Festival 360° – Panorama de la Photographie Transculturelle

Depuis toujours « sage comme une image » j’en ai oublié, au regard des autres, d’exister, de me conformer au « parce qu’il faut bien vivre… », sous entendu s’animer, s’amuser, aimer, prouver (ou se prouver) sa réalité.

©Yann Levi – Le vestiaire du Red Star (Du 25 octobre au 26 novembre au Zénith de Dijon)

Bel objectif tant qu’il ne se cantonne pas à l’egocentrisme « star comme une image » qui inonde de 9000 photos seconde des applications (Snapchat & co) principalement utilisées par les moins de 25 ans.

Une jeunesse souvent insouciante dont le festival 360° fait vibrer, pour la deuxième année consécutive dans dix lieux de Dijon Métropole, les nuances, le grain et les focales par le travail de 18 photographes, principalement Français, mais aussi Iranien, Brésilien, Néo Zélandais ou Américain.

Un panorama des thèmes d’actualité, héritage en cours de ces jeunes, dont l’éloignement de l’objectif est proportionnelle à la prise de conscience de certaines réalités.

©Arnaud Finistre – Rohingyas, l’exode forcé (Du 4 au 12 septembre au Cellier de Clairvaux)

Les questions d’immigration y trouvent une part essentielle d’humanisme, des fragiles embarcations sauvées par l’ONG SOS Méditerranée (Yann Levi L’Aquarius, contre vents et marées !), au suivi de la fuite des Rohingyas, ce groupe ethnique chassé de Birmanie il y a un an (Arnaud Finistre Rohingyas, l’exode forcé), à la situation de guettoïsation des Roms dans une Europe toujours hostile aux mouvements intérieurs (Rémy GabaldaLes Roms ne disent jamais « il était une fois »).

Autant de situations particulières, objets de blessures, dont témoignent physiquement les survivants d’armes à feu dans une Amérique en plein débat sur la question de leur libre circulation (Kathy Shorr Shot) et, moralement, la jeunesse iranienne dont la mémoire a été impactée par le passé tumultueux du pays (Gohar Dashti Today’s life and war – 2008).

©Kathy Shorr – Shot (Du 23 au 28 octobre dans la salle des Actes de l’Hôtel Despringles)

360° de points de vue et d’images d’un monde entre survie et jouissance, espérance et envie, dans un festival aux clichés qui loin d’être glacés provoquent et stimulent les émotions.

©Jérôme Gaillard – Vivants (Du 19 septembre au 19 octobre à la Médiathèque de Longvic)

Enthousiasme d’une jeunesse en découverte (Jérome GaillardVivants), pieds de nez aux conflits armées par les arts du cirque (Johanna Maria Fritz Like a bird), victoire communicative du foot (Sabrina Dolidze Champions), éclate entre deux vagues (Tim Mc Kenna Wave), boeuf exaltant d’une musique sur et hors scène ( Alice MillerShow)…

©Johanna-Maria Fritz – Like a bird (Du 25 septembre au 19 octobre à la Résidence étudiante Maret)

Autant de raisons à continuer d’espérer, autant de passions à communiquer, autant de photos à véhiculer pour regarder en face les réalités et les joies, les plaisirs simples, les occasions d’agir et demeurer ainsi « sauvage comme une image » en réaction à une société souvent adepte des œillères.


360° Panorama de la photographie transculturelle jusqu’au 15 décembre dans différents lieux de Dijon Métropole – Programme complet ici


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Image d’introduction : reflet de la ville depuis les jardins Darcy d’une photographie de Yann Lévi, de la série « Aquarius, contre vents et marées !« .

360° – Panorama de la Photographie Transculturelle

L’image est aujourd’hui tellement omniprésente qu’elle en devient banale, ratatinée par le selfie qui permet de tourner à plat dans un « cercle d’amis » en constantes égocentriques hypnotisantes, qui ramènent la photographie au niveau littéraire des « Martine à la plage », sans oublier « Martine à la ferme »…

Pourtant, au poids des mots (Et non des emojis en bataille !) répondent encore le choc des photos, pour des magazines de reportage tel Paris-Match, qui en avait fait sa devise, mais aussi pour témoigner d’un monde plus large, en constante évolution, qui demande de saisir l’instant précis du basculement, du bonheur universel et des enjeux communs.

La vérité d’un observateur qui rend à l’image sa force, loin de toute miévrerie mimétique.

Un regard vers un horizon sans limite, aux focales diverses qui permettent de connaître, d’apprécier, d’analyser et de comprendre ce (ceux) qui nous entoure (-nt).

Telle est l’offre généreuse du nouveau festival « 360° », un panorama de la photographie transculturelle, qui veut pallier le manque d’un lieu dédié en Bourgogne Franche-Comté.

De quoi réveiller la curiosité en divers lieux, libres et ouverts, de la métropole dijonnaise, aux thématiques ciblées.

Dans le hall du Cèdre, à Chenôve, place au social et aux sentiments avec la très belle série « Makeda » d’Aurore Vinot.

Abdellah & Janka (France/Algérie – Slovaquie) – Paris 2014

Makéda, du nom éthiopien de la reine de Saba, célèbre dans les textes religieux pour sa rencontre avec le roi Salomon, évoque à la fois les nombreux voyages d’Aurore et le multiculturalisme à la rencontre de l’autre.

Tous les couples représentés marquent l’évolution des moeurs et des mentalités, les aléas des guerres et des pensées extrémistes, l’enracinement des tabous et les difficultés d’une mixité encore mal perçue que ce soit en Afrique, en Amérique ou en Europe.

Andrew & Shaggy (USA – Nigéria) – Cape Town 2013

Pourtant la sérénité et la joie émanent de ces quelques images d’amoureux, dont la série complète compte 100 photographies prises dans 5 pays (Liban, France, Afrique du Sud, Congo et Algérie).

Un abrégé d’Histoire en bonheurs intimes, tel Sonja et Rami, un couple germano-syrien confronté au sort difficile des réfugiés et au déracinement, ou Andrew et Shaggy, couple gay américano-nigérien, marié et établi en Afrique du Sud, un pays passé de l’Apartheid à la lutte contre toute discrimination, grâce à la sagesse de Nelson Mandela.

Sonja & Rami (Allemagne – Syrie) – Beyrouth 2012

L’important c’est d’aimer… Avec toutes les difficultés que cela implique (Echo au film d’Andrzej Zulawski) et les bonheurs gagnés, immortalisés dans ces photos reportages en noir et blanc, pudiques, et sans clichés.

Atmosphère plus spectaculaire, à tous points de vue sur le campus de Dijon, au théâtre Mansart.

« Malinas Machinas » par Matthieu Bégel

Le social y gagne l’image de liberté des skaters (« Malinas Machinas » par Matthieu Bégel), tandis que la jeunesse étudiante peut s’identifier aux images de concerts pour tous les goûts (Jazz, blues, métal, rock, hip hop) et les couleurs du spectacle vivant.

« Blues Rock » par Rui Lourenço

Transe musicale, charisme mélodique, teintes d’une vie sur scène pour profiter de la vie entres amis.

Lisa Simone (D’jazz Nevers Festival 2015) par Aït Belkacem

Plus intime, la série de photos de Ana Dias, dévoile les charmes des filles de Playboy en technicolor.

Une vision jeune et féminine du célèbre magazine de papa caché sous le matelas de la chambre parentale.

Playboy Pays-Bas Novembre 2015 – Modèle : Caprice Castillo

Un Comic Strip années 2010, avec des CLIP ! Des CRAP ! Des BANG ! Des VLOP ! Des ZIP !

Des sucettes à l’anis, des bouées gazon maudit et du Pepsiiii !

Playboy Pays-Bas Novembre 2015 – Modèle : Caprice Castillo

SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !

Du désir bien dosé, à savourer jusqu’au 1er octobre.

360° se permet toute la vie, des plaisirs à la guerre avec une exposition collective sur ce thème au Cellier de Clairvaux (Du 25 septembre au 1er octobre), des questions sociales à celles de nature et d’environnement à l’Espace Baudelaire (Jusqu’au 20 octobre), images de mondes multiples en vue d’ensemble sur les grilles du jardin Darcy (Jusqu’au 2 octobre).

Roxanne Gauthier – Madagascar (Espace Baudelaire)

Autant de sujets que de lieux (En Métropole Dijonnaise et Bourgogne Franche-Comté) afin que ce festival de photographie s’installe et demeure, au fil du temps, fidèle au précepte de son parrain, Gérald Bloncourt, révolutionnaire en Haïti, poète, photographe au long cours : « J’ai pris parti : je ne suis pas un marchand de photographies, je suis un franc-tireur de l’image« .


Programme complet et renseignements :

www.festival-360.com


Photographie en tête d’article : Rémy Gabalda – Sivens (Grille du Jardin Darcy)