Nuit de la lecture

Rue Berbisey.

Un Hôtel particulier.

Un appartement traversant entre rue bitumée et cour pavée.

Oliver Twist d’un côté, Oriane de Guermantes de l’autre.

Deux univers, deux pages ouvertes, d’une fenêtre à l’autre, pour suivre à la lettre des aventures antinomiques et pourtant complémentaires de vos nuits de lecture.

Un exemple parmi tant d’autres de ces plaisirs solitaires, péripéties de couette, aventures cocoonées et voyages-pages multipliés que les livres offrent à ceux qui se donnent la peine de les ouvrir.

Un effort qui ne résiste pas toujours à la facilité des tablettes même si ces dernières se transforment facilement en bibliothèque d’Alexandrie, riches d’une quantité de volumes facilement inflammables.

Aussi, pour la deuxième année en national et troisième en métropole dijonnaise, après une nuit des bibliothèques en 2016, les temples de la littérature fourbissent leurs armes de papier, leurs encres sympathiques, éclipse des clichés, et une pléiade d’auteurs, vivants, conviviaux et étonnants pour transformer deux nuits en promotion chromatique de la lecture.

« De toutes les couleurs » est le mot d’ordre, loin des crises de la page blanche le mouvement est festif, poétique, familial, ludique et quelquefois animal, comme le caméléon d’une compagnie (« En Noir et Blanc ») qui cache bien son jeu… (Samedi 16h30 à la bibliothèque de Quetigny).

Archives Départementales de la Côte-d’Or

Carte blanche, quiz, apéro dinatoire, histoires à foison, visite à tâtons (Aux Archives départementales, samedi à 18h30 et 20h30), pique-nique multicolore, concerts, contes, danse, breakdance, dégustation littéraire…

Mots sucrés et paroles de miel pour envol d’abeilles curieuses de ces riches fleurs lointaines qui ont souvent le tort d’être plus décrites que dessinées.

Autant d’animations dans les bibliothèques et librairires invitées, qui tendent à redonner au choc des photos le poids des mots et aux cellules grises les couleurs que l’imagination des auteurs y font irrémédiablement exploser.

Une occasion unique dans l’année de faire partager ses plaisirs avant de se replonger dans son roman, son étude, sa poésie préférée et se reposer sur les mots enfin délivrés.


Programme complet de la nuit de la lecture en métropole dijonnaise ici .

La majorité du siècle

Aux Arms… Etc…

Cette année le siècle fête sa majorité.

Après une enfance et une adolescence chaotiques, il est à espérer que l’âge adulte ne suive pas l’exemple de ses prédécesseurs.

Que les « arms » se libèrent des armes et retrouvent la délicatesse du geste pour s’imposer en beauté et légéreté.

Depuis un an, Dijon Design rejette la banalité, source stérile des mauvaises idées, pour vous proposer la particularité du mouvement de la pensée.

L’art ou artisanat d’art comme remède aux maux de la société.

Fréquentez donc les musées (ici, ici ou ici), courrez les expositions d’art contemporain (ici, ici ou ici), pénétrez le mystère d’un atelier d’artiste (ici) et permettez aux artisans d’appuyer votre originalité tout en affirmant la leur (ici, ici ou ici).

C’est pourquoi 2018 ne changera rien à cette règle de découverte et d’écriture !

Bien au contraire, puisque déjà se prépare plus d’une incursion en démonstrations de savoir-faires uniques.

Plus d’une occasion de découvrir des métiers rares et d’autant plus précieux, comme facteur d’instrument de musique ou marqueteur végétal.

Plus d’une opportunité d’admirer des géants de papier, architectes, peintres, révélateurs et relieurs.

Plus d’une aventure à chiner, broder, habiter et fleurir…

Entrez donc dans la file d’attente des explorations de l’année, comme une initiation aux innovations éternelles.

Une bonne année pour se ranger sans vous nier, vous exprimer en toute humanité et démontrer votre personnalité… »In the waiting line« …

(Zero 7 – Aquanote’s Naked Adaption)

Noël à offrir

A cinq jours du réveillon la mascotte de Dijon Design, l’ours Martial (Boutique « Un ours en ville » ici), vous incite aux cadeaux de dernière minute empreints de nostalgie, de fantaisie et de douceur, pour que l’urgence soit réconfortante.

Les ateliers du parfumeur

Au fil des articles de cette année vous trouverez bien le bijoux parfait, épuré et graphique (ici) ou coloré et ethnique (ici et ici), le parfum ou la bougie odorante propre à envouter les sens, en mode artisanal (ici, ici et ici) et dans toute la variété de la parfumerie de niche (ici et ici), ou encore l’objet beauté simple et original, voir raffiné pour les hommes à poils (ici).

Ma belle parfumerie

Pour les fanatiques de mode et de décoration, direction  l’adresse d’une richesse ali babesque (ici), le temple du Made in France (ici) ou la boutique chic et épurée qui cible votre originalité (ici).

Terre de Lune

Pour les enfants, le bonheur se conjugue en jouets colorés et activités (ici), tandis que les fleurs offrent à la fois la fraîcheur d’un bouquet pétillant (ici) et la poésie éternelle d’une couronne, d’un mot doux ou d’une cage aux sentiments (ici).

Destin d’une brindille

Enfin, pour les petites attentions qui donnent de la saveur à la vie, n’oubliez pas les traditions (ici et ici), les tentations (ici), les douceurs de fin de dîner (ici) ou les retrouvailles de l’amitié (ici).

Pierre Hubert

Et évidemment bien d’autres magasins à découvrir, du concept store masculin « La Raffinerie« , 14 rue Charrue, pour des objets décalés et des vêtements de qualité, sans oublier la boîte à outils des bricoleurs bobos qui savent les éviter…

Instagram raffinerieboutique

En passant par le goût du « Fait Main » qui invite à suivre « Le Lièvre blanc » jusqu’à son terrier des merveilles, 2b rue Jeannin, torsadé, tricoté, brodé et enrubanné par cette mercerie-curiositée pour passionnés de longue date ou en devenir…

Instagram le_lievre_blanc

Sans oublier l’indispensable boîte de chocolats, aux parfums de mystère, ouverture vers un nouveau monde de grands crus, de mariages gustatifs et de fantaisies grandeur de rêves, marque de fabrique, 21 rue du Bourg, de Fabrice Gillotte

Instagram fabricegillotte

Autant d’occasions shopping pour déballer, le jour de Noël, le meilleur à Dijon !

Dijon dans les étoiles…

Dijon est par la gastronomie, les vins de Bourgogne et un patrimoine riche et varié, une des villes de France les plus agréables au niveau des plaisirs terrestres.

Un art de vivre, flatteur des sens, qui a longtemps éclipsé sa position majeure en Europe dans les découvertes célestes, une cité au-delà des nuages que l’Office du Tourisme du Grand Dijon invite à redécouvrir avec la Société Astronomique de Bourgogne.

Suivez le guide en costume XVIIIe, au gilet parsemé d’étoiles et de croissants de lune, montez 350 marches de la Tour Philippe le Bon, phare de Dijon, et pénétrez dans une pièce qui fut en son temps l’épicentre des sciences européennes.

Commence alors un voyage dans le temps, solaire, intergalactique, historique, savoureux par les anecdotes et les explications scientifiques d’Eric Chariot, responsable du développement et animateur de la Société d’astronomie bourguignonne.

Au-dessus de tous vivez à l’heure des astres et découvrez pourquoi le soleil frappe la méridienne, ligne au sol de métal et de marbre blanc, pour indiquer midi alors qu’à votre montre il est 12h40.

Un décalage espace-temps favorable pour faire connaissance avec les scientifiques des lumières, les astronomes Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, l’abbé Bertand ou Jean Fabarel, premier directeur de l’observatoire situé dans cette pièce, et sur le toit terrasse de la tour, de 1783 à 1940.

Fermez les yeux et imaginez ce lieu équipé des plus beaux instruments d’astronomie, comme le téléscope de William Herschel, inventeur d’Uranus, qui traversa la France en août 1789… Où d’autres objets utiles à la géographie et à l’astronomie encore conservés  aujourd’hui à l’Université de Bourgogne.

Une richesse d’évasion pour grandes explorations concentrées dans quelques mètres carrés, les plus magiques en souvenirs et imagination de la capitale bourguignonne.

Le plein d’aventures, le nez aux vents curieux, pour transmettre aux nouvelles générations ce goût de l’inconnu et transformer le visiteur en acteur, dans une salle appellée à s’étoffer.

Une occasion nouvelle à travers cette visite théatralisée de redonner corps à l’une des fonctions premières de la tour.

Voulue par le duc Philippe le Bon, donjon symbole médiéval de la puissance du seigneur sur ses états, elle aurait pu être dès le départ, au-delà du pouvoir temporel l’objet innovant d’une des cours les plus prestigieuses de l’Europe du XVe siècle.

Théorie séduisante d’un édifice dès l’origine dédié à la science, ce qui en ferait le plus ancien observatoire  d’astronomie en Europe, un donjon élevé pour éclairer les mystères de la nuit, dont certains ornements donnent peut-être raison à cette pratique…

Une visite qui chamboule les principes et les conceptions de notre univers quotidien, dédiée aux groupes d’enfants et aux scolaires, elle leur permettra d’observer le ciel et d’y voir plus loin que le bleu et le gris d’une météo basiquement duelle.

Ouverte aux visiteurs individuels pour le solstice d’hiver (20 et 21 décembre) elle ouvre les regards sur un Dijon scientifique grâce à un feuillet quizz qui invite à lever les yeux au ciel comme signe d’une passion à réexplorer dans une ville à la fois gastronomique et astronomique.


Office de tourisme du Grand Dijon : ici et …

+ 33 (0)3 80 44 11 41  /  visites@ot-grand-dijon.com

Opéra en fêtes – 11 boulevard de Verdun

Ces temps de fêtes sont propices aux sorties familiales, aux traditions et au divertissement.

Trois éléments réunis dans les deux spectacles de fin d’année de l’Opéra de Dijon.

N’hésitez plus, poussez la porte d’une institution qui peut encore impressionner même si elle offre toutes les conditions de satisfaction inter-générationnelle.

LA VERITABLE HISTOIRE DE CASSE-NOISETTE

Le spectacle de Noël par excellence d’après le livret d’Alexandre Dumas et la musique de Tchaïkovski interprétée par l’Orchestre Dijon Bourgogne sous la direction de Gergely Madaras.

Une histoire à se transmettre pour frissonner devant les manoeuvres sournoises du roi des souris et rêver devant le destin exceptionnel de Nathaniel transformé en pantin de bois, casse-noisette, par le rongeur assoiffé de vengeance.

Un moment nostalgique remis au goût du jour avec pour la première fois, à l’Opéra de Dijon, une expérience transmédia mêlant spectacle vivant et application numérique.

Une appli imaginée par la musicologue et médiatrice Géraldine Aliberti et offerte au public du 13 au 16 décembre afin d’accéder à des clés de lecture et d’écoute avant le spectacle.

Une occasion unique d’allier le noël d’antan et la magie des arts de la scène à un objet numérique autonome relié au spectacle pour une compréhension accrue et l’opportunité de faire vivre l’oeuvre au delà des limites de la salle, par des jeux sonores et musicaux, des titres du ballet et une histoire interactive à transposer dans son quotidien.

LES CONTES D’HOFFMANN

Autre classique de fin d’année remis au goût des nouvelles technologies et sensibilités artistiques, les Contes d’Hoffmann, chef-d’oeuvre d’Offenbach, prend un tour tragique par l’énoncé du sous-titre : « Laissez-moi hurler et gémir et ramper comme une bête« .

Dans sa chambre d’hôtel la cantatrice Stella s’apprête à rejoindre la scène où elle doit interpréter le rôle de Donna Anna du « Don Giovanni » de Mozart.

Une dispute a lieu avec son amant, le poète Hoffmann, dont l’égo artistique a du mal à supporter le succès de sa maîtresse.

Elle lui pardonne par un petit mot, subtilisé par l’agent artistique de la cantatrice qui voit d’un mauvais oeil cette relation inégale.

Hoffmann dans le doute et sous les effets conjugués de l’alcool, de la dépression et du délire poétique, commence alors à sombrer dans un univers irréel dans lequel sa maitresse prend tour à tour l’aspect de trois femmes : Olympia, l’automate qui s’effraye de se sentir humaine, Antonia, l’amoureuse qui meurt de chanter, et Giulietta, diva légère et perverse qui cherche à lui voler son reflet…

Une théâtralité à prendre à bras le corps par tous les metteurs en scénes qui s’y sont essayés avec plus ou moins de succès.

Ici, le parti pris de Mikaël Serre est de considérer que notre époque est d’un duel trouble, où le réel et la vérité n’ont plus d’importance face à nos personnalités à la fois mécaniques et virtuelles.

Ce qui était étrange, glaçant, loufoque, impossible ou absurde au XIXe siècle est aujourd’hui de l’ordre du possible, du futur proche, voire du présent.

Ainsi se mélange le théâtre, la vidéo et les créations sonores pour une expérience qui ne fait que refléter notre quotidien… A disséquer et déguster du 14 au 23 décembre.

Deux spectacles entre tradition et réflection, voir réflexion de notre façon d’être et d’assimiler la fiction d’hier pour construire aujourd’hui.


Opéra de Dijon – 03.80.48.82.82 – http://www.opera-dijon.fr/

Noël : Réveiller l’inattendu !

Angliciser l’accroche d’un commerce généralisé auprès d’un public qui parle, le plus souvent, uniquement le français, peut faire perdre l’étoile d’un rêve, réduite à un astérisque qui traduit à son juste niveau cette offre banalisée.

A un mois de Noël il est grand temps de découvrir ce que vous n’attendiez plus : Du charme, de l’authenticité, de l’originalité, des saveurs inédites, le peps d’une vie pas plus chère mais bien plus relevée.

Un concept éternel remis au goût du jour par quelques boutiques de bouche.

Comme la dernière née, « Chez mes soeurs » (18 avenue de la Concorde et ici), une entreprise et une atmosphère familiale pour une restauration simple, saine et nomade, issue de l’agriculture biologique ou raisonnée locale.

Instagram chezmessoeurs

Un commerce de quartier, petit, donc chaleureux, où les sandwichs bien garnis et colorés voisinent avec les soupes maison et le déjà fameux gâteau à la carotte à savourer avec un café équitable et un bon bouquin à trouver sur place et à emporter en échange de l’une de vos lectures passées.

Un concept qui revient à l’essentiel des rapport humains, commerce régulier de convivialité.

Un idéal à partager en soirée par l’art de l’apéritif gourmet concocté par Marc Ogé (ici) : Maxi club sandwich, macaron foie gras, burger Saint Jacques-Cèpes ou Morteau-Betterave-Epoisses…

Instagram marcogelartdelaperitif

Du naturel, bon et beau pour un verre entre amis à poursuivre jusqu’au dîner avec désormais des plats à emporter et à partager afin d’éloigner l’inexorable moment de se quitter…

Car le Français se lie autant par la langue que par les papilles, en un rapprochement qui ne déteste rien tant que la banalité.

D’où la nécessité d’une diversité de langages tour à tour sucrés, piquants, croquants, désarmants… A dénicher chez Grain de Cassis (ici), une épicerie fine aux tentations multiples, justements dosées en sensations fortes…

Instagram graindecassis

Du caviar de poche aux bonbons de chardonnay et de riesling, en passant par les rillettes de boeuf, le fondant Baulois ou la fondue de poireau au chévre.

Tout est possible, tout est dégustable.

De la boutique des plaisirs à l’assiette gastronomique il n’y a qu’une fourchette afin de savourer la grande cuisine bourguignonne de la maison Bernard Loiseau (ici), qui une fois de plus nous surprend agréablement en ces temps de fête par une bûche justement fraîche et inattendue.

Instagram bernardloiseau

Un accord cassis-yuzu, local-nippon, dans une architecture savoureuse qui évoque le toit végétalisé du spa de la villa Loiseau des Sens de Saulieu, un an après le clin d’oeil aux toitures traditionnelles de Bourgogne (ici).

Autant d’hommages au goût par le savoir faire d’artisans qui oeuvrent aussi à garnir les sapins, chaussettes et paquets enrubannés de leurs créations d’exception.

Pour les enfants d’abord, avec les doudous et costumes de contes de fée de la boutique « Les petites graines » (ici), un mixage réussi d’atelier ludiques et intelligents et de produits de qualité, comme les laines et cachemires de la marque Collégien, les lotions Minois ou les langes et gigoteuses Lebôme, en coton bio…

Instagram lespetitesgraines

Un choix éclairé et juste qui a permis à ce magasin sympathique et dynamique de s’agrandir en un « Et caetera » qui n’a rien de superflu.

En dehors des boutiques qui ont pignon sur rue, Noël est l’occasion de rencontres et de trouvailles lors des marchés artisanaux qui fleurissent ici et là.

Au détour d’un chalet de bois vous pourrez peut-être fondre devant les créatures de Lilette création (Instagram : lilettecreation), une couturière imaginative qui fabrique des objets en tissu pour les enfants et la maison…

Des ribambelles de baleines, de lapins doudous, de cœurs de lin et de chanvre cousus d’or et d’argent, de poissons de noël aux reflets précieux… Une faune qui donne envie même aux grands enfants.

Instagram lilettecreation

Un exemple parmi tant d’autres du savoir-faire de proximité, de créateur à succombeur.

Aussi ne loupez pas ces occasions presque uniques :

Boutique éphémère « Sur un fil » du 1er au 8 décembre, rue Auguste Comte, de multiples exposants dont la savonnerie Amoa (ici).

Cadeaux originaux et artisanat graphique du 5 au 24 décembre à la galerie Notre Dame, 3 rue Musette, avec entres autres les créations des Hauts Graphismes.

Le Marché de Noël de l’Atelier Petula Green (ici), 69 rue Monge, le 9 décembre de 10h à 19h, avec de nombreux créateurs dijonnais.

Le Christmas Market de Sunday Market (ici), du 16 décembre à 14h au 17 décembre à 18h, Salle de la Coupole, 1 rue Sainte Anne, avec des créateurs bourguignons et lyonnais qui font les joies de la boutique en ligne Etsy.

Le marché de Noël des produits fermiers dans les Jardins du Département, 53bis rue de la préfecture, jeudi 7 décembre de 14h à 21h et vendredi 8 décembre de 10h à 21h. Filières locales côte-d’orienne, animations et illumination des jardins.

Sans oublier le marché de Noël de la ville de Dijon, du 2 décembre au 7 janvier, entre la rue de la liberté, la place Darcy, la place de la libération et celle de la République.

De bonnes trouvailles artisanales au milieu d’objets Made in China qui invitent à se méfier de l’évidence et à privilégier les contacts directs, chaleur d’une saison de fêtes tant attendue.


Illustration de tête : Décorations artisanales de Berthine Marceau, ici.

Musée Magnin – Exposition « Exquises Esquisses » – 4 rue des Bons Enfants

« Exquise esquisse. Délicieuse enfant. (…) Oh mon bébé mon âme » (Serge Gainsbourg – Lemon Incest – 1984)

Une accroche populaire pour la nouvelle exposition du Musée Magnin, aux origines de la création : « Exquises Esquisses – Du projet à la réalisation« .

Ambivalence harmonique et ébauche du fini, l’esquisse apparaît chez les peintres vénitiens de la Renaissance comme une notation générale de la composition avant de devenir une règle, un passage essentiel à partir du deuxième tiers du XVIIIe siècle, époque où le sensible se doit de répondre à la raison.

Le Christ soutenu par deux anges, 2de moitié du XIXe siècle

L’amateur d’art veut suivre le processus d’élaboration, l’idée en mouvement, l’imagination au pouvoir avant d’admirer l’oeuvre finie, symbole de perfection.

Le XIXe siècle va croissant dans la perception des qualités propres de l’artiste, dans ce premier jet, cette esquisse, qui ne saurait mentir sur le génie de son créateur.

Les grands mouvements se succèdent alors, du sentimentalisme Romantique, au Réalisme essentiel, jusqu’à l’Impression comme -isme de la vérité au-delà du visible.

Même les peintres plus classiques, dit à la fin du siècle « Académiques », qui se refusent à l’ébauche comme un style en soi, vu comme une facilité dégradante, nuisible à la fécondité, n’hésitent pas à vendre aux amateurs d’art les esquisses de ces peintures d’histoire qui font le succès du Salon officiel.

Ainsi la famille Magnin, bourgeoise sans faire partie de l’élite dijonnaise, peut acquérir des oeuvres dont les proportions s’adaptent à un petit Hôtel Particulier et dont les sujets, divers et variés, s’harmonisent du sol au plafond selon l’accrochage en vigueur à cette époque.

Abondance et éclectisme de l’amateur qui n’empêche pas la qualité, ce qui permet au musée Magnin, avec la Réunion des Musées Nationaux, de confronter les esquisses, bozzetti (premières pensées) ou modelli(Esquisses finies que l’on présente au commanditaire), aux oeuvres définitives conservées dans les plus grands musées, églises ou palais.

Ainsi le modello de « La Mort d’Achille » par l’atelier de Pierre Paul Rubens, répond à une tapisserie dont il était la base de travail pour les tisseurs.

La Mort d’Achille, Rubens et atelier, huile sur toile, 45,3 x 46 cm, Dijon, musée Magnin

La composition est théâtralisée, dernier épisode de la vie du héros, où attiré traîtreusement dans le temple d’Apollon Thymbrien dans l’espoir d’un mariage avec la princesse de Troie, Polyxène, il meurt sous la flèche de Pâris, guidé par le dieu lui-même.

La Mort d’Achille, tapisserie par Gérard Peemans, laine et soie tissées, 410 x 427 cm, Anvers, Rubenshuis (Maison de Rubens)

La morale figure au pied d’Achille : la ruse symbolisée par le renard vient à bout de la grandeur incarnée par l’aigle.

Entre le modello et la tapisserie la scène est inversée en raison de la technique utilisée (Basse Lisse) et on distingue quelques libertés prises par l’artisan lissier, dans le museau du renard ou la chevelure de Pâris, même si tous les élements initiaux s’y trouvent fidèlement représentés.

S’en suit dans cette partie de l’exposition une « chasse aux 7 erreurs  » sur 14 paires du XVIIe au XIXe siècle.

La première est la constatatation d’une « chaleur » de l’ébauche, geste et pensée liés, opposée à la « froideur », voir « fadeur » du résultat, plus lissé et ne résistant pas à notre jugement artistique moderne, plus habitué à la fougue créatrice des petites touches de l’artiste, même si la perfection vernie apporte une sérénité devant laquelle on peut se plaire à méditer.

Eberhard, comte de Wurtemberg, pleurant devant le corps de son fils, ou Le Larmoyeur, huile sur toile, 1833-1834, Dijon, musée Magnin
Eberhard, comte de Wurtemberg, pleurant devant le corps de son fils, ou Le Larmoyeur, Huile sur Toile, Entre 1834 et 1836, Paris, Musée de la Vie Romantique

A l’étage la comparaison se fait entre les esquisses conservées dans les collection et les photographies d’oeuvres qui n’ont pas pu faire le déplacement pour des raisons de droits, de taille ou de nature (peinture murale) impossible à déplacer.

L’occasion de découvrir certains chefs-d’oeuvres présentés au prix de Rome, un concours de prestige qui mettait l’esquisse au même niveau de jugement que l’oeuvre aboutie. (Cf. ci-dessous)

Auguste Lebouy (1812-1854), Les frères de Joseph rapportent sa tunique à Jacob, 1841, huile sur papier marouflé sur carton, Dijon, musée Magnin

Enfin, la troisième partie de l’exposition, dans l’oratoire et le pré-oratoire, donne une idée de la profusion d’esquisses de la collection Magnin, installée selon l’accrochage généreux d’un cabinet d’amateur du XIXe siècle.

Ces oeuvres d’étude n’ont pour la plupart pas connu de réalisations finales, ou elles sont tout du moins aujourd’hui perdues ou non localisées.

Des peintures à la manière « enlevée » qui se suffisent aussi souvent à elles-même, dès le début du XIXe siècle, dans des pays moins teintés d’académisme, comme l’Angleterre, pour gagner peu à peu le continent.

Elles sont aussi dans les ateliers le fruit d’un apprentissage, un exercice pour appréhender l’art de la composition.

Autant de sources d’origine qui donne à cet accrochage une énergie d’idées en suspend pour l’éternité, certaines sous couvert d’anonymat et d’autres aux noms prestigieux comme Jean-Baptiste Corneille, Jacob Jordaens, Anne Louis Girodet, François Gérard ou Eugène Isabey.

Attribué à Jean Broc (1771-1850), Ulysse chez les Phéaciens, vers 1800-1805

Une exposition qui, une fois de plus, éveille la curiosité, aiguise le regard, aide à observer et invite à comprendre les subtilités d’une collection discrète, exquise esquisse de l’Histoire de l’Art universel.


Une exposition à voir jusqu’au 18 mars 2018, du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h30.

Plus d’informations : ici


Oeuvre d’ouverture : Domenico Maria CANUTI (?) (1625-1684), Le Christ soutenu par des anges, fin du XVIIe siècle

FRAC Bourgogne – FREE THE WOMEN – 16 rue Quentin

FREE THE WOMEN

Une exposition slogan comme un début de solution à la question imprimée par  Maria Grazia Chiuri, la nouvelle directrice artistique de Dior, sur une marinière de sa dernière collection hommage à Niki de Saint Phalle : « Why have there been no great women artists ?« .

Le FRAC Bourgogne dans ce vent féministe, quelquefois aussi radical que le mal à éradiquer, nuance le propos par ce titre, nouvelle signification soft à l’acronyme antisocial de la contre-culture biker, F.T.W. : Fuck The World !

Clin d’oeil aux questions et affirmations extrêmes cette installation prône la liberté à la française par la voie de la parité : 6 artistes, 3 hommes et 3 femmes en confrontation directe et frontale au-delà du sexe, de la génération et de l’inspiration.

Le travail des trois artistes masculins (Jean Dupuy, Matias Faldbakken et Steven Parrino) déjà vu en 2016 lors de l’exposition « here / there / where » y gagne une perception nouvelle dans ce discours sans parole avec les oeuvres d’Anita Molinero, Emilie Ding et Nancy Rubins, pour certaines toutes récentes acquisitions du Fonds Régional d’Art Contemporain de Bourgogne.

Le langage plastique et visuel y gagne une expression nouvelle, loin des clichés de l’artiste féminine aquarelle, par une présence forte et essentielle au dialogue artistique comme l’a prôné toute sa vie Steven Parrino (1958-2005), artiste hors cadre, provocateur et biker jusqu’à la fin, qui a inspiré ce nouveau F.T.W.

Lee Marvin/Marlon Brando, 1990, collection Le Consortium

Son travail dès la fin des années 70 est de secouer la peinture alors déclarée morte, de détacher la toile devenue civière pour lui redonner du relief.

Lee Marvin/Marlon Brando (Détail)

Ces « peintures déformées », monochromes froissés, apportent de la matière, effets inédits que l’on retrouve chez les trois artistes féminines de l’exposition.

Anita Molinero (1953) a tiré de ses difficultés d’apprentissage de la sculpture la force de la confrontation à l’inconnu de l’art. En résulte des oeuvres dont la puissance émane de l’irréversibilité du geste, de ces plastiques qu’elle coupe, brûle et lacère jusqu’aux limites de la forme.

Sans Titre (La Rose), 2003, collection FRAC Bourgogne

Un mix entre apparence sucrée, barbe à papa et guimauve, et réalité de matériaux toxiques et pérennes, polystyrénes transformables mais infiniment indestructibles.

Sans titre (La rose) – (Détail)

La même démarche de transformation industrielle anime Emilie Ding (1981), l’artiste suisse adepte des formes structurelles issues du BTP et de l’architecture moderne.

« Marquisats V« , monolythe de béton, exprime son goût pour les modifications techniques, les formes concrètes et les matériaux bruts qu’elle malmène.

Marquisats V, 2015, collection FRAC Bourgogne

Rondeur du graffiti opposé à la masse rectiligne du béton, comme un condensé de la double expression urbaine, réglementaire et contestataire.

Marquisats V (Détail)

Motif expressif que l’on retrouve dans ses derniers travaux en feutre aux abstractions calcinées, comme bitumées.

Untitled (Neutra), 2016, courtesy Xippas Galleries – Untitled (Gran Torino), 2016, courtesy Xippas Galleries

Le matériau d’isolation phonique doit voir sa structure changer pour s’exprimer, prendre du relief et rompre avec son minimalisme structurel.

Untitled (Gran Torino) – (Détail)

Une existence feutrée, qui comme les plastiques d’Anita Molinero, naît de la destruction maitrisée.

Nancy Rubins (1952), la troisiéme artiste exposée, questionne aussi la nature des techniques.

Même attitude monochrome, même faux semblants qui demandent au visiteur d’y regarder à deux fois pour essayer de comprendre la matière et la démarche.

Drawing, 2003, collection FRAC Bourgogne

Artiste habituée des sculptures monumentales, assemblage de détritus et de matériaux divers, l’oeuvre exposée ici ressemble à un morceau de tôle brute, élément métallique tiré d’un avion ou d’une voiture.

Pourtant il s’agit d’un dessin au graphite sur papier épais, qui romp avec la perception classique de la peinture et de la sculpture, du mécanique et du manuel, de la technique industrielle et artistique.

Drawing (Détail)

Trois artistes féminines qui savent se jouer des apparences et d’une perception souvent biaisée de la réalité comme un pied de nez à leur propre statut de femme, inventive, radicale, forte et monumentale dont la notoriété pâtit encore des clichés.


Exposition à voir jusqu’au 18 mars 2018

Ouverture de deux nouvelles salles à partir du 17 janvier 2018

Renseignements au 03.80.67.07.82


Oeuvre d’ouverture (détail) : Anita Molinero, Croûûûte Criarde, 2016, courtesy Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico

Dijon Design désire : Les parfums Trudon

Trudon, c’est une histoire sans nulle autre pareille.

Cette maison de maîtres ciriers s’illustre dans l’art de la lumière depuis 1643, année de l’avènement de Louis XIV, âgé de 5 ans.

Un symbole d’éclat et de jeunesse, qui perdure jusqu’au XXIe siècle par des cierges aux couleurs chic & pop et par des bougies parfumées aux ambiances inspirées (A découvrir ici).

2017 marque une nouvelle étape dans l’emprise de Trudon sur nos désirs.

Après l’ambiance parfumée de nos intérieurs, la Maison s’empare de nos corps, fragances de peau à réveiller les souvenirs enfuis et à emporter nos mémoires en Histoire romanesque.

5 eaux de parfums transgenres comme des étapes vers un monde intérieur inspiré d’un passé mouvementé entre royauté, révolution et spiritualité.

5 fragances en 5 talents : Julien Pruvost, directeur de création de la maison, Antoine Lie, créateur de Bruma, Lyn Harris, créatrice de Olim, II et Révolution, Yann Vasnier, Nez de Mortel et Pauline Deltour, designeuse du flacon de verre aux codes maison, cannelures et vert translucide.

BRUMA – Un bouquet fleuri (lavande, violette, iris, jasmin, pivoine pourpre) relevé de poivre noir et de cuir, pour une aventurière-cavalière en route vers l’inconnu, dans un soir brumeux où la jeune fille romantique deviendra femme, à la fois magnétique et charnelle.

Le plus sensuel des 5 comme une invitation à une nuit de plus en plus sombre…

OLIM – Un temps révolu, un « autrefois » qui évoque l’Ancien Régime : La beauté poudrée, la décadence épicée et une opulence résineuse.

Une puretée nourrie de richesses, un parfum de Dorian Gray qui incarne la beauté parfaite oublieuse de ses vices.

On y retrouve la lavande de « Bruma » gourmandée de bergamotte et d’anis comme un innocent interdit, sacralisé par les fumées de myrrhe et de benjoin.

Jouisseur détaché du monde.

II – Un flot de nature verdoyante comme un baume au chaos intérieur.

Une cologne prè-impériale entre orange bigarade, pin, genévrier et cédre, de la feuille à l’écorce dont on tire l’encens qui, toujours, vous emporte ailleurs.

REVOLUTION – La fraîcheur part en fumée par les vertus de l’élémi, une résine des Philippines, citronnée et inflammable.

Une odeur de poudre à canon éclatée qui au fil de la journée fait corps avec les émotions réprimées.

Une explosion olfactive à défaut d’être affective.

MORTEL – Evocations charnelles de la « petite » pour mieux échapper à l’ultime.

Une mort sensuelle voire érotique par la présence quasi animale du ciste labdanum, pivot central d’une partie fine épicée : poivre noir, piment, muscade… comme autant de péchés mortels qui par l’action de l’encens de Somalie, du benjoin et de la myrrhe se rétrogradent au véniel, pour demeurer en odeur de sainteté.

5 étapes à la découverte de son corps loin de toutes mièvreries sucrées et de modernisme synthétique.

La qualité Trudon déjà éprouvée dans les bougies s’incarne plus que jamais dans cet univers de la haute parfumerie où sa venue se faisait attendre tant l’union est naturelle et harmonieuse.

Une élégance retrouvée, une soif d’absolu pour une intimité révélée :

5 fragances qui sonnent un nouvel air !


A découvrir à Dijon chez « Ma belle parfumerie » – ici

Site Trudon

Dijon hors clichés

Et si le bonheur se mesurait au regard porté sur les détails de la ville ?

Comme si inclure en soi l’évidence était le plus sûr moyen de se déprécier en anti-dépresseurs ?

Etre surpris, chercher à jouir de la fantaisie d’autrui, donne à son quotidien une saveur qui sans être révolutionnaire permet de croire que l’uniformité nait du désintérêt.

Soyons donc curieux et même si les clichés sur Dijon permettent de bien vivre, entre moutarde, bons vins, cassis et pain d’épices, rechercher l’inattendu (En français s’il vous plait !) permet de bien exister.

Vues renversantes de St-Bénigne : en poivron dans la salle à manger des chambres d’hôtes « La Cour Berbisey »…
Et en vertige de l’âme, depuis la tribune de l’orgue de la cathédrale
Analyse politique internationale, près des jardins de l’hôtel Bouchu dit d’Esterno…
… jusqu’au Cours du Général de Gaulle, par les craies de trottoir du mystérieux Mr Colors Sam Jade Marc
Tandis que les indiens emplumés se réservent les couches du jardin de l’Arquebuse…
Autant de fantômes aux auras colorées, du héros enchainé de la porte d’honneur de l’ancien palais de justice et chambre des comptes de Bourgogne…
… A l’éternel orphelin du monument aux morts, à l’entrée du Cours du Parc…
… Jusqu’aux indécentes sorcières-parapluies, sur la place Emile Zola, ancien lieu des exécutions publiques.

Quand observer est le plus sûr moyen de ne pas s’ennuyer !

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