places diponibles au bureau de l’ARP, Hôtel de Vogüé, 8 rue de la Chouette, Dijon


**Interview réalisée pour Dijon Design et BFC Classique.

 

 

 

Le Consortium – 37 rue de Longvic – Automne-Hiver 2017-2018

Premières expositions au Consortium, centre d’art contemporain, depuis la disparition de Xavier Douroux, son cofondateur, le 28 juin dernier.

Ses 40 ans à la tête d’un centre devenu institution pour nombres d’artistes et d’initiés, trouvent un hommage dans la diversité des oeuvres exposées durant cette exhibition automne-hiver 2017-2018.

Du basique à l’onirique, du rapide au technique, du folklore saisonnier aux oeuvres pensées.

Toutes les facettes de l’art actuel, des balbutiements que l’on souhaite prometteurs, aux artistes affirmés qui évitent malgré tout la facilité…

Une déception d’abord, dans l’immense galerie de l’étage, transformée en chambre mortuaire gothique et anti-christique : « Hymne à la joie« .

L’artiste canadien Nicolas Ceccaldi (1983) qui dès l’entrée oscille entre lumière et noirceur d’un trait prometteur se perd vite dans une évidence outrageante, dont le génie repose certainement sur l’ironie du titre.

Une enfilade de miroirs gothiques de pacotille, aux reflets de cirage évidemment noir, accueillent en leur centre des crucifix inversés sortis d’une ressucée de films de vampire de la Hammer, mauvaise époque.

La déception est d’autant plus grande que cet artiste, dont le travail sur la fragilité et l’obsolescence ne laisse habituellement pas de marbre, nous promettait, dans un communiqué du Consortium, dont il a été le résident estival, un travail sur le drapeau pirate, « Jolly Rogers », et les déclinaisons des memento mori, tête de mort et tibia croisé, sablier, diablotin, coeur…

Une thématique qui pouvait moralement gêner aux vues des circonstances dramatiques qu’a connu le centre mais qui artistiquement se transforme en foire « dark side bon marché », vaguement Marilyn Manson, idéale à quelques semaines d’Halloween mais qui ne rend hommage à personne !

Heureusement, les cinq autres artistes sont plus fidèles à l’esprit maison.

L’autrichienne Marina Faust, tranche dans les couleurs vives, morcelle les images de l’enfance pour découvrir l’adulte que nous deviendrons.

Une série de collages-portraits réalisés à partir d’un livre jeunesse, porte une expression artistique dont l’archaïsme apparent permet en couches successives d’exprimer le passage du monde de l’innocence à la connaissance de ses limites, aussi abruptes que celles d’une feuille déchirée.

Le même constat d’évolution rapide et artificielle se retrouve dans le travail de Wang Du (1956), l’un des nombreux artistes chinois installé en France, à l’image de Yan-Pei-Ming à Dijon.

Enfant de la révolution culturelle, puis mineur pendant 6 ans, il entre aux Beaux-Arts de Canton dont la formation académique titille son esprit rebel.

Ses sculptures de par leur format, gigantesque, leur source d’inspiration, populaire, et leur installation, toujours spectaculaire, interrogent les changements profonds, corporels et intellectuels de notre société.

Le passage de l’évolution naturelle à l’évolution artificielle engendre un monde de clonages, lié certes à la biotechnologie mais surtout à cette volonté de célébrité immédiate, prophétie Warholienne vide de sens, qui envahit les réseaux sociaux.

Wang Du, par la présentation de certains éléments de son exposition de 2000, réalisée au Consortium, « Réalité jetable », dresse le constat d’une anticipation des années 2010 dont le trio monstrueux évoque à la fois le produit marketing, la violence et l’exhibitionnisme qui se place en hauteur, au dessus de tout et de tous.

Une prédiction étonnante de notre monde avide de téléréalité et de « stars » gonflabes et dégonflabes à volonté en valeur d’exemple.

Même retour sur les oeuvres d’un passé proche avec le peintre hollandais Peter Schuyff (1958) et la toute première retrospective de ses travaux de jeunesse, réalisés de 1981 à 1991 à New-York.

L’accent est mis sur trois groupes d’oeuvres : des acryliques sur toiles dites « biomorphiques », typiques du début de ses recherches (1982-1984), une importante sélection de compositions abstraites (1984-1988) également à l’acrylique, ainsi qu’un large groupe de travaux sur papier traversant la décennie (1981-1991).

Une plongée dans le mouvement Néo-Géo des années 80, héritié du Op Art, entre minimalisme, jeux visuels et esthétique fractale, parente des théories populaires à l’époque, dont la théorie du chaos.

Une mise en perspective à la fois décorative et méditative, pour des oeuvres qui ne nient pas le plaisir esthétique qu’elles procurent tout comme les réflexions qu’elles suscitent.

Une dualité du désir et de l’esprit qui se retrouve dans le jeu de miroir du travail des artistes Tobias Pils et Michael Williams.

Deux approches du motif à la base d’un travail sur l’expression artistique.

L’autrichien Tobias Pils (1971) travaille d’abord sur lui-même en oubliant à chaque nouveau projet ce qu’il a pu faire auparavant.

Une volonté de nouveauté qui sans nier ne cristalise pas le passé. Un mouvement vers l’avenir qui s’inspire aussi bien d’une allégorie traditionnelle, que d’un rythme ou d’une harmonie abstraite.

Un langage pictural expressif et passionné qui présente souvent dans une seule oeuvre le représentatif, le fantastique et l’abstrait.

En résulte des images vaguement humanoïdes qui émergent de ces toiles exubérantes aux compositions-combinaisons d’huile, d’acrylique et de vernis, aux effets de lavis doux pour gestuelles audacieuses.

Une technique énigmatique et sophistiquée qui fait écho au graffiti tout en étirant les possibilités picturales.

Là est l’intérêt de la confrontation avec les oeuvres de l’américain Michael Williams (1978).

Un artiste intuitif, à la fois rigoureux et irrévérencieux, dont l’iconographie particulière le rapproche aussi du graffiti et de la culture populaire.

Chacun de ses tableaux est d’une grande complexité visuelle métissant un éclectisme Hippie (Nom d’une de ses oeuvres) et le numérique, le griffonnage aérographié dans des couleurs vives et des explosions graphiques sur la toile.

Les inspirations sont nombreuses (George Grosz, Edward Koren, Cy Twombly…) en un mix très particulier où les couches successives créent une perspective nouvelle, tant en profondeur qu’en ressenti.

Deux artistes très techniques, qui savent jouer sur les émotions pour permettre à chaque observateur de s’immerger personnellement dans l’oeuvre.

Un très bon cru automne-hiver 2017-2018 pour le Consortium qui sait toujours aussi bien mêler sa propre histoire aux talents internationaux, en retrospective ou dans la perspective de techniques nouvelles au service d’une expression essentielle qui a, comme dans la vie, quelquefois ses ratés.

360° – Panorama de la Photographie Transculturelle

L’image est aujourd’hui tellement omniprésente qu’elle en devient banale, ratatinée par le selfie qui permet de tourner à plat dans un « cercle d’amis » en constantes égocentriques hypnotisantes, qui ramènent la photographie au niveau littéraire des « Martine à la plage », sans oublier « Martine à la ferme »…

Pourtant, au poids des mots (Et non des emojis en bataille !) répondent encore le choc des photos, pour des magazines de reportage tel Paris-Match, qui en avait fait sa devise, mais aussi pour témoigner d’un monde plus large, en constante évolution, qui demande de saisir l’instant précis du basculement, du bonheur universel et des enjeux communs.

La vérité d’un observateur qui rend à l’image sa force, loin de toute miévrerie mimétique.

Un regard vers un horizon sans limite, aux focales diverses qui permettent de connaître, d’apprécier, d’analyser et de comprendre ce (ceux) qui nous entoure (-nt).

Telle est l’offre généreuse du nouveau festival « 360° », un panorama de la photographie transculturelle, qui veut pallier le manque d’un lieu dédié en Bourgogne Franche-Comté.

De quoi réveiller la curiosité en divers lieux, libres et ouverts, de la métropole dijonnaise, aux thématiques ciblées.

Dans le hall du Cèdre, à Chenôve, place au social et aux sentiments avec la très belle série « Makeda » d’Aurore Vinot.

Abdellah & Janka (France/Algérie – Slovaquie) – Paris 2014

Makéda, du nom éthiopien de la reine de Saba, célèbre dans les textes religieux pour sa rencontre avec le roi Salomon, évoque à la fois les nombreux voyages d’Aurore et le multiculturalisme à la rencontre de l’autre.

Tous les couples représentés marquent l’évolution des moeurs et des mentalités, les aléas des guerres et des pensées extrémistes, l’enracinement des tabous et les difficultés d’une mixité encore mal perçue que ce soit en Afrique, en Amérique ou en Europe.

Andrew & Shaggy (USA – Nigéria) – Cape Town 2013

Pourtant la sérénité et la joie émanent de ces quelques images d’amoureux, dont la série complète compte 100 photographies prises dans 5 pays (Liban, France, Afrique du Sud, Congo et Algérie).

Un abrégé d’Histoire en bonheurs intimes, tel Sonja et Rami, un couple germano-syrien confronté au sort difficile des réfugiés et au déracinement, ou Andrew et Shaggy, couple gay américano-nigérien, marié et établi en Afrique du Sud, un pays passé de l’Apartheid à la lutte contre toute discrimination, grâce à la sagesse de Nelson Mandela.

Sonja & Rami (Allemagne – Syrie) – Beyrouth 2012

L’important c’est d’aimer… Avec toutes les difficultés que cela implique (Echo au film d’Andrzej Zulawski) et les bonheurs gagnés, immortalisés dans ces photos reportages en noir et blanc, pudiques, et sans clichés.

Atmosphère plus spectaculaire, à tous points de vue sur le campus de Dijon, au théâtre Mansart.

« Malinas Machinas » par Matthieu Bégel

Le social y gagne l’image de liberté des skaters (« Malinas Machinas » par Matthieu Bégel), tandis que la jeunesse étudiante peut s’identifier aux images de concerts pour tous les goûts (Jazz, blues, métal, rock, hip hop) et les couleurs du spectacle vivant.

« Blues Rock » par Rui Lourenço

Transe musicale, charisme mélodique, teintes d’une vie sur scène pour profiter de la vie entres amis.

Lisa Simone (D’jazz Nevers Festival 2015) par Aït Belkacem

Plus intime, la série de photos de Ana Dias, dévoile les charmes des filles de Playboy en technicolor.

Une vision jeune et féminine du célèbre magazine de papa caché sous le matelas de la chambre parentale.

Playboy Pays-Bas Novembre 2015 – Modèle : Caprice Castillo

Un Comic Strip années 2010, avec des CLIP ! Des CRAP ! Des BANG ! Des VLOP ! Des ZIP !

Des sucettes à l’anis, des bouées gazon maudit et du Pepsiiii !

Playboy Pays-Bas Novembre 2015 – Modèle : Caprice Castillo

SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !

Du désir bien dosé, à savourer jusqu’au 1er octobre.

360° se permet toute la vie, des plaisirs à la guerre avec une exposition collective sur ce thème au Cellier de Clairvaux (Du 25 septembre au 1er octobre), des questions sociales à celles de nature et d’environnement à l’Espace Baudelaire (Jusqu’au 20 octobre), images de mondes multiples en vue d’ensemble sur les grilles du jardin Darcy (Jusqu’au 2 octobre).

Roxanne Gauthier – Madagascar (Espace Baudelaire)

Autant de sujets que de lieux (En Métropole Dijonnaise et Bourgogne Franche-Comté) afin que ce festival de photographie s’installe et demeure, au fil du temps, fidèle au précepte de son parrain, Gérald Bloncourt, révolutionnaire en Haïti, poète, photographe au long cours : « J’ai pris parti : je ne suis pas un marchand de photographies, je suis un franc-tireur de l’image« .


Programme complet et renseignements :

www.festival-360.com


Photographie en tête d’article : Rémy Gabalda – Sivens (Grille du Jardin Darcy)

Journées Européennes du Patrimoine

Déjà la 34e édition de ce week-end réservé à la découverte du patrimoine, de notre patrimoine, hérité du passé, qui fait entiérement parti de notre présent, surtout quand on vit à Dijon, et qui se doit d’être conservé pour le futur.

Le théme de cette année en est l’écho parfait « Jeunesse et patrimoine », à entendre à différents niveaux, il invite à initier nos enfants pour en faire les gardiens de demain tout comme il sous entend que s’approprier le patrimoine en fait l’objet d’une éternelle jeunesse.

Musée de la Vie Bourguignonne Perrin de Puycousin

Une source de jouvence à découvrir toute l’année grâce à la politique de gratuité des musées de la ville, et lors de ces journées afin d’éveiller notre curiosité et de pousser des portes généralement fermées.

Dijon depuis 2009 « Ville d’art et d’histoire » n’en manque pas, ce qui vaut au centre ville d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Des vestiges antiques à l’architecture du XXIe siècle, des trésors des musées à ceux de la gastronomie, les plaisirs ne manquent pas et Dijon Design vous invite à une avant-visite afin de profiter au maximum de ce moment toujours exceptionnel.

L’office de tourisme en accord avec le thème de l’année offre aux « mômes » l’occasion de chasser l’animal caché dans l’architecture des momuments du centre ville, un rallye-visite, samedi et dimanche à 14h30.

Pour les amateurs de liberté vous pouvez voyager en toute autonomie dans le temps patrimonial grace à 8 étapes qui vous content 2000 ans d’Histoire. Le livret disponible gratuitement à l’Office de Tourisme, à l’église Saint-Philibert et à l’accueil du passage du roi, a été conçu par des enfants pour des enfants afin d’éveiller leur curiosité tout en découvrant, le plus important étant d’observer !

Musée d’Histoire Naturelle – Jardin de l’Arquebuse

Pendant que les enfants parcourent la jungle urbaine, c’est l’occasion pour les parents de visiter le patrimoine scolaire. Du collége Marcelle Pardé, ancien hospice Sainte-Anne construit en 1686, 18 rue Condorcet, au lycée Simone Weil, oeuvre de l’architecte Klipper, ouvert en 1964 au 1 rue Pelletier de Chambure, en passant par l’esplanade Erasme, épicentre de l’Université de Bourgogne, les visites réveillent les bons ou mauvais souvenirs.

Pour les plus classiques les musées ouvrent encore et toujours leurs portes tout en proposant de multiples animations.

La liste est longue mais le musée Rude, 8 rue Vaillant, propose des visites à la loupe, samedi et dimanche à 15h, 17h et 18h.

Le musée des Beaux Arts, dans l’ancien Palais des ducs, permet de voir l’avenir en marche avec une visite exceptionnelle du chantier de rénovation, samedi et dimanche de 14h à 19h.

Vitrail Suisse du XVIe siècle – Musée des Beaux-Arts

Le musée archéologique, 5 rue du Docteur Maret, ouvre un atelier de métallurgie avec Arkéo Fabrik, samedi et dimanche de 14h à 18h, afin de mieux comprendre l’art de la fonte du bronze, tandis que le musée d’art sacré, 15 rue Sainte Anne, propose avec les traversées baroques un plongeon dans la musique sacrée italienne du début du XVIIe siècle, samedi et dimanche à 15h et 16h.

Grand art, vie de nos lointains ancêtres et plus proche de nous le quotidien des XIXe et XXe siècles au musée de la vie Bourguignonne Perrin de Puycousin, 17 rue Sainte-Anne, qui pour l’occasion nous invite à rencontrer une artisan modiste, reine du galurin, Sara Tintinger, samedi et dimanche à 14h30, 15h30 et 16h30.

Musée national, le musée Magnien, 4 rue des Bons Enfants, habituellement payant, offre des visites flash, samedi et dimanche à 14h30, 15h30, 16h30 et 17h30.

Tandis que la Région ouvre ce samedi de 14h à 18h, à titre exceptionnel, les réserves du FRAC Bourgogne qui abritent sur plus de 1200 m2 près de 900 oeuvres. (Réservation au 03.80.67.07.82)

Le Consortium, centre d’art contemporain et ancienne usine du liquoriste L’Héritier Guyot (1942). Le centre propose une visite hors les murs à la découverte des oeuvres d’art du quartier Wilson (Samedi et dimanche 16h)

La Vapeur, scéne des musiques actuelles de la ville, permet aussi de découvrir le Dijon de demain en ouvrant le chantier de ses futurs locaux, 42 avenue de Stalingrad, avec en prime des ateliers pour adultes et familles sur les matériaux inédits utilisés sur le chantier.

Retour en épicentre dijonnais avec le Palais des ducs et des Etats de Bourgogne, qui abrite en plus du musée des Beaux-Arts, la mairie, la tour Philippe le Bon et ses 316 marches, la salle des mariages et la salle d’attente en pur style gothique, le salon du Palais des Etats, du XVIIe siècle, desservi par l’escalier Gabriel du XVIIIe siècle, qui abrite sous les marches les trésors des archives municipales dont les bureaux et les magasins se trouvent désormais à proximité.

Escalier Gabriel – Palais des ducs

Déjà de trés belles visites en perspectives, sans oublier le patrimoine religieux, de la cathédrale Saint-Bénigne qui offre une visite commentée du carillon avec ses 63 cloches (Samedi de 8h30 à 12h et de 13h à 16h30), à l’église Sainte-Chantal, 16 avenue Gustave Eiffel, qui propose samedi de 16h à 18h de re-découvrir la vie de cette sainte locale, grand mére de Madame de Sévigné.

A ne pas manquer, les vestiges de la Chartreuse de Champmol, dans l’actuel centre hospitalier la Chartreuse, le Temple de l’Eglise Protestante Unie de France, 14 Boulevard de Brosses, ou la Synagogue de Dijon, 5 rue de la Synagogue, une belle opportunité de découvrir les différences et de permettre des rapprochements par la beauté et la singularité des rites inscrits dans l’édifice.

Coulisses de l’orgue de la cathédrale Saint-Bénigne, pour un concert gratuit, dimanche à 17h

Dijon ne serait pas Dijon sans ses nombreux Hôtels Particuliers, certains sont ouverts toute l’année pour des expositions ou des concerts, comme l’Hôtel de Vogüé, 8 rue de la Chouette, d’autres, souvent lieux d’habitations le sont à titre exceptionnel afin d’admirer les cages d’escaliers ou les façades invisibles de la rue. Plus d’une vingtaine à découvrir et à étudier plus profondément grâce à des ouvrages comme ceux d’Agnés Botté, historienne et guide conférenciére, à découvrir ici.

Hôtel de Vogüé – Façade de la Cour d’Honneur

Enfin Dijon est une ville de gastronomes et le patrimoine du goût et de l’odorat vaut bien celui du regard.

Mulot & Petitjean, faiseurs de pain d’épices depuis plus de 200 ans, ont maintenant leur musée, 6 boulevard de l’Ouest, dont la visite reste payante pour l’occasion en échange, néanmoins, d’un rouleau de nonnettes, pour que la gourmandise gagne à se conserver.

Pendant ce temps les Halles continuent dimanche de 11h à 15h leur fameux Brunch, une bonne entrée en matière avant la clotûre de l’exposition de Jean Matrot, dont les oeuvres passent, dans un élan démocratique, du palais des ducs au palais des dijonnais.

Enfin, à ne pas manquer, la visite guidée du chantier de fouilles archéologiques de la future cité internationale de la gastronomie et du vin, 2 rue de l’Hôpital.

Samedi de 14h à 18h et dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h, l’occasion rêvé de lier le passé et le futur pour un week-end qui sait profiter du présent.


Programme complet auprés de l’Office de Tourisme du Grand Dijon, 11 rue des Forges, et sur bons nombres de sites à visiter.

www.destinationdijon.com

info@ot-grand-dijon.com

Un été dijonnais

Chaque année l’été provoque à son arrivée un tsunami d’enthousiasme qui submerge les esprits les plus sceptiques quant aux joies d’un sauna quotidien, aéré par les doigts de pieds en éventail des voisins, sur fond du doux sifflement des maringouins.

A chaque saison ses joies et même si mon esprit du Nord regrette souvent le frais crachin de l’enfance, Dijon offre la possibilité de sur-vivre en mode protection ou satisfaction.

The Tropicool Company pour l’exposition collective au centre d’art Le Consortium : « Les Appartements du Président » Chapitre I La Chambre

De quoi se rafraîchir, se régaler, se cultiver et découvrir ce que le reste de l’année ne donne pas toujours le loisir d’apprécier.

La Côte-d’Or étant trompeuse quant à son offre de rivages ensoleillés, la ville de Dijon pare à ce poétique mirage en aménageant sur les rives du lac Kir une plage équipée d’activités sportives à la pelle : Sandball, Canoë Kayak, aviron, voile… Mais aussi des concerts et un feu d’artifice le 14 juillet, que demande le peuple ?

(Plage du lac Kir – Avenue du 1er Consul – 03.80.74.51.51)

Fraicheur pour les adeptes de longueurs la piscine Olympique, 12 rue Alain Bombard, s’offre à tous les rêves de médailles.

Et pour crawler, brasser et papillonner au soleil doré, la piscine du Carrousel, 1 Cours du Parc, ouvre son bassin surélevé sur la plus chic avenue de Dijon.

Encore plus select le couloir de nage de la Cour Berbisey (Image d’ouverture) est réservé à des chambres d’hôtes haut de gamme à découvrir ici.

Patauger et frimer ouvre l’appétit ou tout du moins une soif de fraicheur.

Morgane Poillot – Les hauts graphismes*

Plusieurs glaciers font alors leur apparition pour une multitude de tentations sur cône de gaufrette.

Trois pourtant se démarquent très nettement !

Fabrice Gillotte, 21 rue du Bourg, meilleur ouvrier de France qui, au-delà de ses chocolats d’exceptions, propose des glaces et sorbets aux goûts très affirmés.

Des ingrédients vrais pour des saveurs à croquer : Sorbets Cassis, abricot, fraise garantis 50 à 60% de fruits et crèmes glacées royales en vanille bourbon et grands crus de chocolats frappés.

Pour la Maison Carbillet, 58 rue des Forges, la qualité se mêle à l’originalité pour des saveurs d’ailleurs : Abricot-Romarin, Citron-Basilic, Framboise-Violette, Tiramisu…

Mentions spéciales pour les alliances mystérieuses : Framboise-Betterave et Glace de la Mort qui tue, un gingembre sexy allié à un biscuit craquant pour petite mort annoncée…

Chez Simone et Maurice, 6 rue de la Chouette, la glace se déguste à table depuis décembre dernier. Ouvrir en hiver dénote l’amour du froid porté à sa gourmandise ultime.

Les saisons volent en éclats, seul demeure le plaisir offert toute l’année : Glace pain d’épice « Mulot et Petitjean », Sorbet Poivron Rouge-Framboise… Saveurs locales et surprises des papilles que Anne-Claire Guinard, formée à l’école Ferrandi, porte au paroxisme.

D’autres plaisirs sucrés sont à savourer tout au long de l’été, que ce soit les macarons parisiens et les éclairs au cassis (A tomber !) du pâtissier-créateur Pierre Hubert, ici, ou les Must-Have dijonnais, pains d’épices de Mulot & Petitjean (Qui vient d’ouvrir son musée, ici ), ou de la Rose de Vergy, ici.

Pierre Hubert

Pour ceux qui préfèrent le sel des apéros tardifs, les Halles offrent toutes les joies de produits ensoleillés, ici, ainsi qu’un brunch dominical jusqu’au 24 septembre (ici). Tandis que l’épicerie de luxe, Grain de Cassis, permet toutes les expérimentations à différents degrés d’alcool (Modérément !) ou de challenges entres copains, ici.

Jiminis chez Grain de Cassis

Un régime ultra-protéiné pour un regain d’énergie en mode shopping et culture.

Société de consommation oblige, les boutiques s’ouvrent les premières sur autant d’articles de rencontres partagées depuis quelques mois dans les pages de ce blog.

Qui dit été dit voyage, Terre de Lune est LA boutique qui vous entraine ailleurs dès le pas de porte franchi.

Bougie La Française chez Terre de Lune

Une explosion de couleurs, de parfums, de saveurs pour une imagination sans borne.

Un magasin destination à découvrir ou redécouvrir ici.

Visite plus récente, Paula Coste ne connaît pas la monotonie, vêtements pimpants et décoration dépaysante vous entraîne désormais entre le Maroc et les Caraïbes… ici.

Des petits hauts & Repetto chez Paula Coste

Une garde-robe, panoplies, à assortir aux bijoux de Noir Animal pour un look affirmé, ici, ou à ceux des Ateliers du Parfumeur qui portent une ethnicité communicative, ici.

Ayala Bar chez l’Atelier du Parfumeur

Boutique qui offre aussi à la garde-robe, mobilier, les senteurs de la maison, bougies et boules de terres cuites, tout comme Ma Belle Parfumerie, entre parfums d’intérieur et parure de nudité, ici.

Les plus jeunes ne sont pas en reste avec Les petites graines, une boutique aux trésors et des ateliers pour dors et déjà préparer la rentrée… ici.

Scalaë chez Les Petites Graines

Une perspective encore lointaine qui encourage d’autant plus à profiter de cette saison pour découvrir le patrimoine du bout de la rue, les musiques sacrées et festives ou l’avant-garde scénique et plastique, comme autant de souvenirs loin des clichés de cartes postales.

The Tropicool Company installée pour l’année au Consortium transforme la rotonde du centre d’art contemporain en appartement du président.

Un univers Jupiter pour souverain de la coolitude, la chambre qui s’ornait d’une vanité tropicale (Crâne ananas de vahiné) laisse pour juillet-aout la place au bureau, champ de trouvailles pour créateurs-installateurs d’ambiances à admirer et consommer dans cette boutique-vitrine évolutive.

Shopping Underground qui donne l’occasion de célébrer le quarantième anniversaire du Consortium en déambulant dans l’exposition « Truchement » parallèle olympien avec le Centre Pompidou, à lire ici.

Compression de César – Exposition « Truchement » au Consortium jusqu’au 3 septembre

Pour ne pas griller les étapes de l’histoire de l’Art qui précèdent cette escapade avant-garde, cours de rattrapage au Musée des Beaux-Arts, 1 rue Rameau, pour les périodes médiévale et renaissance, dont un tableau est le jalon parfait (ici !).

Un art souvent religieux qui expose ses instruments sacerdotaux et statues de dévotion au Musée d’Art Sacré, ici, tandis que son voisin ouvre le musée aux arts populaires d’une Vie Bourguignonne d’antan, ici.

Pour les périodes classique, romantique et pompier en attendant la fin des travaux du Musée des Beaux-Arts vous trouverez à deux pas de celui-ci le Musée Magnien, 4 rue des Bons Enfants, magnifique collection permanente qui s’ouvre quelquefois à des découvertes temporaires… (Archives ici et ici)… Et à des concerts, programme de l’été ici.

Pour le XIXe grandiloquent passage obligé le 14 juillet au Musée Rude, ici, afin de célébrer l’événement devant La Marseillaise.

Retour aux XXe et XXIe siècle aux Bains du Nord, lieu d’exposition du FRAC Bourgogne, une plongée en apnée jusqu’au 30 juillet afin d’admirer la nouvelle scène picturale dijonnaise, ici.

Cécile Maulini, Torrero, aux Bains du Nord

Une proposition linéaire qui n’empèche pas les confrontations dans une ville qui met un point d’honneur à varier les regards sur l’extérieur et sur elle-même.

Jusqu’au 16 septembre, dans le salon d’Apollon du Palais des Ducs, 1 place de la libération, l’artiste-peintre Jean Matrot présente sa vision de Dijon, un quotidien dont les subtiles touches de lumière enveloppent les passants d’un jour heureux.

Voilà l’été à Dijon ! Flanez au prochain Sunday Market, marché de créateurs (*ici), le 23 juillet dans le quartier Jouvence, découvrez la Cathédrale St-Bénigne à l’occasion des Estivales d’Orgue du 16 au 30 juillet (Programme ici)…

Prenez le soleil ou le frais dans les nombreux jardins, ici, ou en terrasse à l’occasion du festival « Garçon la note ! » du 4 juillet au 30 août (Addition ici)…

…Et de la hauteur, le 9 juillet, lors du Meeting de France à l’aéroport de Dijon Bourgogne, ou à l’occasion de la montée de la Tour Philippe le Bon lors des visites à thèmes de l’Office de Tourisme, sur le parcours de la chouette.

Des vacances multiples et variées dont l’illustratrice Berthine Marceau croquera à jamais, de sa patte de velours, les plaisirs éprouvés.


Devant tant d’objectifs de découvertes, Dijon Design se met en vacances jusque début septembre.

Vous pouvez néanmoins nous suivre tout l’été sur instagram (dijon.design) pour des visites et des coups de coeur en images à partager.

Les Bains du Nord (FRAC Bourgogne) – 16 rue Quentin

« La peinture en apnée » c’est aller à l’encontre des reflexes naturels et culturels, une expérimentation d’art clinique qui demande à notre cerveau de se déconnecter quelques secondes pour faire voler en éclats le cadre doré limitateur des sensations picturales.

Hugo Pernet, Rosier, 2016 / Antoine Château, Une Dance, 2015 / Hugo Pernet, Deux roses, 2016

Dans l’imaginaire collectif l’art actuel se cantonne aux installations, performances et sculptures spectaculaires,  le Pôle d’Action et de Recherche en Art Contemporain de Dijon* propose en une exposition, 37 peintures et 24 artistes, de remettre la création sur la toile et le papier.

Ida Tursic & Wilfried Mille, La jeune fille au singe, 2012, huile et argent sur toile, 200 x 250 cm, courtesy Almine Rech Gallery

Une nouvelle dynamique qui oblige à une revitalisation du tableau : photographie et traitement informatisé de l’image qui s’humanise par le geste et les accidents de « tâches », informatisation artisanale en pixelisation picturale, ou monochronisme subjectif qui renouvelle la Peinture d’Histoire.

Comme dans la dernière oeuvre de l’artiste Sino-dijonnais Yan Pei-Ming, hommage à la disparition d’Aldo Moro, président de la Démocratie chrétienne italienne, le 9 mai 1978 à Rome, dont le corps retrouvé dans le coffre d’une voiture teinte encore du rouge des brigades terroristes la vie politique transalpine.

Yan Pei-Ming, Aldo Moro (9 May 1978, Rome), 2017, huile sur toile, 250 x 300 cm

En regard de deux autres de ses peintures, l’éxécution mouvante et éclabousante de « Quartier chinois de Saigon » (2004) et « President elect » (2017) titre-trump, constat d’un bateleur triomphant, l’énergie émane autant de la représentation que de la présentation.

Yan Pei-Ming, Quartier chinois de Saigon, 2004, huile sur toile, 130 x 200 cm

L’accrochage participe de l’oeuvre en devenant une part non négligeable de sa production. Suivant les expositions le message peut s’amplifier par l’accord avec d’autres oeuvres rendant unique chaque proposition.

Ici, la tension est maximale entre figuration et abstraction (Image d’ouverture), au sens plein des deux termes, en évitant toute catégorie pouvant relever à la fois de l’une et de l’autre.

Plus encore que les organisateurs, les artistes encouragent cette mise en perspective enrichissante pour le renouveau de la peinture.

Tant et si bien que c’est une véritable scène picturale qui en émerge, particulièrement à Dijon qui à travers l’Ecole nationale supérieure d’art et de design de la ville se montre aujourd’hui active en matière de peinture, tant sur le plan de l’enseignement que sur celui de la recherche.

Une perception nouvelle, voir optique, comme dans le travail du bisontin, devenu dijonnais, Loïc Raguénés qui joue sur la représentation, la mémoire et les affects véhiculés par l’iconographie contemporaine.

Loïc Raguénès, A partir du Club-House, 2011, gouache sur carton, 150 x 230 cm, collection FRAC Bourgogne

La notoriété d’un artiste comme Yan Pei-Ming, issu de cette institution, aide à accélérer ce mouvement, d’autant que son « aura » attire des disciples tel Atsing, né à Shanghai, professeur à l’école des Beaux-Arts de Beaune depuis 2001, qui vit et travaille à Dijon.

Un peintre figuratif dont les couleurs diffuses indiquent le déplacement vers l’abstraction d’un temps qui n’existe pas encore.

Atsing, Dos, 2011, huile sur toile, 182 x 130 cm

De dos, la nuque inexpressive implique plus une « forme humaine » que l’humain en tant que figure identifiable.

Le temps reprend ses droits par l’accrochage au fond d’un couloir qui initie un jeu de miroir obligatoire, le spectateur tournant le dos en quittant cette figure lointaine.

Un « dos à dos » qui permet, enfin, à la peinture de prendre tout son sens et de se situer dans un espace global dont le regardeur donne vie en imitant l’image.

L’apnée arrive quand on ignore l’essentiel !

Une belle occasion d’humer et d’admirer les artistes d’une scène dijonnaise dense, vibrante et entreprenante dans la réhabilitation d’une peinture qui voit au-delà de ses deux dimensions.


Exposition à voir jusqu’au 30 juillet, du mercredi au dimanche de 14h30 à 18h et le samedi de 11h à 13h et de 14h à 18h.

FRAC Bourgogne – 03.80.67.18.18 / 03.80.67.07.82

www.frac-bourgogne.org / communication@frac-bourgogne.org


* Le Pôle d’Action et de Recherche en Art contemporain est composé de 4 membres fondateurs qui sont : la Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Dijon, le FRAC Bourgogne et Le Centre d’art Le Consortium.

Bibliothèque patrimoniale et d’étude – 3 rue de l’école de droit

Quand une exposition pousse à l’exhibition de livres ouverts et offerts en provenance de l’Enfer*, vos amis rechignent moins à vous accompagner sur ces « Scènes de plaisir » dont les vitrines peep-show dévoilent des écrits et images à rendre majuscule le X d’une position généralement si sage.

Les équipes de la bibliothèque patrimoniale aiment à renverser les clichés, pointer l’originalité et dévoiler les dessous affriolants d’un univers dont le sérieux n’engendre pas la mélancolie.

Lire est un plaisir qu’il faut quelquefois agrémenter pour le partager.

Franchir les portes d’un temple de la culture demande parfois une carotte au goût de péché.

De textes léchés en grivoiseries salaces, de gravures en luxure, de menus en histoires d’O à la bouche, voici une exposition qui ne fait pas dans la dentelle si ce n’est celles des frou-frous indicateurs de ces objets qui ne demandent qu’à s’offrir.

Le XVIIe siècle est l’ensemenceur du libertinage de chair et d’idées (Le bourguignon Bussy-Rabutin et sa fameuse Histoire amoureuse des Gaules) que le siècle des lumières porte à des sommets inégalés, de l’illustration des « culbutes » érotiques de la Régence, aux lettres intimes dévoilant les liaisons dangereuses, en passant par les visions sadiques du divin marquis jusqu’aux prémices des droits de la femme (The fruit-shop) encore simple « réceptacle ».

Le plaisir libère les pensées et certaines idées alors révolutionnaires.

Le XIXe siècle bourgeois abandonne la liberté de penser pour le privilège de jouir, tantôt censeur de gravures et d’écrits qui se vendent alors sous le manteau et tantôt noceur, profiteur d’une promiscuité féminine entre bordel et illustrations licencieuses de menus virils.

Menu du 275e dîner du Cornet, au restaurant du Journal à Paris, le 9 janvier 1930

Une tradition jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, qui voit la démocratisation en même temps que la débandade d’un érotisme fouillé.

Aux gravures inspirées de Fragonard et aux « Ragionamenti« , série de propos d’une prostituée à divers interlocuteurs, de l’Arétin (1589) succèdent les cartes postales kitsch dont l’humour potache inspire la vie de bon nombre de nos contemporains…

Car ces objets de curiosité qui font plus ou moins sourire, marquent l’évolution des moeurs, les différentes époques qui successivement ont construit la notre.

Des documents « archéologiques » précurseurs de notre société ou le sexe est « totem suprême ».

Ils font échos à cette volonté de féminité parfaite construite par la chirurgie, ou à ces séminaires de virilité dont les épreuves de force veulent faire perdurer les clichés inscrits dans ces livres.

La possibilité d’une telle exposition implique une liberté de moeurs qui a évolué en obligation de plaisir, nécessaire au bonheur, tandis que le panneau « Interdit aux moins de 16 ans », à l’entrée, se heurte aux réalités « cinématographiques » qui découlent de ces documents et qui inondent les smartphones des collégiens ou des primaires, privés de cette éducation patrimoniale par une époque sexo-schizophrène.

Car au-delà du clin d’oeil et du dépoussiérage de l’image coincée des bibliothèques, c’est toute une évolution de l’érotisme et du plaisir qui est refusée au seul public qui aurait besoin d’une éducation à ce propos**.

Déjà dans l’action mais privé d’images !

On peut aussi déplorer la quasi abscence dans les collections, ou seulement dans l’exposition (?), de références à l’érotisme homosexuel.

Seul un livre ouvert sur quelques photos du couple d’artistes Pierre & Gilles lève le voile sur des pratiques extrêmes, clichés certainement moins tabous qu’un simple baiser qui devrait pourtant se montrer pour pallier à la montée de l’homophobie dans notre pays, particulièrement chez les adolescents…

Les éditions Gay Kitsch Camp ont pourtant de 1989 à 2006 réédité de rares curiosa dont un texte datant de la révolution française qui prône le respect entre les sexes, l’égalité des sexes et la liberté de tout lien d’affection.

Une exposition à ne pas manquer, une initiative à saluer même si la bibliothèque patrimoniale perpétue, logiquement, une morale dont elle est la gardienne.


Exposition « Scènes de plaisir » à voir jusqu’au 1er juillet, entrée libre.

Visite commentée le vendredi 23 juin à 12h30 (03.80.44.94.14)


Une exhibition en accord avec les rencontres littéraires CLAMEUR(S) qui les 23, 24 et 25 juin réunissent le temps d’un week-end des auteurs et des artistes autour des tourments de l’amour. (Programme disponible le 8 juin)

En attendant, pénétrez cette thématique par une série de conférences et un concert, à découvrir ici.


*L’Enfer est le lieux clos d’une bibliothèque où l’on place les livres dont la lecture est jugée dangereuse.

** Un manuel scolaire va tout de même, à la prochaine rentrée, proposer aux collégiens une représentation exacte du clitoris et de sa fonction de plaisir… Ici.